{"id":264273,"date":"2016-08-01T10:30:31","date_gmt":"2016-08-01T14:30:31","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/linking-academic-research-with-the-public-and-policy-makers\/"},"modified":"2025-10-07T21:13:53","modified_gmt":"2025-10-08T01:13:53","slug":"linking-academic-research-with-the-public-and-policy-makers","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2016\/08\/linking-academic-research-with-the-public-and-policy-makers\/","title":{"rendered":"Faire le lien entre la recherche universitaire, le public et les d\u00e9cideurs politiques"},"content":{"rendered":"<p>Un article publi\u00e9 dans une revue sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e9valu\u00e9e par des pairs est lu, en moyenne, par une dizaine de personnes tout au plus, selon un commentaire controvers\u00e9 intitul\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.straitstimes.com\/opinion\/prof-no-one-is-reading-you\">\u00ab\u00a0Prof, no one is reading you\u00a0\u00bb<\/a>, qui s\u2019est r\u00e9pandu comme une tra\u00een\u00e9e de poudre sur Internet l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, Ses auteurs, Asit Biswas, universitaire bas\u00e9 \u00e0 Singapour, et Julian Kirchherr, chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oxford, rappellent des statistiques frappantes\u00a0: environ 1,5 million articles \u00e9valu\u00e9s par des pairs sont publi\u00e9s chaque ann\u00e9e et 82\u00a0% d\u2019entre eux ne sont jamais cit\u00e9s, ni m\u00eame par d\u2019autres chercheurs.<\/p>\n<p>Autrement dit, les publications universitaires n\u2019influencent que rarement les modes de pens\u00e9e au-del\u00e0 des cercles dans lesquels elles sont produites, et la grande majorit\u00e9 d\u2019entre elles sont loin d\u2019avoir un effet sur les politiques et le d\u00e9bat publics portant sur des questions cruciales.<\/p>\n<p>Certains chercheurs contestent ces statistiques d\u00e9sastreuses et utilisent des m\u00e9thodes diff\u00e9rentes pour \u00e9tayer leurs chiffres, en tenant compte d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments par exemple (incluant les citations de leurs propres travaux et de textes non universitaires) et en faisant appel \u00e0 des param\u00e8tres plus larges pour v\u00e9rifier les citations de leurs travaux.<\/p>\n<p>Dans son blogue de la London School of Economics intitul\u00e9 \u00ab <a href=\"https:\/\/www.linguee.fr\/francais-anglais\/search?source=auto&amp;query=what+counts+as+a+citation\">Are 90 % of academic papers really never cited?<\/a> \u00bb, Dahlia Remler jette un doute sur ces chiffres accablants. Elle note qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 le taux de citation varie beaucoup selon le domaine, mais reconna\u00eet tout de m\u00eame que jusqu\u2019\u00e0 un tiers des articles en sciences sociales, 82\u00a0% des travaux en sciences humaines et 27\u00a0% des travaux en sciences naturelles ne sont pas cit\u00e9s. Ce qui avait commenc\u00e9 par la r\u00e9ponse d\u2019une sceptique se termine par un simple appel\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut am\u00e9liorer la fa\u00e7on de publier les travaux universitaires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au cas o\u00f9 l\u2019on penserait que les sciences tirent mieux leur \u00e9pingle du jeu, <a href=\"https:\/\/www.smithsonianmag.com\/ist\/?next=\/smart-news\/half-academic-studies-are-never-read-more-three-people-180950222\/\">les donn\u00e9es<\/a> ne sont pas si favorables. En effet, la <a href=\"https:\/\/chronicle.com\/article\/We-Must-Stop-the-Avalanche-of\/65890\/\">revue <em>Science<\/em><\/a> constatait il y a 20\u00a0ans que seulement 45\u00a0% des articles publi\u00e9s dans les 4\u00a0500 revues scientifiques les plus importantes \u00e9taient cit\u00e9s dans les 5\u00a0ans suivant leur publication. Une \u00e9tude plus r\u00e9cente r\u00e9v\u00e8le que ce chiffre est en baisse\u00a0: seulement 40,6 % des articles publi\u00e9s dans les principales revues sp\u00e9cialis\u00e9es en sciences et sciences sociales \u00e9taient cit\u00e9s dans les 5\u00a0ans suivant leur parution.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, le probl\u00e8me n\u2019est pas nouveau et semble s\u2019aggraver. Pourquoi ? Tout simplement parce qu\u2019il y a trop de choses \u00e0 lire.<\/p>\n<p><strong>Nous sommes inond\u00e9s par une mar\u00e9e d\u2019articles non lus<\/strong><\/p>\n<p>Il y a eu un accroissement spectaculaire du nombre de revues et, par le fait m\u00eame, du nombre d\u2019articles publi\u00e9s chaque ann\u00e9e. En 2015, le rapport de l\u2019International Association of Scientific, Technical and Medical Publishers, le <a href=\"https:\/\/www.stm-assoc.org\/2015_02_20_STM_Report_2015.pdf\"><em>STM Report<\/em><\/a>, a relev\u00e9 plus de 28\u00a0000\u00a0revues savantes \u00e9valu\u00e9es par des pairs en activit\u00e9, qui publient environ 2,5\u00a0millions d\u2019articles en anglais chaque ann\u00e9e. Le rapport constate que le nombre de revues augmente d\u2019au moins 3,5\u00a0% par an, ce qui refl\u00e8te un accroissement du nombre de chercheurs d\u2019environ 3\u00a0%.<\/p>\n<p>Cet accroissement du nombre de revues universitaires est peut-\u00eatre li\u00e9 aussi \u00e0 leur <a href=\"https:\/\/www.cbc.ca\/news\/technology\/academic-publishers-reap-huge-profits-as-libraries-go-broke-1.3111535\">forte rentabilit\u00e9<\/a>, ce qui peut surprendre, ainsi qu\u2019au contre-courant de l\u2019offre de <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/news\/dutch-lead-european-push-to-flip-journals-to-open-access-1.19111\">revues en libre acc\u00e8s<\/a>. En d\u2019autres termes, la cadence de publication des articles universitaires fait plus que doubler tous les 20\u00a0ans, d\u2019apr\u00e8s le site <a href=\"https:\/\/chronicle.com\/article\/We-Must-Stop-the-Avalanche-of\/65890\/\"><em>Chronicle of Higher Education<\/em><\/a>. Et ce sont l\u00e0 des chiffres prudents. Le <a href=\"https:\/\/www.stm-assoc.org\/2015_02_20_STM_Report_2015.pdf\"><em>STM Report<\/em><\/a> voit plut\u00f4t une croissance du nombre d\u2019articles de 6,3\u00a0% par ann\u00e9e en moyenne.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat ? Une tendance \u00e0 avoir davantage d\u2019articles recueillant moins de citations.<\/p>\n<p>Mais il s\u2019av\u00e8re que ce n\u2019est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Juste pour la majorit\u00e9. \u00c0 mesure que le nombre de revues augmente, la moyenne du nombre de citations par article d\u00e9cro\u00eet. Le rapport de la STM indique, cependant, que la distribution des citations est tr\u00e8s in\u00e9gale et que 80\u00a0% des citations se retrouvent dans moins de 20\u00a0% d\u2019articles. <a href=\"https:\/\/science.sciencemag.org\/content\/321\/5887\/395\">Le chercheur James A. Evans a r\u00e9sum\u00e9 cette tendance de la fa\u00e7on suivante<\/a> : \u00ab\u00a0Moins de revues et d\u2019articles sont cit\u00e9s, et il y a davantage de citations qui vont \u00e0 un nombre restreint de revues et d\u2019articles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Autrement dit, le d\u00e9luge d\u2019articles non cit\u00e9s s\u2019accompagne d\u2019une poign\u00e9e d\u2019articles qui montent \u00e0 la surface comme la pointe d\u2019un iceberg. Et contrairement aux attentes, ce ne sont pas les revues bien \u00e9tablies qui en profitent. <a href=\"https:\/\/crc.ebsi.umontreal.ca\/en\/publications\/are-elite-journals-declining\/\">L\u2019influence des revues prestigieuses<\/a> qui dominaient jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pourrait bien \u00eatre chose du pass\u00e9. Il s\u2019av\u00e8re que les articles abondamment cit\u00e9s publi\u00e9s dans des revues qui sont beaucoup cit\u00e9es sont de moins en moins fr\u00e9quents, tandis que le nombre d\u2019articles abondamment cit\u00e9s venant de nouvelles revues moins bien \u00e9tablies augmente r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Un certain nombre de facteurs expliquent pourquoi tant d\u2019articles ne sont pas cit\u00e9s. En voici quelques-uns\u00a0: le mantra \u00ab <em>publish or perish<\/em>\u00a0\u00bb, qui semble \u00eatre inculqu\u00e9 aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de plus en plus t\u00f4t ; le <a href=\"https:\/\/chronicle.com\/article\/We-Must-Stop-the-Avalanche-of\/65890\/\">\u00ab\u00a0saucissonnage\u00a0\u00bb des \u00e9tudes<\/a> en de nombreux \u00e9l\u00e9ments pour maximiser la quantit\u00e9 d\u2019articles publi\u00e9s ; un syst\u00e8me universitaire qui r\u00e9compense les chercheurs pour <a href=\"https:\/\/blogs.lse.ac.uk\/impactofsocialsciences\/2015\/07\/14\/the-case-against-the-journal-article\/\">la quantit\u00e9 d\u2019articles qu\u2019ils publient<\/a> et pas n\u00e9cessairement pour leur influence. En r\u00e9sum\u00e9, on ne verra pas de changement \u00e0 moins que, comme le souligne <a href=\"https:\/\/chronicle.com\/article\/We-Must-Stop-the-Avalanche-of\/65890\/\">un commentaire<\/a>, \u00ab\u00a0le syst\u00e8me de r\u00e9compenses soit chang\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une partie de la responsabilit\u00e9, et pas la moindre, revient au syst\u00e8me qui regarde de haut, ou du moins \u00e9carte, l\u2019engagement des universitaires aupr\u00e8s des m\u00e9dias, des d\u00e9cideurs politiques et du reste du monde. Pourtant, en dehors du milieu universitaire, peu de gens connaissent ou lisent les revues sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Inciter les universitaires \u00e0 collaborer avec les m\u00e9dias<\/strong><\/p>\n<p>En expliquant au public pourquoi leur recherche est importante, les universitaires feraient un pas modeste mais n\u00e9anmoins essentiel. On peut supposer qu\u2019une grande partie des recherches dont les r\u00e9sultats sont publi\u00e9s dans des revues sp\u00e9cialis\u00e9es pourraient ou devraient rev\u00eatir un int\u00e9r\u00eat au-del\u00e0 des cercles universitaires, en particulier aux yeux de ceux qui \u00e9laborent les politiques.<\/p>\n<p>Dans leur article, Biswas et Kirchherr appuient pr\u00e9cis\u00e9ment cette d\u00e9marche. D\u2019apr\u00e8s eux, la recommandation aux chercheurs qui vivent en vase clos dans le monde des revues sp\u00e9cialis\u00e9es est de sortir de ce carcan et d\u2019engager un d\u00e9bat avec les m\u00e9dias g\u00e9n\u00e9ralistes\u00a0: \u00ab\u00a0Si les universitaires veulent avoir un impact sur les d\u00e9cideurs et les intervenants, ils doivent tenir compte des m\u00e9dias populaires qu\u2019ils ont ignor\u00e9s.\u00a0\u00bb Il ne s\u2019agit pas de rejeter les publications universitaires ni de r\u00e9futer les donn\u00e9es importantes qu\u2019elles communiquent, mais de prolonger le processus de publication.<\/p>\n<p>Alors pourquoi n\u2019est-ce pas encore le cas, ou du moins pas souvent ?<\/p>\n<p>L\u2019auteur d\u2019<a href=\"https:\/\/www.scilogs.com\/the-leap\/some-academics-still-dont-get-social-media\/\">un blogue de <em>SciLogs<\/em><\/a>, Kirk Englehardt, l\u2019explique ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Le plus grand obstacle est que le milieu universitaire n\u2019a pas encore trouv\u00e9 un moyen d\u2019inciter les chercheurs \u00e0 s\u2019absenter de leurs laboratoires pour aller \u00e0 la rencontre du public. Les universit\u00e9s fonctionnent encore selon un ancien syst\u00e8me qui attache seulement de l\u2019importance \u00e0 la production de travaux de recherche.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin chercheur <a href=\"https:\/\/icenetblog.royalcollege.ca\/2015\/07\/07\/alternative-media-and-metrics-for-academic-promotion\/\">Daniel Cabrera<\/a> a lanc\u00e9 un appel pour changer la mani\u00e8re dont les \u00ab\u00a0facteurs d\u2019impact\u00a0\u00bb d\u2019une citation dans une revue sp\u00e9cialis\u00e9e servent \u00e0 la promotion des carri\u00e8res universitaires. Il propose que l\u2019on mettre en place un syst\u00e8me qui r\u00e9compense \u00e9galement les chercheurs qui attirent l\u2019attention du public et partagent leurs connaissances par l\u2019entremise des m\u00e9dias traditionnels, nouveaux ou sociaux. Le d\u00e9compte des revues et des citations ne suffit plus.<\/p>\n<p>Cabrera fait valoir que de nombreuses donn\u00e9es probantes sont maintenant disponibles et accessibles au public dans les m\u00e9dias traditionnels et sociaux. Il pense qu\u2019il est temps que les universitaires s\u2019impliquent au-del\u00e0 des articles de revues sp\u00e9cialis\u00e9es et communiquent leurs donn\u00e9es et leurs id\u00e9es \u00e0 un public int\u00e9ress\u00e9 plus large.<\/p>\n<p>Ces appels \u00e0 la collaboration des universitaires avec les m\u00e9dias, et au-del\u00e0, ne sont en aucun cas isol\u00e9s. C\u2019est une sorte d\u2019appel au clairon.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le journal <em>The Guardian<\/em> publiait un commentaire enjoignant les universitaires de<a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/higher-education-network\/2015\/sep\/23\/academics-leave-your-ivory-towers-and-pitch-your-work-to-the-media\"> quitter leur tour d\u2019ivoire et de pr\u00e9senter leurs travaux aux m\u00e9dias<\/a>. Son auteure, Kristal Brent Zook, elle-m\u00eame universitaire mais \u00e9galement journaliste, affirme s\u2019\u00eatre demand\u00e9 pourquoi ses coll\u00e8gues chercheurs ne collaboraient pas et n\u2019\u00e9crivaient pas plus souvent dans les m\u00e9dias\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi n\u2019entendons-nous pas davantage parler les personnes derri\u00e8re les donn\u00e9es ?\u00a0\u00bb Elle a pos\u00e9 cette question \u00e0 diff\u00e9rents universitaires, et les r\u00e9ponses obtenues l\u2019ont \u00e9tonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Il se trouve que la principale raison est la peur. D\u2019apr\u00e8s Zook, les chercheurs ne collaborent pas avec les m\u00e9dias parce qu\u2019ils ont peur de l\u2019inconnu\u00a0que repr\u00e9sentent les m\u00e9dias et leur fonctionnement, et le dialogue avec le grand public. Il existe \u00e9galement une m\u00e9fiance tacite, voire une certaine hostilit\u00e9, entre les universitaires et les journalistes, qui ont des cultures, des objectifs et des \u00e9ch\u00e9anciers distincts.<\/p>\n<p>Toutefois, selon <a href=\"https:\/\/www.senseaboutscienceusa.org\/guides-for-scientists\/\"><em>Sense About Science USA<\/em><\/a>, la porte des journalistes est (presque) toujours ouverte. Les auteurs du site ont r\u00e9cemment publi\u00e9 de nouveaux guides sur les m\u00e9dias \u00e0 l\u2019intention des scientifiques et ont interrog\u00e9 plus de 200\u00a0journalistes \u00e0 cet effet. Ils ont constat\u00e9 les faits suivants\u00a0: 92\u00a0% des journalistes sont toujours ouverts quand des scientifiques les appellent pour partager de l\u2019information ; 94\u00a0% disent qu\u2019ils veulent savoir si leurs sources pensent avoir \u00e9t\u00e9 mal cit\u00e9es ou mal repr\u00e9sent\u00e9es ; et 94\u00a0% lisent toujours ou la plupart du temps les articles universitaires en question avant de se mettre en rapport avec les scientifiques et demander une entrevue sur leurs recherches.<\/p>\n<p><strong>Que se passe-t-il lorsque les chercheurs sortent de la chambre d\u2019\u00e9cho que sont les revues universitaires ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans son commentaire, Zook constate les effets positifs de la pr\u00e9sence des chercheurs dans les m\u00e9dias. Une universitaire raconte que l\u2019un de ses textes en ligne est devenu viral et s\u2019est retrouv\u00e9 dans de nombreux programmes d\u2019\u00e9tudes, ce qui lui a donn\u00e9 des occasions de r\u00e9diger de nouveaux articles de recherche, des chapitres d\u2019ouvrages et m\u00eame un livre ; indirectement, elle a aussi pu obtenir une bourse. \u00ab\u00a0Cela a \u00e9t\u00e9 un catalyseur\u00a0\u00bb, explique-t-elle. Une autre chercheuse observe qu\u2019en \u00e9crivant pour les m\u00e9dias, elle a am\u00e9lior\u00e9 ses comp\u00e9tences r\u00e9dactionnelles. Elle s\u2019est rendu compte que ses articles \u00e9taient truff\u00e9s de jargon et que ces grands mots \u00e9taient souvent une \u00ab\u00a0b\u00e9quille\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Je dois condenser tout ce baratin et m\u2019exprimer en termes clairs et pr\u00e9cis. \u00bb<\/p>\n<p>Dans un blogue publi\u00e9 r\u00e9cemment dans le <a href=\"https:\/\/blogs.bmj.com\/bmj\/2015\/03\/10\/how-to-be-an-academic-social-media-star\/\"><em>British Medical Journal<\/em><\/a>, David Payne fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019appel lanc\u00e9 en faveur d\u2019une intervention plus grande des chercheurs aupr\u00e8s du public\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019essence m\u00eame du travail d\u2019universitaire, c\u2019est justement de faire conna\u00eetre ses recherches au monde. N\u2019abandonnez pas vos articles.\u00a0\u00bb En d\u2019autres termes, la publication d\u2019un article n\u2019est que le d\u00e9but du processus d\u2019\u00e9change, et non la fin.<\/p>\n<p>De m\u00eame, Duncan Green souligne dans un blogue publi\u00e9 sur le site <a href=\"https:\/\/blogs.lse.ac.uk\/impactofsocialsciences\/2015\/10\/26\/why-academics-and-students-should-take-blogging-social-media-seriously\/\">London School of Economics Impact<\/a> que les chercheurs passent la grande majorit\u00e9 de leur vie professionnelle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des v\u00e9n\u00e9rables \u00ab\u00a0murs \u00e0 p\u00e9age\u00a0\u00bb des revues universitaires. Mais ils pourraient et devraient \u00eatre plus actifs dans les nouveaux m\u00e9dias et les m\u00e9dias sociaux pour attirer l\u2019attention du public sur leurs recherches.<\/p>\n<p>Un article du <em>Wall Street Journal<\/em> intitul\u00e9 \u00ab <a href=\"https:\/\/blogs.wsj.com\/experts\/2015\/09\/29\/why-the-dean-of-harvard-medical-school-tweets\/\">Why the Dean of Harvard Medical School Tweets<\/a> \u00bb explique \u00e9galement comment une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9change et de collaboration r\u00e9ussie \u2014 dans ce cas, en utilisant Twitter \u2014 peut donner un sens \u00e0 la recherche au-del\u00e0 du milieu universitaire en touchant d\u2019autres \u00e9ducateurs, des d\u00e9cideurs, des \u00e9conomistes et des politiciens, et en apportant d\u2019importants b\u00e9n\u00e9fices. Lorsqu\u2019on met \u00e0 profit les m\u00e9dias traditionnels et nouveaux pour atteindre un public plus large, on peut p\u00e9renniser la recherche et changer les choses.<\/p>\n<p><strong>Comment le public r\u00e9colte les fruits du rayonnement universitaire<\/strong><\/p>\n<p>Int\u00e9resser le public par le biais des m\u00e9dias traditionnels et nouveaux est donc b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 plusieurs \u00e9gards pour le rayonnement universitaire, mais cela se r\u00e9v\u00e8le aussi b\u00e9n\u00e9fique pour le grand public. Selon des <a href=\"https:\/\/www.huffingtonpost.com\/deepti-pradhan\/more-than-a-body-of-knowl_b_8403778.html\">donn\u00e9es rapport\u00e9es par Deepti Pradhan<\/a>, seulement 2\u00a0% des citoyens des \u00c9tats-Unis sont engag\u00e9s activement et officiellement dans une formation scientifique, alors que le reste de la population acquiert des connaissances par l\u2019entremise des m\u00e9dias g\u00e9n\u00e9raux. La diffusion de donn\u00e9es probantes de qualit\u00e9 dans les organes d\u2019information peut fa\u00e7onner les perceptions du public et nourrir les d\u00e9bats sur plusieurs enjeux politiques cruciaux. Un manque d\u2019information, par contre, peut parfois avoir des effets d\u00e9sastreux.<\/p>\n<p>La baisse des taux de vaccination est un bon exemple. <a href=\"https:\/\/spectrumnews.org\/opinion\/autism-researchers-need-to-actively-connect-with-public\/\">Dans le cadre d\u2019une \u00e9tude dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s l\u2019an dernier<\/a>, 60\u00a0chercheurs dans le domaine de l\u2019autisme ont r\u00e9pondu aux questions d\u2019un sondage concernant l\u2019importance de communiquer leurs travaux au public. Alors que 59\u00a0% des r\u00e9pondants ont d\u00e9clar\u00e9 que leurs recherches pourraient pr\u00e9senter un int\u00e9r\u00eat pour les parents d\u2019enfants autistes, moins de la moiti\u00e9 ont dit trouver \u00ab\u00a0tr\u00e8s important\u00a0\u00bb de s\u2019y consacrer eux-m\u00eames. Autrement dit, ces chercheurs estiment que cela ne fait pas partie de leurtravail. La moiti\u00e9 dit ne pas avoir l\u2019occasion de communiquer avec le public, et la moiti\u00e9 encore estime ne pas en avoir le temps.<\/p>\n<p>Mais les auteurs de l\u2019\u00e9tude soulignent les effets d\u2019un tel manque de rayonnement. Ils constatent que de l\u2019information erron\u00e9e circule largement dans le domaine de l\u2019autisme, y compris parmi les parents et les soignants d\u2019enfants autistes. Les cons\u00e9quences sont bien r\u00e9elles, \u00e0 commencer par les mythes malheureusement r\u00e9currents \u00e0 propos des m\u00e9faits de la vaccination (voulant que les vaccins causent l\u2019autisme, alors que cela est contredit par des <a href=\"https:\/\/umanitoba.ca\/outreach\/evidencenetwork\/archives\/18557\">preuves substantielles<\/a>), qui ont des r\u00e9percussions directes sur les taux de vaccination dans la population.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es probantes sont l\u00e0, et c\u2019est tr\u00e8s bien, mais elles ne se rendent pas jusqu\u2019au public. Le manque de communication entre les chercheurs scientifiques et le public \u00ab compromet les liens avec la collectivit\u00e9 qu\u2019ils essaient d\u2019aider\u00a0\u00bb, soutient un \u00e9ditorial de la Simons Foundation Autism Research Initiative.<\/p>\n<p>Appelant parmi d\u2019autres \u00e0 une pr\u00e9sence universitaire accrue dans le monde au-del\u00e0 des publications sp\u00e9cialis\u00e9es, Ben Goldacre d\u00e9clarait dans <a href=\"https:\/\/www.timeshighereducation.com\/comment\/ban-academics-talking-to-ministers-we-should-train-them-to-do-it\"><em>Times Higher Education<\/em><\/a> que cet engagement est tout particuli\u00e8rement n\u00e9cessaire dans l\u2019\u00e9laboration des politiques gouvernementales\u00a0: \u00ab Il faut plus, et non moins, de cette interaction.\u00a0\u00bb Cet universitaire publie r\u00e9guli\u00e8rement des articles dans les m\u00e9dias grand public et s\u2019entretient avec les conseillers politiques et les politiciens en vue de faire rayonner la recherche au-del\u00e0 des revues scientifiques, de mani\u00e8re qu\u2019elle \u00e9claire l\u2019\u00e9laboration des politiques et des lois. Selon Goldacre, le personnel politique souhaitent vivement que des universitaires qui sont experts dans leur domaine exercent des pressions. Ils veulent s\u2019appuyer sur des donn\u00e9es probantes pour accomplir leur travail, et les universitaires souhaitent que leurs travaux aient une port\u00e9e. Il s\u2019agit en quelque sorte d\u2019un mariage parfait.<\/p>\n<p>Il existe toutefois des obstacles que l\u2019on ne peut ignorer. Pour plusieurs universitaires, le d\u00e9fi r\u00e9side dans le fait que m\u00eame s\u2019ils ont la volont\u00e9 de s\u2019engager dans de tels d\u00e9bats publics \u2014 ce qui veut dire se rendre l\u00e0 o\u00f9 se trouvent les diff\u00e9rents publics, dans les m\u00e9dias traditionnels, nouveaux et sociaux \u2014, ils ne savent souvent pas comment s\u2019y prendre, et peu d\u2019entre eux ont le temps ou les ressources pour le faire correctement.<\/p>\n<p><strong>Comment 700\u00a0mots peuvent faire bouger les choses<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est exactement dans ce contexte qu\u2019EvidenceNetwork.ca est n\u00e9 au Canada. Les universitaires fondatrices de ce r\u00e9seau, Noralou Roos et Sharon Manson Singer, \u00e9taient frustr\u00e9es par le fait que des travaux de recherche qu\u2019elles connaissaient bien dans le domaine des politiques canadiennes de sant\u00e9 parvenaient rarement \u00e0 une diffusion dans les m\u00e9dias grand public. Il y avait certes quelques exceptions notables, venant d\u2019une poign\u00e9e de journalistes aguerris dans le domaine de la sant\u00e9, et par ailleurs \u00e9parpill\u00e9s \u00e0 travers le pays. Dans l\u2019ensemble, elles constataient que les d\u00e9bats dans les m\u00e9dias \u00e9taient domin\u00e9s par les exag\u00e9rations des groupes d\u2019influence de gauche et de droite ainsi que des partis politiques. Les positions extr\u00eames obtenaient du temps d\u2019antenne, mais les nuances et la profondeur que l\u2019on retrouve dans les recherches \u00e9taient \u00e9vacu\u00e9es.<\/p>\n<p>Roos et Manson Singer d\u00e9siraient introduire plus de donn\u00e9es probantes dans les discussions et voir accorder un \u00e9gal temps d\u2019antenne au monde de la recherche universitaire. Elles ont donc fond\u00e9 EvidenceNetwork.ca. Une contribution financi\u00e8re notable des Instituts de recherche en sant\u00e9 du Canada et de Research Manitoba allait leur permettre de b\u00e2tir un pont entre le milieu universitaire et le monde journalistique.<\/p>\n<p>En consultation avec nos experts universitaires, nous avons d\u00e9couvert que les universitaires craignent souvent de perdre le contr\u00f4le sur le message et sur la mani\u00e8re de pr\u00e9senter leurs travaux s\u2019ils accordent une entrevue traditionnelle dans les m\u00e9dias. Par ailleurs, nos conseillers m\u00e9diatiques nous ont expliqu\u00e9 comment les universitaires ne parviennent souvent pas \u00e0 adopter le ton, le style d\u2019expression et l\u2019ampleur des d\u00e9bats dans les contributions qu\u2019ils proposent aux publications grand public.<\/p>\n<p>C\u2019est de cette tension qu\u2019est n\u00e9e l\u2019id\u00e9e d\u2019aider nos partenaires universitaires \u00e0 r\u00e9diger des textes destin\u00e9s aux pages d\u2019opinion que l\u2019on retrouve dans la plupart des organes d\u2019information. Ces articles d\u2019opinion influencent fr\u00e9quemment les politiciens, les responsables de l\u2019\u00e9laboration des politiques et autres d\u00e9cideurs. Il s\u2019agit d\u2019un genre m\u00e9diatique lu par un grand nombre de personnes, et o\u00f9 les travaux scientifiques et leurs r\u00e9sultats peuvent appara\u00eetre au premier plan.<\/p>\n<p>Nous avons adopt\u00e9 un mod\u00e8le l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent, en consid\u00e9rant que les universitaires n\u2019ont pas tous les talents et ne peuvent satisfaire tout le monde. On ne peut s\u2019attendre \u00e0 ce qu\u2019ils connaissent comme le fond de leur poche tout l\u2019univers m\u00e9diatique ou \u00e0 ce qu\u2019ils aient le temps ou l\u2019envie d\u2019entretenir des liens directs avec les journalistes et les \u00e9diteurs. Nous avons donc d\u00e9cid\u00e9 de le faire pour eux. Ce qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019une exp\u00e9rience en 2011 est devenu un service m\u00e9diatique complet \u00e0 l\u2019intention des universitaires et un centre d\u2019\u00e9change d\u2019information qui r\u00e9unit des articles originaux et de grande qualit\u00e9 sur les politiques en mati\u00e8re de sant\u00e9, des articles pr\u00eats \u00e0 \u00eatre publi\u00e9s dans les m\u00e9dias.<\/p>\n<p>EvidenceNetwork.ca agit en tant que m\u00e9diateur et service d\u2019\u00e9dition aupr\u00e8s des universitaires, auxquels on demande de r\u00e9diger une \u00e9bauche de leur texte d\u2019opinion. Nous les guidons sur la mani\u00e8re de r\u00e9aliser ce premier jet, en leur indiquant les choses \u00e0 faire et \u00e0 \u00e9viter, et prenons ensuite le relais. Le travail de notre \u00e9quipe d\u2019\u00e9dition consiste \u00e0 resserrer le texte d\u2019opinion en prenant en consid\u00e9ration les exigences de diff\u00e9rents types de m\u00e9dias. Les premi\u00e8res versions des textes sont souvent \u00e9lagu\u00e9es pour en arriver \u00e0 un nombre de mots pr\u00e9cis, l\u2019argumentation est resserr\u00e9e et le jargon est remplac\u00e9 par un vocabulaire simplifi\u00e9 ou un ton conversationnel qui correspond au style traditionnel du texte d\u2019opinion.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">L\u2019auteur fait partie de ce processus, du d\u00e9but \u00e0 la fin. Les textes d\u2019opinion passent habituellement par trois \u00e9tapes de r\u00e9vision et, si le sujet est controvers\u00e9 ou se rapporte de quelque fa\u00e7on \u00e0 un enjeu politique, ils sont soumis pour examen \u00e0 d\u2019autres experts, qui valident l\u2019\u00e9quilibre et l\u2019exactitude du contenu. Tous les \u00e9l\u00e9ments probants sont reli\u00e9s \u00e0 leurs sources par des hyperliens. Lorsque nous estimons que le texte est pr\u00eat \u00e0 \u00eatre publi\u00e9, nous faisons approuver la version par l\u2019auteur, puis EvidenceNetwork.ca entreprend au nom de l\u2019auteur les d\u00e9marches requises en vue de la parution de l\u2019article dans les principaux m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Nous avons de solides donn\u00e9es qui montrent que cela fonctionne. En 2015, nous avons \u00e9dit\u00e9 plus de 100\u00a0textes d\u2019opinion, dont nous avons assur\u00e9 le placement dans les m\u00e9dias. Au cours de cette seule ann\u00e9e, nous avons obtenu pr\u00e8s d\u2019une cinquantaine de publications dans les 5\u00a0principaux organes de presse (<em>Globe and Mail, National Post, Toronto Star, La Presse <\/em>et <em>Le Devoir<\/em>), de m\u00eame que 191\u00a0publications dans d\u2019autres journaux de grandes villes et 665 dans la presse r\u00e9gionale. Les r\u00e9sultats se sont d\u2019ailleurs am\u00e9lior\u00e9s au fil des ans. Au total, en moins de 5\u00a0ans, nous avons assur\u00e9 l\u2019\u00e9dition et le placement de 494\u00a0textes d\u2019opinion, qui se sont traduits en plus de 2\u00a0000 publications m\u00e9diatiques, depuis les plus grands organes de presse jusqu\u2019aux journaux ruraux ou associ\u00e9s \u00e0 des cr\u00e9neaux particuliers partout au pays.<\/p>\n<p>\u00c0 la suite de ces publications, les auteurs de textes d\u2019opinion que nous avons accompagn\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s par des ministres et ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 des audiences parlementaires, \u00e0 des comit\u00e9s et \u00e0 des r\u00e9unions pr\u00e9paratoires, aux paliers tant f\u00e9d\u00e9ral que provincial. Nos articles ont \u00e9t\u00e9 les d\u00e9clencheurs d\u2019autres enqu\u00eates m\u00e9diatiques, d\u2019\u00e9ditoriaux et d\u2019entrevues pour nos auteurs, que ce soit dans la presse \u00e9crite, sur le Web, \u00e0 la radio ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Plusieurs auteurs ont re\u00e7u des prix de rayonnement universitaire de la part des universit\u00e9s les plus avant-gardistes. Il est difficile d\u2019\u00e9valuer exactement dans quelle mesure les r\u00e9sultats de recherche publi\u00e9s dans les textes d\u2019opinion est pris en compte par les milieux politiques, gouvernementaux et autres. Une chose est s\u00fbre toutefois\u00a0: la recherche est pr\u00e9sente dans l\u2019environnement social plut\u00f4t que de se confiner dans les revues universitaires.<\/p>\n<p><strong>L\u2019amorce d\u2019un mouvement mondial<\/strong><\/p>\n<p>Nous esp\u00e9rons que le pont que nous avons contribu\u00e9 \u00e0 construire entre les m\u00e9dias grand public et la recherche universitaire inspire d\u2019autres \u00e9changes et formes de collaboration entre ces deux milieux distincts. Nous souhaitons aussi que notre mod\u00e8le misant sur les textes d\u2019opinion soit repris par d\u2019autres et ailleurs.<\/p>\n<p>EvidenceNetwork.ca n\u2019est certainement pas le premier m\u00e9dia \u00e0 s\u2019engager dans cette voie. Plusieurs autres mod\u00e8les visant \u00e0 aider les universitaires \u00e0 mettre en valeur leurs recherches aupr\u00e8s du grand public se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s fructueux. Fond\u00e9 \u00e0 Prague mais avec un si\u00e8ge \u00e0 New York, <a href=\"https:\/\/www.project-syndicate.org\/about#about-what-we-do\">Project Syndicate<\/a> propose des commentaires provenant d\u2019universitaires, \u00e9dit\u00e9s par des professionnels et pr\u00eats \u00e0 la publication, \u00e0 des m\u00e9dias ayant une diffusion mondiale, en se fondant sur un mod\u00e8le d\u2019abonnement (les m\u00e9dias s\u2019abonnent \u00e0 un tarif \u00e9tabli en fonction du service choisi). Project Syndicate affirme diffuser des contenus dans 476 m\u00e9dias r\u00e9partis dans 154 pays.<\/p>\n<p>Avec des \u00e9quipes aux \u00c9tats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/us\">The Conversation<\/a>, un fournisseur de contenu de qualit\u00e9, mise sur la collaboration entre des journalistes et des universitaires pour \u00ab\u00a0traduire\u00a0\u00bb la recherche universitaire en articles d\u2019information et d\u2019analyse fond\u00e9s sur des donn\u00e9es probantes. The Conversation favorise la republication gratuite de tous ses articles sous la marque Creative Commons et forme des partenariats avec une diversit\u00e9 de m\u00e9dias afin de diffuser ces contenus \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Son financement provient d\u2019un large \u00e9ventail de partenaires universitaires et de fondations.<\/p>\n<p>Depuis des d\u00e9cennies, des <em>think tanks<\/em> de premier plan, comme l\u2019Institut de recherche en politiques publiques et son magazine <a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/\"><em>Options politiques\/ Policy Option<\/em>s<\/a>, ont mis la recherche en politiques publiques \u00e0 la port\u00e9e d\u2019une diversit\u00e9 de lecteurs.<\/p>\n<p>Quant au <a href=\"https:\/\/sciencemediacentre.ca\/site\/?page_id=26\">Centre canadien science et m\u00e9dias<\/a>, il ne fournit pas directement de contenu aux m\u00e9dias, mais favorise la collaboration entre les journalistes et les experts universitaires, organise des webinaires et propose aux m\u00e9dias des explications et du mat\u00e9riel contextuel sur des questions de recherche complexes. Le Centre partage aussi avec les journalistes des articles universitaires dont la publication est imminente afin d\u2019accro\u00eetre la couverture m\u00e9diatique des dossiers scientifiques. Financ\u00e9 par les secteurs priv\u00e9, public et sans but lucratif, il assure son ind\u00e9pendance en refusant que plus de 10\u00a0% de son financement provienne de la m\u00eame source.<\/p>\n<p>Il existe aussi au Canada et aux <a href=\"https:\/\/www.theopedproject.org\/\">\u00c9tats-Unis<\/a> des projets visant \u00e0 am\u00e9liorer la place qui est accord\u00e9e aux voix des femmes dans les m\u00e9dias. La ressource canadienne <a href=\"https:\/\/www.informedopinions.org\/\">Informed Opinions<\/a> offre des ateliers sur la r\u00e9daction de textes d\u2019opinion dans des universit\u00e9s et aupr\u00e8s d\u2019organisations non gouvernementales dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays et fournit des conseils strat\u00e9giques pour aider les femmes \u00e0 publier davantage de textes et \u00eatre interview\u00e9es plus souvent par les m\u00e9dias. Le slogan humoristique qu&#8217;a adopt\u00e9 Informed Opinions, \u00ab What if I really <em>am<\/em> the best person ?\u00a0\u00bb r\u00e9sume sans l\u2019ombre d\u2019un doute ce que ressentent un trop grand nombre de femmes universitaires au moment de se frayer un chemin dans les m\u00e9dias et de revendiquer leur place en tant qu\u2019expertes. Shari Graydon, la fondatrice, a d\u2019ailleurs r\u00e9alis\u00e9 une <a href=\"https:\/\/www.informedopinions.org\/our-story\/why-its-important\/got-women-canadas-mainstream-media-inching-towards-gender-parity\/\">\u00e9tude originale<\/a> sur la sous-repr\u00e9sentation des femmes dans les sources journalistiques au Canada. Malheureusement, malgr\u00e9 l\u2019attention accord\u00e9e \u00e0 ce probl\u00e8me ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les statistiques montrent que les choses n\u2019ont pas chang\u00e9 depuis quelques d\u00e9cennies, alors que les femmes ne sont cit\u00e9es comme sources que dans une proportion de 21\u00a0% par rapport aux hommes. Les textes d\u2019opinion repr\u00e9sentent pour elles une occasion unique de garder le contr\u00f4le de leur voix et de leur message tout en diffusant leur expertise \u00e0 de plus larges publics.<\/p>\n<p>Il est grand temps qu\u2019un mouvement mondial fasse rayonner les fruits de la recherche universitaire dans tous les milieux, sous une forme accessible, afin que cette contribution ne reste plus cantonn\u00e9e derri\u00e8re les \u00ab\u00a0murs \u00e0 p\u00e9age\u00a0\u00bb des revues sp\u00e9cialis\u00e9es et devienne une source de changement dans le monde o\u00f9 nous vivons.<\/p>\n<p>Nous avons tous int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que les travaux universitaires soient largement diffus\u00e9s et soient discut\u00e9s en profondeur. Ce sont les faits qui comptent, et cela passe par une reconnaissance des donn\u00e9es probantes.<\/p>\n<p><em>Ce texte est une adaptation d\u2019un livre num\u00e9rique qui para\u00eetra bient\u00f4t sous le titre <\/em><a href=\"https:\/\/umanitoba.ca\/outreach\/evidencenetwork\/archives\/29117\">Why We Need More Canadian Health Policy in the Media<\/a><em>. Dirig\u00e9 par Noralou Roos, Kathleen O\u2019Grady, Eileen Boriskewich, M\u00e9lanie Meloche-Holubowski, Carolyn Shimmin, Kristy Wittmeier et Nanci Armstrong, l\u2019ouvrage pourra \u00eatre consult\u00e9 en diff\u00e9rents formats, dont Kindle, Apple et Google.<\/em><\/p>\n<p>Photo:\u00a0Sergei25\/Shutterstock.com<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Souhaitez-vous r\u00e9agir \u00e0 cet article ? <em>Joignez-vous aux d\u00e9bats d\u2019<\/em>Options politiques\u00a0<em>et soumettez-nous votre texte en suivant ces\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/article-submission\/\"><em>directives<\/em><\/a><em>.\u00a0<\/em>| Do you have something to say about the article you just read? Be part of the\u00a0<\/em>Policy Options<em>\u00a0discussion, and send in your own submission.\u00a0Here is a\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/article-submission\/\"><em>link<\/em><\/a><em>\u00a0on how to do it.\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un article publi\u00e9 dans une revue sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e9valu\u00e9e par des pairs est lu, en moyenne, par une dizaine de personnes tout au plus, selon un commentaire controvers\u00e9 intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Prof, no one is reading you\u00a0\u00bb, qui s\u2019est r\u00e9pandu comme une tra\u00een\u00e9e de poudre sur Internet l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, Ses auteurs, Asit Biswas, universitaire bas\u00e9 \u00e0 Singapour, et 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