{"id":262586,"date":"2008-07-01T04:00:00","date_gmt":"2008-07-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/langue-et-culture-francaises-en-amerique-la-part-des-artistes\/"},"modified":"2025-10-07T20:07:53","modified_gmt":"2025-10-08T00:07:53","slug":"langue-et-culture-francaises-en-amerique-la-part-des-artistes","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2008\/07\/langue-et-culture-francaises-en-amerique-la-part-des-artistes\/","title":{"rendered":"Langue et culture fran\u00e7aises en Am\u00e9rique : la part des artistes"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">Il y a 400 ans, Qu\u00e9bec \u00e9tait fond\u00e9e, marquant le d\u00e9but de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise outre-Atlantique. Depuis, ses citoyens et ses institutions ont v\u00e9cu, constitu\u00e9 et affirm\u00e9 une culture et un patrimoine francophones authentiques et diff\u00e9renci\u00e9s, qui sont \u00e0 la fois l\u2019objet et le sujet des c\u00e9l\u00e9brations que commande un anniversaire historique aussi significatif.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de la grande f\u00eate d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9e, on retrouvera plus de 700 artistes, dont plusieurs sont les \u00ab r\u00e9v\u00e9lateurs \u00bb et les ambassadeurs reconnus et c\u00e9l\u00e9br\u00e9s d\u2019une vitalit\u00e9 culturelle sans cesse r\u00e9invent\u00e9e, qui rayonne bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de la cit\u00e9 et qui participe pleinement au souffle pluriel de l\u2019une des grandes langues internationales.<\/p>\n<p>Si autant d\u2019artistes ch\u00e9ris par leurs concitoyens \u2015 et la plupart du temps soutenus directement ou indirectement par les pouvoirs publics \u2015 sont invit\u00e9s \u00e0 donner un sens, un esprit et un \u00e9lan irr\u00e9sistible au 400<sup>e<\/sup> anniversaire de Qu\u00e9bec, c\u2019est certainement en reconnaissance de la pr\u00e9pond\u00e9rance de leur apport \u00e0 l\u2019enrichissement de la vie culturelle et \u00e0 l\u2019enracinement du fait fran\u00e7ais en ces terres septentrionales.\u00a0Nous emprunterons \u00e0 l\u2019occasion leurs mots pour soutenir ici cette affirmation.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">\u00c9crivain, intellectuel et p\u00e9dagogue d\u00e9sormais \u00e9tabli au Qu\u00e9bec, Neil Bissoondath a r\u00e9sum\u00e9 la dynamique culturelle de toute soci\u00e9t\u00e9 en affirmant qu\u2019\u00ab une culture qui n\u2019arrive plus \u00e0 trouver en elle l\u2019\u00e9nergie de la vie se trahit ; in\u00e9vitablement, elle sombre dans le folklore \u00bb. Penseur renomm\u00e9 internationalement pour ses \u0153uvres de fiction et ses essais sur la question des cultures et de la place de la langue, il est un fervent d\u00e9fenseur de la langue fran\u00e7aise au Qu\u00e9bec et de la Charte de la langue fran\u00e7aise (Loi 101).<\/p>\n<p>Indissociable de la culture, la langue est un mat\u00e9riau que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019organique, prenant de l\u2019expansion ou se r\u00e9tractant en fonction du dynamisme de la vie culturelle de la collectivit\u00e9. S\u2019adressant \u00e0 un auditoire de francophones en situation minoritaire, John Ralston Saul d\u00e9clarait qu\u2019\u00ab une langue n\u2019est rien si elle n\u2019est pas rattach\u00e9e \u00e0 une culture. Vous aurez beau conna\u00eetre la grammaire, il vous faut du contenu, qui ne s\u2019acquiert qu\u2019en vivant la culture. Vous devez lire, chanter, jouer des personnages, discuter, lire encore (on ne lit jamais assez) et participer \u00e0 des activit\u00e9s culturelles. \u00bb<\/p>\n<p>Paradoxalement, lorsque vient le temps de mesurer la vitalit\u00e9 de notre idiome, nous avons tendance \u00e0 nous tourner d\u2019abord vers les linguistes et les grammairiens pour qu\u2019ils auscultent la langue et d\u00e9terminent si elle est moribonde ou si elle survivra. Heureusement, certains de ces sp\u00e9cialistes rejettent l\u2019approche clinique d\u00e9sincarn\u00e9e. Alain Rey, r\u00e9dacteur en chef des \u00e9ditions Le Robert, d\u00e9clarait en mars dernier dans <em>Le Devoir<\/em> qu\u2019il \u00ab faut enlever l\u2019h\u00e9g\u00e9monie d\u2019une forme de fran\u00e7ais par rapport \u00e0 une autre \u00bb. Partisan des dictionnaires de la diversit\u00e9 francophone plut\u00f4t que d\u2019un dictionnaire gravitant autour du fran\u00e7ais de France, il d\u00e9fend la position selon laquelle \u00ab c\u2019est par l\u2019\u00e9change et l\u2019ouverture que la langue va pouvoir s\u2019enrichir \u00bb.<\/p>\n<p>Au Qu\u00e9bec, les artistes cr\u00e9ateurs ont tendance \u00e0 rompre avec le fran\u00e7ais normatif pour moduler la langue en tenant compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019ils interpr\u00e8tent et qu\u2019ils font \u00e9voluer. Cette position est particuli\u00e8rement fertile pour les \u00e9crivains pour lesquels \u00ab la langue est sans cesse \u00e0 (re)conqu\u00e9rir \u00bb (dixit Lise Gauvin). Mat\u00e9riau d\u2019expression, mat\u00e9riau de construction, le fran\u00e7ais d\u2019ici a traduit une identit\u00e9 en constante et urgente mouvance \u00e0 laquelle faisait r\u00e9f\u00e9rence Gaston Miron : \u00ab Parfois je m\u2019invente, tel un naufrag\u00e9, dans toute l\u2019\u00e9tendue de ma langue. \u00bb<\/p>\n<p>Si l\u2019\u0153uvre de Michel Tremblay est embl\u00e9matique par son parti pris linguistique radical d\u2019une affirmation populaire et d\u2019une qu\u00eate identitaire, d\u2019autres refl\u00e8tent plus g\u00e9n\u00e9ralement, mais indubitablement, une pr\u00e9occupation continue pour les formes litt\u00e9raires. Pensons \u00e0 R\u00e9jean Ducharme avec ses jeux de mots et ses n\u00e9ologismes, ou encore \u00e0 Nicole Brossard, G\u00e9rald Leblanc ou Sylvain Trudel dont les \u00e9critures actualisent et densifient une langue qui est partag\u00e9e, mais jamais immuable ou referm\u00e9e sur elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Naviguant sans cesse entre sp\u00e9cificit\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise et identit\u00e9 francophone, plusieurs \u00e9crivains se sont particuli\u00e8rement illustr\u00e9s sur le sujet de la langue lors des d\u00e9bats de la Francophonie.<\/p>\n<p>La langue est un mat\u00e9riau vivant dont les racines plongent au c\u0153ur de l\u2019histoire et se ramifient dans la contemporan\u00e9it\u00e9. Cela, nos conteurs l\u2019ont compris, eux qui s\u2019illustrent admirablement sur la sc\u00e8ne mondiale. Le \u00ab conteux \u00bb Fred Pellerin est l\u2019un des exemples les plus r\u00e9cents. Il a obtenu, en 2006, le M\u00e9rite du fran\u00e7ais dans la culture, ajoutant son nom \u00e0 celui, entre autres, de Marc Favreau (1997), Gilles Vigneault (1999), Andr\u00e9e Lachapelle (2000), Richard Desjardins (2005), Kim Yaroshevskaya (2003) et\u2026 Marie-\u00c9va de Villers (2002), l\u2019auteure du\u00a0<em>Multidictionnaire de la langue fran\u00e7aise<\/em>. Une liste qui en dit long sur la mani\u00e8re dont le Qu\u00e9bec revitalise la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Nos auteurs prouvent bien que la langue circule d\u2019un univers \u00e0 l\u2019autre, s\u2019y abreuvant comme \u00e0 autant de sources de jouvence.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">L\u2019univers de la chanson est un autre domaine o\u00f9 se recompose la langue. Au Qu\u00e9bec, le premier exemple qui vient \u00e0 l\u2019esprit est \u00e9videmment celui de Robert Charlebois, et plus particuli\u00e8rement de la Super Francof\u00eate qui a eu lieu \u00e0 Qu\u00e9bec en 1974. Avec les deux autres t\u00e9nors de la chanson qu\u00e9b\u00e9coise, F\u00e9lix Leclerc et Gilles Vigneault, il avait attir\u00e9 plus de 100 000 personnes. Charlebois fut l\u2019un des premiers \u00e0 avoir puis\u00e9 dans sa langue comme mat\u00e9riau pour modifier, restructurer, \u00ab mettre \u00e0 sa main \u00bb le rock et, du coup, transformer la chanson fran\u00e7aise. Il n\u2019est pas anodin de souligner qu\u2019il a re\u00e7u le prix de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre.<\/p>\n<p>Et qui parle de la sc\u00e8ne, pense aussi au th\u00e9\u00e2tre. Voil\u00e0 certainement un domaine dans lequel nos artistes se sont illustr\u00e9s. Comme le confirmait Michel Marc Bouchard lors des r\u00e9cents \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux du th\u00e9\u00e2tre : \u00ab Il y a quelques ann\u00e9es, \u00eatre jou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00e9tait le privil\u00e8ge d\u2019une poign\u00e9e d\u2019auteurs qu\u00e9b\u00e9cois. Aujourd\u2019hui, notre dramaturgie est pr\u00e9sente sur les cinq continents. \u00bb Et, toujours selon lui, si les metteurs en sc\u00e8ne choisissent des textes qu\u00e9b\u00e9cois, c\u2019est \u00ab parce qu\u2019ils y trouvent une mati\u00e8re th\u00e9\u00e2trale vive, ainsi qu\u2019une langue riche et color\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Dans une entrevue t\u00e9l\u00e9visuelle qu\u2019il accordait \u00e0 St\u00e9phane Bureau en 2005, Robert Lepage affirmait avec justesse : \u00ab C\u2019est tr\u00e8s important d\u2019\u00eatre en contact avec ses racines. [\u2026] Les gens s\u2019imaginent que pour faire un th\u00e9\u00e2tre ou un travail dit international ou universel, il faut absolument faire des choses qui s\u2019inspirent de l\u2019international ou de l\u2019universel. Ce n\u2019est pas comme \u00e7a que \u00e7a fonctionne, l\u2019universel, il est dans le local. Je paraphrase souvent Michel Tremblay quand il disait : \u201dSi tu veux \u00eatre universel, parle de ce qui se passe dans la cuisine chez vous.\u201d \u00bb<\/p>\n<p>Serait-ce cette m\u00eame id\u00e9e qui aurait guid\u00e9 la cr\u00e9ation de l\u2019improvisation th\u00e9\u00e2trale ? Lanc\u00e9 au Qu\u00e9bec par Robert Gravel, le match d\u2019improvisation th\u00e9\u00e2trale a vite gagn\u00e9 des adeptes dans la Francophonie d\u2019abord, puis partout dans le monde. De nos jours, des ligues d\u2019improvisation existent en diff\u00e9rentes langues. Qui aurait cru que notre sport national se trouverait transpos\u00e9 dans des joutes linguistiques et th\u00e9\u00e2trales ?<\/p>\n<p>La langue doit s\u2019abreuver \u00e0 diff\u00e9rentes sources pour demeurer vivante, et nos artistes sont d\u2019infatigables sourciers dont les d\u00e9couvertes continueront \u00e0 fa\u00e7onner l\u2019avenir de la langue fran\u00e7aise \u00e0 condition qu\u2019on\u00a0leur laisse la libert\u00e9 d\u2019explorer et de nous communiquer leurs trouvailles.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, tous nos artistes ne manipulent pas d\u2019abord et avant tout la langue. Mais les chor\u00e9graphies d\u2019une Marie Chouinard, l\u2019architecture d\u2019un Pierre Thibault, les spectacles de la compagnie d\u2019art interdisciplinaire lemieux.pilon 4d art, ceux de Musique Multi-Montr\u00e9al, ou encore les expositions des centres d\u2019artistes autog\u00e9r\u00e9s donnent lieu \u00e0 d\u2019innombrables discours qui articulent une pens\u00e9e artistique et culturelle en des termes qui nous sont propres. Que les artistes commentent directement leur \u0153uvre ou que des critiques s\u2019en chargent, il demeure que ces discours participent \u00e0 l\u2019\u00e9largissement d\u2019un pr\u00e9cieux espace culturel francophone qu\u2019alimentent les nombreuses revues de langue fran\u00e7aise investies de la mission de m\u00e9diation entre les artistes et leur public.<\/p>\n<p>Cr\u00e9er en fran\u00e7ais ici et maintenant, c\u2019est s\u2019ouvrir aux influences et aux apports de la diversit\u00e9 et de l\u2019interculturalisme.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">La langue est donc un mat\u00e9riau \u00e0 la fois contraignant et mall\u00e9able que les artistes sont parmi les premiers \u00e0 travailler. Se pr\u00e9valant d\u2019une libert\u00e9 d\u2019expression qu\u2019ils veulent sans bornes, ils se colletaillent autant avec le fond qu\u2019avec la forme : rejetant toute entrave, f\u00fbt-elle id\u00e9ologique ou stylistique, ils contribuent, eux aussi, \u00e0 faire \u00e9voluer la langue sur le plan de sa structure et de ses usages. En utilisant une langue comme mat\u00e9riau \u2015 l\u2019un des multiples mat\u00e9riaux de la vie auxquels ils ont recours \u2015 les artistes la font \u00e9voluer, en assurent la vitalit\u00e9 et la p\u00e9rennit\u00e9.<\/p>\n<p>Il est \u00e9videmment r\u00e9ducteur de toujours d\u00e9finir le fran\u00e7ais d\u2019ici dans sa relation \u00e0 l\u2019anglais. D\u2019autres langues et d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes ethnoculturels l\u2019influencent, le colorent, le m\u00e9tissent, agissent sur son vocabulaire, sa rythmique, ses points de vue. On l\u2019observe certainement dans la sph\u00e8re de la cr\u00e9ation \u00e0 laquelle participent pleinement les artistes autochtones, notamment ceux qui choisissent le fran\u00e7ais comme mat\u00e9riau de cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n<p>Rappelons qu\u2019il existe au Canada 11 nations autochtones au sein desquelles la langue fran\u00e7aise est parl\u00e9e. Leur apport \u00e0 la langue fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 et reconnu notamment lors des derniers Rendez-vous de la Francophonie. Pensons au groupe Taima ou encore au chanteur d\u2019origine montagnaise Florent Volant, dont l\u2019engagement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Francophonie l\u2019a amen\u00e9 \u00e0 donner une nouvelle vigueur \u00e0 la langue, \u00e0 la teindre de combats particuliers et d\u2019id\u00e9aux universels. Pensons \u00e9galement au dramaturge Yves Sioui Durand, le premier metteur en sc\u00e8ne am\u00e9rindien \u00e0 donner, \u00e0 Paris, un atelier de ma\u00eetre pour les acteurs professionnels d\u2019Europe. Affirmant que \u00ab les mythes am\u00e9rindiens sont nos Grecs \u00e0 nous ; ils sont fondateurs de notre th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 \u00bb, il vise \u00e0 r\u00e9inventer l\u2019ancien th\u00e9\u00e2tre rituel am\u00e9rindien sous une forme actuelle\u2026 par le biais de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Et cela est aussi vrai pour les artistes de la diversit\u00e9 culturelle. N\u00e9s ici ou ailleurs, francophones de naissance ou pas, ils ont int\u00e9gr\u00e9 cette communaut\u00e9 linguistique du pays et ont particip\u00e9 \u00e0 ses productions culturelles. Aujourd\u2019hui, Wajdi Mouawad, Abla Farhoud, Dany Laferri\u00e8re ou Aki Shimazaki fa\u00e7onnent tout autant la langue fran\u00e7aise d\u2019ici qu\u2019un Michel Tremblay. En retour, cette langue conditionne leur rapport \u00e0 l\u2019art. Sergio Kokis a constat\u00e9 et affirm\u00e9 \u00ab je ne peux \u00e9crire qu\u2019en fran\u00e7ais, m\u00eame si je parle d\u2019autres langues \u00bb non pas durant sa vie en France, mais apr\u00e8s son installation au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Du fait de ce contact permanent avec diverses langues, nous avons aussi d\u00e9velopp\u00e9 une expertise unique en mati\u00e8re de traduction de textes litt\u00e9raires. N\u2019est-il pas significatif que les prix litt\u00e9raires du Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9compensent les traducteurs au m\u00eame titre que les romanciers, po\u00e8tes et essayistes? Daniel Poliquin est un exemple \u00e9loquent, de m\u00eame que le tandem Lori Saint-Martin et Paul Gagn\u00e9, qui a traduit vers le fran\u00e7ais plus d\u2019une trentaine d\u2019\u0153uvres litt\u00e9raires encens\u00e9es par la critique, ou encore la prolifique Sheila Fischman, qui a traduit plus de 125 livres d\u2019auteurs aussi r\u00e9put\u00e9s que Ga\u00e9tan Soucy, Anne H\u00e9bert et Michel Tremblay. Leur travail a fait conna\u00eetre la litt\u00e9rature canadienne de langue fran\u00e7aise \u00e0 d\u2019innombrables lecteurs au pays comme \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">\u00c0 l\u2019heure de la mondialisation, il convient de rappeler que les artistes ne cr\u00e9ent pas en vase clos, mais pour des auditoires : les citoyens d\u2019ici et d\u2019ailleurs. En nous mettant en rapport avec leurs productions, nous prenons part \u00e0 une communaut\u00e9 de langue, d\u2019esprit et de culture. En participant \u00e0 des manifestations culturelles, nous confirmons, collectivement, que ces valeurs r\u00e9sonnent en nous et donc, que notre culture \u2015 et, incidemment, notre langue \u2015 est vivante. Nous ne conserverions pas un attachement \u00e0 la langue fran\u00e7aise si celle-ci se r\u00e9duisait \u00e0 un moyen de communiquer \u00e0 l\u2019occasion de transactions utilitaires.<\/p>\n<p>Participer \u00e0 une culture, c\u2019est d\u2019abord assimiler sa langue, rappelle Mircea Vultur, professeur chercheur \u00e0 l\u2019INRS. Et la mondialisation ne favoriserait pas uniquement l\u2019anglais. Constatant que la pratique de la langue\u00a0fran\u00e7aise s\u2019est accrue dans certaines r\u00e9gions du monde (en Europe centrale et orientale, notamment) \u00e0 la suite de l\u2019intensification des \u00e9changes culturels, il \u00e9crit dans \u00ab La dynamique culturelle de la mondialisation \u00bb (2005) que \u00ab ce ph\u00e9nom\u00e8ne de conqu\u00eate culturelle francophone est li\u00e9 au processus de mondialisation qui a fait en sorte que la politique de la Francophonie n\u2019est plus d\u00e9fensive et recroquevill\u00e9e sur elle-m\u00eame, mais de plus en plus ouverte \u00e0 la richesse culturelle et \u00e0 la diversit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Selon cet argument, la mondialisation permettrait \u00e0 des cultures de taille plus modeste d\u2019\u00eatre d\u00e9couvertes et appr\u00e9ci\u00e9es, et \u00e0 leur langue d\u2019\u00e9voluer et de se propager. D\u2019un point de vue \u00e9conomique, cet argument est \u00e9videmment attrayant. D\u2019un point de vue culturel, cette position tient-elle ? Le volontarisme culturel peut-il \u00eatre \u00e0 la base d\u2019une strat\u00e9gie pour renforcer l\u2019usage et le rayonnement de la langue? Selon un rapport de l\u2019UNESCO (2005), 90 p. 100 des langues mondiales ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9es sur Internet, et seulement cinq pays monopoliseraient les industries culturelles mondiales. Un constat pr\u00e9occupant, mais qui indique peut-\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 le combat devrait d\u00e9buter.<\/p>\n<p>C\u2019est certainement ce choix qui oriente les politiques et les investissements culturels mis en place par le gouvernement du Qu\u00e9bec depuis plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, par exemple via T\u00e9l\u00e9-Qu\u00e9bec, la Soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9veloppement des entreprises culturelles ou le Conseil des arts et des lettres du Qu\u00e9bec Et les chiffres confirment le succ\u00e8s de cette approche. Le volume d\u2019exportation de produits culturels qu\u00e9b\u00e9cois de langue fran\u00e7aise cro\u00eet de mani\u00e8re constante, comme l\u2019attestent la Chambre de commerce du Montr\u00e9al m\u00e9tropolitain ainsi que les statistiques de l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Qu\u00e9bec ou de Patrimoine Canada. Par exemple, d\u2019apr\u00e8s Patrimoine Canada, les ventes \u00e9trang\u00e8res du milieu de l\u2019\u00e9dition seraient pass\u00e9es de 580 millions en 1996 \u00e0 1,1 milliard en 2002. Dans son ouvrage intitul\u00e9 Les chiffres des mots, l\u2019\u00e9conomiste Marc M\u00e9nard confirme \u00e9galement que ce milieu se porte bien soulignant qu\u2019il s\u2019est vendu en 1998, au Qu\u00e9bec, 25,6 millions de livres et qu\u2019il existe plus de libraires par habitant au Qu\u00e9bec qu\u2019en France.<\/p>\n<p>Dans l\u2019ensemble du Canada, les grandes institutions culturelles soutiennent le fait fran\u00e7ais depuis les ann\u00e9es 1950. De l\u2019Office national du film \u00e0 T\u00e9l\u00e9film Canada, de Radio-Canada au Conseil des Arts du Canada, toutes travaillent de concert pour faire entendre la voix de nos cr\u00e9ateurs dans l\u2019ensemble du pays et dans le monde. Car cela est inscrit dans leur mandat respectif, et a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 et renforc\u00e9 par l\u2019adoption, par le Parlement du Canada en 1969, de la\u00a0<em>Loi sur les langues officielles<\/em>.<\/p>\n<p>Les artistes qui sont aujourd\u2019hui les phares de notre vie culturelle en fran\u00e7ais seraient-ils arriv\u00e9s \u00e0 ce m\u00eame r\u00e9sultat sans le soutien de ces organismes ?<\/p>\n<p>Que dire de l\u2019industrie de la musique qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des mesures \u00ab protectionnistes \u00bb du Conseil de la radiodiffusion et des t\u00e9l\u00e9communications canadiennes pour favoriser la musique francophone en ondes ? Robert Charlebois, Diane Dufresne, Claude Dubois, Beau Dommage, Harmonium et tant d\u2019autres de cette g\u00e9n\u00e9ration auraient-ils eu le m\u00eame succ\u00e8s, obtenu la m\u00eame reconnaissance internationale sans le soutien \u00e9clair\u00e9 des gouvernements ?<\/p>\n<p>Il est clair que la vitalit\u00e9 d\u2019une langue passe notamment par la vigueur des productions culturelles qui la sous-tendent. Le fran\u00e7ais d\u2019ici est tr\u00e8s certainement port\u00e9, illustr\u00e9, proclam\u00e9 et incarn\u00e9 par nos artistes depuis plusieurs d\u00e9cennies, et ce r\u00f4le essentiel ira en s\u2019accroissant s\u2019il est clairement reconnu et soutenu par les pouvoirs publics, les citoyens et les institutions.<\/p>\n<p>Le 400<sup>e<\/sup> anniversaire de la fondation de Qu\u00e9bec devrait \u00eatre l\u2019occasion pour toutes nos institutions culturelles d\u2019examiner leurs succ\u00e8s et les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 cette jonction entre leur mandat, la vision des artistes et le public, et de penser \u00e0 la prochaine \u00e9tape.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te fran\u00e7ais Paul \u00c9luard a \u00e9crit : \u00ab Ce qui est maintenant prouv\u00e9 ne fut autrefois qu\u2019imagin\u00e9. \u00bb Imaginons donc un peu plus, un peu plus loin\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a 400 ans, Qu\u00e9bec \u00e9tait fond\u00e9e, marquant le d\u00e9but de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise outre-Atlantique. 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