{"id":262584,"date":"2008-07-01T04:00:00","date_gmt":"2008-07-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-gouverne-dune-socio-economie-baroque\/"},"modified":"2025-10-07T20:07:48","modified_gmt":"2025-10-08T00:07:48","slug":"la-gouverne-dune-socio-economie-baroque","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2008\/07\/la-gouverne-dune-socio-economie-baroque\/","title":{"rendered":"La gouverne d&#8217;une socio-\u00e9conomie baroque"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Baroque\u2026 l\u2019image noueuse de la grosse perle irr\u00e9guli\u00e8<\/em><em>re &#8221; du portugais barroco \u2013<\/em><em> l\u2019\u00e2<\/em><em>pre conglom\u00e9<\/em><em>rat rocailleux &#8221; de l\u2019<\/em><em>espagnol berrueco\u2026<\/em><em> \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Severo Serduy<\/p>\n<p>Dans\u00a0<em>Qu\u00e9bec en Am\u00e9<\/em><em>rique au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8<\/em><em>cle<\/em>, un livre paru il y a 25 ans, Albert Faucher rappelait que c\u2019est \u00e0 partir de la ville de Qu\u00e9bec \u2014 le mot qu\u00e9bec signifie \u00ab l\u00e0 o\u00f9 le fleuve se r\u00e9tr\u00e9cit \u00bb en algonquin \u2014, fond\u00e9e en 1608, que les Fran\u00e7ais ont construit leur empire en Am\u00e9rique du Nord. D\u00e8s le d\u00e9part, on a voulu utiliser ce tremplin pour occuper les pays d\u2019en haut, i.e., l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Am\u00e9rique &#8221; la vall\u00e9e du Mississippi, le pays des Illinois, la Louisiane, les plaines de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p>Lamothe-Cadillac fondera D\u00e9troit en 1701, et de La V\u00e9rendrye atteindra les Rocheuses en 1741. Toute une aventure en un si\u00e8cle mais, avec la fin du r\u00e9gime fran\u00e7ais en 1760, il sera devenu clair que le colonisateur n\u2019avait pas les moyens de ses ambitions. Albert Faucher \u00e9crira : \u00ab Les Fran\u00e7ais avaient vu grand, mais les administrateurs n\u2019arrivaient point \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes \u00e9conomiques qu\u2019occasionnait cette politique de grandeur. \u00bb Ils laisseront un empire \u00e9parpill\u00e9, mal ficel\u00e9, et donc vite effrit\u00e9.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui ne va pas d\u00e9courager la seconde vague de colonisateurs, britanniques cette fois, qui lentement vont construire une version (format r\u00e9duit) de cette vision &#8221; tronqu\u00e9e de son versant sud : d\u00e8s la fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et tout au long du XIX<sup>e<\/sup>, on va construire, \u00e0 partir de l\u2019archipel de colonies bariol\u00e9es qui existent au nord du 45<sup>e<\/sup> parall\u00e8le, par consolidation et accr\u00e9tion, une entit\u00e9 in\u00e9dite &#8221; le Canada. \u00c0 mesure que ce nouveau pays prendra forme, son centre de gravit\u00e9 va quitter Qu\u00e9bec et se d\u00e9placer vers l\u2019ouest.<\/p>\n<p>Mais cette nouvelle entit\u00e9 ne va pas r\u00e9ussir \u00e0 se d\u00e9sengluer de ses anciennes r\u00e9f\u00e9rences. L\u2019avenir de la nouvelle socio-\u00e9conomie va se jouer dans les franges du march\u00e9 atlantique d\u2019abord, et autour des Grands Lacs ensuite (avec la Nouvelle-Angleterre et le Midwest) au XIX<sup>e<\/sup> et au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Les grands malaxages g\u00e9otechniques et d\u00e9mographiques dans le monde atlantique et sur le continent vont jeter leur ombre sur la nouvelle entit\u00e9 canadienne, et lui donner son caract\u00e8re baroque et d\u00e9pareill\u00e9.<\/p>\n<p>Les grandes forces commerciales, technologiques et d\u00e9mographiques ont d\u00e9plac\u00e9 le centre de gravit\u00e9 de la socio-\u00e9conomie canadienne de Qu\u00e9bec vers l\u2019axe Toronto-Calgary au cours des derniers si\u00e8cles. Elles continuent leur travail de destruction cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p>Ce sont les grands coups de boutoir engendr\u00e9s par la demande de bois en provenance de l\u2019Atlantique, au moment des guerres napol\u00e9oniennes, et ensuite le remplacement de la marine \u00e0 voile par la marine \u00e0 vapeur qui ont fait exploser la croissance \u00e9conomique autour de la ville de Qu\u00e9bec, puis entra\u00een\u00e9 son d\u00e9clin pr\u00e9cipit\u00e9 au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ce sont les changements dans les politiques imp\u00e9riales de la Grande-Bretagne et la construction des canaux et des chemins de fer qui ont redessin\u00e9 la carte du Canada central au cours de la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>De m\u00eame, c\u2019est le passage du charbon \u00e0 l\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9 et au p\u00e9trole comme ressources de base ainsi que l\u2019int\u00e9gration mondiale des march\u00e9s financiers qui ont compl\u00e8tement red\u00e9fini l\u2019allocation des cartes ma\u00eetresses entre r\u00e9gions du pays au caprice des dotations en facteurs de production h\u00e9rit\u00e9s au hasard de la g\u00e9ologie : les mouvements de capitaux en provenance du monde venant exhausser les gagnants et enfoncer les perdants.<\/p>\n<p>Ces transitions ne se font jamais parfaitement, compl\u00e8tement et instantan\u00e9ment. En cons\u00e9quence, des d\u00e9rapages s\u2019ensuivent qui font que le pays t\u00e2tonne, tra\u00eene de la patte pendant un moment : c\u2019est le cas pour les derniers 40 ans. Apr\u00e8s les glorieuses ann\u00e9es de l\u2019apr\u00e8s Seconde Guerre mondiale, il y a eu ralentissement et art\u00e9rioscl\u00e9rose.<\/p>\n<p>Or, malgr\u00e9 les tensions et les difficult\u00e9s qu\u2019enregistrent nos performances navrantes au plan de la productivit\u00e9 et de l\u2019innovation, les d\u00e9finisseurs de situation continuent de pr\u00e9tendre que tout va bien, et qu\u2019il se trouvera toujours un Ponce de Leo\u00ccn qui saura nous aider \u00e0 dissoudre nos structures art\u00e9rioscl\u00e9reuses et \u00e0 trouver la fontaine de Jouvence capable de nous donner la cr\u00e9ativit\u00e9 n\u00e9cessaire pour nous ajuster plus vite et mieux &#8221; quand et si on en a besoin.<\/p>\n<p>Ce confort intellectuel contraste avec les constats que les politiques publiques ne savent plus engendrer le d\u00e9veloppement (rapport de Michael Spence \u00e0 la Banque mondiale en 2008) non plus qu\u2019immuniser les citoyens contre la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019ajuster vite s\u2019ils veulent continuer \u00e0 prosp\u00e9rer. Tout au plus, ces politiques semblent pouvoir mettre des b\u00e9mols et des di\u00e8ses \u2014 du bricolage en somme \u2014 sur un script domin\u00e9 par la g\u00e9otechnique et les mouvements de capitaux, et acheter un sursis dans le processus d\u2019adaptation.<\/p>\n<p>Un constat moins complaisant soulignerait que, malgr\u00e9 sa consolidation en une unit\u00e9 dont les contours g\u00e9ographiques sont imposants, le Canada socio-\u00e9conomique du tournant des XX<sup>e<\/sup> et XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles est une entit\u00e9 tiraill\u00e9e : petite, ouverte, d\u00e9pendante et balkanis\u00e9e.<\/p>\n<p>Petit et ouvert, le Canada d\u2019aujourd\u2019hui le demeure : il a la taille d\u00e9mographique de la Californie, gagne une portion significative de ses revenus sur les march\u00e9s \u00e9trangers (surtout les \u00c9tats-Unis) et s\u2019inscrit sur l\u2019\u00e9chiquier mondial comme l\u2019une des soci\u00e9t\u00e9s les plus r\u00e9ceptives aux flux migratoires d\u2019un peu partout dans le monde. Petite et ouverte, cette socio\u00e9conomie doit s\u2019ajuster vite pour prosp\u00e9rer.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9pendant et balkanis\u00e9, le Canada s\u2019ajuste malais\u00e9ment et lentement : il vit dans l\u2019ombre \u00e9conomique, financi\u00e8re, politique et culturelle des \u00c9tats-Unis, et la magnitude du contr\u00f4le \u00e9tranger dans nombre de secteurs est l\u2019une de ses singularit\u00e9s dans la ligue des nations industrialis\u00e9es. Voil\u00e0 qui r\u00e9duit la marge de man\u0153uvre \u00e0 la disposition des grands acteurs et des gouvernements canadiens.<\/p>\n<p>Plus important encore, la notion m\u00eame de socio\u00e9conomie canadienne para\u00eet souvent un peu saugrenue, et son unit\u00e9 bien plus imaginaire que r\u00e9elle : c\u2019est une socio-\u00e9conomie d\u00e9pec\u00e9e en multiples soci\u00e9t\u00e9s distinctes, h\u00e9rit\u00e9es de toute une s\u00e9rie de bouleversements apport\u00e9s par des mouvements migratoires bariol\u00e9s, le changement technologique et les jeux du hasard, de la fortune et des ressources de base changeantes qui, successivement, ont ma\u00e7onn\u00e9 ce grand territoire en lui donnant des patterns fort diff\u00e9rents d\u2019une r\u00e9gion et d\u2019une p\u00e9riode \u00e0 l\u2019autre \u2014 jeux qui l\u2019ont laiss\u00e9 en grande partie balkanis\u00e9.<\/p>\n<p>Le fait que le Canada est un pays aussi riche en ressources de toute sorte masque effectivement les d\u00e9rapages au plan de la productivit\u00e9 et de l\u2019innovation depuis les ann\u00e9es 1970. M\u00eame si l\u2019art\u00e9rioscl\u00e9rose de la socio\u00e9conomie canadienne est ind\u00e9niable pour les experts, le confort intellectuel des citoyens, la lenteur \u00e0 se transformer m\u00eame des secteurs de la socio-\u00e9conomie publique (\u00e9ducation et sant\u00e9, o\u00f9 la performance laisse grandement \u00e0 d\u00e9sirer) et un certain \u00e9clectisme joyeux des leaders politiques montrent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que l\u2019inertie n\u2019est pas attribuable exclusivement \u00e0 la d\u00e9pendance et \u00e0 la balkanisation.<\/p>\n<p>Beaucoup de blocages sont attribuables au confort intellectuel construit, d\u2019une part, sur une romantisation de l\u2019\u00c9tat (toujours avec un grand \u00c9) qu\u2019on voit encore comme un thaumaturge omnipotent et, d\u2019autre part, sur la d\u00e9monisation des coalitions r\u00e9gionales et locales qui cens\u00e9ment sabotent la glorieuse collaboration d\u2019ensemble (i.e., orchestr\u00e9e par le centre). Ces prisons mentales sont confort\u00e9es par les \u00e9vangiles acad\u00e9miques qui expliquent les d\u00e9rapages par le manque de gouvernail central unique et puissant, et par la gouverne canadienne cens\u00e9ment d\u00e9sordonn\u00e9e parce que d\u00e9centralis\u00e9e. Il s\u2019agit dans les deux cas de propos dont les fondements sont friables.<\/p>\n<p>Qu\u2019esp\u00e9rer de l\u2019\u00c9tat thaumaturge et de ses technocrates ? Peu, et de moins en moins \u00e0 mesure qu\u2019on passe du troisi\u00e8me \u00e9tage de la socio\u00e9conomie au rez-de-chauss\u00e9e (selon la belle image de l\u2019historien Fernand Braudel), mais surtout pas avant que\u00a0les gouvernements ne changent leurs mani\u00e8res de voir.<\/p>\n<p>Au troisi\u00e8me \u00e9tage, les socio\u00e9conomies op\u00e8rent comme fragments au c\u0153ur d\u2019une \u00e9conomie-monde qui\u00a0les connecte \u00e0 un ensemble de p\u00f4les importants de par le globe. C\u2019est ainsi que la ville de Qu\u00e9bec \u00e9tait au c\u0153ur\u00a0d\u2019un r\u00e9seau extraordinaire qui quadrillait l\u2019Atlantique et poussait ses ramifications au centre du continent nord-am\u00e9ricain au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le Canada s\u2019est ensuite ins\u00e9r\u00e9 dans l\u2019empire britannique avec profit avant de glisser dans l\u2019orbite am\u00e9ricaine. On a eu de temps en temps des soubresauts qui ont men\u00e9 \u00e0 modifier notre \u00e9conomie-monde (l\u2019ALENA), mais ces transformations ont le plus souvent \u00e9t\u00e9 dict\u00e9es par les grandes forces g\u00e9otechniques dans le contexte. Quand cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas, l\u2019affaire a tourn\u00e9 court.<\/p>\n<p>Au second \u00e9tage, la socio\u00e9conomie canadienne est un ensemble de trois grandes m\u00e9sor\u00e9gions territorialement diff\u00e9renci\u00e9es qui ont des vies parall\u00e8les : le ruban des zones m\u00e9tropolitaines importantes, plus ou moins au sud ; une zone rurale et des r\u00e9gions non m\u00e9tropolitaines, adjacentes \u00e0 la m\u00e9diane du pays ; et puis les territoires du Nord. Or, pour ces trois zones, pas de politiques nationales (je dis bien \u00ab nationales \u00bb et non pas \u00ab f\u00e9d\u00e9rales \u00bb). Il n\u2019existe aucune vision strat\u00e9gique permettant de tirer le maximum des avantages comparatifs des trois r\u00e9seaux de points de force superpos\u00e9s qui d\u00e9finissent le pays, et on a permis \u00e0 leurs infrastructures de tomber en d\u00e9cr\u00e9pitude.<\/p>\n<p>La collaboration des instances f\u00e9d\u00e9rales, provinciales et locales ainsi que la coop\u00e9ration avec les autres secteurs (priv\u00e9 et sans but lucratif) sont gravement d\u00e9ficientes dans les trois r\u00e9seaux : chacun tire \u00e0 hue et \u00e0 dia pendant qu\u2019un certain colonialisme int\u00e9rieur pr\u00eache que les instances locales n\u2019ont pas les moyens de se prendre en main.<\/p>\n<p>Enfin, au premier \u00e9tage, il y a la vie \u00e9conomique quotidienne au ras du sol : celle toute diffract\u00e9e des collectivit\u00e9s les plus diverses, les socio\u00e9conomies \u00ab charnelles \u00bb (comme dirait Albert Faucher), dans lesquelles chaque citoyen passe le plus gros de sa vie. Ce niveau est probablement celui qui est le plus ignor\u00e9 des gouvernements et qui est dynamis\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s exclusivement par la soci\u00e9t\u00e9 civile. C\u2019est le monde explor\u00e9 par le Comit\u00e9 Harcourt en 2006 (\u00ab Pour en finir avec l\u2019incertitude et favoriser la r\u00e9silience des collectivit\u00e9s \u00bb) \u2014, rapport dont on peut dire qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau : rien de s\u00e9rieux n\u2019a transparu pour donner vie \u00e0 ses recommandations.<\/p>\n<p>Les id\u00e9ologies \u00e9tatistes dominantes d\u00e9velopp\u00e9es au troisi\u00e8me \u00e9tage au cours des derniers 50 ans (statocentrisme, \u00e9galitarisme d\u00e9lirant, centralisation, etc.) p\u00e8sent encore lourd. Elles ont enclench\u00e9 le d\u00e9veloppement de politiques aveugles aux diff\u00e9rences r\u00e9gionales et locales, et satisfaites de s\u2019alimenter aux r\u00e2teliers des agr\u00e9gats rassurants. La politique publique de ce genre ne g\u00e8re pas les socio\u00e9conomies canadiennes telles qu\u2019elles sont, mais les agr\u00e9gats statistiques qui les r\u00e9sument.<\/p>\n<p>Selon ces id\u00e9ologies en place, centralisation et statocentrisme seraient les mamelles du destin \u2014 pour adapter aventureusement la chanson de Boby Lapointe dans le film-culte <em>Tirez sur le pianiste<\/em>. Ces travers condamnent les politiques publiques \u00e0 achopper.<\/p>\n<p>Dans un pays qui ne sait que se h\u00e2ter lentement comme le Canada et qui a \u00e9t\u00e9 m\u00e9dus\u00e9 par un demi-si\u00e8cle de programmation statocentrique, l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00c9tat strat\u00e8ge qui se contente d\u2019un r\u00f4le pr\u00e9ceptoral est r\u00e9volutionnaire. Son travail de m\u00e9diateur, de mod\u00e9rateur ou de superviseur est pourtant fondamental pour mobiliser toutes les ressources disponibles dans tous les secteurs et \u00e0 tous les niveaux, et les amener par des arrangements imaginatifs et in\u00e9dits \u00e0 contourner les blocages et \u00e0 trouver les leviers n\u00e9cessaires dans les partenariats les plus innovateurs. Les architectes de l\u2019\u00c9tat strat\u00e8ge sont d\u00e9nonc\u00e9s par les Jacobins et leurs amis : les h\u00e9g\u00e9liens conf\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00c9tat un r\u00f4le transcendant d\u2019incarnation de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, alors que les technocrates se contentent de d\u00e9l\u00e9gitimer les \u00e9lus pour s\u2019assurer d\u2019\u00eatre (par processus d\u2019\u00e9limination) exhauss\u00e9s au r\u00f4le de seuls interpr\u00e8tes fiables des int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs de la nation.<\/p>\n<p>Pourquoi cette peur des instances r\u00e9gionales et locales, et cette complaisance dans la d\u00e9nonciation des effets destructeurs de certains lobbies locaux ?<\/p>\n<p>Dans la plupart des cas, les histoires d\u2019horreur de chantage ou de hold-up par des instances locales myopes sont expos\u00e9es comme des images saintes pour exorciser toute r\u00e9f\u00e9rence dangereuse \u00e0 l\u2019auto-organisation, au dynamisme \u00e9mergeant de bas en haut de la collaboration et du r\u00e9seautage, et \u00e0 une philosophie de subsidiarit\u00e9 qui voudrait d\u00e9l\u00e9guer syst\u00e9matiquement la prise de d\u00e9cision au niveau le plus d\u00e9centralis\u00e9 qui puisse s\u2019en occuper raisonnablement.<\/p>\n<p>Or ce n\u2019est qu\u2019en d\u00e9centralisant et en cherchant activement du c\u00f4t\u00e9 des partenariats priv\u00e9-public-social et des collaborations f\u00e9d\u00e9rale-provinciale-locale qu\u2019on peut esp\u00e9rer \u00e9liminer les blocages et mobiliser les sources vives de la productivit\u00e9, de la capacit\u00e9 \u00e0 innover et de la r\u00e9silience des collectivit\u00e9s qui sont la base de la richesse du pays.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas de nier l\u2019importance d\u2019une certaine coh\u00e9rence dans la confection d\u2019un ordre socio\u00e9conomique o\u00f9 les infrastructures ne peuvent \u00eatre mises en place que par la coop\u00e9ration des divers acteurs. Mais cette coh\u00e9rence ne doit pas se traduire par des plans qui briment les syst\u00e8mes locaux d\u2019innovation et la vie socio\u00e9conomique quotidienne au ras du sol avec ses sensibilit\u00e9s et ses jeux de pouvoir, ses vieux antagonismes, etc., ses\u00a0<em>circonstances<\/em>\u00a0(comme dirait Ortega y Gasset) et ses capacit\u00e9s \u00e0 mobiliser les ressources n\u00e9cessaires pour s\u2019ajuster vite et de mani\u00e8re cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re baroque du Canada condamne \u00e0 des strat\u00e9gies plurielles.\u00a0Les futuribles ont \u00e9t\u00e9 bellement cat\u00e9goris\u00e9s par Joel Garreau dans une livraison r\u00e9cente de la revue<em>\u00a0The Wilson Quarterly<\/em>\u00a0(printemps 2008) : il faut en arriver \u00e0 changer \u00e0 la fois la notion de ce que sont les infrastructures essentielles (qui ne sont plus seulement acier et ciment) et les moyens mat\u00e9riels et sociaux pour les mettre en place. Dans le pire des cas, si on en reste aux notions conventionnelles, nous nous condamnons \u00e0 voir nos infrastructures prendre l\u2019allure de ruines romaines.<\/p>\n<p>La voie royale pour la socio\u00e9conomie baroque qu\u2019est le Canada passe par un \u00ab r\u00e9armement moral \u00bb du citoyen et des collectivit\u00e9s au plan de la gouvernance, et un \u00ab d\u00e9sarmement \u00bb\u00a0 de l\u2019\u00c9tat jacobin.<\/p>\n<p>C\u2019est le pari sur une gouverne plurielle et collaborative. Sur cette voie, la d\u00e9centralisation n\u2019est pas une panac\u00e9e, mais un moyen astucieux de brouiller les cartes, de remobiliser les instances locales et de s\u2019assurer que, par un m\u00e9tissage heureux, on r\u00e9ussit \u00e0 coordonner les plans contrast\u00e9s de collectivit\u00e9s diverses dont les probabilit\u00e9s de r\u00e9ussite sont pourtant corr\u00e9l\u00e9es\u00a0\u2014 en leur faisant comprendre que c\u2019est le cas.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident qu\u2019il faut compter avec les rodomontades \u00e9pisodiques de certains bourgmestres, la myopie et le manque d\u2019intelligence strat\u00e9gique de certains groupes (dont les tactiques \u00e0 courte vue, comme dirait Karl Marx, les am\u00e8nent in\u00e9luctablement \u00e0 leur propre destruction) et les sabotages occasionnels dont ils se vanteront. Les m\u00e9dias et autres chroniqueurs de l\u2019imm\u00e9diat en font leurs choux gras. Mais une version moins vaudevillesque des choses montre que la collaboration massive est non seulement possible mais qu\u2019elle est maintenant une r\u00e9alit\u00e9 dans tous les secteurs.<\/p>\n<p>Dans\u00a0<em>Wikinomics<\/em>\u00a0(2006), Don Tapscott et A. D. Williams en font l\u2019ample d\u00e9monstration. Et c\u2019est dans cette collaboration massive (qui n\u2019a le plus souvent pas besoin de ma\u00eetre de jeu) que le dynamisme de la socio\u00e9conomie se concr\u00e9tise.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat-nation a un r\u00f4le certain dans la supervision de notre \u00e9conomie-monde. Selon Prahalad et Bhattacharyya, dans\u00a0<em>Strategy+business<\/em>, (mai 2008), 10 pays industrialis\u00e9s comptent pour 90 p. 100 de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et 70 p. 100 de la population dans la zone d\u00e9velopp\u00e9e (\u00c9tats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Espagne, Canada, Australie, Hollande) et 10 pays jouent le m\u00eame r\u00f4le dans la zone en d\u00e9veloppement (Chine, Inde, Br\u00e9sil, Russie, Mexique, Cor\u00e9e du Sud, Indon\u00e9sie, Turquie, Afrique du Sud et Tha\u00eflande). Il faut \u00e9videmment que l\u2019\u00c9tat veille \u00e0 pr\u00e9server les r\u00e8gles du jeu international qui vont supporter les ambitions du Canada dans cette \u00e9conomie-monde, encore que bien des groupes non \u00e9tatiques ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9clamer voix au chapitre et \u00e0 participer \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des politiques \u00e9trang\u00e8res des pays.<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 proportion qu\u2019on passe aux autres \u00e9tages, la collaboration entre un nombre d\u2019acteurs de plus en plus grand devient de plus en plus n\u00e9cessaire. Or, le vacuum de collaboration effective au niveau m\u00e9so\u00e9conomique (deuxi\u00e8me \u00e9tage) est quasi criminel. Sans un investissement massif dans de nouvelles fa\u00e7ons de faire, le d\u00e9labrement du pays continuera et sera de plus en plus on\u00e9reux. L\u2019\u00c9tat superviseur et animateur a des responsabilit\u00e9s importantes \u00e0 ce niveau : mobiliser les autres acteurs \u00e9conomiques et sociaux est le plus grand d\u00e9fi.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des collectivit\u00e9s locales, malgr\u00e9 les interfaces violentes dans les jungles urbaines, la pr\u00e9sence de l\u2019\u00c9tat est infiniment plus douce, et celle des acteurs priv\u00e9s et sociaux d\u2019autant plus grande. C\u2019est l\u2019univers du capital social, celui des contrats moraux : place limit\u00e9e pour l\u2019\u00c9tat et ses gros sabots, sauf pour les s\u00e9curit\u00e9s de base.<\/p>\n<p>Les devis de cette nouvelle gouverne collaborative, multisecteurs et multiniveaux, ajust\u00e9e \u00e0 la socio\u00e9conomie baroque du Canada ne sont pas encore pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9finis, mais l\u2019orientation g\u00e9n\u00e9rale commence \u00e0 devenir claire. D\u00e9j\u00e0 un certain nombre de lemmes et de marqueurs servent de r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<p>Deux lemmes sont devenus des axiomes dans ce nouveau monde :<\/p>\n<p>Le premier, selon la proposition de John Naisbitt dans\u00a0<em>Global Paradox<\/em>\u00a0(1994), soutient que, \u00e0 proportion que la mondialisation progresse, et avec elle la n\u00e9cessit\u00e9 de flexibilit\u00e9 plus grande et d\u2019ajustements plus rapides, les petites unit\u00e9s\u00a0\u2014 comme les r\u00e9gions et les collectivit\u00e9s\u00a0\u2014 deviennent de plus en plus importantes dans le processus \u00e9volutif d\u2019ajustement et d\u2019adaptation des socio-\u00e9conomies. Voil\u00e0 qui explique la d\u00e9volution massive anticip\u00e9e par Mike Harcourt, puisqu\u2019il faudra bien donner un jour aux collectivit\u00e9s (qui peuvent mieux r\u00e9agir et plus vite) les moyens de le faire.<\/p>\n<p>Le second invite \u00e0 une philosophie de la subsidiarit\u00e9 dans la confection des appareils de gouverne : autant de d\u00e9centralisation de la prise de d\u00e9cision et de l\u2019exp\u00e9rimentation que possible vers les sites les plus pr\u00e8s du front qui peuvent s\u2019en occuper raisonnablement bien, et seulement autant de centralisation que strictement n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Quant aux marqueurs qui semblent se dessiner dans les plans de navigation, ils connotent certains aspects d\u2019une gouvernance en r\u00e9seau qui devient incontournable.<\/p>\n<p>Marqueur I : La collaboration devient in\u00e9luctable. D\u00e9j\u00e0, on commence \u00e0 faire le bilan des exp\u00e9riences heureuses o\u00f9 cette collaboration a port\u00e9 ses fruits et \u00e0 tirer certains enseignements sur les pourquoi, les quand et les comment de cette collaboration tant intra-\u00e9tatique qu\u2019avec des entit\u00e9s priv\u00e9es ou communautaires. On sait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9terminer les facteurs culturels et les comp\u00e9tences requises pour que cette collaboration donne des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Marqueur II : On a aussi \u00e9tabli la sorte de redesign des institutions qui sera n\u00e9cessaire si l\u2019on veut que la collaboration r\u00e9ussisse : des sources d\u2019information fiables, des forums de n\u00e9gociation et de d\u00e9lib\u00e9ration, et des lieux d\u2019exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de ce nouvel univers de gouverne se trouve le double imp\u00e9ratif de d\u00e9centralisation radicale et de collaboration horizontale, verticale et transversale dans l\u2019apprentissage collectif qui sous-tend la gouvernance en r\u00e9seau. Pour ceux qui chercheraient par o\u00f9 commencer pour r\u00e9fl\u00e9chir sur cette transformation en train de s\u2019accomplir au Canada, il existe d\u00e9j\u00e0 un prototype avec lequel on peut jouer\u00a0\u2014 encore trop statocentriste et centralisateur \u00e0 mon go\u00fbt, mais plein de suggestions pratiques qui m\u00e9ritent notre attention critique \u2014, propos\u00e9 par Don Lenihan et son groupe dans <em>Progressive\u00a0Governance for Canadians<\/em>\u00a0(2007). Ce texte est un bon point de d\u00e9part pour une discussion qui s\u2019impose.<\/p>\n<p>Comment cette renaissance va-t-elle se concr\u00e9tiser? Selon trois avenues compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>D\u2019abord, par la segmentation des enjeux. On va commencer \u00e0 reconna\u00eetre que les \u00ab probl\u00e8mes canadiens \u00bb sont trop souvent des \u00eatres de raison, des inventions des grands uniformisateurs. En fait, les\u00a0<em>circonstances<\/em>\u00a0diff\u00e8rent suffisamment pour r\u00e9clamer qu\u2019on attaque les probl\u00e8mes par morceaux. Vancouver, Montr\u00e9al et Toronto ne commandent pas une strat\u00e9gie semblable. Il faut donc d\u00e9couper les gros probl\u00e8mes en probl\u00e8mes plus petits, comme on a commenc\u00e9 \u00e0 le faire en sant\u00e9 : pas de \u00ab solutions \u00bb globales futiles, mais des projets cibl\u00e9s (comme en sant\u00e9 mentale) ou du bricolage \u00e9clair\u00e9 (comme dans la r\u00e9duction du temps d\u2019attente pour des chirurgies de remplacement de hanches et de genoux \u00e0 Calgary par des modifications simples du processus de production).<\/p>\n<p>Ensuite, par le r\u00e9veil des citoyens mobilisables par ces enjeux plus restreints et davantage \u00ab r\u00e9gionaux \u00bb. L\u2019objectif du fractionnement des enjeux et de la d\u00e9centralisation, c\u2019est le r\u00e9veil du citoyen, la fin du recours \u00e0 la pens\u00e9e \u00e9vasive ou hypertechnique pour l\u2019anesth\u00e9sier et le mettre en mode de servitude volontaire, comme chaque ann\u00e9e quand il remplit p\u00e9niblement un rapport d\u2019imp\u00f4t dont la logique kafka\u00efenne lui \u00e9chappe compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>Le genre de f\u00e9d\u00e9ralisme mou et d\u00e9centralis\u00e9 qui s\u2019en vient devrait donner au citoyen les moyens d\u2019exprimer son dissensus \u00ab r\u00e9gionalement \u00bb : il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une d\u00e9centralisation strictement territoriale, mais d\u2019un d\u00e9pe\u00e7age des enjeux en tranches qui permettent de donner aux parties prenantes voix, envie de parler, envie de s\u2019instruire et de remettre en question, au fil de la conversation, nombre de mythes sur lesquels est \u00e9rig\u00e9e la sup\u00e9riorit\u00e9 morale douteuse de nos grands vizirs, mais surtout envie de s\u2019engager dans la collaboration de masse qu\u2019implique la construction de r\u00e9gimes de gouvernance sur mesure.<\/p>\n<p>Enfin, par la mobilisation des parties prenantes pour changer le \u00ab style politique \u00bb autour de ces enjeux r\u00e9duits, comme dirait Robert Hariman dans\u00a0<em>Political Style: The Artistry of Power<\/em>\u00a0(1995). Il sera en effet plus facile de d\u00e9mythifier les psychodrames autour des changements climatiques en g\u00e9n\u00e9ral (qui permettent de dire n\u2019importe quoi et son contraire), des crises en sant\u00e9 et \u00e9ducation en g\u00e9n\u00e9ral (qui paraissent poser des d\u00e9fis impossibles \u00e0 relever), des secteurs manufacturiers traditionnels de l\u2019ancienne \u00e9conomie dans leur ensemble (condamn\u00e9s \u00e0 vivre des rationalisations dramatiques) et des grandes villes dont la base est la \u00ab nouvelle \u00e9conomie \u00bb (qu\u2019on tient en tutelle et qu\u2019on emp\u00eache d\u2019agir), etc., quand on aura saucissonn\u00e9 les enjeux en tranches auxquelles on peut pratiquement s\u2019attaquer. Les m\u00e9dias ne seront plus aussi libres de dire n\u2019importe quoi et le politique pourrait redevenir un peu plus cic\u00e9ronien (i.e., plus pr\u00e9ceptoral et moins englu\u00e9 dans le machiav\u00e9lisme des \u00e9lus et le kafka\u00efen des instances technocratiques).<\/p>\n<p>Objectif explicite mais inavouable : combattre \u00ab la paresse des masses \u00bb et \u00ab le pr\u00e9jug\u00e9 gouvernemental \u00bb, la revanche de Proudhon sur Marx \u2014 rien de moins \u2014 comme dirait Daniel Innerarity.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Baroque\u2026 l\u2019image noueuse de la grosse perle irr\u00e9guli\u00e8re &#8221; du portugais barroco \u2013 l\u2019\u00e2pre conglom\u00e9rat rocailleux &#8221; de l\u2019espagnol berrueco\u2026 \u00bb Severo Serduy Dans\u00a0Qu\u00e9bec en Am\u00e9rique au XIXe si\u00e8cle, un livre paru il y a 25 ans, Albert Faucher rappelait que c\u2019est \u00e0 partir de la ville de Qu\u00e9bec \u2014 le mot qu\u00e9bec signifie [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","ep_exclude_from_search":false,"apple_news_api_created_at":"2025-10-08T00:07:50Z","apple_news_api_id":"3a0e1a9c-e128-4eef-aaf1-ab9203051c26","apple_news_api_modified_at":"2025-10-08T00:07:50Z","apple_news_api_revision":"AAAAAAAAAAD\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/w==","apple_news_api_share_url":"https:\/\/apple.news\/AOg4anOEoTu-q8auSAwUcJg","apple_news_cover_media_provider":"image","apple_news_coverimage":0,"apple_news_coverimage_caption":"","apple_news_cover_video_id":0,"apple_news_cover_video_url":"","apple_news_cover_embedwebvideo_url":"","apple_news_is_hidden":"","apple_news_is_paid":"","apple_news_is_preview":"","apple_news_is_sponsored":"","apple_news_maturity_rating":"","apple_news_metadata":"\"\"","apple_news_pullquote":"","apple_news_pullquote_position":"","apple_news_slug":"","apple_news_sections":[],"apple_news_suppress_video_url":false,"apple_news_use_image_component":false},"categories":[9358],"tags":[],"article-status":[],"irpp-category":[4295],"section":[],"irpp-tag":[],"class_list":["post-262584","issues","type-issues","status-publish","hentry","category-politique","irpp-category-politique"],"acf":[],"apple_news_notices":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La gouverne d&#039;une socio-\u00e9conomie baroque<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2008\/07\/la-gouverne-dune-socio-economie-baroque\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La gouverne d&#039;une socio-\u00e9conomie baroque\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00ab Baroque\u2026 l\u2019image noueuse de la grosse perle irr\u00e9guli\u00e8re &#8221; 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