{"id":262590,"date":"2008-07-01T04:00:00","date_gmt":"2008-07-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-francophonie-une-union-geoculturelle-en-formation\/"},"modified":"2025-10-07T20:08:00","modified_gmt":"2025-10-08T00:08:00","slug":"la-francophonie-une-union-geoculturelle-en-formation","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2008\/07\/la-francophonie-une-union-geoculturelle-en-formation\/","title":{"rendered":"La Francophonie : une union g\u00e9oculturelle en formation"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">La pr\u00e9sente ann\u00e9e de c\u00e9l\u00e9bration de la fondation de Qu\u00e9bec par Samuel de Champlain, un Fran\u00e7ais partie de Brouage au tournant du XVII<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle, force la r\u00e9flexion sur ce que nous sommes en tant que Qu\u00e9b\u00e9cois et sur ce que nous voulons \u00eatre. Le 400<sup>e\u00a0<\/sup>anniversaire de Qu\u00e9bec \u00e9voque ces repr\u00e9sentations plus ou moins conscientes de notre rapport \u00e0 l\u2019autre, constitutives de ce que nous sommes. Au cours de cette ann\u00e9e de c\u00e9l\u00e9brations, le XII<sup>e<\/sup><sup>\u00a0<\/sup>Sommet de la Francophonie r\u00e9unissant les chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement des pays ayant en partage la langue fran\u00e7aise se tiendra \u00e0 Qu\u00e9bec. L\u2019imaginaire qui accompagne l\u2019appartenance \u00e0 la Francophonie nous inscrit aussi dans un rapport \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>Car le rapport d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 qui nous constitue en tant que Qu\u00e9b\u00e9cois comprend d\u00e9j\u00e0 plusieurs \u00ab autres \u00bb. Il y a en nous, dans notre m\u00e9moire et dans nos rapports imaginaires, d\u2019abord la pr\u00e9sence du Fran\u00e7ais, du Nord-Am\u00e9ricain, de l\u2019Anglais et de l\u2019Autochtone, sans parler des r\u00e9f\u00e9rences identitaires aux Irlandais, aux \u00c9cossais, aux Bretons, par exemple, qui sont aussi implicitement pr\u00e9sentes dans l\u2019imaginaire lointain de nombreux Qu\u00e9b\u00e9cois. Puis, un nouvel imaginaire qu\u00e9b\u00e9cois en formation se complexifie par r\u00e9f\u00e9rence latente aux origines \u00e9trang\u00e8res d\u2019autant de nouveaux Qu\u00e9b\u00e9cois. Ce qui nous int\u00e9resse ici est le rapport des Qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 l\u2019imaginaire de fondation du Qu\u00e9bec actuel, socle sur lequel s\u2019\u00e9rige une soci\u00e9t\u00e9 qui se diversifie.<\/p>\n<blockquote><p>La francophonie institutionnelle a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e de fa\u00e7on voulue et concert\u00e9e \u00e0 l\u2019affirmation de la diversit\u00e9 linguistique, au multilinguisme \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du monde.<\/p><\/blockquote>\n<p>Mais le Fran\u00e7ais est non seulement l\u2019anc\u00eatre de ce que nous sommes en tant que \u00ab parlant fran\u00e7ais \u00bb, il est aussi \u00e0 l\u2019origine de l\u2019existence des \u00ab francophones \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de plusieurs continents. Des francophones qui ont voulu ensuite accompagner les repr\u00e9sentations de leurs liens \u00e0 la langue fran\u00e7aise d\u2019un principe d\u2019affirmation de la diversit\u00e9 linguistique en valorisant la promotion de la diversit\u00e9 des langues et des cultures. La francophonie institutionnelle a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e de fa\u00e7on voulue et concert\u00e9e \u00e0 l\u2019affirmation de la diversit\u00e9 linguistique, au multilinguisme \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du monde. La pr\u00e9sence de francophones vivant sur plusieurs continents et parlant d\u2019autres langues a donc introduit au sein des organisations francophones la d\u00e9fense et la promotion de cette diversit\u00e9 linguistique. L\u2019ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Boutros Boutros-Ghali, a dit \u00e0 ce propos, lors de la c\u00e9r\u00e9monie de remise du doctorat\u00a0<em>honoris causa<\/em>\u00a0que lui d\u00e9cernait l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa, le 13 juillet 2001 : \u00ab D\u00e9fendre la langue fran\u00e7aise, c\u2019est d\u00e9fendre le plurilinguisme. \u00bb On a voulu ainsi affirmer un principe qui est au fondement de la d\u00e9mocratie, c\u2019est-\u00e0-dire la reconnaissance de la pluralit\u00e9 des identit\u00e9s. Une r\u00e9cente enqu\u00eate men\u00e9e par le politologue Guy Lachapelle r\u00e9v\u00e8le d\u2019ailleurs que la proportion de Qu\u00e9b\u00e9cois pour qui \u00ab l\u2019id\u00e9e selon laquelle la mondialisation de l\u2019\u00e9conomie repr\u00e9sente une menace \u00e0 la diversit\u00e9 culturelle est pass\u00e9e en 10 ans de 26 p. 100 \u00e0 46 p. 100 \u00bb. La mondialisation fonde la qu\u00eate de nouvelles aires d\u2019appartenance.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte de changements sociaux et culturels qu\u2019il nous para\u00eet important en d\u00e9butant de camper quelques-uns des traits du rapport entre le Qu\u00e9bec d\u2019aujourd\u2019hui et celui d\u2019hier, dont on c\u00e9l\u00e8bre cette ann\u00e9e la fondation. Le texte qui suit rappellera d\u2019abord certains traits du sujet francophone que forme la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise. \u00c9tablir ce qu\u2019est et ce que signifie pour le Qu\u00e9bec son appartenance \u00e0 une r\u00e9f\u00e9rence francophone permettra ensuite de jeter un bref regard sur l\u2019espace imaginaire actuel de la Francophonie en tant qu\u2019ensemble d\u2019institutions et de soci\u00e9t\u00e9s civiles formant une communaut\u00e9 qui partage des espoirs de plus grande d\u00e9mocratie et qui donne \u00e0 la reconnaissance de la diversit\u00e9 culturelle une place centrale dans la fondation d\u2019un monde nouveau. Cet \u00e9tat des lieux permettra ensuite d\u2019esquisser les conditions qui permettent \u00e0 la Francophonie de passer du statut d\u2019aire linguistique \u00e0 celui d\u2019union g\u00e9oculturelle, puis \u00e0 celui de p\u00f4le g\u00e9ostrat\u00e9gique au plein sens du terme.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment des querelles qui existent autour de la pertinence ou non d\u2019avoir \u00e9largi la principale institution de d\u00e9fense de la langue fran\u00e7aise, l\u2019Organisation internationale de la francophonie, \u00e0 des pays dont cette langue n\u2019est pas la principale, le simple fait d\u2019associer la langue fran\u00e7aise \u00e0 un principe de diversit\u00e9 des langues est un enjeu philosophique de premi\u00e8re importance. Le Qu\u00e9b\u00e9cois s\u2019y retrouve, lui qui se d\u00e9finit dans un rapport \u00e0 l\u2019autre \u00e9tabli d\u2019abord avec le Fran\u00e7ais puis, ensuite, avec l\u2019Anglais. Cette seconde alt\u00e9rit\u00e9, confrontation \u00e0 l\u2019Anglais, sera la matrice d\u2019un rapport \u00e0 la fois de conflit et de coexistence plus ou moins pacifique selon les moments. Ainsi, le rapport \u00e0 l\u2019autre deviendra aussi bien d\u00e9fensif ou affirmatif que conqu\u00e9rant. Chaque peuple fabrique alors sa propre histoire \u00e0 travers sa langue premi\u00e8re et l\u2019interface de celle-ci avec d\u2019autres langues.<\/p>\n<p>L\u2019histoire du Qu\u00e9bec a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une relation fondatrice \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Aussi loin qu\u2019on puisse remonter dans l\u2019imaginaire linguistique qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le Qu\u00e9bec actuel, la langue fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 celle de la grande majorit\u00e9 des r\u00e9sidents en sol qu\u00e9b\u00e9cois. En 1812, le Bas-Canada comptait 225 000 habitants et le Haut-Canada, seulement 75 000. En 1824, soit peu avant les r\u00e9bellions de 1837, le Haut-Canada ne r\u00e9unissait que 157 000 habitants d\u2019origine anglaise, et le Bas-Canada avait une population deux fois plus importante avec 430 000 habitants, principalement d\u2019origine fran\u00e7aise. En 1841, le Haut-Canada comptait 470 000 habitants et le Bas-Canada, 630 000.<\/p>\n<blockquote><p>Aussi loin qu\u2019on puisse remonter dans l\u2019imaginaire linguistique qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le Qu\u00e9bec actuel, la langue fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 celle de la grande majorit\u00e9 des r\u00e9sidents en sol qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le rapport \u00e0 la langue fran\u00e7aise a donc \u00e9t\u00e9 complexe d\u00e8s les origines et ce, pour deux raisons. La premi\u00e8re veut que ceux qui l\u2019ont apport\u00e9e ici soient ensuite repartis vers la terre d\u2019origine, la France. Comme le rapporte l\u2019historien Firmin Roz, au moment de la conqu\u00eate, \u00ab officiers, magistrats, fonctionnaires de tout ordre sont rentr\u00e9s en France avec les troupes vaincues. [\u2026] Ces 65 000 Fran\u00e7ais se r\u00e9signent \u2014 il le faut bien \u2014 \u00e0 leur nouvelle condition de sujets britanniques. [\u2026] Ils continuent \u00e0 parler leur langue et \u00e0 pratiquer leur culte [\u2026]. \u00bb Ils laissent ainsi le peuple fondateur de la Nouvelle-France avec une langue h\u00e9rit\u00e9e, re\u00e7ue, mais une langue qu\u2019il fallait aussi construire, renforcer, car elle \u00e9tait\u00a0<em>confront\u00e9e<\/em>\u00a0\u00e0 la langue de l\u2019autre, l\u2019anglais.<\/p>\n<p>Ensuite, la langue de l\u2019occupant qui allait devenir conqu\u00e9rant, puis tenter d\u2019\u00eatre assimilateur, pour finir par se contenter d\u2019\u00eatre un voisin r\u00e9calcitrant, marquera le rapport des Qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 la langue fran\u00e7aise de mani\u00e8re divis\u00e9e. Car le fran\u00e7ais est \u00e0 la fois la langue officielle du Qu\u00e9bec et une langue qui est amen\u00e9e \u00e0 affirmer sa l\u00e9gitimit\u00e9\u00a0<em>contre<\/em>\u00a0celle de l\u2019autre. C\u2019est sans doute ce qui a rendu n\u00e9cessaire son appropriation sans concession par la volont\u00e9 intransigeante de ses locuteurs de r\u00e9sister \u00e0 tout emprunt \u00e0 l\u2019anglais les portant \u00e0 cr\u00e9er de nombreux n\u00e9ologismes qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s et reconnus comme appartenant \u00e0 la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>En 1896, un \u00e9minent essayiste qu\u00e9b\u00e9cois, Edmond de Nevers, avait d\u00e9j\u00e0 anticip\u00e9 cet \u00e9tat de fait quand il \u00e9crivit, dans\u00a0<em>L\u2019avenir du peuple canadien-fran\u00e7ais<\/em>, \u00ab toute langue qui se d\u00e9tache, dans ces circonstances, de l\u2019un des grands idiomes litt\u00e9raires du monde peut difficilement r\u00e9ussir \u00e0 \u00eatre autre chose qu\u2019un patois. Non seulement nous devons proscrire l\u2019anglicisme, mais nous sommes tenus d\u2019\u00eatre plus puristes que les Fran\u00e7ais de France eux-m\u00eames. \u00bb Et, ajoute-t-il, \u00ab si encore cette introduction de termes barbares pouvait avoir pour effet d\u2019\u00e9tablir, entre nos compatriotes anglais et nous, une concorde, une harmonie plus parfaite ; si elle pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une gracieuset\u00e9 \u00e0 leur adresse, l\u2019anglicisme aurait une excuse. Mais il n\u2019en est rien, et les Anglais ne nous savent aucun gr\u00e9 de ces concessions. \u00bb<\/p>\n<p>De Nevers a vu avec clart\u00e9 et lucidit\u00e9 le double processus qui \u00e9tait en cours : une r\u00e9sistance combative, l\u00e9gitime et vive face \u00e0 l\u2019anglais en m\u00eame temps que la conscience des dangers de perte identitaire repr\u00e9sent\u00e9s par cette langue. Mais au fil du temps, au-del\u00e0 des balises institutionnelles que le Qu\u00e9bec a su se donner, les rapports de force r\u00e9els entre ces deux langues ont partiellement \u00e9rod\u00e9 la langue premi\u00e8re, envers et contre tous les efforts de r\u00e9sistance tent\u00e9s par les Qu\u00e9b\u00e9cois francophones. L\u2019affirmation du fran\u00e7ais est une lutte de tous les instants.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019affirmation du fran\u00e7ais est une lutte de tous les instants.<\/p><\/blockquote>\n<p class=\"dropcap\">Outre le fait d\u2019\u00eatre la langue fondatrice du peuple qu\u00e9b\u00e9cois, le fran\u00e7ais est donc en m\u00eame temps une langue qui l\u2019ins\u00e8re dans un conflit latent avec le conqu\u00e9rant, l\u2019Anglais, puis l\u2019Am\u00e9ricain. L\u2019histoire montre que dans toutes les r\u00e9gions du Qu\u00e9bec s\u2019est trouv\u00e9e par le pass\u00e9 une couche sociale anglophone, la plupart du temps en position de pouvoir et de domination. Prenant parfois la forme de luttes de pouvoir ou de r\u00e9sistance \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019assimilation britannique, comme l\u2019ont bien illustr\u00e9 les r\u00e9bellions de 1837, les rapports entre francophones et anglophones ont aussi refl\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du Qu\u00e9bec des conflits internationaux virulents. La lutte entre deux empires, la France et l\u2019Angleterre, qui s\u2019est accentu\u00e9e au cours des XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, soit peu apr\u00e8s la fondation de Qu\u00e9bec, a marqu\u00e9 jusqu\u2019aux XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles la m\u00e9moire historique des Fran\u00e7ais et des Anglais, leur laissant le go\u00fbt amer du conflit avec l\u2019opposant.<\/p>\n<p>Il aura fallu la pr\u00e9sente conjoncture de fragilisation de la domination de l\u2019Occident, d\u00e9clench\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements du 11 septembre 2001 et accentu\u00e9e par la guerre contre l\u2019Irak, pour que soit favoris\u00e9 un rapprochement encore plus manifeste de la puissance anglophone, c\u2019est-\u00e0-dire entre la Grande-Bretagne et les \u00c9tats-Unis, puis entre le Canada et les \u00c9tats-Unis. Enfin, en mars 2008, la volont\u00e9 d\u2019ajustement de la politique \u00e9trang\u00e8re de la France envers l\u2019axe am\u00e9ricain, exprim\u00e9e par le nouveau pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Nicolas Sarkozy, a suscit\u00e9 aussi un rapprochement entre la France et l\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Tous ces mouvements strat\u00e9giques se montrent comme autant de symboles dans les processus d\u2019alignement au sein de l\u2019Occident sous la gouverne de l\u2019anglais. Le Qu\u00e9bec n\u2019est pas une \u00eele. Comme les langues sont l\u2019expression du pouvoir des peuples et, \u00e0 partir d\u2019eux, des \u00c9tats, les rapports entre les langues traversent les espaces identitaires de fa\u00e7on interne en m\u00eame temps que p\u00e8se sur chaque cadre national le poids externe de la concurrence entre les langues \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du monde.<\/p>\n<p>Le fran\u00e7ais est pour le Qu\u00e9bec une langue d\u2019affirmation identitaire et le rempart imaginaire d\u2019un espace assi\u00e9g\u00e9 par l\u2019anglais qui a depuis longtemps p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l\u2019enceinte que les institutions ont pour vocation de prot\u00e9ger. \u00c0 cause de la situation g\u00e9ographique embl\u00e9matique du Qu\u00e9bec \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de \u00ab la cit\u00e9 sur la colline \u00bb, selon l\u2019expression utilis\u00e9e par un des fondateurs des \u00c9tats-Unis, John Winthrop, gouverneur du Massachusetts, pour d\u00e9signer l\u2019Am\u00e9rique, la langue fran\u00e7aise y est le symbole d\u2019une identit\u00e9 fabriqu\u00e9e dans des rapports d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 divis\u00e9s.<\/p>\n<p>Les Qu\u00e9b\u00e9cois ont donc plusieurs raisons de s\u2019int\u00e9resser au monde francophone. Premier foyer originaire, rayonnement d\u2019une langue que se sont appropri\u00e9s de nombreux peuples afin d\u2019acqu\u00e9rir une autonomie postcoloniale, appartenance \u00e0 une aire linguistique estim\u00e9e \u00e0 environ 200 millions de locuteurs dans le monde et reconnue parmi les six langues officielles \u00e0 l\u2019ONU, symbole affirm\u00e9 de la diversit\u00e9, la promotion de la langue fran\u00e7aise s\u2019inscrit au c\u0153ur m\u00eame des relations de pouvoir qui dessinent la carte du monde. C\u2019est dans ce contexte que l\u2019examen attentif de la capacit\u00e9 de la Francophonie de se constituer en puissance symbolique m\u00e9rite d\u2019\u00eatre entrepris.<\/p>\n<p>Au cours de sa formation, la Francophonie a travers\u00e9 des \u00e9tapes plus ou moins \u00e9mancipatrices. On notera trois p\u00e9riodes depuis les origines : tout d\u2019abord celle du premier empire fran\u00e7ais liquid\u00e9 en 1760 et dont la Nouvelle-France a \u00e9t\u00e9 le dernier avatar ; la seconde phase est celle de l\u2019expansion coloniale du d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et correspond \u00e0 la croissance d\u00e9mographique de la Francophonie ; la troisi\u00e8me p\u00e9riode, d\u00e9coulant de la pr\u00e9c\u00e9dente, a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la volont\u00e9 d\u2019affranchissement de la tutelle de la m\u00e9tropole et par le souci d\u2019affirmation de cultures nouvelles r\u00e9unissant les cultures premi\u00e8res et les h\u00e9ritages de la culture fran\u00e7aise. C\u2019est elle qui a vu na\u00eetre le premier Sommet des chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement, tenu en 1986. On s\u2019attend \u00e0 ce qu\u2019une nouvelle \u00e9tape soit franchie \u00e0 la suite de la XII<sup>e<\/sup> Conf\u00e9rence des chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement ayant le fran\u00e7ais en partage, appel\u00e9e \u00ab Sommet de la Francophonie \u00bb, qui se tiendra \u00e0 Qu\u00e9bec les 17 et 18 octobre 2008 et devant \u00eatre marqu\u00e9e par une v\u00e9ritable relance d\u2019int\u00e9r\u00eats communs.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 son \u00e9lan, quelques obstacles ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s au cours de la construction de l\u2019ensemble institutionnel francophone, et ceux-ci n\u2019ont rien d\u2019inh\u00e9rent aux acteurs ni aux objectifs poursuivis. Ces difficult\u00e9s traduisent surtout les conditions normales d\u2019implantation d\u2019une formation inter\u00e9tatique. Cependant, quelques-unes des limites rencontr\u00e9es m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre identifi\u00e9es dans la mesure o\u00f9 elles pourraient, si elles n\u2019\u00e9taient pas surmont\u00e9es, constituer un frein au d\u00e9veloppement de ce que l\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019Association des universit\u00e9s partiellement et enti\u00e8rement de langue fran\u00e7aise, Michel Guillou, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 appeler \u00ab une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique \u00e0 part enti\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p>La principale difficult\u00e9 de la Francophonie est sa r\u00e9sistance \u00e0 cr\u00e9er un imaginaire francophone commun. Certes, la place centrale occup\u00e9e par la France explique partiellement ce malaise facilement identifiable : rayonnement culturel exponentiel de la France, monopole du march\u00e9 des biens culturels en fran\u00e7ais, rivalit\u00e9 avec l\u2019espace europ\u00e9en qui dicte \u00e0 la France ses priorit\u00e9s, etc. Les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9prouv\u00e9es de la part de plusieurs partenaires, tant sur le plan culturel (diffusion du livre francophone, reconnaissance, etc.) qu\u2019\u00e9conomique mais aussi sur les plans du financement et du rayonnement, ont institu\u00e9 la Francophonie dans un relatif \u00e9tat d\u2019\u00e9clatement. Les peuples membres de la Francophonie ont besoin d\u2019un imaginaire de rattachement. Quoique de cultures, de religions diverses, il leur faut \u00e9prouver entre eux et avec la France une appartenance commune \u00e0 des enjeux dont ils imaginent partager en m\u00eame temps avec les autres peuples les progr\u00e8s et le d\u00e9nouement.<\/p>\n<p>Comme cons\u00e9quence de ce premier obstacle \u00e0 leur reconnaissance mutuelle dans un projet commun, on note un d\u00e9ficit de visibilit\u00e9 des enjeux partag\u00e9s par les francophones dans un espace public mondialis\u00e9. Il ne fait pas de doute que les dirigeants des \u00c9tats et des gouvernements des pays ayant en commun l\u2019usage de la langue fran\u00e7aise devront faire face \u00e0 d\u2019importantes pressions de l\u2019opinion avant de se rallier \u00e0 des missions politiques v\u00e9ritablement mobilisatrices.\u00a0Pourtant, l\u2019adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la diversit\u00e9 des expressions culturelles est un exemple de r\u00e9ussite de ce genre d\u2019action.<\/p>\n<p>Le potentiel d\u2019influence de la Francophonie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale est le premier levier sur lequel s\u2019appuyer dans la construction progressive d\u2019un imaginaire commun permettant aux francophones de se reconna\u00eetre dans ce groupe d\u2019appartenance. Alors, se rassembler autour de quoi ou comment \u00e9laborer un p\u00f4le d\u2019influence ? La cr\u00e9ation d\u2019une symbolique propre doit \u00eatre pens\u00e9e sans tarder. Les outils concrets n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une telle symbolique (par exemple, cr\u00e9ation de m\u00e9dias critiques adress\u00e9s \u00e0 la communaut\u00e9 des \u00e9lites francophones et diffus\u00e9s sur une vaste \u00e9chelle, formation d\u2019un forum des soci\u00e9t\u00e9s civiles de la Francophonie) devraient \u00eatre mis en place pour servir un tel objectif. Il appartient aux acteurs de choisir ces moyens ; mais il faut d\u2019abord en mesurer la n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<blockquote><p>La Francophonie devrait aussi chercher \u00e0 susciter la formation d\u2019une opinion publique francophone.<\/p><\/blockquote>\n<p>La Francophonie devrait aussi chercher \u00e0 susciter la formation d\u2019une opinion publique francophone. Une organisation de cette ampleur qui veut se tailler une place sur une sc\u00e8ne internationale marqu\u00e9e par la domination d\u2019une langue principale associ\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019Angleterre au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle puis des \u00c9tats-Unis aux XX<sup>e<\/sup> et XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles doit, sans nuire \u00e0 ses liens d\u2019alliance dans la d\u00e9fense des valeurs de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9, \u00eatre r\u00e9unie autour d\u2019enjeux qui frappent l\u2019imaginaire des peuples et des citoyens qui la composent, et les mobilisent. Car si ce sont les \u00c9tats qui d\u00e9cident, ce sont les citoyens qui sont au fondement de toute v\u00e9ritable politique de changement. Jusqu\u2019\u00e0 encore tout r\u00e9cemment, on aurait cherch\u00e9 en vain une opinion publique francophone qui se serait \u00e9lev\u00e9e sur l\u2019un ou l\u2019autre des sujets d\u2019urgence mondiale. Pas d\u2019opinion publique francophone, pas d\u2019indice de l\u2019existence d\u2019une communaut\u00e9 francophone de ralliement, sauf celle qui r\u00e9unit les repr\u00e9sentants des \u00c9tats et des organisations francophones et celle qui est suppos\u00e9e exister parce qu\u2019elle est comptabilis\u00e9e par les statistiques en tant que population francophone.<\/p>\n<p>Pourtant, \u00e0 titre d\u2019exemple, les opinions publiques europ\u00e9ennes ont fait preuve de nettes convergences partageant une inqui\u00e9tude manifeste \u00e0 l\u2019endroit de la gouverne mondiale des \u00c9tats-Unis depuis 2001. Plusieurs experts ont observ\u00e9 et analys\u00e9 les diff\u00e9rences entre les propositions am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de nombreux enjeux internationaux tels le r\u00f4le des instances multilat\u00e9rales, les politiques de s\u00e9curit\u00e9, la d\u00e9fense antimissiles, le nucl\u00e9aire iranien, etc. Ces \u00e9tudes ont permis de d\u00e9gager d\u2019\u00e9tonnantes sensibilit\u00e9s communes entre l\u2019opinion publique qu\u00e9b\u00e9coise et l\u2019opinion publique europ\u00e9enne, r\u00e9v\u00e9l\u00e9es tout particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019occasion de la guerre contre l\u2019Irak. Mais o\u00f9 se situe l\u2019opinion publique des francophones entre celles de l\u2019Europe et des \u00c9tats-Unis ?<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Malgr\u00e9 ces d\u00e9ficits de communication, on pourrait dire, sans trop exag\u00e9rer, que le Qu\u00e9bec condense ce qui caract\u00e9rise de multiples mani\u00e8res ailleurs dans le monde, sauf en France, le statut du fran\u00e7ais et, par cons\u00e9quent, le combat affirmatif des francophones. La France, \u00e0 travers le Conseil d\u2019\u00c9tat et le Conseil constitutionnel, a \u00e9vit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment de reconna\u00eetre officiellement la cohabitation des langues r\u00e9gionales en s\u2019opposant \u00e0 la ratification de la charte europ\u00e9enne des langues r\u00e9gionales et minoritaires. Or, le 22 mai 2008, l\u2019Assembl\u00e9e nationale a adopt\u00e9 presque unanimement un vote conduisant \u00e0 inscrire dans la Constitution que les langues r\u00e9gionales font partie du patrimoine de la France. Ce geste que certains jugent \u00ab porteur de communautarisme \u00bb (quoiqu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par le S\u00e9nat) pourrait en effet introduire une plus grande conscience de l\u2019importance de la langue nationale, le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>La France contemporaine n\u2019est pas confront\u00e9e \u00e0 la dualit\u00e9 interne des langues et reconna\u00eetra plus vivement la n\u00e9cessit\u00e9 du combat linguistique. Sans approuver la trop grande assurance des Fran\u00e7ais devant l\u2019anglais, fruit d\u2019une longue autarcie, on ne peut ignorer le statut exceptionnel de la France vis-\u00e0-vis des peuples francophones, source de richesses mat\u00e9rielles et immat\u00e9rielles. La France doit se percevoir comme une des composantes de la Francophonie. Car si la France repr\u00e9sente \u00e0 la fois un axe central dans le d\u00e9veloppement de la Francophonie, elle demeure encore aux yeux de nombreux francophones une limite symbolique \u00e0 la reconnaissance souhait\u00e9e.<\/p>\n<p>Les peuples ayant en commun la langue fran\u00e7aise ont besoin de partager avec la France leur volont\u00e9 d\u2019affirmer l\u2019usage du fran\u00e7ais. Et c\u2019est ensemble, Fran\u00e7ais, Francophones et francophiles (ces trois cat\u00e9gories sont s\u00e9par\u00e9es ici afin de faire ressortir la d\u00e9marcation entre ces groupes souvent pratiqu\u00e9e par les Fran\u00e7ais eux-m\u00eames), qu\u2019ils devront franchir la nouvelle \u00e9tape que sanctionnera le Sommet de la Francophonie, \u00e0 Qu\u00e9bec, en octobre 2008. Ce qui n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 le strat\u00e8ge de la Francophonie, Michel Guillou, d\u2019affirmer, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un colloque sur la \u00ab troisi\u00e8me Francophonie \u00bb organis\u00e9 par le C\u00c9RIUM en janvier dernier : \u00ab La p\u00e9rennit\u00e9 de la France et du Qu\u00e9bec dans les prochaines d\u00e9cennies me semble li\u00e9e \u00e0 l\u2019existence ou non d\u2019une Francophonie forte, influente et attractive. \u00bb<\/p>\n<p>Pour consolider sa sp\u00e9cificit\u00e9 et sa puissance, la France a besoin de la Francophonie tout autant que le Qu\u00e9bec a besoin d\u2019une Francophonie irrigu\u00e9e par la France. Dans cet esprit, la cr\u00e9ation, dans le cadre du C\u00c9RIUM, du centre de recherche appel\u00e9 R\u00e9seau francophonie, sous la responsabilit\u00e9 de l\u2019ancienne ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, augure une \u00e8re nouvelle, donnant \u00e0 cet enjeu la visibilit\u00e9 souhait\u00e9e. La recherche qui l\u2019accompagnera, portant tout particuli\u00e8rement sur la construction de ce nouvel objet de la th\u00e9orie des relations internationales que constituent les aires linguistiques, est directement li\u00e9e \u00e0 la question de la formation d\u2019un imaginaire francophone et de la symbolique internationale souhait\u00e9e.<\/p>\n<p>Lors de ce colloque, Michel Guillou, maintenant directeur de la Chaire Senghor de la Francophonie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Jean-Moulin de Lyon, est all\u00e9 plus loin en pr\u00e9cisant ce que signifie \u00ab une Francophonie forte, influente et attractive \u00bb :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\"><em>La culture devient aux c\u00f4t\u00e9s du politique et de l\u2019\u00e9conomique un pilier de la mondialisation et s\u2019assoit comme acteur incontournable \u00e0 la table des relations internationales. Les espaces vou\u00e9s au troisi\u00e8me dialogue \u2014 celui des cultures \u2014 prennent de ce fait une importance g\u00e9opolitique toute particuli\u00e8re. Ils sont les antidotes pacifiques \u00e0 la guerre des civilisations qui s\u2019amorce et qu\u2019attestent le terrorisme et la mont\u00e9e des fondamentalismes. Les grandes aires linguistiques font naturellement partie de ces espaces. Elles constituent, lorsqu\u2019elles s\u2019organisent, des unions g\u00e9oculturelles. La Francophonie appartient \u00e0 cette typologie. Elle est l\u2019union g\u00e9oculturelle de langue fran\u00e7aise. [\u2026] Il faut l\u2019envisager comme une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique \u00e0 part enti\u00e8re.<\/em><\/p>\n<p>Au moment de c\u00e9l\u00e9brer le 400<sup>e<\/sup> anniversaire de la fondation de Qu\u00e9bec, premi\u00e8re ville fran\u00e7aise en Am\u00e9rique, les conditions semblent en effet r\u00e9unies pour que la Francophonie fasse siennes les attentes des peuples et des citoyens en qu\u00eate d\u2019un leadership mondial plus sensible \u00e0 l\u2019injustice, \u00e0 la recherche d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de paix dans le respect des identit\u00e9s culturelles. Un engagement audacieux, capable de d\u00e9passer la routine des discours inter\u00e9tatiques habituels, serait seul susceptible de conduire \u00e0 la formation d\u2019une v\u00e9ritable opinion publique francophone.<\/p>\n<p>Dans cet esprit, le r\u00f4le de TV5, depuis sa cr\u00e9ation en 1984, et de TV5Monde, depuis 2007, et la conservation d\u2019un statut francophone international en 2008 doivent \u00eatre salu\u00e9s et fournir l\u2019occasion d\u2019en repenser le r\u00f4le critique dans une conjoncture internationale o\u00f9 une recomposition des \u00e9quilibres s\u2019impose. Une part plus sensible des productions internationales de cette cha\u00eene pourrait donc \u00eatre consacr\u00e9e \u00e0 des \u00e9changes destin\u00e9s aux \u00e9lites francophones, constituant ainsi un volet ayant une vocation de formation critique. De plus, le Qu\u00e9bec pourrait s\u2019associer \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un vaste forum des soci\u00e9t\u00e9s civiles de la Francophonie. Car l\u2019\u00e9mergence d\u2019un imaginaire favorisant la reconnaissance mutuelle des francophones, l\u2019appartenance \u00e0 un mouvement transnational de promotion de valeurs d\u00e9mocratiques affirm\u00e9es autour du fran\u00e7ais et de la diversit\u00e9 linguistique sont autant de conditions dans la construction d\u2019une union g\u00e9oculturelle de langue fran\u00e7aise susceptible de repr\u00e9senter dans un futur proche une v\u00e9ritable<em>\u00a0r\u00e9alit\u00e9<\/em><em> g\u00e9<\/em><em>opolitique<\/em>. Dans un tel contexte, le Qu\u00e9bec prolongera sa fondation historique en fran\u00e7ais en l\u2019enrichissant de nouvelles r\u00e9ciprocit\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pr\u00e9sente ann\u00e9e de c\u00e9l\u00e9bration de la fondation de Qu\u00e9bec par Samuel de Champlain, un Fran\u00e7ais partie de Brouage au tournant du XVIIe\u00a0si\u00e8cle, force la r\u00e9flexion sur ce que nous sommes en tant que Qu\u00e9b\u00e9cois et sur ce que nous voulons \u00eatre. 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