L’essentiel du discours politique sur l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage profond est aujourd’hui centré sur leur potentiel économique. Selon le dernier budget fédéral, le Canada doit ainsi devenir une « destination de calibre mondial pour les entreprises désirant investir dans l’intelligence artificielle et l’innovation ». Mais quels sont au juste les avantages et les coûts sociaux de changements technologiques aussi rapides ? Quelle sera l’incidence d’un usage accru des algorithmes sur l’élaboration des politiques et la prestation des services, et qu’en sera-t-il du risque qu’ils reproduisent des biais discriminatoires ?

Déjà, le Comité économique et social européen préconise l’adoption d’un code d’éthique sur le développement, l’application et l’utilisation de l’IA afin d’assurer que « les systèmes d’IA restent compatibles avec les principes de dignité humaine, d’intégrité, de liberté, de diversité culturelle et d’égalité entre hommes et femmes ainsi qu’avec les droits fondamentaux ». Au Canada, la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’IA, une initiative de l’Université de Montréal, vise à susciter un débat public sur l’orientation éthique de l’IA, qui doit « ultimement viser le bien-être de tous les êtres sentients ».

Les articles de ce dossier examineront certains des enjeux éthiques et sociaux de l’IA et de l’apprentissage profond, en particulier leurs effets sur des domaines comme la cybersécurité, la justice, la santé, le journalisme, la planification urbaine et les transports.

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