La nouvelle politique étrangère du gouvernement décoder. Elle est constituée d’éléments souvent disparates, parfois contradictoires et, à l’occasion, plutôt opaques. Commençons cependant par ce qui nous paraît le plus limpide et ce qui représente incontestablement le plus grand succès du gouvernement en matière de politique étrangère : le statut du Canada au sein du G7 et du G20.

Dans le bilan que nous faisions l’année dernière de la politique étrangère canadienne, nous avions déjà montré comment le premier ministre avait réussi à repositionner le Canada au sein du G7 et du G20 en prenant ses distances par rapport à ses alliés traditionnels, soit l’Europe et les États-Unis, et en se rapprochant des pays émergents. Nous avions aussi souligné l’atout majeur que constituait, dans le jeu du premier ministre, la bonne santé financière du Canada.

L’année écoulée n’a fait que confirmer l’avantage dont bénéficie le Canada du fait d’avoir traversé la crise mieux que la plupart des pays du monde et beaucoup mieux que les autres pays du G7. Tous les emplois perdus pendant la récession ont été récupérés. Notre taux d’endettement reste faible, surtout par rapport à celui des autres pays. Grâce à la réglementation de nos institutions financières, nos banques ont survécu sans plan de sauvetage. Nos déficits publics sont contenus et donc « gérables » ; la perspective de les éliminer d’ici 2015 est réelle. Rien ne dit qu’une nouvelle récession à l’échelle mondiale nous épargnerait, mais, pour l’heure, une relaHarper n’est pas toujours facile à appréhender ni à tive autosatisfaction semble tout à fait permise.

En effet, le Canada suscite l’admiration et fait l’envie de ses partenaires. Notre profil de « meilleur élève de la classe » ne semble pas nous attirer les foudres de qui que ce soit. Au contraire, on cherche à comprendre ce qui a fait le succès économique du Canada et on tente de s’en inspirer. Si besoin en était, la récente nomination de Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, à la té‚te du Conseil de stabilité financière mis en place par le G20 le prouverait.

En vérité, le Canada est depuis longtemps « le meilleur élève de la classe ». Déjà au milieu des années 1990, le monde s’étonnait de notre capacité à juguler les déficits, puis à générer des excédents budgétaires qui faisaient saliver la planète entière. Le Canada a sans doute mieux traversé la dernière crise financière parce qu’il est arrivé dans cette tempé‚te mieux armé que d’autres. Il faut espérer que, si nouvelle crise il y a, il saura encore une fois tirer son épingle du jeu. Le vrai test n’est peut-é‚tre pas encore derrière nous.

La stratégie du gouvernement dans ses rapports avec les États-Unis est beaucoup moins transparente. Par moment, on pourrait croire que la « troisième option » si chère au premier ministre Trudeau est revenue en vogue. Les discours sur la nécessité de diversifier notre commerce international, de trouver de nouveaux partenaires, de les courtiser assidûment et de signer le plus grand nombre possible d’accords de libre-échange avec eux reprennent l’essentiel de cette politique. À l’époque, celle-ci était pourtant décriée et surtout jugée à l’opposé de nos véritables intéré‚ts économiques, qui dictaient, au contraire, une intégration continentale toujours plus poussée.

Le monde a changé, il est vrai. Les États-Unis ne sont plus tout à fait ce qu’ils étaient, y compris pour nos exportateurs, et les pays émergents représentent à la fois des marchés considérables et des investisseurs potentiels de premier plan. Il est donc dans l’ordre des choses de leur consacrer temps et énergie. Mais, pendant ce temps, que se passe-t-il sur le front de l’intégration nord-américaine? La stratégie de diversification de notre commerce international mise de l’avant par le gouvernement constituet-elle encore aujourd’hui une alternative à une intégration nord-américaine plus poussée? Certainement pas.

Il est évident que l’on peut poursuivre en mé‚me temps les deux objectifs " trouver de nouveaux partenaires et consolider nos liens avec les ÉtatsUnis ", mais il est encore plus évident qu’aujourd’hui, le gouvernement souhaite nous faire franchir une nouvelle étape dans l’intégration nordaméricaine. En février dernier, le premier ministre Stephen Harper et le président Barack Obama annonçaient une vision commune de la sécurité et de la compétitivité sur le continent nord-américain, vision qui devait se traduire avant la fin de cette année par un plan d’action commun.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Lawrence Cannon, affirmait dans le discours qu’il prononçait quelques jours plus tard devant le Council on Foreign Relations à NewYork que le Canada et les États-Unis avaient opté pour une approche commune dans les domaines de la sécurité énergétique et des changements climatiques à l’intérieur de leur périmètre commun. Le ministre évoquait spécifiquement la nécessité à la fois d’assurer l’efficacité des transferts d’énergie et de rejeter toute forme de protectionnisme « vert » qui irait à l’encontre de nos intéré‚ts commerciaux. Si on en juge par la décision américaine récente à propos du projet Keystone XL, rien n’est encore tout à fait acquis.

Les objectifs du gouvernement canadien cependant sont clairs : créer des emplois et des débouchés, améliorer la croissance économique en renforçant la sécurité, faciliter le flux d’échanges commerciaux et la circulation à la frontière en éliminant les barrières superflues et en réduisant les tracasseries administratives. Quelles en seront les répercussions sur notre souveraineté? La question se pose, et elle a été posée dans les consultations que le gouvernement a déjà menées, consultations qu’il s’est d’ailleurs engagé à poursuivre. Reconnaissonslui ce mérite !

L’enjeu est de taille. La croissance économique est-elle plus importante que notre souveraineté? Le concept de souveraineté est-il dépassé? Le « périmètre commun » apportera-t-il une solution inédite au problème de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté canadienne dans l’Arctique? Un accord avec les ÉtatsUnis sur une question aussi essentielle que celle du « périmètre commun » est-il concevable à des conditions qui ne soient pas les leurs? Qu’avons-nous retenu de la négociation de notre Accord de libre-échange avec les ÉtatsUnis? Que dire des protections qui n’en sont pas, comme du soi-disant mécanisme de règlement des différends qui, dans la crise du bois d’œuvre, s’est révélé totalement inapte à protéger nos intéré‚ts?

On souhaiterait que le gouvernement aborde ces questions de front et qu’il dise aux Canadiens comment il voit l’avenir. Son silence sur ces points essentiels ne fait qu’alimenter les soupçons. Le discours sur la diversification de notre commerce extérieur servirait-il de paravent pour masquer ce qui se passe sur le front de l’intégration nord-américaine? La célébration de la guerre de 1812 par le gouvernement et la réaffirmation, aussi soudaine qu’inexpliquée, de notre loyauté à la Couronne britannique serviraient-elles aussi de faux-fuyants? D’où vient ce besoin de souligner à grands traits que nous sommes différents des Américains et que nous les avons mé‚me vaincus militairement? S’appré‚terait-on maintenant à une reddition sans condition? Signera-t-on incessamment une nouvelle entente dont les modalités seront dictées par les États-Unis?

D’aucuns considèrent que pour négocier avec les États-Unis, il faut commencer par ce qui les intéresse. Pourquoi pas? Mais encore faut-il en venir un jour à régler ce qui nous intéresse nous. Les mé‚mes personnes prétendent aussi, comme pour s’en convaincre, que le Canada possède une plus grande influence dans le monde quand il est perçu comme étant très proche des États-Unis. Cela reste à démontrer. Lorsque le Canada poursuit une politique étrangère différente de celle de son puissant voisin, il n’exerce peut-é‚tre pas plus de pouvoir (encore que cela aussi reste à démontrer), mais il est au moins visible sur la scène internationale, comme il l’a été au moment de la deuxième guerre d’Iraq ou au moment de la création de la Cour pénale internationale.

Il est tout à fait possible que l’évocation de la guerre de 1812 et les discours loyalistes n’aient rien à voir avec un quelconque accord en vue avec les États-Unis. Peut-é‚tre s’agit-il plutôt de faire un geste en direction du Canada anglais pour compenser la reconnaissance de la nation québécoise. Après tout, au moment de la visite du premier ministre britannique David Cameron, Stephen Harper n’a pas hésité à parler de « mère patrie ». S’il s’agissait d’une réhabilitation de la thèse des deux peuples fondateurs, les francophones de ce pays l’accueilleraient peut-é‚tre favorablement, mais il est difficile de concevoir qu’on se trouve devant un retour à une forme de biculturalisme. Doit-on alors penser qu’il est plutôt question d’une mise au rencart du multiculturalisme au profit d’une nouvelle identité commune fondée sur l’attachement à la monarchie britannique et à ses traditions?

Quel message alors pour les francophones qui, depuis toujours, s’accommodent plutôt difficilement de cet héritage historique? Quel message pour les communautés culturelles? Que signifierait pour elles le recul du multiculturalisme? Quel nouvel électorat espère t-on ainsi courtiser? Les Canadiens anglais sont-ils seulement demandeurs? Faute d’explication claire de la part du gouvernement sur les motifs de sa démarche, on ne peut que spéculer et continuer à s’interroger sur ce qui pourrait bien pousser le Canada à rejouer à fond la carte coloniale après presque un siècle d’efforts pour conquérir notre pleine souveraineté et nous affranchir tout en douceur des liens qui nous unissent à la Couronne britannique. Les pays étrangers, y compris ceux du Commonwealth, n’ont pas fini, eux non plus, de s’interroger.

Si l’on peut regretter le fait que le gouvernement n’ait jamais formulé un énoncé de politique étrangère, il faut lui reconnaître au moins le mérite d’avoir introduit au Parlement une nouvelle pratique, celle des débats sur l’engagement des troupes canadiennes à l’étranger. Ces débats sont souvent l’occasion pour le gouvernement d’expliquer sa position sur certains dossiers comme ceux de l’Afghanistan ou de la Libye. Les discours du ministre des Affaires étrangères, en déplacement à l’extérieur du Canada, sont aussi des occasions de mieux cerner la politique étrangère du gouvernement. Celui que John Baird a prononcé à la dernière Assemblée générale des Nations unies est un modèle du genre dans la mesure où il permet de mieux saisir des aspects essentiels de cette politique étrangère.

À certains égards, ce discours se rapproche beaucoup de ceux qui ont été tenus à cette tribune par tous les représentants du Canada depuis 1946. En effet, on y réaffirme l’attachement du Canada aux principes fondateurs des Nations unies, on rappelle les valeurs fondamentales qui sous-tendent notre politique étrangère " à savoir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit ", et on reprend, avec raison, l’idée qu’une action multilatérale, lorsqu’elle est possible, est toujours préférable.

Le ministre John Baird a dénoncé avec raison que dans le système des Nations unies, il arrive que des États voyous soient élus à la présidence ou la vice-présidence d’une commission ou d’un comité. Le problème est réel, mais il faut reconnaître qu’il survient plutôt rarement et qu’il reste toujours très limité dans le temps. Chaque fois se pose la question s’il vaut mieux garder ces États à l’intérieur du système ou alors les exclure. Les Nations unies n’ont pas le monopole du non-respect "entouttempsetentoutlieu"de nos idéaux de liberté et de démocratie. Le récent sommet du Commonwealth a bien montré que, mé‚me au sein de « notre grande famille », il y a des membres qui sont moins empressés que d’autres à respecter les droits et libertés de leurs citoyens. Le Commonwealth, il est vrai, a eu le courage à l’occasion d’exclure ou de suspendre certains de ces membres. Cela serait-il possible et souhaitable dans une organisation à vocation universelle? Le Canada aura eu au moins le mérite de dénoncer publiquement une pratique déplorable, si exceptionnelle soit-elle.

Dans un discours où il a souhaité réaffirmer avec vigueur le soutien absolu et indéfectible du Canada à l’État d’Israéˆl, le ministre John Baird a été amené à effectuer des rapprochements historiques d’un goût douteux. Faire l’amalgame entre le terrorisme international et la demande d’admission de la Palestine aux Nations unies et prétendre que cela fait peser sur le monde une menace comparable à celle que laissait planer Adolf Hitler en 1938 est une aberration. Déclarer que toute ouverture au moindre début de discussion sur la question reviendrait à capituler comme l’ont fait les leaders du monde libre à l’époque en est une autre.

On est tout à fait en droit de penser que la demande de la Palestine n’était pas recevable en l’état. Mais que devaient faire les Palestiniens pour briser l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix au Proche-Orient depuis des années? Une demande de reconnaissance formelle était-elle vraiment la pire des stratégies? Ainsi, les Palestiniens ne parviendraient-ils pas au moins à montrer la mauvaise foi de tous ceux qui se disent favorables à la solution de deux États sans jamais ne rien faire pour qu’elle ait une chance de voir le jour? Aurait-on préféré une enième intifada?

Peut-on dénoncer l’initiative des Palestiniens parce qu’elle est unilatérale et faire abstraction de toutes les actions unilatérales de l’État d’Israéˆl? Comment un gouvernement qui prétend vouloir é‚tre du côté des victimes, vouloir défendre les droits des plus vulnérables et « donner une voix à ceux qui sont sans voix », pour reprendre les termes exacts de John Baird à New York, comment ce gouvernement peutil se montrer aussi totalement insensible au sort des Palestiniens qu’on associe, tous et sans distinction, au fléau du terrorisme? Faute de leur accorder la reconnaissance souhaitée, ne pouvait-on au moins s’engager dans une vraie relance du processus de paix au Proche-Orient? On regrettera peuté‚tre un jour, collectivement, de ne pas avoir saisi l’occasion qui nous était offerte de montrer notre bonne foi. Ce qui s’est passé à l’Unesco peut se reproduire demain dans d’autres agences des Nations unies et dans d’autres institutions internationales. Combien de fois veut-on encore compter les voix pour, les voix contre et les abstentions?

On est tout à fait en droit de vouloir prendre fait et cause pour Israéˆl. Mais estce rendre service à ce pays ami que de ne pas lui dire que les nouvelles implantations à Jérusalem-Est et ailleurs ne font que nourrir la crise au Proche-Orient et éloignent chaque jour un peu plus les chances d’une solution juste et durable pour tous? Est-ce rendre service au gouvernement israélien que de ne pas le mettre en garde contre son isolement croissant? Est-ce enfin rendre service à Israéˆl que de faire comme s’il n’y avait pas de débats de fond entre Israéliens et aussi entre juifs de la diaspora sur toutes ces questions? Derrière des portes closes, toutes ces choses sont peut-é‚tre dites. Mais ne mériteraient-elles pas d’é‚tre entendues par les Canadiens, qui sauraient alors à quelle enseigne loge vraiment leur gouvernement, et entendues aussi par les Palestiniens qui comprendraient que notre indifférence à leur sort n’est pas totale?

Dans son discours aux Nations unies, John Baird annonçait aussi qu’il allait créer au sein de son ministère des Affaires étrangères un bureau de la liberté religieuse. De retour à Ottawa, dans un communiqué émis le 3 octobre, le ministre présentait la création de ce bureau comme étant une grande priorité du gouvernement. Il s’est dit convaincu que les sociétés qui protègent la liberté de religion sont aussi plus susceptibles de garantir toutes les autres libertés fondamentales, et que ce sont généralement des sociétés plus stables et plus prospères. Bon nombre de Canadiens et mé‚me beaucoup de citoyens ailleurs dans le monde, particulièrement les victimes de persécution, partagent certainement cette conviction. Il est néanmoins permis de s’interroger sur l’opportunité d’établir au sein de la machine gouvernementale une institution dont le but est de promouvoir une cause. Ce type d’activisme ne devrait-il pas é‚tre laissé plutôt aux organisations non gouvernementales dont c’est la vocation?

La création de ce bureau et la décision de privilégier la liberté religieuse choqueront tous ceux qui estiment qu’État et religion font rarement bon ménage, tous ceux aussi qui considèrent que d’autres libertés, comme la liberté de conscience, d’opinion ou d’expression, jouent un rôle au moins aussi important d ans l’émergence de la démocratie. Pour eux, la création du prix JohnDiefenbaker pour la défense de la liberté et des droits de la personne sera mieux accueillie, mé‚me si elle n’est pas dépourvue d’arrière-pensées politiques.

Dernière question, peut-on parler d’une « militarisation » du Canada depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs? Si on les cherche, on trouvera facilement des indices d’une évolution allant dans ce sens, à commencer par la visibilité accrue qu’on donne aux Forces armées canadiennes, et les investissements considérables qu’on s’appré‚te à faire pour l’acquisition d’avions de chasse et dans la construction de navires de guerre. Les conservateurs ne sont cependant pas responsables du fait que le Canada ne participe presque plus à des opérations classiques de maintien de la paix et qu’il est engagé plutôt dans des opérations militaires nettement plus musclées, comme celles qui ont été menées en Afghanistan et en Libye. Tous les pays de l’OTAN en sont là. Le monde a changé, la répartition des tâches aussi. Les défis sont tout simplement d’un autre ordre.

S’il peut paraître excessif de parler d’une « militarisation » du Canada, il faut reconnaître qu’on assiste à l’émergence d’une nouvelle culture, en politique extérieure comme d’ailleurs en politique intérieure, une culture qui privilégie la force. En toutes choses, on veut faire partie des « purs et durs », de ceux qui ont le courage de leurs convictions, qui ne se préoccupent pas de nuances, qui ne cherchent pas à se faire aimer, qui imposent leurs solutions et qui méprisent, plus que tout, les invertébrés enclins au compromis. Entre les forts et les faibles, on a résolument choisi son camp. Et aussi, entre ce que l’on croit é‚tre la vertu et le vice. Il en résulte une fixation sur les États-Unis et des discours qui rejoignent parfois ceux des éléments les plus radicaux de la société américaine. Il s’ensuit aussi des prises de position alignées sur celles d’Israéˆl et des décisions comme celle de laisser Omar Khadr croupir à Guantánamo.

Dans ce bilan de l’année 2011 de la politique étrangère, nous n’avons pas jugé utile ou nécessaire de distinguer entre la période où le gouvernement conservateur était minoritaire et celle où il est devenu majoritaire. Pour l’essentiel, la politique étrangère du Canada est restée en 2011 ce qu’elle était en 2010. L’ensemble est souvent difficile à appréhender parce que la logique n’est pas toujours évidente, les intéré‚ts sont parfois masqués et les valeurs sous-jacentes sont invoquées sans é‚tre définies. Le gouvernement, toutefois, s’accommode très bien de cet état des choses. Manifestement, le souci de cohérence n’est pas au premier plan. La priorité est ailleurs. Il s’agit de rompre avec le passé, de modifier ce qui aux yeux du gouvernement actuel a été trop longtemps la marque de commerce du Canada sur la scène internationale et de donner au pays une nouvelle identité.