{"id":271634,"date":"2025-01-07T11:30:34","date_gmt":"2025-01-07T16:30:34","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/"},"modified":"2025-10-08T00:10:57","modified_gmt":"2025-10-08T04:10:57","slug":"la-separation-tranquille-the-quiet-separation","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/","title":{"rendered":"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><em>(English version available <a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/magazines\/january-2025\/the-quiet-separation-la-separation-tranquille\/\">here<\/a>)<\/em><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 de Canadiens hors Qu\u00e9bec ne per\u00e7oivent plus le bilinguisme comme un id\u00e9al \u00e0 d\u00e9fendre. Selon un <a href=\"https:\/\/leger360.com\/fr\/canada-bilingue\/\">sondage r\u00e9alis\u00e9 plus t\u00f4t cette ann\u00e9e<\/a>, seulement 35\u00a0% d\u2019entre eux ont une perception positive du bilinguisme officiel. Un pourcentage semblable estime que le bilinguisme est au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 canadienne. Encore plus inqui\u00e9tant est le constat que seulement 19\u00a0% des r\u00e9pondants pensent qu\u2019il est tr\u00e8s important (et 24\u00a0% qu\u2019il est plut\u00f4t important) que le Canada reste un pays officiellement bilingue.<\/p>\n<p>Cette perception n\u00e9gative n\u2019est pas surprenante. Le mod\u00e8le canadien du bilinguisme est de plus en plus \u00e9loign\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. La d\u00e9fense du bilinguisme canadien serait mieux servie si elle \u00e9tait formul\u00e9e en termes plus proches du mod\u00e8le suisse, garantissant des espaces s\u00e9curitaires pour les deux langues du pays. La bonne nouvelle est que le Canada \u00e9volue de facto dans cette direction, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas politiquement acceptable de le dire aussi ouvertement.<\/p>\n<h3><strong>Le bilinguisme officiel a ses limites<\/strong><\/h3>\n<p>Le bilinguisme officiel ne peut pas arr\u00eater le d\u00e9clin du fran\u00e7ais hors Qu\u00e9bec, et on ne doit pas lui demander de le faire.<\/p>\n<p>La vision du bilinguisme de Pierre Elliott Trudeau, incarn\u00e9e par la <a href=\"https:\/\/www.uottawa.ca\/notre-universite\/institut-langues-officielles-bilinguisme\/calc\/histoire-linguistique\/documents-historiques\/loi-sur-langues-officielles-1969\"><em>Loi sur les langues officielles<\/em><\/a> de 1969, r\u00e9pondait aux attentes de l\u2019\u00e9poque. Le message, notamment aux Qu\u00e9b\u00e9cois mena\u00e7ant de faire s\u00e9cession, \u00e9tait clair : <em>tout<\/em> le Canada vous appartient, et votre droit d\u2019utiliser le fran\u00e7ais et d\u2019instruire vos enfants dans cette langue est d\u00e9sormais prot\u00e9g\u00e9 sur l\u2019ensemble du territoire. La loi marquait une rupture audacieuse avec le pass\u00e9, esp\u00e9rant r\u00e9parer le triste h\u00e9ritage d\u2019un si\u00e8cle de lois anti-francophones dans le ROC.<\/p>\n<p>Et \u00e7a a fonctionn\u00e9. Le r\u00e9f\u00e9rendum de 1980 sur l\u2019ind\u00e9pendance du Qu\u00e9bec fut largement rejet\u00e9. Le Canada devait d\u00e9sormais \u00eatre une nation bilingue (et \u00eatre per\u00e7ue comme telle), le bilinguisme une valeur canadienne fondamentale, les deux langues ayant d\u00e9sormais des droits \u00e9gaux <a href=\"https:\/\/www.thecanadianencyclopedia.ca\/fr\/article\/a-mari-usque-ad-mare-1\"><em>A mari usque ad mare<\/em><\/a>.<\/p>\n<p>Nous savons aujourd\u2019hui que cette noble vision du bilinguisme n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 freiner le d\u00e9clin du fran\u00e7ais, notamment hors Qu\u00e9bec. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas l\u2019intention initiale de la loi.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es sont bien connues. Selon le recensement de 2021, le fran\u00e7ais n\u2019est plus la langue maternelle que de <a href=\"https:\/\/publications.gc.ca\/collections\/collection_2023\/statcan\/98-200-x\/98-200-x2021013-fra.pdf\">3,2\u00a0% des Canadiens hors Qu\u00e9bec<\/a>. Pour la langue parl\u00e9e \u00e0 la maison, ce pourcentage tombe \u00e0 1,9\u00a0%. Cela nous dit qu\u2019environ 40\u00a0% des francophones dans le ROC ne parlent plus leur langue \u00e0 la maison, et donc que le d\u00e9clin se poursuivra.<\/p>\n<p>La <a href=\"https:\/\/www.parl.ca\/documentviewer\/fr\/44-1\/projet-loi\/C-13\/premiere-lecture\">modification de la <em>Loi sur les langues officielles<\/em><\/a> (C-13), adopt\u00e9e en mai 2023, reconna\u00eet ouvertement le d\u00e9s\u00e9quilibre croissant entre les deux langues officielles du Canada. Comme je l\u2019ai <a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/magazines\/may-2021\/is-modernizing-the-official-languages-act-a-mis-sion-impossible\/\">not\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment<\/a>, la nouvelle loi dit ce qu\u2019il faut. Elle affirme sans ambages que le fran\u00e7ais, et non pas l\u2019anglais, est la langue menac\u00e9e, n\u00e9cessitant protection. C-13 int\u00e8gre formellement la <a href=\"https:\/\/www.thecanadianencyclopedia.ca\/fr\/article\/loi-101\"><em>Charte de la langue fran\u00e7aise du Qu\u00e9bec<\/em><\/a> (la loi\u00a0101), qui fait du fran\u00e7ais la langue officielle de la province, ce qui constitue sans doute la rupture la plus audacieuse et la plus controvers\u00e9e avec l\u2019orthodoxie de l\u2019\u00e8re Trudeau. Enfin, elle fait un pas timide vers la territorialisation des droits linguistiques en introduisant la notion de <a href=\"https:\/\/www.fasken.com\/fr\/knowledge\/2022\/04\/projet-de-loi-c-13\">r\u00e9gions \u00e0 forte pr\u00e9sence francophone<\/a> hors Qu\u00e9bec (ou RFPF), \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur desquelles le droit de travailler en fran\u00e7ais dans les entreprises sous comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un <a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/magazines\/september-2022\/fin-bilinguisme-canada-1\/\">autre article<\/a>, j\u2019avais fait des propositions pour renforcer le projet de loi\u00a0C-13 \u2013 si l\u2019objectif \u00e9tait bien de freiner le d\u00e9clin du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Qu\u00e9bec. Je reconnais avoir \u00e9t\u00e9 na\u00eff. Simplement, l\u2019ADN de la loi de 1969, ax\u00e9 sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits, l\u2019emp\u00eache C-13 d\u2019aller plus loin dans la protection du fran\u00e7ais. Je doute qu\u2019un gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, aussi bien intentionn\u00e9 soit-il, puisse aujourd\u2019hui faire plus.<\/p>\n<p>Les politiques f\u00e9d\u00e9rales peuvent chercher \u00e0 mieux prot\u00e9ger le droit de travailler (ou d\u2019\u00eatre servi) en fran\u00e7ais, mais elles ne peuvent pas <em>imposer<\/em> le fran\u00e7ais sur le lieu de travail, comme le fait la loi\u00a0101 du Qu\u00e9bec\u00a0: cela reviendrait \u00e0 priver les Canadiens de leur droit, \u00e9gal, de travailler en anglais. Mais m\u00eame dans l\u2019hypoth\u00e8se inconcevable o\u00f9 la l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale arriverait \u00e0 imposer le fran\u00e7ais dans les RFPF, les entreprises de comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale ne repr\u00e9sentent qu\u2019une petite fraction de l\u2019emploi local hors d\u2019Ottawa.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat se devine d\u2019avance. Le Qu\u00e9bec restera francophone \u00e0 80\u00a0% (plus ou moins), soutenu par la l\u00e9gislation provinciale, tandis que le fran\u00e7ais dispara\u00eetra progressivement, sauf exception, ailleurs au pays.<\/p>\n<h3><strong>La consolidation linguistique est un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel <\/strong><\/h3>\n<p>Dans des pays comme la Suisse, la Belgique et la Finlande, les droits linguistiques \u2013 par exemple en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation \u2013 sont li\u00e9s au territoire afin, pr\u00e9cis\u00e9ment, d\u2019\u00e9viter des confrontations linguistiques o\u00f9 la langue la plus forte finit par assimiler la plus faible. L\u2019objectif est le maintien d\u2019\u00ab\u2009espaces s\u00e9curitaires\u2009\u00bb pour les communaut\u00e9s linguistiques du pays, le bilinguisme \u00e9tant essentiellement limit\u00e9 aux symboles de l\u2019\u00c9tat et aux relations avec le gouvernement national.<\/p>\n<p>Le d\u00e9clin de la langue la plus faible est une simple question d\u2019arithm\u00e9tique. \u00c0 l\u2019exception notable des communaut\u00e9s acadiennes du Nouveau-Brunswick o\u00f9 les francophones repr\u00e9sentent souvent 80\u00a0% ou plus de la population, les francophones hors Qu\u00e9bec sont en train de perdre leur langue presque partout.<\/p>\n<p>Le mariage est souvent le vecteur de l\u2019assimilation par l\u2019interm\u00e9diaire de la langue parl\u00e9e \u00e0 la maison, alors transmise \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante. La probabilit\u00e9 de trouver un conjoint de m\u00eame langue maternelle (dans ce cas-ci le fran\u00e7ais) est essentiellement fonction du poids des locuteurs de cette langue dans la population locale, probabilit\u00e9 qui diminue \u00e0 mesure que son poids baisse. \u00c0 cela s\u2019ajoute la faible probabilit\u00e9 que le (ou la) conjoint(e) parle effectivement la m\u00eame langue. Hors du Qu\u00e9bec, <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/content\/dam\/pch\/images\/services\/official-languages-bilingualism\/publications\/OL2024-Infographic_FR.pdf\">seulement 7,4\u00a0% des anglophones comprennent le fran\u00e7ais<\/a>, contre 85\u00a0% des francophones qui parlent l\u2019anglais. Il est facile de deviner qui l\u2019emporte lorsque les deux se rencontrent.<\/p>\n<p>Le fran\u00e7ais survivra sans doute dans les bastions acadiens et des \u00eelots linguistiques comme Hearst, dans le nord de l\u2019Ontario. Mais il s\u2019agit souvent de communaut\u00e9s p\u00e9riph\u00e9riques en d\u00e9clin, ce qui explique en partie pourquoi le fran\u00e7ais y survit. Dans aucun des grands centres urbains hors Qu\u00e9bec les francophones n\u2019ont pu \u00e9viter l\u2019assimilation, y compris dans des centres comptant une importante population francophone comme Sudbury et Ottawa. M\u00eame \u00e0 Moncton, centre culturel de l\u2019Acadie et seule ville hors Qu\u00e9bec avec une grande universit\u00e9 francophone, un tiers des francophones n\u2019utilisent plus leur langue \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Favoriser l\u2019immigration francophone \u2013 sans doute la mesure politique la plus puissante du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral \u2013 peut donner un coup de pouce temporaire et bienvenu aux communaut\u00e9s francophones locales, mais ne changera pas les forces sous-jacentes \u00e0 l\u2019assimilation. Les immigrants finissent par adopter le comportement des natifs.<\/p>\n<h3><strong>L\u2019essor de l\u2019anglais, nouveau moteur de la s\u00e9paration linguistique<\/strong><\/h3>\n<p>La cohabitation entre les deux langues officielles du pays serait plus simple si l\u2019une des deux n\u2019\u00e9tait pas l\u2019anglais. La mont\u00e9e en puissance de l\u2019anglais comme langue mondiale, dop\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019internet, a eu pour effet d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le clivage linguistique. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur du Qu\u00e9bec, elle amplifie l\u2019attrait de l\u2019anglais; tandis qu\u2019au Qu\u00e9bec, elle conduit le gouvernement \u00e0 renforcer la protection du fran\u00e7ais, la <a href=\"https:\/\/www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca\/fileadmin\/Fichiers_client\/lois_et_reglements\/LoisAnnuelles\/fr\/2022\/2022C14F.PDF\">loi\u00a096<\/a> en \u00e9tant l\u2019exemple le plus r\u00e9cent.<\/p>\n<p>Cela nous m\u00e8ne \u00e0 un paradoxe de la dynamique linguistique canadienne. Plus l\u2019anglais monte, plus le Qu\u00e9bec se sentira justifi\u00e9 de renforcer les restrictions sur l\u2019emploi de la langue de Shakespeare. Imaginez si \u2013 Oh malheur! \u2013 le recensement de 2026 devait montrer que le fran\u00e7ais recule toujours au Qu\u00e9bec. On entend d\u00e9j\u00e0 les appels \u00e0 de nouvelles restrictions.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, plus l\u2019anglais monte, plus les tribunaux seront enclins \u00e0 regarder d\u2019un \u0153il bienveillant les lois linguistiques qu\u00e9b\u00e9coises, sans m\u00eame parler du recours \u00e0 la clause d\u00e9rogatoire. Le r\u00e9sultat pr\u00e9visible : une province o\u00f9 le fran\u00e7ais est de plus en plus prot\u00e9g\u00e9 par la loi, et le reste du Canada, \u00e0 l\u2019exception (esp\u00e9rons-le) du Nouveau-Brunswick, de facto unilingue anglais.<\/p>\n<h3><strong>La s\u00e9paration linguistique est bonne pour l\u2019unit\u00e9 nationale <\/strong><\/h3>\n<p>Le paradoxe ultime est que la s\u00e9paration linguistique est le meilleur antidote \u00e0 la s\u00e9paration politique. Pourquoi faire s\u00e9cession si le Canada promet au Qu\u00e9bec la s\u00e9curit\u00e9 linguistique et culturelle?<\/p>\n<p>La plupart des Qu\u00e9b\u00e9cois, j\u2019estime, voient aujourd\u2019hui la quasi-disparition du fran\u00e7ais dans le reste du Canada comme un fait, regrettable bien entendu, mais qui n\u2019a que peu d\u2019incidence sur leur attachement \u2013 ou leur non-attachement \u2013 au Canada. Ce qui compte est la d\u00e9fense du fran\u00e7ais au Qu\u00e9bec. Le sentiment de communaut\u00e9 de destin avec les francophones du ROC est en train de dispara\u00eetre, l\u2019abandon de l\u2019identit\u00e9 commune \u00ab\u2009Canadien-fran\u00e7ais\u2009\u00bb au profit de \u00ab\u2009Qu\u00e9b\u00e9cois\u2009\u00bb \u00e9tant la derni\u00e8re \u00e9tape de cette \u00e9volution somme toute in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019ouest de l\u2019Outaouais, la majorit\u00e9 des Canadiens per\u00e7oivent aujourd\u2019hui le renforcement l\u00e9gislatif du fran\u00e7ais au Qu\u00e9bec avec indiff\u00e9rence. L\u2019opposition la plus vive au recours du Qu\u00e9bec \u00e0 la clause d\u00e9rogatoire pour la loi\u00a096 et aussi \u00e0 l\u2019inclusion de la loi\u00a0101 dans la nouvelle <em>Loi sur les langues officielles<\/em> est venue des porte-paroles de la <a href=\"https:\/\/qcgn.ca\/open-letter-parliamentarians\/\">minorit\u00e9 anglophone du Qu\u00e9bec<\/a>, et non du ROC.<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019abandon total du mod\u00e8le canadien de bilinguisme qui privil\u00e9gie les droits individuels n\u2019est ni possible ni souhaitable. Nous ne pouvons pas faire abstraction de l\u2019histoire de peuplement du Canada qui, contrairement \u00e0 l\u2019Europe, a fait en sorte que des communaut\u00e9s linguistiques minoritaires sont r\u00e9parties sur l\u2019ensemble du territoire. Les diverses associations et institutions des communaut\u00e9s minoritaires, en partie financ\u00e9es par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, enfants de la loi originale de 1969, m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre soutenues. Elles continueront, comme il se doit, \u00e0 d\u00e9fendre les droits linguistiques des communaut\u00e9s minoritaires.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi pour un futur Canada bilingue est de savoir o\u00f9 mettre l\u2019accent dans le discours public. Pourquoi ne pas dire ouvertement que l\u2019objectif premier n\u2019est pas de rendre tout le Canada bilingue (par exemple, de \u00ab\u2009forcer\u2009\u00bb les Albertains \u00e0 apprendre le fran\u00e7ais), mais de s\u2019assurer que chacune des deux grandes communaut\u00e9s linguistiques de la f\u00e9d\u00e9ration canadienne dispose d\u2019espaces s\u00e9curitaires pour cro\u00eetre et s\u2019\u00e9panouir?<\/p>\n<p>Je vois le Canada \u00e9voluer vers un mod\u00e8le hybride qui, \u00e0 l\u2019instar de la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse, reconna\u00eetrait la pr\u00e9rogative des membres constituants de donner la primaut\u00e9 \u00e0 une langue (l\u2019italien dans le canton du Tessin, par exemple), mais qui conserverait \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments d\u2019un mod\u00e8le fond\u00e9 sur les droits individuels, en garantissant notamment aux minorit\u00e9s linguistiques l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation dans leur langue<\/p>\n<p>Dans ce mod\u00e8le, le Nouveau-Brunswick pourrait peut-\u00eatre envisager donner la primaut\u00e9 au fran\u00e7ais dans les municipalit\u00e9s o\u00f9 les Acadiens sont nettement majoritaires. Mais l\u00e0, je r\u00eave sans doute.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(English version available here) La majorit\u00e9 de Canadiens hors Qu\u00e9bec ne per\u00e7oivent plus le bilinguisme comme un id\u00e9al \u00e0 d\u00e9fendre. Selon un sondage r\u00e9alis\u00e9 plus t\u00f4t cette ann\u00e9e, seulement 35\u00a0% d\u2019entre eux ont une perception positive du bilinguisme officiel. Un pourcentage semblable estime que le bilinguisme est au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 canadienne. Encore plus inqui\u00e9tant [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"featured_media":284376,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","ep_exclude_from_search":false,"apple_news_api_created_at":"2025-08-30T11:53:47Z","apple_news_api_id":"b5e3e8e6-c109-4467-ad2b-3a7551464be7","apple_news_api_modified_at":"2025-08-30T11:53:47Z","apple_news_api_revision":"AAAAAAAAAAD\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/w==","apple_news_api_share_url":"https:\/\/apple.news\/AtePo5sEJRGetKzp1UUZL5w","apple_news_cover_media_provider":"image","apple_news_coverimage":0,"apple_news_coverimage_caption":"","apple_news_cover_video_id":0,"apple_news_cover_video_url":"","apple_news_cover_embedwebvideo_url":"","apple_news_is_hidden":"","apple_news_is_paid":"","apple_news_is_preview":"","apple_news_is_sponsored":"","apple_news_maturity_rating":"","apple_news_metadata":"\"\"","apple_news_pullquote":"","apple_news_pullquote_position":"","apple_news_slug":"","apple_news_sections":[],"apple_news_suppress_video_url":false,"apple_news_use_image_component":false},"categories":[9385,9358,9372],"tags":[9133,9012,8822],"article-status":[],"irpp-category":[4295],"section":[],"irpp-tag":[7136],"class_list":["post-271634","issues","type-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-medias-et-culture","category-politique","category-recent-stories-fr","tag-federalisme","tag-politique-federale","tag-politique-quebecoise","irpp-category-politique","irpp-tag-medias-et-culture"],"acf":[],"apple_news_notices":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"(English version available here) La majorit\u00e9 de Canadiens hors Qu\u00e9bec ne per\u00e7oivent plus le bilinguisme comme un id\u00e9al \u00e0 d\u00e9fendre. Selon un sondage r\u00e9alis\u00e9 plus t\u00f4t cette ann\u00e9e, seulement 35\u00a0% d\u2019entre eux ont une perception positive du bilinguisme officiel. Un pourcentage semblable estime que le bilinguisme est au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 canadienne. Encore plus inqui\u00e9tant [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Policy Options\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-10-08T04:10:57+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1920\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1080\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@irpp\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"10 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/\",\"url\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/\",\"name\":\"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg\",\"datePublished\":\"2025-01-07T16:30:34+00:00\",\"dateModified\":\"2025-10-08T04:10:57+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg\",\"width\":1920,\"height\":1080},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/\",\"name\":\"Policy Options\",\"description\":\"Institute for Research on Public Policy\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation","og_description":"(English version available here) La majorit\u00e9 de Canadiens hors Qu\u00e9bec ne per\u00e7oivent plus le bilinguisme comme un id\u00e9al \u00e0 d\u00e9fendre. Selon un sondage r\u00e9alis\u00e9 plus t\u00f4t cette ann\u00e9e, seulement 35\u00a0% d\u2019entre eux ont une perception positive du bilinguisme officiel. Un pourcentage semblable estime que le bilinguisme est au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 canadienne. Encore plus inqui\u00e9tant [&hellip;]","og_url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/","og_site_name":"Policy Options","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org","article_modified_time":"2025-10-08T04:10:57+00:00","og_image":[{"width":1920,"height":1080,"url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_site":"@irpp","twitter_misc":{"Est. reading time":"10 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/","name":"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg","datePublished":"2025-01-07T16:30:34+00:00","dateModified":"2025-10-08T04:10:57+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#primaryimage","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg","contentUrl":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/The-quiet-separation-La-separation-tranquille.jpg","width":1920,"height":1080},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2025\/01\/la-separation-tranquille-the-quiet-separation\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La s\u00e9paration tranquille \/ The&nbsp;quiet&nbsp;separation"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/","name":"Policy Options","description":"Institute for Research on Public Policy","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues\/271634","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues"}],"about":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/issues"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/284376"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=271634"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=271634"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=271634"},{"taxonomy":"article-status","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article-status?post=271634"},{"taxonomy":"irpp-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-category?post=271634"},{"taxonomy":"section","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/section?post=271634"},{"taxonomy":"irpp-tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-tag?post=271634"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}