Dans un récent article publié dans Options politiques, Simon Kiss soutient que les frais de santé remboursés aux employés dans le cadre d’un régime de l’employeur devraient être imposables lorsqu’elles concernent des thérapies alternatives qui ne s’appuient pas sur de solides données scientifiques. Avec grande sincérité, il souhaite que les Canadiens puissent bénéficier de soins de santé efficaces.

Kiss affirme que certains régimes couvrent les services professionnels offerts par les praticiens de la Science chrétienne, services qu’il qualifie de « traitements pseudoscientifiques ». Bien que je puisse comprendre son point de vue concernant la question des politiques publiques, je voudrais offrir un autre point de vue sur la Science chrétienne, étant donné que je l’étudie depuis 21 ans et que je mets en pratique ses enseignements.

Au cours de mes études supérieures et de ma carrière en travail social qui a suivi, j’ai découvert l’immense diversité des manières de vivre et de se soigner, qui enrichissent la mosaïque multiculturelle et pluraliste du Canada.

Si les scientistes chrétiens choisissent généralement une approche de guérison fondée sur la prière, c’est qu’ils ont constaté à maintes reprises qu’elle amène la guérison lorsqu’elle est utilisée de manière intelligente, régulière et compatissante. Cette approche n’est pas basée sur la croyance aveugle ou la superstition.

L’efficacité de cette approche est documentée depuis plus de 130 ans dans de nombreux récits de guérison, authentifiés et publiés dans les périodiques de la Science chrétienne que le public peut consulter dans des salles de lecture à travers le Canada. Des dizaines de milliers de témoignages ont ainsi été soumis par des gens de partout au monde, de toute origine sociale, qui ont été guéris de différentes maladies, de problèmes de santé et de blessures, parfois même graves et ayant dans plusieurs cas fait l’objet de diagnostics médicaux.

La guérison par la prière peut paraître « différente » et même « contreculturelle » dans notre société ultratechnologique, où le modèle médical conventionnel tend à être la norme. Les scientistes chrétiens apprennent à guérir par l’étude de textes sacrés, la prière éclairée, la pratique, ainsi qu’une croissance dans la grâce et la compréhension. Cet apprentissage remonte aux enseignements de Jésus dans la Bible. Jésus a guéri de nombreuses personnes par sa grande compassion pour l’humanité et par sa compréhension de notre relation au divin. Il a aussi enseigné à d’autres cette manière de guérir.

Pour les scientistes chrétiens, ces guérisons ne sont pas des miracles, mais plutôt le résultat naturel et même « scientifique » de la compréhension de l’amour divin (Dieu) en tant que source de tout être véritable ; elles résultent aussi de la reconnaissance de l’identité fondamentale de chaque individu en tant que reflet du divin, et de qualités spirituelles comme l’intelligence et la bonté.

Quant à moi, en priant avec ces idées spirituelles et en les intégrant dans ma vie quotidienne, j’ai été guérie de plusieurs problèmes de santé, notamment de maux de tête, de grippes sévères, de blessures, de maux de dos, de verrues, d’une infection oculaire. J’ai aussi pu observer des résultats positifs chez ceux que j’ai soutenus par la prière dans le cadre de mon travail de praticienne de la Science chrétienne.

En tant que scientistes chrétiens, nous reconnaissons que notre pratique de guérison repose, comme toute autre pratique, sur l’apprentissage et le perfectionnement continu. Nous ne cessons d’apprendre et de nous améliorer comme n’importe quel autre « scientifique » ou chercheur sincère.

Dans son article, Kiss affirme que les montants versés par les régimes d’assurance à des praticiens de thérapies alternatives représentent une part importante de leurs revenus. Au cours de mes neuf années de travail comme praticienne de la Science chrétienne, un seul de mes clients a réclamé un remboursement de mes services dans le cadre de son régime d’assurance, et ce montant était minime. À ma connaissance, les remboursements de frais de la part de régimes d’assurance ne constituent pas une part importante du revenu des praticiens de la Science chrétienne.

Kiss a tout à fait raison de s’opposer sur une base éthique à la publicité de certaines cliniques qui invitent le public à « maximiser les remboursements » avant la fin de l’année. Certes, je ne peux prétendre connaître tous les praticiens de la Science chrétienne, mais je n’en ai jamais connu un seul qui se soit livré à ce genre de pratique. Elle serait en contradiction avec l’éthique chrétienne de traiter l’autre comme on aimerait qu’il nous traite. Nous annonçons nos services principalement dans un répertoire du Christian Science Journal ou, pour ce qui est du français, dans le Héraut de la Science chrétienne.

Photo : Shutterstock.com


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Monica Karal
Monica Karal détient une maîtrise en travail social de l’Université McGill. Elle est représentante de Science chrétienne pour le Québec.

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