{"id":264215,"date":"2016-06-30T10:30:44","date_gmt":"2016-06-30T14:30:44","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-reforme-electorale-de-la-futilite-des-calculs-partisans\/"},"modified":"2025-10-07T21:12:14","modified_gmt":"2025-10-08T01:12:14","slug":"la-reforme-electorale-de-la-futilite-des-calculs-partisans","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2016\/06\/la-reforme-electorale-de-la-futilite-des-calculs-partisans\/","title":{"rendered":"La r\u00e9forme \u00e9lectorale : de&nbsp;la&nbsp;futilit\u00e9 des calculs partisans"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">Dans le d\u00e9bat en cours sur la r\u00e9forme du syst\u00e8me \u00e9lectoral f\u00e9d\u00e9ral, les partis sont fortement divis\u00e9s. Les conservateurs tiennent au syst\u00e8me actuel. Les n\u00e9od\u00e9mocrates et les verts souhaitent un syst\u00e8me mixte proportionnel. Le premier ministre a une pr\u00e9f\u00e9rence d\u00e9clar\u00e9e pour le vote alternatif (<em>ranked<\/em> <em>ballot<\/em>), mais on ne sait si les d\u00e9put\u00e9s lib\u00e9raux la partagent.<\/p>\n<p>Ces positions cadrent bien avec l\u2019int\u00e9r\u00eat de chacun des partis \u00e0 ce moment-ci. Plusieurs \u00e9tudes l\u2019ont \u00e9tabli\u00a0: le vote alternatif permettrait aux lib\u00e9raux de conqu\u00e9rir des si\u00e8ges suppl\u00e9mentaires gr\u00e2ce aux deuxi\u00e8mes choix des \u00e9lecteurs n\u00e9od\u00e9mocrates. Un syst\u00e8me proportionnel, par contre, permettrait au Nouveau Parti d\u00e9mocratique (NPD), et au Parti vert, de peser davantage dans la formation des gouvernements futurs. D\u00e9pourvus d\u2019alli\u00e9s naturels \u2014 et ne cherchant d\u2019ailleurs gu\u00e8re \u00e0 s\u2019en faire \u2014, les conservateurs estiment, dans l\u2019ensemble, avoir \u00e9t\u00e9 bien servis par le syst\u00e8me actuel.<\/p>\n<p>On ne peut bl\u00e2mer les partis de prendre des positions conformes \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats.\u00a0Apr\u00e8s tout, personne n\u2019entre en politique dans le seul but de pr\u00f4ner un syst\u00e8me \u00e9lectoral plut\u00f4t qu\u2019un autre. Mais il faut que les partis r\u00e9alisent que ce que l\u2019on appelle \u00ab\u00a0leur int\u00e9r\u00eat partisan\u00a0\u00bb est trop souvent une \u00e9valuation <em>fond\u00e9e sur les circonstances du moment<\/em>. Or les conjonctures politiques changent vite. Les conservateurs, par exemple, se souviennent-ils que le vote alternatif, dans lequel ils voient maintenant une \u00ab\u00a0menace existentielle\u00a0\u00bb, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 il y a \u00e0 peine 15 ans par des id\u00e9ologues du d\u00e9funt Parti r\u00e9formiste comme une panac\u00e9e pour les partis de la droite canadienne ? La conjoncture a chang\u00e9, bien s\u00fbr. \u00c9tant donn\u00e9 que le NPD semble pour le moment vou\u00e9 au troisi\u00e8me rang, sa pr\u00e9f\u00e9rence pour la proportionnelle est naturelle. Mais pourquoi n\u2019a-t-il jamais song\u00e9 \u00e0 l\u2019introduire dans les nombreuses provinces o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 au pouvoir ?<\/p>\n<p>En prenant position sur le syst\u00e8me \u00e9lectoral, les partis feraient mieux de ne pas se laisser obnubiler par les tendances du pass\u00e9 imm\u00e9diat et du moment pr\u00e9sent, et surtout de ne pas les projeter m\u00e9caniquement dans l\u2019avenir. Plus souvent qu\u2019autrement, la conjoncture change, et les calculs partisans fond\u00e9s sur elle deviennent caducs. Ces calculs peuvent m\u00eame se retourner contre leurs auteurs. Plusieurs exemples historiques illustrent qu\u2019un changement des r\u00e8gles \u00e9lectorales en fonction de consid\u00e9rations partisanes \u00e0 court terme est non seulement tr\u00e8s discutable sur le plan \u00e9thique, mais souvent contre-productif en pratique.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9pisode du vote alternatif en Colombie-Britannique<\/strong><\/p>\n<p>Au Canada, l\u2019exemple classique d\u2019une manipulation \u00e0 court terme est l\u2019exp\u00e9rience du vote alternatif en Colombie-Britannique, introduit en 1951. Les deux partis traditionnels, le Parti lib\u00e9ral et le Parti conservateur, gouvernaient la province en coalition depuis 10 ans, ayant m\u00eame fait candidature commune aux \u00e9lections de 1945 et de 1949. Leur objectif \u00e9tait de barrer la route \u00e0 l\u2019anc\u00eatre du NPD actuel, la Cooperative Commonwealth Federation (CCF). Sauf qu\u2019au fil des ans, la m\u00e9sentente s\u2019\u00e9tait install\u00e9e entre les deux partenaires, laissant entrevoir l\u2019\u00e9clatement de la coalition et, devant une droite d\u00e9sunie, l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de la CCF aux \u00e9lections suivantes.<\/p>\n<p>Les fins renards au pouvoir \u00e0 Victoria eurent alors l\u2019id\u00e9e de limiter les d\u00e9g\u00e2ts escompt\u00e9s en imposant le vote alternatif, qui permettrait \u00e0 leurs \u00e9lecteurs respectifs de donner leur deuxi\u00e8me choix \u00e0 l\u2019autre parti traditionnel. Partout o\u00f9 les socialistes de la CCF arriveraient en t\u00eate sans avoir la majorit\u00e9, le jeu des pr\u00e9f\u00e9rences permettrait \u00e0 l\u2019un des partis traditionnels de les battre.<\/p>\n<p>Mais il manquait une variable essentielle \u00e0 leurs calculs : les deux partis coalis\u00e9s \u00e9taient devenus massivement impopulaires au fil des ans. Le vide ainsi cr\u00e9\u00e9 au sein de la droite fut combl\u00e9 en un temps record par l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau parti, le Cr\u00e9dit social, dirig\u00e9 par l\u2019ex-conservateur W. A. C. Bennett (appel\u00e9 \u00ab Wacky \u00bb Bennett).<\/p>\n<p>R\u00e9sultat ? \u00c0 l\u2019\u00e9lection de 1952, les deuxi\u00e8mes choix des \u00e9lecteurs lib\u00e9raux et conservateurs se port\u00e8rent sur le Cr\u00e9dit social \u2014 qui avait l\u2019avantage de n\u2019\u00eatre ni us\u00e9 par le pouvoir, ni socialiste \u2014, lui permettant de coiffer d\u2019une courte t\u00eate la CCF et de former un gouvernement minoritaire. Les deux partis traditionnels furent broy\u00e9s. Ajoutons un d\u00e9tail savoureux, qui \u00e9voque la l\u00e9gende \u2014 car il s\u2019agit bien d\u2019une l\u00e9gende \u2014 selon laquelle le docteur Guillotin aurait \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 par la sinistre machine qui porte son nom\u00a0: l\u2019artisan principal de l\u2019introduction du vote alternatif, le premier ministre lib\u00e9ral Byron Johnson, arriva en t\u00eate dans sa circonscription le soir du scrutin, mais fut d\u00e9fait \u00e0 la suite du transfert des pr\u00e9f\u00e9rences des autres candidats.<\/p>\n<p>Parvenu au pouvoir, Bennett joua ses cartes avec habilet\u00e9 et r\u00e9ussit \u00e0 obtenir une majorit\u00e9 aux \u00e9lections suivantes, tenues en 1953. \u00c0 son tour, il tomba dans le raisonnement conjoncturel. Le jeu des pr\u00e9f\u00e9rences lui ayant fait perdre quand m\u00eame deux ministres importants, il s\u2019empressa de r\u00e9tablir le scrutin \u00e0 la pluralit\u00e9. Mais en 1972, une pouss\u00e9e des partis traditionnels l\u2019\u00e9carta du pouvoir au profit du NPD, pourtant appuy\u00e9 par seulement 39,6 % des \u00e9lecteurs, alors que le Cr\u00e9dit social avait obtenu 31,2 % des voix.<\/p>\n<p>Les dirigeants britanno-colombiens avaient c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019une des tentations les plus communes des politiciens, celle de changer les r\u00e8gles d\u00e8s lors qu\u2019elles avaient cess\u00e9 de les servir. Il n\u2019est pas difficile de trouver d\u2019autres exemples de calculs partisans que la r\u00e9alit\u00e9 a d\u00e9jou\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>L\u2019arnaque italienne de 1953<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019histoire \u00e9lectorale italienne offre un superbe exemple d\u2019arroseur arros\u00e9. Le syst\u00e8me \u00e9lectoral en vigueur \u00e9tait proportionnel. La D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne avait r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9crocher une majorit\u00e9 aux \u00e9lections de 1948, mais tout indiquait qu\u2019elle allait la perdre aux \u00e9lections suivantes, pr\u00e9vues pour juin 1953.\u00a0Ses dirigeants con\u00e7urent donc le stratag\u00e8me suivant, inspir\u00e9 du syst\u00e8me fran\u00e7ais des apparentements adopt\u00e9 deux ans plus t\u00f4t\u00a0: si un groupe de partis coalis\u00e9s (\u00ab\u00a0apparent\u00e9s\u00a0\u00bb) obtenait plus de 50 % des voix \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, les r\u00e8gles normales de la proportionnelle seraient suspendues, et les coalis\u00e9s gagneraient automatiquement 380 des 589 si\u00e8ges. Ils pourraient alors se partager ces 380 si\u00e8ges entre eux \u00e0 la proportionnelle. Selon ce syst\u00e8me, les partis coalis\u00e9s obtiendraient, individuellement et collectivement, une prime leur permettant de gouverner plus facilement.<\/p>\n<p>La loi fut vot\u00e9e \u00e0 la hussarde. Surnomm\u00e9e la \u00ab <em>legge truffa<\/em> \u00bb (ou \u00ab\u00a0loi arnaque\u00a0\u00bb) par ses adversaires, elle fut impos\u00e9e par le parti au pouvoir et les petits partis qui lui \u00e9taient alli\u00e9s, et promulgu\u00e9e le 31 mars 1953, soit 68 jours avant le jour du scrutin ! Tel que pr\u00e9vu, la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne conclut un accord d\u2019apparentement avec les sociaux-d\u00e9mocrates, les lib\u00e9raux, les r\u00e9publicains et deux petits partis r\u00e9gionaux afin de profiter de la prime majoritaire. Cependant, outr\u00e9s par la man\u0153uvre, des parlementaires dissidents des petits partis apparent\u00e9s firent scission et fond\u00e8rent en guise de protestation deux nouveaux partis, l\u2019Unit\u00e9 populaire et l\u2019Alliance d\u00e9mocratique nationale. Les partis apparent\u00e9s, avec 49,8 % des suffrages, rat\u00e8rent la majorit\u00e9 absolue par seulement 54 000 voix. Les deux partis dissidents de la majorit\u00e9 sortante obtinrent ensemble pr\u00e8s de 300 000 voix (1,08 %) du vote national, soit assez pour emp\u00eacher la coalition d\u2019atteindre le seuil des 50 % requis. En l\u2019absence d\u2019une telle majorit\u00e9, tous les si\u00e8ges furent r\u00e9partis proportionnellement. L\u2019arnaque n\u2019avait servi \u00e0 rien, sinon \u00e0 diviser et \u00e0 discr\u00e9diter la majorit\u00e9 sortante.<\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois Mitterrand et la proportionnelle<\/strong><\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais avait c\u00e9d\u00e9 lui aussi au machiav\u00e9lisme calculateur en 1985 en d\u00e9cidant de remplacer unilat\u00e9ralement le scrutin majoritaire \u00e0 deux tours par une proportionnelle d\u00e9partementale. Il souhaitait emp\u00eacher la droite de conqu\u00e9rir la majorit\u00e9 aux \u00e9lections l\u00e9gislatives suivantes, et jeter la confusion dans ses rangs en facilitant l\u2019\u00e9mergence du Front national de Jean-Marie Le Pen. Le subterfuge r\u00e9ussit certainement \u00e0 limiter les d\u00e9g\u00e2ts pour le Parti socialiste, mais n\u2019emp\u00eacha pas la droite de conqu\u00e9rir une majorit\u00e9 parlementaire, m\u00eame avec seulement 41 % des voix. L\u2019un des premiers gestes de la nouvelle majorit\u00e9 fut de r\u00e9tablir le scrutin majoritaire.<\/p>\n<p><strong>Tony Blair et le syst\u00e8me \u00e9lectoral \u00e9cossais<\/strong><\/p>\n<p>On a attribu\u00e9 \u00e0 Tony Blair l\u2019arri\u00e8re-pens\u00e9e de vouloir contenir une \u00e9ventuelle pouss\u00e9e du Parti nationaliste \u00e9cossais (SNP) en instaurant un syst\u00e8me \u00e9lectoral mixte compensatoire (a<em>dditional member system<\/em>) pour les \u00e9lections \u00e9cossaises. Si la chose est vraie, le calcul fut mauvais, car le SNP r\u00e9ussit en 2011 \u00e0 conqu\u00e9rir la majorit\u00e9 absolue avec seulement 44 % des voix, ce qui lui permit de tenir un r\u00e9f\u00e9rendum sur l\u2019ind\u00e9pendance trois ans plus tard.<\/p>\n<p><strong>Les calculs successifs des ind\u00e9pendantistes qu\u00e9b\u00e9cois<\/strong><\/p>\n<p>Pour illustrer le caract\u00e8re changeant de \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat partisan\u00a0\u00bb, il vaut la peine de rappeler les d\u00e9bats sur la r\u00e9forme du syst\u00e8me \u00e9lectoral qui ont eu lieu au sein du mouvement ind\u00e9pendantiste qu\u00e9b\u00e9cois, puisque aucun parti au pays n\u2019a probablement discut\u00e9 autant de cette question.<\/p>\n<p>Ce sont en effet les ind\u00e9pendantistes qui ont lanc\u00e9 au Qu\u00e9bec le d\u00e9bat sur la proportionnelle. Quoi de plus naturel pour un parti naissant\u2014 le Rassemblement pour l\u2019ind\u00e9pendance nationale (RIN) d\u2019abord, le Parti qu\u00e9b\u00e9cois (PQ) par la suite \u2014 que de s\u2019en prendre au scrutin majoritaire ? Le PQ opta d\u00e8s son premier congr\u00e8s pour un mode de scrutin mixte, o\u00f9 un tiers des d\u00e9put\u00e9s seraient \u00e9lus \u00e0 la proportionnelle. Au lendemain de l\u2019\u00e9lection de 1970 \u2014 qui lui donna 7 d\u00e9put\u00e9s seulement sur 108 et le quatri\u00e8me rang \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, malgr\u00e9 sa seconde place dans le suffrage avec 23 % du vote \u2014, le parti remua ciel et terre, sans succ\u00e8s, pour obtenir un changement de syst\u00e8me. D\u00e8s cette \u00e9poque, le politologue Jean Meynaud avait cependant averti les dirigeants du parti de ne pas c\u00e9der au pessimisme conjoncturel, expliquant que le scrutin majoritaire pourrait leur \u00eatre utile un jour. Cette analyse fut confirm\u00e9e par les \u00e9lections de 1973, o\u00f9 le parti acc\u00e9da au statut d\u2019opposition officielle, et surtout celles de 1976, o\u00f9 il conquit le pouvoir avec seulement 41 % des voix.<\/p>\n<p>Convaincu du caract\u00e8re \u00ab\u00a0infect\u00a0\u00bb du syst\u00e8me auquel il devait pourtant sa majorit\u00e9, Ren\u00e9 L\u00e9vesque tenta deux fois, en 1978-1979 et entre 1982 et 1984, de convaincre son caucus de r\u00e9aliser la promesse du parti. La deuxi\u00e8me tentative s\u2019inscrivit dans un contexte qui semblait garantir de fa\u00e7on irr\u00e9sistible son succ\u00e8s. Devenu terriblement impopulaire \u00e0 la suite de ses \u00e9checs r\u00e9f\u00e9rendaire et constitutionnel et des coupes salariales qu\u2019il avait d\u00fb imposer aux employ\u00e9s de l\u2019\u00c9tat, le PQ tra\u00eenait pr\u00e8s de 40 points derri\u00e8re le Parti lib\u00e9ral du Qu\u00e9bec (PLQ) dans les sondages de l\u2019\u00e9poque. Son int\u00e9r\u00eat conjoncturel \u00e9tait certainement d\u2019\u00e9viter le pire en instaurant la proportionnelle. Le caucus r\u00e9sista pourtant, et les \u00e9lections de 1985 eurent lieu sous le r\u00e9gime de la pluralit\u00e9. Mais auparavant, le parti avait lev\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8que de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9lection r\u00e9f\u00e9rendaire\u00a0\u00bb et chang\u00e9 de chef. Cela lui permit de remonter la pente, obtenant 38 % des voix, et de sauver les meubles. En 1994, il remporta une solide majorit\u00e9 de si\u00e8ges avec seulement 13 000 voix d\u2019avance, et il renouvela l\u2019exploit en 1998, m\u00eame s\u2019il affichait alors un d\u00e9ficit d\u2019une vingtaine de milliers de voix par rapport au PLQ. Tout compte fait, les d\u00e9put\u00e9s p\u00e9quistes qui avaient refus\u00e9 de c\u00e9der \u00e0 la panique en 1984 n\u2019avaient pas trop mal jaug\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur \u00e0 long terme de leur parti, et celui-ci s\u2019empressa d\u2019oublier la promesse de r\u00e9forme toujours inscrite \u00e0 son programme.<\/p>\n<p>La migration d\u2019une partie du vote p\u00e9quiste vers l\u2019extr\u00eame gauche au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, qui aboutit \u00e0 la formation de l\u2019Union des forces progressistes puis de Qu\u00e9bec solidaire, redonna des ailes aux partisans de la proportionnelle r\u00e9gionale au sein du parti gouvernemental. Celle-ci fut maintenant pr\u00f4n\u00e9e comme une parade \u00e0 l\u2019\u00e9parpillement du vote ind\u00e9pendantiste. Malgr\u00e9 son rejet par les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, tenus en d\u00e9but 2003, au profit d\u2019un syst\u00e8me mixte, le comit\u00e9 directeur, pr\u00e9sid\u00e9 par Claude B\u00e9land, choisit de l\u2019appuyer dans un rapport. Mais la d\u00e9faite du PQ aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de la m\u00eame ann\u00e9e remisa le projet aux oubliettes.<\/p>\n<p>Aux \u00e9lections de 2003, le PLQ obtint avec 13 points d\u2019avance autant de si\u00e8ges que le PQ en avait recueilli en 1998 avec un point\u2026 en arri\u00e8re. Le fonctionnement asym\u00e9trique du scrutin majoritaire, d\u00fb \u00e0 la concentration excessive du vote lib\u00e9ral dans certaines circonscriptions, semblait constituer un atout infaillible pour le PQ. Aussi celui-ci r\u00e9sista autant qu\u2019il le put \u00e0 la tentative infructueuse des lib\u00e9raux d\u2019introduire un syst\u00e8me mixte compensatoire. Durant les derniers milles de la campagne \u00e9lectorale serr\u00e9e de 2007, l\u2019entourage du chef Andr\u00e9 Boisclair r\u00eavait de r\u00e9\u00e9diter le sc\u00e9nario de 1998, soit une victoire en si\u00e8ges fond\u00e9e sur une minorit\u00e9 de voix.<\/p>\n<p>\u00c0 nouveau, la dynamique politique d\u00e9joua les calculs partisans. Peu impressionn\u00e9s par la performance du premier gouvernement de Jean Charest mais r\u00e9fractaires \u00e0 la tenue d\u2019un nouveau r\u00e9f\u00e9rendum sur la souverainet\u00e9, beaucoup d\u2019\u00e9lecteurs opt\u00e8rent pour l\u2019Action d\u00e9mocratique du Qu\u00e9bec de Mario Dumont, dont la perc\u00e9e impr\u00e9vue eut pour effet de priver le PQ de la prime que lui procurait traditionnellement la r\u00e9partition g\u00e9ographique plus favorable de son \u00e9lectorat. La r\u00e9forme du mode de scrutin fut par la suite \u00e9vacu\u00e9e du programme p\u00e9quiste, quitte \u00e0 r\u00e9-\u00e9merger ces derni\u00e8res semaines dans le cadre de sp\u00e9culations sur une possible \u00ab\u00a0convergence\u00a0\u00bb des partis ind\u00e9pendantistes.<\/p>\n<p>Les ind\u00e9pendantistes partisans du scrutin majoritaire n\u2019ont pas manqu\u00e9 de relever que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me que le Bloc qu\u00e9b\u00e9cois a pu asseoir son h\u00e9g\u00e9monie au Qu\u00e9bec pendant 18 ans. En 1993, le Bloc a pu former l\u2019opposition officielle, bien qu\u2019il se soit class\u00e9 au quatri\u00e8me rang dans le suffrage populaire ; et en 2000, il a obtenu deux si\u00e8ges de plus que les lib\u00e9raux avec 4 % moins de voix. Par contre, en 2011 comme en 2015, la proportionnelle lui aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande utilit\u00e9.\u00a0Quant \u00e0 l\u2019avenir, on ne peut le savoir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb du mouvement ind\u00e9pendantiste dans le dossier de la r\u00e9forme du syst\u00e8me \u00e9lectoral a donc beaucoup vari\u00e9 dans le temps et dans l\u2019espace. Il y a eu des conjonctures o\u00f9 la proportionnelle lui aurait \u00e9t\u00e9 utile, d\u2019autres o\u00f9 elle lui aurait nui. Voil\u00e0 pourquoi tant de gens pour qui l\u2019accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance constitue pourtant la seule valeur de r\u00e9f\u00e9rence se chamaillent depuis des d\u00e9cennies sur la question. Le probl\u00e8me, c\u2019est que le syst\u00e8me \u00e9lectoral ne peut \u00eatre modifi\u00e9 au gr\u00e9 de la conjoncture et des int\u00e9r\u00eats changeants d\u2019un seul parti.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">On le voit, l\u2019int\u00e9r\u00eat partisan est loin d\u2019\u00eatre un guide infaillible en mati\u00e8re de choix d\u2019un syst\u00e8me \u00e9lectoral. \u00c0 long terme, chaque parti trouvera, selon les circonstances, des raisons d\u2019encenser ou de maudire le syst\u00e8me \u00e9lectoral en vigueur. Chacun devrait en tenir compte dans l\u2019\u00e9laboration de ses positions, et r\u00e9aliser que tout syst\u00e8me comportera pour lui des avantages et des inconv\u00e9nients \u00e0 un moment ou l\u2019autre. Ceux qui c\u00e8dent \u00e0 la tentation d\u2019ajuster les r\u00e8gles du jeu \u00e0 leur seul profit en fonction de calculs \u00e0 court terme peuvent fort bien le regretter plus tard, notamment parce que ce faisant, ils posent un pr\u00e9c\u00e9dent susceptible de leur nuire par la suite. On ne devrait pas changer le syst\u00e8me \u00e9lectoral sans avoir de tr\u00e8s bonnes raisons de le faire, tout en b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un appui assez large. Et il est difficile d\u2019imaginer pire sc\u00e9nario pour la cr\u00e9dibilit\u00e9 du processus \u00e9lectoral dans un pays que des changements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s du syst\u00e8me \u00e9lectoral fond\u00e9s sur des calculs partisans conjoncturels.<\/p>\n<p><strong>Cet article fait partie du dossier <a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/magazines\/juin-2016\/la-reforme-electorale\/\">La r\u00e9forme \u00e9lectorale<\/a>.<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"image-caption\">Photo\u00a0: Shutterstock \/ Alessandro Lai<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Souhaitez-vous r\u00e9agir \u00e0 cet article ? <\/em><em>Joignez-vous aux d\u00e9bats d\u2019<\/em>Options politiques\u00a0<em>et soumettez-nous votre texte en suivant ces\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/article-submission\/\"><em>directives<\/em><\/a><em>. <\/em><em>| Do you have something to say about the article you just read? 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