{"id":263146,"date":"2012-02-01T22:00:00","date_gmt":"2012-02-02T03:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/lavenir-de-leurope\/"},"modified":"2025-10-07T20:33:52","modified_gmt":"2025-10-08T00:33:52","slug":"lavenir-de-leurope","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2012\/02\/lavenir-de-leurope\/","title":{"rendered":"L&#8217;avenir de l&#8217;Europe"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">Depuis des mois, c&#8217;est souvent avec beaucoup de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qu&#8217;on \u00e9voque la fin de l&#8217;euro et avec plus d&#8217;arrogance encore qu&#8217;on d\u00e9cr\u00e8te que la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) n&#8217;a qu&#8217;\u00e0 mettre en marche la planche \u00e0 billets pour sortir l&#8217;Europe de la crise. \u00c0 mon sens, il ne faut surtout pas sous-estimer les cons\u00e9quences d&#8217;une \u00e9ventuelle disparition de l&#8217;euro. J&#8217;estime \u00e9galement que la vraie question n&#8217;est pas de savoir si la BCE va se d\u00e9cider \u00e0 jouer ou non le r\u00f4le que les march\u00e9s, les agences de notation, la presse \u00e9conomique et bien des gouvernements voudraient lui faire jouer. L&#8217;essentiel, me semble-t-il, est plut\u00f4t de mieux saisir l&#8217;ampleur et la complexit\u00e9 des d\u00e9fis auxquels l&#8217;Europe est confront\u00e9e, de savoir pourquoi l&#8217;Europe est en crise et de comprendre comment elle peut esp\u00e9rer s&#8217;extraire du marasme actuel.<\/p>\n<p>On ne peut pas prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re une \u00e9ventuelle disparition de l&#8217;euro parce qu&#8217;elle \u00e9branlerait tout l&#8217;\u00e9difice de la construction europ\u00e9enne. Or le monde actuel a un criant besoin du mod\u00e8le europ\u00e9en. L&#8217;Europe est, en effet, le meilleur sinon le seul exemple de pays ennemis qui ont r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9passer leurs haines s\u00e9culaires. Ils ont appris non seulement \u00e0 coexister pacifiquement mais \u00e0 d\u00e9finir un projet commun et \u00e0 le construire ensemble. Si l&#8217;on ne pouvait plus citer l&#8217;exemple de l&#8217;Europe, quel autre mod\u00e8le donnerait-on aux trop nombreux pays qui, un peu partout dans le monde, en sont encore \u00e0 s&#8217;entretuer? Il faut aussi garder \u00e0 l&#8217;esprit que l&#8217;Europe a \u00e9t\u00e9 une formidable machine \u00e0 produire de la d\u00e9mocratie, de la prosp\u00e9rit\u00e9 et du droit.<\/p>\n<p>On oublie trop facilement qu&#8217;il y a quelques d\u00e9cennies \u00e0 peine, l&#8217;Espagne, le Portugal et la Gr\u00e8ce \u00e9taient encore des dictatures. La perspective de pouvoir entrer dans l&#8217;Union europ\u00e9enne (UE) a \u00e9t\u00e9 et reste le principal moteur de la d\u00e9mocratisation dans les pays d&#8217;Europe centrale et orientale. Il en est de m\u00eame en Turquie, m\u00eame si les perspectives d&#8217;adh\u00e9sion ne sont pas imm\u00e9diates. On oublie aussi que, pendant des d\u00e9cennies, l&#8217;Europe assurait \u00e0 tous ses nouveaux adh\u00e9rents un rattrapage \u00e9conomique spectaculaire. Elle n&#8217;y parvient plus aujourd&#8217;hui, parce qu&#8217;on a sans doute ouvert la porte trop t\u00f4t \u00e0 un trop grand nombre de candidats. Et que dire de l&#8217;extraordinaire capacit\u00e9 de l&#8217;Europe \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer du nouveau droit et de nouvelles r\u00e9glementations en mati\u00e8re de commerce, d&#8217;environnement, de sant\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9 ou m\u00eame de droits de la personne? Dans presque tous les domaines, les normes europ\u00e9ennes sont devenues les standards internationaux les plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>L&#8217;ultime raison, et peut-\u00eatre la plus importante, de ne pas envisager \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;Europe, c&#8217;est l&#8217;existence d&#8217;un mod\u00e8le \u00e9conomique diff\u00e9rent sur ce continent. Il y a, en v\u00e9rit\u00e9, plusieurs variantes de ce mod\u00e8le europ\u00e9en, qu&#8217;on pense aux pays scandinaves, \u00e0 l&#8217;Allemagne ou \u00e0 la France, mais on retrouve dans tous ces pays une m\u00eame volont\u00e9 tr\u00e8s affirm\u00e9e de faire de la croissance \u00e9conomique, de la justice sociale et de la protection de l&#8217;environnement des objectifs indissociables. On veut \u00e9viter d&#8217;immoler l&#8217;un sur l&#8217;autel de l&#8217;autre. On n&#8217;y parvient pas toujours, mais on s&#8217;y emploie et, chose certaine, on fait mieux que partout ailleurs dans le monde. Le refus de l&#8217;Europe de faire de la croissance \u00e9conomique le seul objectif et le seul crit\u00e8re de r\u00e9ussite est tout \u00e0 son honneur.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Le d\u00e9bat qui fait rage autour du r\u00f4le que devrait jouer la BCE est \u00e0 l&#8217;image de ce qu&#8217;a \u00e9t\u00e9 toute l&#8217;histoire de la construction europ\u00e9enne. Aujourd&#8217;hui comme hier, le d\u00e9bat oppose ceux qui veulent faire rapidement ce qui est possible \u00e0 ceux qui, au contraire, veulent prendre le temps de faire ce qui est souhaitable. En r\u00e9alit\u00e9, l&#8217;Europe a toujours choisi la premi\u00e8re voie. En sera-t-il de m\u00eame aujourd&#8217;hui?<\/p>\n<p>Faute de pouvoir r\u00e9aliser l&#8217;union politique dont ils r\u00eavaient, les p\u00e8res fondateurs de l&#8217;Europe ont cr\u00e9\u00e9 une communaut\u00e9 du charbon et de l&#8217;acier puis un march\u00e9 commun en se disant que l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une union politique na\u00eetrait dans le c\u0153ur et l&#8217;esprit de ceux qui d\u00e9couvriraient, \u00e0 l&#8217;usage, les b\u00e9n\u00e9fices de la coop\u00e9ration europ\u00e9enne. Quand on a voulu ouvrir la communaut\u00e9 \u00e0 de nouveaux Etats, on a cru d&#8217;abord possible de poursuivre en parall\u00e8le un processus d&#8217;int\u00e9gration toujours plus pouss\u00e9e. Lorsqu&#8217;il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 impossible de maintenir ces deux objectifs en m\u00eame temps, on a sacrifi\u00e9 l&#8217;int\u00e9gration \u00e0 l&#8217;\u00e9largissement, car, l\u00e0 encore, il \u00e9tait plus facile d&#8217;admettre de nouveaux membres que de convaincre tout le monde d&#8217;effectuer de nouveaux transferts de souverainet\u00e9. Enfin, lorsqu&#8217;on a voulu r\u00e9aliser une union \u00e9conomique et mon\u00e9taire, il est apparu plus facile d&#8217;adopter une monnaie commune que de mettre en place les m\u00e9canismes n\u00e9cessaires pour g\u00e9rer cette union, et les politiques budg\u00e9taires et fiscales convergentes pour la soutenir. Chaque fois, on a opt\u00e9 pour la voie la plus facile en esp\u00e9rant que le plus difficile se ferait tout seul, mais on sait d\u00e9sormais que ce n&#8217;est pas le cas. La crise de l&#8217;euro est l\u00e0 pour nous l&#8217;enseigner, et de forte mani\u00e8re. Cette fois, les Allemands sont bien d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 corriger les erreurs commises au moment de la cr\u00e9ation de la monnaie commune, et ils ne c\u00e8deront pas sur le ro\u00f4le de la BCE tant qu&#8217;ils n&#8217;auront pas obtenu toutes les r\u00e9formes qu&#8217;ils souhaitent. Les enjeux sont politiques. On a toujours voulu les \u00e9vacuer, mais ils reviennent en force. Cette fois, il faudra y faire face. Faute de le reconna\u00eetre, l&#8217;Europe court \u00e0 sa perte.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Avant d&#8217;essayer de voir comment l&#8217;Europe peut sortir de la crise actuelle, il faut d\u00e9j\u00e0 comprendre comment elle en est arriv\u00e9e l\u00e0. Depuis plus de 20 ans, plusieurs facteurs contribuent \u00e0 miner les bases de la construction europ\u00e9enne. Nous en retiendrons cinq. Premi\u00e8rement, on assiste \u00e0 des \u00e9volutions trop divergentes sur l&#8217;ensemble du continent. L&#8217;\u00e9poque ou l&#8217;adh\u00e9sion \u00e0 la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne se traduisait par un rattrapage \u00e9conomique rapide est bien r\u00e9volue. D\u00e9j\u00e0 au moment de la derni\u00e8re grande vague d&#8217;adh\u00e9sions, celle des pays d&#8217;Europe centrale, il \u00e9tait \u00e9vident qu&#8217;il n&#8217;y aurait pas de miracle. Le rattrapage, s&#8217;il devait avoir lieu, serait un processus \u00e0 la fois long et p\u00e9nible. Pour l&#8217;heure, le foss\u00e9 entre les 27 se creuse plus qu&#8217;il ne se comble, et des pays que l&#8217;on croyait tir\u00e9s d&#8217;affaire, comme le Portugal et l&#8217;Irlande, menacent de replonger. M\u00eame si on \u00e9voque beaucoup moins souvent les \u00e9volutions divergentes de la France et de l&#8217;Allemagne, celles-ci sont bien r\u00e9elles et d&#8217;une importance peut-\u00eatre encore plus grande pour l&#8217;avenir de l&#8217;Europe. Depuis 20 ans, la France n&#8217;a pas beaucoup \u00e9volu\u00e9. Elle a continu\u00e9 \u00e0 creuser ses d\u00e9ficits budg\u00e9taires et commerciaux, elle n&#8217;a pas su accro\u00eetre sa comp\u00e9titivit\u00e9, et, pour l&#8217;essentiel, ses grands projets de r\u00e9forme sont rest\u00e9s lettre morte. M\u00eame Nicolas Sarkozy, qui s&#8217;est fait \u00e9lire \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique\u00a0sur un programme audacieux de r\u00e9formes \u00e9co nomiques et sociales, termine son mandat avec un bilan, somme toute, bien modeste.<\/p>\n<p>Au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, l&#8217;Allemagne a connu, elle, des transformations radicales. Avec la r\u00e9unification, elle est pass\u00e9e du jour au lendemain de 60 \u00e0 80 millions d&#8217;habitants, mais s&#8217;est trouv\u00e9e devant des \u00e9carts de revenu consid\u00e9rables entre les nouveaux et les anciens ressortissants. Les paiements de transfert n\u00e9cessaires pour combler ces \u00e9carts ont \u00e9t\u00e9 chiffr\u00e9s \u00e0 75 milliards d&#8217;euros par an pendant 20 ans. D\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir, le chancelier Gerhard Schroeder a saisi l&#8217;urgence absolue pour l&#8217;Allemagne d&#8217;op\u00e9rer les changements essentiels \u00e0 l&#8217;accroissement de sa comp\u00e9titivit\u00e9. Il a engag\u00e9 le pays dans un programme audacieux de r\u00e9formes \u00e9conomiques et sociales. Leur mise en \u0153uvre a, certes, assur\u00e9 la d\u00e9faite de son parti aux \u00e9lections de 2005, mais toutes ces r\u00e9formes ont permis \u00e0 l&#8217;Allemagne de se maintenir parmi les \u00e9conomies les plus performantes du monde, malgr\u00e9 l&#8217;entr\u00e9e en sc\u00e8ne des pays \u00e9mergents.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces d\u00e9fis \u00e9conomiques, l&#8217;Allemagne s&#8217;est vue confront\u00e9e \u00e0 un vrai d\u00e9fi politique, celui de g\u00e9rer les craintes et les appr\u00e9hensions qu&#8217;allait inspirer \u00e0 tous ses voisins et \u00e0 tous ses partenaires europ\u00e9ens le fait qu&#8217;elle soit devenue le seul vrai poids lourd d&#8217;une Europe dont le centre de gravit\u00e9 s&#8217;est clairement d\u00e9port\u00e9 vers l&#8217;Est. Pour r\u00e9pondre \u00e0 ce d\u00e9fi, l&#8217;Allemagne a tout de suite pris le parti de se faire le champion d&#8217;une plus grande int\u00e9gration europ\u00e9enne. Au lendemain de la r\u00e9unification, elle proposait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la France de constituer un noyau dur au c\u0153ur de l&#8217;Europe, qui serait \u00e0 la fois le symbole de l&#8217;int\u00e9gration europ\u00e9enne et sa force motrice. Cette id\u00e9e sera reprise quelques ann\u00e9es plus tard par Joschka Fischer, qui ira jusqu&#8217;\u00e0 parler d&#8217;un projet f\u00e9d\u00e9ral europ\u00e9en. Or la France ne r\u00e9pondra jamais \u00e0 ces avances. Le seul projet qui verra le jour \u00e0 cette \u00e9poque sera celui de la monnaie commune. L&#8217;euro na\u00eetra cependant dans des conditions moins qu&#8217;id\u00e9ales. Il aurait fallu mettre en place des politiques \u00e9conomiques et fiscales communes, mais personne n&#8217;\u00e9tait pr\u00eat \u00e0 abandonner de grands pans de souverainet\u00e9.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Aujourd&#8217;hui, la crise de l&#8217;euro et la faiblesse de sa propre \u00e9conomie obligent la France \u00e0 se rallier au discours des Allemands sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;avancer sur la voie d&#8217;une plus grande int\u00e9gration europ\u00e9enne, quitte \u00e0 perdre en route ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas suivre. Parce que l&#8217;\u00e9cart de d\u00e9veloppement entre les deux pays s&#8217;est trop creus\u00e9, la France a beaucoup perdu de sa capacit\u00e9 \u00e0 influencer l&#8217;Allemagne. On le voit, notamment, dans le d\u00e9bat sur le r\u00f4le de la BCE. L&#8217;Allemagne continuera n\u00e9anmoins \u00e0 jouer la carte du couple franco-allemand, parce que la poursuite de son ordre du jour europ\u00e9en l&#8217;exige. L&#8217;image d&#8217;une Allemagne dominatrice continue de hanter l&#8217;ensemble des pays europ\u00e9ens, et les Allemands en sont bien conscients. Reste \u00e0 voir si un attelage aussi d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 peut aller bien loin et r\u00e9ussir \u00e0 tirer bien droit.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me facteur qui met en p\u00e9ril la construction europ\u00e9enne est l&#8217;affaiblissement des institutions supranationales et, notamment, la marginalisation croissante de la Commission europ\u00e9enne. Pendant des d\u00e9cennies, son pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 une personnalit\u00e9 politique de premier plan, tels Walter Hallstein ou Jacques Delors, \u00e0 laquelle on demandait \u00e0 la fois d&#8217;incarner l&#8217;avenir du projet europ\u00e9en et d&#8217;en montrer le chemin. Cette \u00e9poque est, elle aussi, bien r\u00e9volue. L&#8217;Europe est devenue progressivement beaucoup moins communautaire, moins bruxelloise, et beaucoup plus intergou vernementale. Le choix d&#8217;un Jos\u00e9 Manuel Barroso comme pr\u00e9sident de la Commission, personnage plut\u00f4t terne et sans grande ambition, n&#8217;est pas le fruit du hasard. Son plus grand m\u00e9rite est de ne pas faire d&#8217;ombre \u00e0 des chefs de gouvernement europ\u00e9ens d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 rester ma\u00eetres du jeu. Ils l&#8217;ont \u00e9lu et r\u00e9\u00e9lu pour cette raison.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la r\u00e9surgence des discours nationalistes dans tous les pays de l&#8217;UE ne fait rien non plus pour consolider l&#8217;\u00e9difice. La mondialisation a eu de graves cons\u00e9quences pour la plupart des \u00e9conomies europ\u00e9ennes et a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 beaucoup d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9. Ins\u00e9curis\u00e9es par une concurrence qu&#8217;elles n&#8217;ont pas vu venir et des d\u00e9localisations qui ont d\u00e9truit le tissu industriel de r\u00e9gions enti\u00e8res, les populations sont devenues tr\u00e8s sensibles aux propos de ceux qui leur promettent la protection du monde ext\u00e9rieur et leur parlent avec nostalgie d&#8217;une \u00e9poque o\u00f9 les pays maitrisaient leur destin \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de fronti\u00e8res qui \u00e9taient les leurs. Faute d&#8217;appara\u00eetre comme une partie de la solution, l&#8217;Europe est consid\u00e9r\u00e9e comme une partie du probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, il faut incriminer le manque de rigueur \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la zone euro qui a conduit au non-respect des r\u00e8gles \u00e9tablies et \u00e0 l&#8217;adh\u00e9sion de pays qui n&#8217;auraient jamais d\u00fb \u00eatre admis. Il est difficile de d\u00e9cider s&#8217;il faut en vouloir plus aux Grecs qui sont entr\u00e9s en trichant ou \u00e0 ceux qui les ont laiss\u00e9s entrer en sachant pertinemment bien qu&#8217;ils avaient trich\u00e9 ! Quant aux r\u00e8gles \u00e9tablies, comme la r\u00e8gle du d\u00e9ficit budg\u00e9taire maximal de 3 p. 100 et celle de l&#8217;endettement maximal de 60 p. 100 par rapport au PIB, il faut savoir qu&#8217;elles ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es plus de cent fois depuis la mise en place de la monnaie commune et qu&#8217;aucune des sanctions pr\u00e9vues n&#8217;a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e. Pire, aucun pays n&#8217;a \u00e9t\u00e9 irr\u00e9prochable, ni m\u00eame\u00a0l&#8217;Allemagne. On se rend compte aujourd&#8217;hui des cons\u00e9quences de ce laxisme, et on se dit aussi combien il aurait \u00e9t\u00e9 sage d&#8217;ajouter d&#8217;autres crit\u00e8res, comme ceux de la dette priv\u00e9e et de la comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, il faut ajouter \u00e0 tous ces facteurs de fragilisation de la construction europ\u00e9enne le sabotage op\u00e9r\u00e9 de l&#8217;int\u00e9rieur par le Royaume-Uni depuis son entr\u00e9e dans l&#8217;UE. En effet, le Royaume n&#8217;a eu de cesse de stopper toute \u00e9volution vers une Europe plus et mieux int\u00e9gr\u00e9e. Pour les Anglais, l&#8217;UE est une zone de libre-\u00e9change qui n&#8217;a pas vocation \u00e0 devenir autre chose. Leur objectif unique a toujours \u00e9t\u00e9 de diluer l&#8217;id\u00e9e\u00a0europ\u00e9enne dans l&#8217;id\u00e9e lib\u00e9rale. Ils se sont faits les promoteurs de l&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;UE aux pays d&#8217;Europe centrale en pariant que ces nouveaux pays ne seraient pas dispos\u00e9s \u00e0 sacrifier la moindre parcelle d&#8217;une souverainet\u00e9 qu&#8217;ils venaient tout juste de recouvrer. Le premier ministre John Major a fait rayer du trait\u00e9 de Maastricht toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la finalit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de l&#8217;UE, et ses successeurs ont bloqu\u00e9 \u00e0 Lisbonne toute r\u00e9f\u00e9rence dans les textes constitutifs au drapeau ou \u00e0 l&#8217;hymne europ\u00e9en, symboles trop visibles d&#8217;une Europe plus politique qu&#8217;ils s&#8217;ent\u00eatent \u00e0 nier. D\u00e8s le d\u00e9part, ils ont \u00e9t\u00e9 hostiles \u00e0 l&#8217;euro et ont toujours souhait\u00e9 son \u00e9chec. Sans sombrer dans la parano\u00efa, on peut consid\u00e9rer que le Royaume-Uni s&#8217;est employ\u00e9 et s&#8217;emploie toujours \u00e0 miner la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la monnaie commune. Il est bien aid\u00e9 en cela par les pontes de la City et par une presse \u00e9conomique internationale largement anglo-saxonne.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Comment et \u00e0 quel prix l&#8217;Europe peut-elle esp\u00e9rer sortir du marasme actuel? D&#8217;abord, en cessant d&#8217;\u00e9vacuer les questions politiques et en leur accordant enfin la priorit\u00e9 qui leur est due. On a assez dit que les gouvernements s&#8217;endettent pour sauver des banques qui ne le m\u00e9ritent pas et qui, une fois renflou\u00e9es, ne jouent pas le r\u00f4le qu&#8217;on attend d&#8217;elles. On a assez dit aussi que ces m\u00eames gouvernements imposent \u00e0 leurs populations des mesures d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 dont on ne sait pas si elles suffiront \u00e0 enrayer la crise et dont on peut m\u00eame penser qu&#8217;elles pourraient, \u00e0 terme, tuer ce qui reste d&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique dans certains pays. Manifestement, ce discours \u00e9conomique tourne en rond et ne d\u00e9bouche jamais que sur une \u00e9ni\u00e8me exhortation \u00e0 la BCE d&#8217;accro\u00eetre la masse mon\u00e9taire dans la zone euro. Or le vrai d\u00e9fi pour l&#8217;Europe est ailleurs. L&#8217;Europe doit se choisir un avenir commun et trouver le courage de le construire. Est-ce qu&#8217;on s&#8217;engage sur la voie d&#8217;une union plus et mieux int\u00e9gr\u00e9e ou est-ce qu&#8217;on pr\u00e9f\u00e8re assister au lent \u00ab d\u00e9tricotage \u00bb des institutions europ\u00e9ennes au b\u00e9n\u00e9fice des gouvernements nationaux? Le sommet europ\u00e9en du 8 d\u00e9cembre fournit \u00e0 cet \u00e9gard des indications int\u00e9ressantes.<\/p>\n<p>Entre le \u00ab plus d&#8217;Europe \u00bb et le \u00ab moins d&#8217;Europe \u00bb, 26 des 27 membres de l&#8217;UE, pour le moment du moins, semblent avoir choisi la premi\u00e8re option. Le Royaume-Uni, encore une fois, a fait exception. Alors que l&#8217;ensemble des Etats membres d\u00e9battaient d&#8217;enjeux essentiels pour l&#8217;avenir de l&#8217;Europe, le premier ministre David Cameron cherchait, lui, le moyen de soustraire la City \u00e0 l&#8217;application des nouveaux r\u00e8glements europ\u00e9ens en mati\u00e8re financi\u00e8re. Il s&#8217;est heurt\u00e9 \u00e0 l&#8217;hostilit\u00e9 de tous et est reparti de Bruxelles plus isol\u00e9 que jamais. Pour l&#8217;heure, les 26 ne se sont entendus que sur le principe d&#8217;une plus grande convergence budg\u00e9taire. Tout, ou presque, reste encore \u00e0 faire. Lorsque les d\u00e9tails seront connus et que les d\u00e9cisions auront \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 l&#8217;approbation des Parlements nationaux, il n&#8217;est pas exclu qu&#8217;il y ait, parmi les 26, des pays qui reculent. Il n&#8217;est pas exclu non plus que la zone euro puisse gagner ou perdre des membres, mais il est clair qu&#8217;il existe d\u00e9sormais une volont\u00e9 de franchir un nouveau pas dans l&#8217;int\u00e9gration europ\u00e9enne. Ceux qui n&#8217;y sont pas pr\u00eats ne pourront emp\u00e9cher les autres d&#8217;aller de l&#8217;avant. Le risque qu&#8217;on se trouve avec une Europe \u00e0 plusieurs vitesses est pleinement assum\u00e9. La chance que le Royaume-Uni choisisse de quitter le navire, aussi.<\/p>\n<p>On sent derri\u00e8re cette \u00e9volution toute la pression de l&#8217;Allemagne qui veut absolument rattraper les erreurs commises lors de la cr\u00e9ation de l&#8217;euro. On reconna\u00eet aussi la propension des Allemands \u00e0 privil\u00e9gier souvent, sinon toujours, les solutions \u00e0 moyen et \u00e0 long terme. La discipline budg\u00e9taire devra devenir une vertu europ\u00e9enne et non seulement allemande. Les sanctions pr\u00e9vues seront d\u00e9sormais effectives, et on ne prendra pas le risque d&#8217;encourager le laxisme des mauvais \u00e9l\u00e9ves en faisant de la BCE la banque de dernier ressort des \u00c9tats. \u00c0 ceux qui s&#8217;\u00e9tonnent qu&#8217;on ne permette pas \u00e0 la BCE de jouer le r\u00f4le des banques centrales am\u00e9ricaine ou anglaise, il faut r\u00e9pondre que, pour une fois, les Europ\u00e9ens cherchent \u00e0 faire non pas ce qui est le plus facile mais ce qui est le plus souhaitable. Bien des \u00e9tapes devront encore \u00eatre franchies avant que l&#8217;Allemagne ne d\u00e9passe sa hantise de l&#8217;inflation et qu&#8217;elle n&#8217;abandonne sa religion sur l&#8217;ind\u00e9pendance de la Banque centrale.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9volution souhait\u00e9e par l&#8217;Allemagne et accept\u00e9e a priori par l&#8217;immense majorit\u00e9 des \u00c9tats membres de l&#8217;UE, qu&#8217;ils fassent partie ou non de la zone euro, prendra du temps, et il n&#8217;est pas certain que l&#8217;Europe en ait beaucoup. Rien n&#8217;indique que la sortie de crise soit imminente, mais rien ne garantit non plus que des rem\u00e8des plus spectaculaires et \u00e0 plus court terme seraient mieux aptes \u00e0 extraire l&#8217;Europe des turbulences actuelles.<\/p>\n<p>On parle aujourd&#8217;hui clairement de f\u00e9d\u00e9ralisme budg\u00e9taire. Peut-on pour autant consid\u00e9rer qu&#8217;on se rapproche dans les faits d&#8217;une forme de gouvernement f\u00e9d\u00e9ral europ\u00e9en? Peut\u00eatre, mais alors&#8230; \u00e0 pas de souris ! Les r\u00e9sistances sont et resteront \u00e9normes. Les nouveaux transferts de comp\u00e9 tences qu&#8217;implique la convergence budg\u00e9taire devront \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s habilement \u00e0 des populations de plus en plus eurosceptiques. On insistera sur le fait que la nouvelle Europe est intergouvernementale et que ce n&#8217;est donc pas Bruxelles qui dicte ces r\u00e8gles, mais bien des \u00c9tats souverains qui se les imposent \u00e0 eux-m\u00eames. Certains trouveront que Bruxelles joue encore un r\u00f4le trop important, d&#8217;autres jugeront que ce r\u00f4le est devenu trop marginal.<\/p>\n<p>C&#8217;est de leadership politique dont l&#8217;Europe a le plus besoin aujourd&#8217;hui. Il faudra qu&#8217;\u00e9mergent des chefs d&#8217;\u00c9tat et de gouvernement capables d&#8217;articuler une vraie vision de l&#8217;avenir et de faire partager cette vision aux Europ\u00e9ens en g\u00e9n\u00e9ral et aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations en particulier. L&#8217;Europe ne peut plus avancer en s&#8217;inspirant seulement des id\u00e9aux de ses p\u00e8res fondateurs. L&#8217;\u00e9vocation des horreurs de la Seconde Guerre mondiale ne mobilise plus personne. Il faut r\u00e9ussir \u00e0 convaincre les Europ\u00e9ens que c&#8217;est ensemble et seulement ensemble qu&#8217;ils parviendront \u00e0 relever les d\u00e9fis auxquels ils sont confront\u00e9s, et Dieu sait s&#8217;ils sont nombreux. Ils vont de la mondialisation aux changements climatiques, du vieillissement de la population au sousfinancement des programmes sociaux, et de la croissance des in\u00e9galit\u00e9s au ch\u00f4mage des jeunes.<\/p>\n<p>Doit-on \u00eatre optimiste quant \u00e0 l&#8217;avenir de l&#8217;Europe? Oui, parce que les Europ\u00e9ens ont en eux les ressources n\u00e9cessaires pour sortir de la crise. Non, parce que le courage politique est une denr\u00e9e rare et qu&#8217;il en faudra vraiment beaucoup. Le pire, heureusement, n&#8217;est jamais certain. 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