{"id":262670,"date":"2009-10-01T04:00:00","date_gmt":"2009-10-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-francophonie-canadienne-a-la-croisee-des-chemins-vers-une-gouvernance-20\/"},"modified":"2025-10-07T20:11:37","modified_gmt":"2025-10-08T00:11:37","slug":"la-francophonie-canadienne-a-la-croisee-des-chemins-vers-une-gouvernance-20","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2009\/10\/la-francophonie-canadienne-a-la-croisee-des-chemins-vers-une-gouvernance-20\/","title":{"rendered":"La francophonie canadienne \u00e0\u00a0 la crois\u00e9e des chemins : vers une gouvernance 2.0"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">En 1969, le Parlement canadien adoptait la <em>Loi sur les langues officielles<\/em>. Dans un pays au sein duquel l&#8217;anglais pr\u00e9dominait \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur du Qu\u00e9bec, cette loi allait profond\u00e9ment changer les choses et enfin donner aux communaut\u00e9s francophones en situation minoritaire un instrument puissant pour assurer leur avenir.<\/p>\n<p>\u00c0 bien des \u00e9gards, l&#8217;adoption de la <em>Loi sur les langues officielles<\/em> a l\u00e9gitim\u00e9 tous ces mouvements populaires locaux qui, depuis des d\u00e9cennies d\u00e9j\u00e0, cherchaient \u00e0 donner une voix aux revendications des communaut\u00e9s linguistiques minoritaires. La Loi a permis \u00e0 ce r\u00e9seau associatif de se d\u00e9velopper davantage, d&#8217;\u00e9tendre ses champs d&#8217;activit\u00e9s et d&#8217;accro\u00eetre son poids politique. Que l&#8217;on pense \u00e0 la victoire de l&#8217;H\u00f4pital Montfort \u00e0 Ottawa, \u00e0 l&#8217;expansion du r\u00e9seau des \u00e9coles de langue fran\u00e7aise dans chacune des provinces de l&#8217;Ouest canadien ou \u00e0 l&#8217;inclusion des droits linguistiques dans la Charte canadienne des droits et libert\u00e9s, il est difficile d&#8217;imaginer qu&#8217;on ait pu obtenir une seule de ces avanc\u00e9es en l&#8217;absence de la pleine reconnaissance de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 du fran\u00e7ais et de l&#8217;anglais au pays.<\/p>\n<p>Quarante ans plus tard, il faut reconna\u00eetre les progr\u00e8s concrets qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans toutes les communaut\u00e9s francophones du pays, que ce soit sur le plan des services, de la reconnaissance des droits ou de la qualit\u00e9 de vie des communaut\u00e9s minoritaires. Malgr\u00e9 certaines d\u00e9faites frustrantes, certaines statistiques troublantes et certains reculs importants, les tendances de fond sont encourageantes. Bien plus qu&#8217;\u00e0 n&#8217;importe quel moment de notre histoire, il est possible aujourd&#8217;hui, d&#8217;un oc\u00e9an \u00e0 l&#8217;autre, de se faire instruire et soigner en fran\u00e7ais, de faire reconna\u00eetre ses droits, et de vivre dans la langue officielle de son choix.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Cela dit, apr\u00e8s 40 ans de bilinguisme officiel, la francophonie canadienne est \u00e0 un moment important de son histoire. Si la <em>Loi sur les langues officielles<\/em> a nourri le d\u00e9veloppement du r\u00e9seau associatif, elle a aussi permis d&#8217;institutionnaliser \u2014 voire de professionnaliser \u2014 la francophonie canadienne. Pour transiger avec une fonction publique f\u00e9d\u00e9rale de plus en plus complexe, les leaders communautaires se sont dot\u00e9s de structures capables de tenir t\u00eate aux gouvernements et de r\u00e9aliser des gains pour leur communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Par contre, du m\u00eame \u00e9lan, les succ\u00e8s du r\u00e9seau institutionnel ont entra\u00een\u00e9 une certaine dissociation entre le mouvement et les citoyens. Alors qu&#8217;\u00e0 ses d\u00e9buts, le mouvement associatif puisait sa force dans ses liens \u00e9troits avec chaque communaut\u00e9, ce n&#8217;est plus autant le cas de nos jours. Il est maintenant facile pour le simple citoyen de laisser aux organismes et aux associations la responsabilit\u00e9 de veiller au plein \u00e9panouissement des communaut\u00e9s. Particuli\u00e8rement pour les g\u00e9n\u00e9rations de francophones hors Qu\u00e9bec qui n&#8217;ont pas connu le temps \u00ab d&#8217;avant \u00bb, celui d&#8217;un Canada sans <em>Loi sur les langues officielles<\/em>, il est aujourd&#8217;hui facile de prendre la situation pour acquis et de croire que quelqu&#8217;un, quelque part, s&#8217;occupe des besoins des francophones ; trop souvent, le citoyen de langue fran\u00e7aise ne se sent plus personnellement responsable de son destin linguistique.<\/p>\n<blockquote><p>La question fondamentale est la suivante : Comment la\u00a0francophonie institutionnelle peut-elle tisser des liens plus forts avec la francophonie citoyenne, et comment ces liens peuvent-ils renforcer sa capacit\u00e9 d\u2019agir et ses relations avec les instances publiques ?<\/p><\/blockquote>\n<p>Bien qu&#8217;il reste beaucoup de chemin \u00e0 faire sur le plan de l&#8217;accessibilit\u00e9 \u00e0 des services de qualit\u00e9, du d\u00e9veloppement communautaire et de la consolidation des droits, cette dissociation me m\u00e8ne \u00e0 croire que le grand d\u00e9fi \u00e0 l&#8217;horizon pour la francophonie canadienne est celui de la gouvernance. Le mod\u00e8le de gouvernance qui a si bien servi les communaut\u00e9s depuis 40 ans est appel\u00e9 \u00e0 changer \u00e0 l&#8217;\u00e8re de l&#8217;information. Pour assurer son avenir, la francophonie canadienne doit acc\u00e9der \u00e0 un mod\u00e8le de gouvernance 2.0.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Depuis pr\u00e8s de 10 ans, un groupe de recherche du nom de Traverser les fronti\u00e8res (mieux connu par son nom anglais Crossing Boundaries) se questionne au sujet de l&#8217;impact des technologies de l&#8217;information et de la communication (TIC) sur l&#8217;appareil gouvernemental. Fait int\u00e9ressant, ce projet de recherche qui se voulait au d\u00e9part une enqu\u00eate sur les modes d&#8217;organisation interne de la machine gouvernementale et sur les modes de prestation des\u00a0services s&#8217;est rapidement transform\u00e9 en projet de recherche sur la r\u00e9forme d\u00e9mocratique. Somme toute, l&#8217;influence la plus importante des TIC sur le fonctionnement de nos gouvernements n&#8217;a rien \u00e0 voir avec les services en ligne ou la r\u00e9-organisation de certaines fonctions administratives. \u00c0 l&#8217;\u00e8re des Facebook, MySpace et Twitter, c&#8217;est l&#8217;essence m\u00eame de la relation entre le gouvernement et le citoyen qui est appel\u00e9e \u00e0 se transformer.<\/p>\n<p>En partie, cette transformation est le r\u00e9sultat des avanc\u00e9es technologiques des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, mais de plus en plus, elle est aussi provoqu\u00e9e par les attentes de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d&#8217;\u00e9lecteurs. Ce n&#8217;est pas par hasard que pas moins de 12gouvernements \u2014 f\u00e9d\u00e9ral, provinciaux, municipaux \u2014 ont lanc\u00e9, depuis 2000, des initiatives visant \u00e0 mieux comprendre ce ph\u00e9nom\u00e8ne et \u00e0 proposer des changements aux modes de prise de d\u00e9cision et \u00e0 la nature des d\u00e9bats publics. L&#8217;espace public change, et nos gouvernements tentent tant bien que mal d&#8217;\u00e9voluer dans le m\u00eame sens.<\/p>\n<p>Cette nouvelle relation entre le gouvernement et le citoyen est donc au c\u0153ur de la transformation du gouvernement \u00e0 l&#8217;\u00e8re de l&#8217;information, et elle pousse tous les autres intervenants dans notre syst\u00e8me d\u00e9mocratique \u00e0 \u00e9voluer dans le m\u00eame sens. Les partis politiques, par exemple, doivent renouer avec les citoyens et repenser le r\u00f4le de leurs membres, tandis que les groupes d&#8217;int\u00e9r\u00eat ne peuvent plus se contenter de mesurer leurs appuis populaires \u00e0 l&#8217;aide des donn\u00e9es de sondage ; ils doivent cr\u00e9er des liens avec des citoyens qui, de plus en plus, s&#8217;associent et s&#8217;expriment autrement.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Les organismes qui \u0153uvrent au sein de la francophonie canadienne ne sont pas \u00e0 l&#8217;abri de cette nouvelle tendance. Pour eux, la question fondamentale est la suivante : Comment la francophonie institutionnelle peut-elle tisser des liens plus forts avec la francophonie citoyenne, et comment ces liens peuvent-ils renforcer sa capacit\u00e9 d&#8217;agir et ses relations avec les instances publiques?<\/p>\n<p>Certes, la notion de renouvellement institutionnel et de r\u00e9forme du cadre de gouvernance n&#8217;est pas un d\u00e9bat nouveau pour les communaut\u00e9s de langue officielle. Plusieurs des leaders communautaires sont d\u00e9j\u00e0 sensibles \u00e0 cette nouvelle dynamique, et un nombre grandissant d&#8217;organismes tentent d&#8217;innover en ce qui a trait \u00e0 la participation des citoyens dans l&#8217;\u00e9laboration des priorit\u00e9s communautaires.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d&#8217;exemple, en juin 2007, sous l&#8217;\u00e9gide de la F\u00e9d\u00e9ration des communaut\u00e9s francophones et acadienne du Canada (FCFA), les dirigeants des organismes porte-parole ont tenu un sommet pour mieux d\u00e9finir les priorit\u00e9s de politiques publiques des communaut\u00e9s pour la prochaine d\u00e9cennie et \u00e9laborer un plan d&#8217;action pour y arriver.<\/p>\n<p>En pr\u00e9parant le sommet de la francophonie, les organisateurs ont pris la d\u00e9cision d&#8217;\u00e9largir le processus de consultation menant \u00e0 l&#8217;assembl\u00e9e d\u00e9lib\u00e9rative, et ont invit\u00e9 plusieurs leaders communautaires. Ces derniers ont non seulement contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9flexion menant au sommet, mais depuis, sous la banni\u00e8re du Forum des leaders, ils assurent \u00e9galement un suivi aux actes du sommet.<\/p>\n<p>Pour les organisateurs du sommet, la pr\u00e9sence de ces leaders communautaires \u00e9tait essentielle au succ\u00e8s du rassemblement. Presque autant que le contenu des d\u00e9cisions prises au sommet, cette d\u00e9termination d&#8217;\u00e9largir la consultation au-del\u00e0 des organismes porte-parole ajoute \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 des actes du sommet et du plan d&#8217;action communautaire. Par leur pr\u00e9sence, ces leaders ont confirm\u00e9 que les priorit\u00e9s \u00e9tablies en pl\u00e9ni\u00e8re ne repr\u00e9sentaient pas simplement l&#8217;opinion des organismes porte-parole pr\u00e9sents au sommet, mais constituaient le r\u00e9sultat d&#8217;un plus large processus de consultation.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">L&#8217;un des \u00e9l\u00e9ments importants des actes du sommet est le qualificatif que les participants ont choisi pour d\u00e9crire la nature de la relation qu&#8217;ils souhaitent entretenir avec les gouvernements. \u00c0 plusieurs reprises, on y fait appel \u00e0 la notion de partenariat. Comme l&#8217;indiquent si bien les actes du sommet, les communaut\u00e9s francophones et acadienne sont ma\u00eetres de leur destin. Au sommet, elles ont \u00e9tabli leurs priorit\u00e9s et \u00e9labor\u00e9 leur plan d&#8217;action. Elles ne cherchent donc pas \u00e0 ce que les gouvernements agissent en leur nom, mais bien qu&#8217;ils travaillent avec elles pour atteindre les objectifs qu&#8217;elles se sont fix\u00e9s.<\/p>\n<p>Plus que toute autre caract\u00e9ristique, cette notion de partenariat diff\u00e9rencie les communaut\u00e9s francophones et acadienne des autres groupes d&#8217;intervenants qui participent au d\u00e9bat public. Par contre, cette m\u00eame notion de partenariat rend la participation des citoyens dans les processus internes des organismes porte-parole d&#8217;autant plus importante. Si, par exemple, la FCFA d\u00e9cidait de faire un suivi du sommet dans cinq ans pour \u00e9valuer les progr\u00e8s accomplis, il serait difficile de le faire sans la participation des citoyens. Pour obtenir et conserver le statut de partenaire aupr\u00e8s des instances publiques, les organismes de la francophonie doivent d\u00e9montrer clairement qu&#8217;ils ont l&#8217;appui des francophones.<\/p>\n<p>Sollicit\u00e9s par un nombre grandissant d&#8217;intervenants, les autorit\u00e9s gouvernementales vont insister de plus en plus pour que les organismes qui participent \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration des politiques fassent la preuve qu&#8217;ils sont v\u00e9ritablement repr\u00e9sentatifs. \u00c0 l&#8217;\u00e8re de l&#8217;information, la l\u00e9gitimit\u00e9 d&#8217;un choix d&#8217;orientation ou d&#8217;une priorit\u00e9 vient autant du processus qui a men\u00e9 \u00e0 la d\u00e9cision que de la teneur de la d\u00e9cision elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Sur la place publique, les citoyens vont, eux aussi, \u00eatre de plus en plus exigeants en ce qui a trait \u00e0 la reddition de compte. Pour les organismes porteparole, \u00ab la question qui tue \u00bb est : De quel droit ces organismes parlent-ils au nom des citoyens? Au cours des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es, les organismes se sont justifi\u00e9s par leurs r\u00e9alisations : nouvelles \u00e9coles, services de sant\u00e9 en fran\u00e7ais, r\u00e9seau de coll\u00e8ges ou de radio communautaire. \u00c0 l&#8217;avenir, par contre, ce type de reddition \u00ab par r\u00e9sultats \u00bb sera insuffisant ; ils devront d\u00e9montrer que leurs modes de gouvernance et de prise de d\u00e9cision sont ancr\u00e9s solidement dans les communaut\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Bien s\u00fbr, voil\u00e0 qui est tr\u00e8s facilement dit, mais beaucoup moins facilement accompli. Adopter un mode de gouvernance 2.0 ne se fera pas d&#8217;un bond, et il y aura sans doute des rat\u00e9s en cours de route. D&#8217;ailleurs, au d\u00e9but, les initiatives de gouvernance 2.0 ressembleront probablement plus \u00e0 des consultations publiques qu&#8217;\u00e0 de v\u00e9ritables exercices d&#8217;engagement des citoyens. Dans le premier cas, des individus et des groupes int\u00e9ress\u00e9s sont appel\u00e9s \u00e0 faire valoir leurs points de vue \u00e0 tour de r\u00f4le. Le processus d&#8217;engagement va plus loin et exige des participants la mise en commun des priorit\u00e9s exprim\u00e9es par chacun des intervenants pour choisir \u2014 ensemble \u2014 celles qui seront revendiqu\u00e9es par la communaut\u00e9 et les organismes porte-parole.<\/p>\n<p>Cette transition ne sera pas facile pour les organismes porte-parole, mais on peut tout de m\u00eame se permettre d&#8217;\u00eatre optimiste. Par leurs recherches et des projets pilotes, des organismes tels MASS Talk et Ascentum sont en train de d\u00e9terminer des pratiques exemplaires pour les organisations communautaires d\u00e9sireuses de faire la transition. Au sein de la francophonie, le nouveau commissaire aux services en fran\u00e7ais du gouvernement de l&#8217;Ontario, Fran\u00e7ois Boileau, vient de lancer un blog, par l&#8217;entremise duquel les citoyens peuvent lire, en temps r\u00e9el, ses perspectives au sujet d&#8217;enjeux d&#8217;actualit\u00e9 et lui faire part de leurs opinons et r\u00e9actions. Au cours des plus r\u00e9centes \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales, la FCFA a tenu un d\u00e9bat sur la place de la francophonie au sein de la f\u00e9d\u00e9ration canadienne.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de d\u00e9cider seule des th\u00e8mes, elle a invit\u00e9 le public \u00e0 lui soumettre les questions \u00e0 l&#8217;intention des candidats. Bien entendu, ce ne sont que de petits pas ; mais, ensemble, ils nous orientent dans la bonne direction. Et bien qu&#8217;ils se doivent d&#8217;\u00eatre prudents et patients, les organismes doivent viser rien de moins qu&#8217;un plein engagement des citoyens dans leurs activit\u00e9s, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une table ronde publique sur un enjeu particulier, d&#8217;une intervention dans un d\u00e9bat \u00e9lectoral ou d&#8217;\u00e9lections aux postes cl\u00e9s au sein m\u00eame des organismes.<\/p>\n<p>Chose certaine, m\u00eame au terme de cette transition, les organismes ne seront pas remplac\u00e9s par les citoyens. Il y aura toujours un r\u00f4le pour le r\u00e9seau institutionnel. Mais pour assurer sa pertinence \u00e0 l&#8217;avenir, le r\u00e9seau doit \u00e9voluer. Particuli\u00e8rement en raison du taux de \u00ab d\u00e9crochage militant \u00bb de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de francophones hors Qu\u00e9bec, les organismes se doivent de renforcer leurs liens avec ces jeunes adultes qui constituent l&#8217;avenir des communaut\u00e9s. Dans une certaine mesure, la pertinence \u00e0 long terme des organismes sera d\u00e9cid\u00e9e par les th\u00e8mes qu&#8217;ils aborderont, les luttes qu&#8217;ils m\u00e8neront et les priorit\u00e9s qu&#8217;ils \u00e9tabliront. Mais de plus en plus, leur pertinence vis-\u00e0-vis de la g\u00e9n\u00e9ration Facebook sera d\u00e9termin\u00e9e par leurs modes d&#8217;engagement.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">\u00c0 l&#8217;origine, la <em>Loi sur les langues officielles<\/em> signifiait pour plusieurs le souhait d&#8217;instituer le bilinguisme au sein du gouvernement du Canada et de toutes ses instances ; elle concernait aussi l&#8217;ensemble des programmes et services qui permettent aux citoyens d&#8217;acc\u00e9der aux services publics dans la langue officielle de leur choix. Aujourd&#8217;hui, bien qu&#8217;on souhaite encore le bilinguisme institutionnel, les organismes et institutions de la francophonie canadienne parlent beaucoup plus de dualit\u00e9 linguistique, soit la capacit\u00e9 de chaque citoyen de vivre pleinement dans la langue officielle de son choix n&#8217;importe o\u00f9 au pays.<\/p>\n<p>Pour les non-initi\u00e9s, cette nuance peut sembler mineure, voire m\u00eame capricieuse, mais en fait, elle signale une diff\u00e9rence profonde en ce qui a trait au but ultime des politiques publiques en mati\u00e8re de langues officielles. Le bilinguisme institutionnel de l&#8217;appareil f\u00e9d\u00e9ral sera toujours un objectif important \u00e0 atteindre et \u00e0 soutenir, mais la dualit\u00e9 linguistique entra\u00eene des cons\u00e9quences beaucoup plus importantes pour le Canada. Des deux objectifs, seule la dualit\u00e9 linguistique a le potentiel d&#8217;avoir un impact sur l&#8217;ensemble des citoyens \u2014 m\u00eame ceux qui ne connaissent qu&#8217;une seule des deux langues officielles.<\/p>\n<p>Reconna\u00eetre l&#8217;importance de la dualit\u00e9 linguistique pour le bon fonctionnement de la f\u00e9d\u00e9ration canadienne, c&#8217;est endosser une fa\u00e7on de voir, de comprendre et d&#8217;accommoder l&#8217;autre. Bien plus que nos leaders politiques ne veulent le reconna\u00eetre publiquement, notre appui collectif \u00e0 la dualit\u00e9 linguistique nous donne un point de vue unique sur les relations entre les individus et les peuples. La dualit\u00e9 linguistique est au c\u0153ur de l&#8217;approche canadienne en mati\u00e8re de conflits ethniques et nationaux et elle enrichit les interventions du Canada sur la sc\u00e8ne internationale.<\/p>\n<p>Pour actualiser pleinement la notion de dualit\u00e9 linguistique, et pour que le pays dans son ensemble en b\u00e9n\u00e9ficie pleinement, les organismes de la francophonie canadienne doivent mobiliser les citoyens. Il revient \u00e0 tous les citoyens d&#8217;expression fran\u00e7aise de la revendiquer haut et fort. Voil\u00e0 pourquoi il est important de souligner l&#8217;apport de la Loi sur les langues officielles. Elle a contribu\u00e9 non seulement au d\u00e9veloppement des communaut\u00e9s de langue officielle, mais \u00e0 celui de l&#8217;ensemble du pays. Voil\u00e0 pourquoi il faut reconna\u00eetre qu&#8217;apr\u00e8s 40 ans, le mode de gouvernance du r\u00e9seau institutionnel de la francophonie est appel\u00e9 \u00e0 changer et \u00e0 \u00e9voluer vers une gouvernance 2.0. Il est grand temps de faire le premier pas.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Cet article est tir\u00e9 de deux conf<\/em><em>\u00e9<\/em><em>rences, l&#8217;une donn<\/em><em>\u00e9<\/em><em>e dans le cadre du Symposium sur le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles organis<\/em><em>\u00e9<\/em><em> par le Commissariat aux langues officielles, et l&#8217;autre \u00e0 l&#8217;assembl\u00e9e g<\/em><em>\u00e9<\/em><em>n<\/em><em>\u00e9<\/em><em>rale annuelle 2009 de la F<\/em><em>\u00e9<\/em><em>d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ration des communaut<\/em><em>\u00e9<\/em><em>s francophones et acadienne du Canada.<\/em><\/p>\n<p><span class=\"image-caption\">Photo: Shutterstock<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1969, le Parlement canadien adoptait la Loi sur les langues officielles. 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