{"id":262559,"date":"2008-05-01T04:00:00","date_gmt":"2008-05-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/le-fardeau-dun-chef\/"},"modified":"2025-10-07T20:06:52","modified_gmt":"2025-10-08T00:06:52","slug":"le-fardeau-dun-chef","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2008\/05\/le-fardeau-dun-chef\/","title":{"rendered":"Le fardeau d&#8217;un chef"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right\"><em>Je pensais qu\u2019il suffisait de faire \u00e0 quelqu\u2019un une proposition raisonnable, pour qu\u2019il la consid\u00e8re tout aussi raisonnablement, sans passion, mais de toute \u00e9vidence, ce n<\/em><em>\u2019<\/em><em>est pas le cas. Les neuf dixi<\/em><em>\u00e8<\/em><em>mes de la politique, que ce soient les d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>bats parlementaires, les questions, les r\u00e9ponses, les discours <\/em><em>\u00e9<\/em><em>lectoraux ou les commentaires des m<\/em><em>\u00e9<\/em><em>dias, les neuf dixi<\/em><em>\u00e8<\/em><em>mes, dis-je, font appel <\/em><em>\u00e0<\/em><em> l<\/em><em>\u2019\u00e9<\/em><em>motivit<\/em><em>\u00e9<\/em><em> plut<\/em><em>\u00f4<\/em><em>t qu<\/em><em>\u2019\u00e0<\/em><em> la raison.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Pierre Trudeau<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"dropcap-big\">Tous les chefs lib\u00e9raux, sauf un, sont devenus premier ministre du Canada. L\u2019exception : Edward Blake, qui pr\u00e9sida aux destin\u00e9es du parti de 1880 \u00e0 1887, au moment o\u00f9 John A. Macdonald contr\u00f4lait la sc\u00e8ne politique canadienne. Depuis plus d\u2019un si\u00e8cle, il semble donc y avoir un automatisme, presque une loi d\u2019airain : diriger les lib\u00e9raux conduit \u00e0 diriger le pays. Chez les conservateurs, rien n\u2019est aussi \u00e9vident. Plusieurs se sont cass\u00e9 le nez, puisque \u00e0 peine la moiti\u00e9 d\u2019entre eux ont r\u00e9ussi \u00e0 diriger le gouvernement.<\/p>\n<p>St\u00e9phane Dion, on le devine, r\u00eave d\u2019avoir le m\u00eame parcours que ses nombreux pr\u00e9d\u00e9cesseurs mais, selon la dynamique actuelle, il risque plut\u00f4t d\u2019\u00eatre le second Edward Blake du Parti lib\u00e9ral du Canada. Ce sc\u00e9nario anticip\u00e9 trouve ses causes dans la personnalit\u00e9 du chef, mais va aussi bien au-del\u00e0. On aurait tort de mettre tout le fardeau des malheurs des lib\u00e9raux sur les \u00e9paules d\u2019un seul homme. Les dynamiques internes, ainsi qu\u2019un r\u00e9alignement de l\u2019\u00e9lectorat canadien, contribuent \u00e0 expliquer les difficult\u00e9s qu\u2019\u00e9prouve ce parti qui, du reste, a souvent consid\u00e9r\u00e9 comme \u2014 sien \u2014 le gouvernement du Canada.<\/p>\n<p>Les derniers mois l\u2019ont montr\u00e9 : le leadership de Dion est vacillant. Contestations internes, railleries en Chambre, concert de critiques de la part de la classe m\u00e9diatique, tout vise l\u2019homme.<\/p>\n<p>Si l\u2019on prend en compte les 24 sondages qui ont \u00e9t\u00e9 faits \u00e0 l\u2019\u00e9chelle canadienne depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2008, le rapport de force est \u00e0 l\u2019avantage des conservateurs. Ceux-ci recueillent une moyenne de 34,9 p. 100 des intentions de vote contre 30,6 p. 100 pour les lib\u00e9raux. Quand on examine un \u00e0 un les r\u00e9sultats des enqu\u00eates d\u2019opinion, l\u2019image est cependant moins nette : les \u00e9chantillonnages ont produit des \u00e9carts qui d\u00e9passent largement les marges d\u2019erreur. Alors qu\u2019un sondage Angus Reid donne une avance de dix points \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de Stephen Harper, un autre, fait au cours du m\u00eame mois par la maison Ipsos Reid, donne une avance de seulement deux points aux conservateurs. D\u2019autres vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 placer les deux grands partis nez \u00e0 nez !<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 les photographies que sont les sondages montrent une image un peu moins embrouill\u00e9e, c\u2019est au sujet de la popularit\u00e9 des chefs par rapport \u00e0 celle de leur parti respectif. Au milieu de 2007, quelques mois apr\u00e8s son \u00e9lection, l\u2019appui au Parti lib\u00e9ral \u00e9tait deux fois plus important que l\u2019appui \u00e0 son chef St\u00e9phane Dion (33 p. 100 contre 17 p. 100), un \u00e9cart qui ne trompe pas et qui s\u2019est accentu\u00e9. Ainsi, en mars 2008, quand on a demand\u00e9 aux gens qui serait le meilleur premier ministre, 36 p. 100 ont nomm\u00e9 Stephen Harper, alors que seulement 9 p. 100 ont opt\u00e9 pour St\u00e9phane Dion.<\/p>\n<p>Ces donn\u00e9es expliquent largement que certains veuillent sa t\u00eate. Et les bilans dress\u00e9s au terme de la premi\u00e8re ann\u00e9e de St\u00e9phane Dion en tant que chef se recoupaient en quelques points critiques. Personne n\u2019a vant\u00e9 son flair, ni son charisme ; personne n\u2019a os\u00e9 parler d\u2019un quelconque populisme chez lui, tellement cet attribut ne colle pas au personnage. Avec les militants, comme avec les foules, la distance caract\u00e9rise ses rapports. L\u2019image publique qu\u2019il projette, et que les m\u00e9dias diffusent en boucle, est celle d\u2019un homme malhabile autant lorsqu\u2019il danse lors d\u2019un \u00e9v\u00e9nement partisan que lorsqu\u2019il hasarde une blague ou ose un commentaire sportif. Il ne suscite ni l\u2019adh\u00e9sion, ni l\u2019admiration.<\/p>\n<blockquote><p>Le probl\u00e8me est plut\u00f4t le suivant : le chef lib\u00e9ral projette une image h\u00e9sitante, voire incoh\u00e9rente, en soutenant le gouvernement conservateur lors de ses budgets, ou en appuyant des projets de loi qu\u2019il avait pr\u00e9alablement d\u00e9nonc\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 sa d\u00e9fense, plusieurs ont utilis\u00e9 le terme d\u2019\u00ab intellectuel \u00bb pour qualifier le chef lib\u00e9ral et justifier son manque de, comme si ces deux qualit\u00e9s \u00e9taient exclusives. Le probl\u00e8me est plut\u00f4t le suivant : le chef lib\u00e9ral projette une image h\u00e9sitante, voire incoh\u00e9rente, en soutenant le gouvernement conservateur lors de ses budgets, ou en appuyant des projets de loi qu\u2019il avait pr\u00e9alablement d\u00e9nonc\u00e9s. En somme, les qualit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9es \u00e0 l\u2019intellectuel ne semblent pas au rendez-vous. La rigueur \u00e0 laquelle on a pu l\u2019associer en mati\u00e8re d\u2019environnement ou de positions constitutionnelles est masqu\u00e9e \u00e0 pr\u00e9sent par une s\u00e9rie d\u2019actions contradictoires qui touchent autant le dossier afghan que celui de l\u2019immigration. Les mauvaises langues disent que ce n\u2019est pas un \u00ab coq c\u00e9r\u00e9bral \u00bb que l\u2019on voit, mais plut\u00f4t une \u00ab poule mouill\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Connu pour sa Loi sur la clart\u00e9, il donne depuis presque six mois l\u2019image d\u2019un homme confus, au parcours rempli de faux pas qui mine sa cr\u00e9dibilit\u00e9 en tant qu\u2019aspirant \u00e0 la plus haute fonction politique du pays.<\/p>\n<p>Ces effets d\u2019image jouent certes un grand r\u00f4le dans la vie politique. Un trop grand r\u00f4le ? Sans aucun doute. Ils contribuent au vote et influencent ind\u00e9niablement le niveau de mobilisation des ressources partisanes. L\u2019image d\u2019un chef est d\u2019ailleurs amplifi\u00e9e lors d\u2019une campagne \u00e9lectorale ; ses forces et ses faiblesses sont surdimensionn\u00e9es \u00e0 travers les publicit\u00e9s, lors des d\u00e9bats et au quotidien dans les points de presse.<\/p>\n<p>Ils sont aussi exag\u00e9r\u00e9s quand on juxtapose n\u00e9gligemment un chef \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Le chef Dion semble avoir tellement moins de flair quand on le compare \u00e0 Jean Chr\u00e9tien ; tellement moins de panache lorsqu\u2019on ram\u00e8ne \u00e0 la m\u00e9moire collective les frasques de Trudeau ou la bonhomie de Pearson. On aurait cependant tort de donner \u00e0 ces images le statut de cause d\u00e9terminante. L\u2019analyse nous oblige \u00e0 consid\u00e9rer des aspects plus complexes qui sous-tendent l\u2019action d\u2019un chef et contribuent \u00e0 d\u00e9former l\u2019image qu\u2019il projette dans l\u2019espace public.<\/p>\n<p>Un premier indice est fourni par une enqu\u00eate de Segma UniMarketing, faite pour le compte du journal\u00a0<em>La Presse<\/em>. Un des objectifs poursuivis \u00e9tait de prendre la mesure de l\u2019effet du chef sur l\u2019intention de vote. Les auteurs concluent que \u2014 les lib\u00e9raux pourraient accro\u00eetre de 3 p. 100 leur score par le remplacement de St\u00e9phane Dion \u2014. Pour les conservateurs, c\u2019est l\u2019effet inverse qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 : le d\u00e9part de Stephen Harper provoquerait une perte de six points. M\u00eame s\u2019il est difficile de mesurer avec pr\u00e9cision ce type de dynamique compte tenu du caract\u00e8re hautement hypoth\u00e9tique des situations propos\u00e9es aux r\u00e9pondants, il ne fait pas de doute que le leadership n\u2019explique pas tout.<\/p>\n<p>Les dynamiques chez les lib\u00e9raux ne sont pas innocentes. Et si les lib\u00e9raux ont pu former des gouvernements majoritaires de 1993 \u00e0 2004, c\u2019est parce qu\u2019ils avaient bien plus qu\u2019un chef habile, dou\u00e9 d\u2019un grand flair politique en plus d\u2019\u00eatre un populiste incontestable. Ils avaient trois cartes ma\u00eetresses dans leur jeu :<\/p>\n<ul>\n<li>Les lib\u00e9raux de Jean Chr\u00e9tien ont d\u2019abord, et habilement, profit\u00e9 des d\u00e9boires des conservateurs de Brian Mulroney et de Kim Campbell : \u00e9checs constitutionnels \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, ranc\u0153urs fiscales et m\u00e9contentements r\u00e9gionaux \u2014 dans l\u2019Ouest comme en Ontario.<\/li>\n<li>Les lib\u00e9raux ont aussi, et beaucoup, tir\u00e9 avantage de la division de la droite qui en a r\u00e9sult\u00e9. L\u2019opposition entre les anciens conservateurs et les nouveaux r\u00e9formistes a ainsi permis \u00e0 Jean Chr\u00e9tien de r\u00e9gner comme peu de dirigeants lib\u00e9raux en formant trois gouvernements majoritaires successifs, une palme que Pierre Trudeau n\u2019a pas eue.<\/li>\n<li>Les lib\u00e9raux de Jean Chr\u00e9tien ont ensuite pu profiter d\u2019une situation \u00e9conomique enviable et de pr\u00e8s de dix ans de prosp\u00e9rit\u00e9. Les coffres bien garnis leur ont permis de relancer de grands travaux et de satisfaire des client\u00e8les \u00e9lectorales d\u00e9termin\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Or, au terme des trois mandats, le caract\u00e8re arrogant \u2014 sinon imposant \u2014 des lib\u00e9raux s\u2019est retourn\u00e9 contre eux. Quand Jean Chr\u00e9tien quitte la direction du parti et du pays, il livre \u00e0 ses successeurs un parti lourdement handicap\u00e9 par le d\u00e9voilement tardif d\u2019un des pires scandales de l\u2019histoire politique canadienne \u2014 celui des commandites. Il livre un parti divis\u00e9 par le duel qui l\u2019a oppos\u00e9 \u00e0 Paul Martin. Il laisse en h\u00e9ritage un parti dont les processus de gouvernance centralis\u00e9s au bureau du premier ministre ont masqu\u00e9 \u2014 voire gomm\u00e9 \u2014 des conflits id\u00e9ologiques qui ont \u00e9clat\u00e9 aussit\u00f4t que les ressources du pouvoir ont \u00e9chapp\u00e9 au chef lib\u00e9ral.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Qu\u2019il s\u2019agisse de questions internationales ou du d\u00e9bat constitutionnel, les lib\u00e9raux sont apparus \u00e0 partir de 2004 comme une organisation divis\u00e9e, qui peinait \u00e0 trouver un message clair.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que la course au leadership lib\u00e9ral fut lanc\u00e9e apr\u00e8s la d\u00e9faite de Paul Martin. Le d\u00e9roulement de cette course est r\u00e9v\u00e9lateur des maux qui poursuivront Dion.<\/p>\n<p>Premier sympt\u00f4me : beaucoup d\u2019\u00ab outsiders \u00bb sont sur les rangs : ni Michael Ignatieff ni Bob Rae ne sont de la d\u00e9putation lib\u00e9rale. Il en va de m\u00eame de Gerard Kennedy ou de Martha Finley, d\u00e9faite en 2004.<\/p>\n<p>Ce premier groupe va aller chercher pr\u00e8s de 70 p. 100 des appuis lors du premier tour, ce qui en dit long quant \u00e0 la volont\u00e9 des militants de tourner la page. Les seules figures qui proviennent de la d\u00e9putation lib\u00e9rale sont St\u00e9phane Dion, Scott Brisson, Ken Dryden et Joe Volpe.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me sympt\u00f4me est plus inqui\u00e9tant : lors du premier tour de scrutin, Dion n\u2019a re\u00e7u que 856 votes, soit 17,8 p. 100 des appuis. Il \u00e9tait au troisi\u00e8me rang, derri\u00e8re Ignatieff et Rae. C\u2019est le retrait de Finlay et surtout celui de Kennedy qui lui permettent de gagner au troisi\u00e8me tour. C\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019un tel renversement se produit depuis que les lib\u00e9raux choisissent ainsi leur chef. William Lyon Mackenzie King en 1919, Louis St-Laurent en 1948, ou encore Pierre Trudeau en 1968, pour ne citer que ceux-l\u00e0, tous sont devenus chefs apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 premiers au d\u00e9part. Cette victoire de Dion rel\u00e8ve donc d\u2019un syst\u00e8me d\u2019alliances alambiqu\u00e9es qui aurait fait r\u00eaver les adeptes du paradoxe de Condorcet, lequel traite des effets pervers des choix collectifs.<\/p>\n<p>Le dernier sympt\u00f4me rel\u00e8ve d\u2019une dimension r\u00e9gionale : St\u00e9phane Dion n\u2019avait pas l\u2019appui des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de sa propre province. La grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux se rangeait derri\u00e8re Ignatieff, et pour cause : celui-ci avait d\u00e9fendu au sein du PLC, au grand dam de Dion, une motion quant \u00e0 la reconnaissance de la nation qu\u00e9b\u00e9coise. Dion ne parvenait ainsi que fort peu \u00e0 se d\u00e9partir de l\u2019image d\u2019intransigeance que les Qu\u00e9b\u00e9cois nationalistes lui ont accol\u00e9e depuis les ann\u00e9es Chr\u00e9tien. La cons\u00e9quence s\u2019imposa rapidement : Dion ne pouvait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un agent de r\u00e9conciliation dans le dossier de l\u2019unit\u00e9 canadienne, bien au contraire. Il ne lui restait qu\u2019une carte pour l\u2019emporter : l\u2019environnement.<\/p>\n<blockquote><p>Cette course, au r\u00e9sultat invraisemblable, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans cons\u00e9quence.<\/p><\/blockquote>\n<p>Cette course, au r\u00e9sultat invraisemblable, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans cons\u00e9quence. Lors d\u2019un caucus tenu \u00e0 Terre-Neuve en ao\u00fbt 2007, soit quelques mois apr\u00e8s la victoire de Dion, Michael Marzolini, l\u2019un des plus \u00e9minents sondeurs du Parti lib\u00e9ral, disait des lib\u00e9raux qu\u2019ils avaient du mal \u00e0 projeter une image claire et align\u00e9e selon des politiques simples, accessibles au grand public. Aux m\u00e9dias, il expliquait : \u00ab C\u2019est une campagne que [les lib\u00e9raux] ont de bonnes chances de remporter s\u2019ils captent l\u2019imagination des Canadiens avec des solutions positives aux principaux probl\u00e8mes auxquels sont actuellement confront\u00e9s les Canadiens. \u00bb Le sondeur ajoutait suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour que le d\u00e9cryptage soit ais\u00e9 : \u00ab Je ne dirais pas que la victoire est garantie, mais les lib\u00e9raux ont parcouru plus de la moiti\u00e9 du chemin. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019interaction de ces \u00e9l\u00e9ments et des lacunes du leadership de Dion pouvait difficilement ne pas produire ses effets n\u00e9gatifs : probl\u00e8mes financiers, militance an\u00e9mique, recrutement fam\u00e9lique des candidats et candidates. Le Parti lib\u00e9ral devenait du m\u00eame coup une proie pour la classe m\u00e9diatique, laiss\u00e9e souvent en plan par un gouvernement conservateur avare de mots et r\u00e9serv\u00e9 quant \u00e0 ses projets.<\/p>\n<p>La suite, on le devine, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reluisante. La lune de miel a \u00e9t\u00e9 de courte dur\u00e9e. Un sondage IPSOS Reid, fait quatre mois apr\u00e8s la victoire de Dion, indiquait un recul des lib\u00e9raux \u00e0 moins de 30 p. 100 des intentions de vote d\u00e9clar\u00e9es, un d\u00e9ficit de dix points par rapport aux conservateurs. Les militants lib\u00e9raux, et m\u00eame les d\u00e9put\u00e9s, ont commenc\u00e9 \u00e0 afficher des regrets. Dion a d\u00fb se replier sur la s\u00e9natrice Hervieux-Payette pour l\u2019appuyer ! Quant aux deux \u00e9ventuels pr\u00e9tendants \u2014 Ignatieff et Rae \u2014, ils pr\u00e9parent la prochaine course, m\u00ealant leurs cartes \u00e0 tout ce qui divise les lib\u00e9raux. Dans ce contexte partisan, sans rien justifier ni excuser, on comprend mieux combien St\u00e9phane Dion, bien au-del\u00e0 de ses ind\u00e9niables maladresses, peine \u00e0 s\u2019imposer.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Reste un dernier facteur : l\u2019\u00e9lectorat. La situation historique des lib\u00e9raux canadiens est devenue une exception dans les d\u00e9mocraties. Les partis lib\u00e9raux, en Australie comme au Royaume-Uni, n\u2019ont pas connu un XXe si\u00e8cle aussi glorieux que le Parti lib\u00e9ral du Canada. Bien au contraire. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, quand le suffrage universel s\u2019est \u00e9largi et que le clivage gauche-droite s\u2019est impos\u00e9 dans les dynamiques politiques, les partis de centre \u2014 les lib\u00e9raux \u2014 ont eu peine \u00e0 conserver une position forte. D\u00e8s l\u2019apr\u00e8s-Premi\u00e8re Guerre mondiale, le Parti lib\u00e9ral anglais n\u2019a plus jamais retrouv\u00e9 la position enviable qui \u00e9tait la sienne au XIXe si\u00e8cle. Les deux partis qui se sont impos\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 les travaillistes, au centre gauche, et les conservateurs, au centre droit.<\/p>\n<p>Au Canada, cette situation ne s\u2019est pas produite. Cela s\u2019explique largement par une dynamique relativement simple : la capacit\u00e9 des lib\u00e9raux canadiens \u00e0 occuper tr\u00e8s largement le centre de l\u2019\u00e9chiquier politique, en d\u00e9bordant habilement sur le centre gauche \u2014 d\u2019abord avec Mackenzie King, puis sous Saint-Laurent, Pearson et Trudeau \u2014 par le d\u00e9ploiement d\u2019un \u00c9tat-providence fort et gr\u00e2ce \u00e0 la faiblesse du NPD, \u00e0 qui il ne restait alors que peu de place.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019elle soit peut-\u00eatre le cauchemar cach\u00e9 des lib\u00e9raux canadiens, la situation australienne ou anglaise n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ordre du jour ; le Parti lib\u00e9ral n\u2019est certes pas au meilleur de sa forme, mais il subsiste une situation d\u2019\u00e9quilibre relatif avec son concurrent traditionnel, le Parti conservateur, du moins lorsqu\u2019on examine les sondages des derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<blockquote><p>En somme, si, pendant les ann\u00e9es 1990, la droite canadienne \u00e9tait divis\u00e9e, c\u2019est \u00e0 pr\u00e9sent au tour du centre gauche de conna\u00eetre un tel sort.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce qui se produit renvoie cependant \u00e0 une situation interm\u00e9diaire, \u00e0 mi-chemin entre le cauchemar et l\u2019euphorie des ann\u00e9es folles des lib\u00e9raux. Le centre et le centre gauche, longtemps h\u00e9g\u00e9monis\u00e9s par ces derniers, pr\u00e9sentent un niveau de fragmentation nettement plus \u00e9lev\u00e9 que par le pass\u00e9. Outre le pourcentage de Qu\u00e9b\u00e9cois progressistes, qui, en vertu d\u2019ambitions r\u00e9gionalistes, optent pour le Bloc, il faut noter combien le Nouveau Parti d\u00e9mocratique a su rebondir. Lors de l\u2019\u00e9lection de 2006, le NPD a obtenu deux fois plus d\u2019appuis qu\u2019en 2000. C\u2019est en fait 17,5 p. 100 des \u00e9lecteurs qui ont appuy\u00e9 la formation de Jack Layton. Il faut aussi ajouter le Parti Vert qui a obtenu l\u2019appui de plus de 650 000 Canadiens lors du scrutin de janvier 2006, ce qui repr\u00e9sente quelque 4,5 p. 100 du vote. Les derniers sondages vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 accorder entre 8 et 10 p. 100 aux Verts ! Or, par le pass\u00e9, une grande proportion de ces votes \u00e9tait accord\u00e9e aux rouges, plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre dispers\u00e9e. En somme, si, pendant les ann\u00e9es 1990, la droite canadienne \u00e9tait divis\u00e9e, c\u2019est \u00e0 pr\u00e9sent au tour du centre gauche de conna\u00eetre un tel sort. C\u2019est \u00e9videmment les lib\u00e9raux qui en p\u00e2tissent \u2014 eux qui parvenaient auparavant \u00e0 retourner les votes strat\u00e9giques \u00e0 leur avantage.<\/p>\n<p>Le poids d\u2019un chef reste important. Aux prises avec des situations hautement probl\u00e9matiques, chacun agit diff\u00e9remment. Et si toute situation, quoi qu\u2019on en dise, reste unique, il est n\u00e9anmoins possible d\u2019arriver \u00e0 la conclusion que les h\u00e9sitations de Dion d\u00e9coulent aussi de tiraillements ext\u00e9rieurs \u00e0 sa personnalit\u00e9, tiraillements qui s\u2019expliquent par les dynamiques de son parti et celles de l\u2019\u00e9lectorat.<\/p>\n<p>Un examen rationnel du jeu des acteurs politiques permet aussi de dire qu\u2019aucun choix n\u2019est \u00e9vident. Selon les donn\u00e9es actuelles, Ignatieff et Rae ne peuvent laisser Dion subir la d\u00e9faite que dans la mesure o\u00f9 la prochaine \u00e9lection ne donne pas un gouvernement majoritaire aux conservateurs. Si le manque de charisme du chef actuel et les divisions internes du parti conduisent Dion \u00e0 l\u2019abattoir et qu\u2019il en r\u00e9sulte un gouvernement majoritaire de Stephen Harper, les deux hommes estiment probablement que les d\u00e9lais viendront \u00e0 bout de leurs propres \u00e9nergies. Quant \u00e0 Dion, il joue quitte ou double : il sait qu\u2019une d\u00e9faite \u00e9lectorale entra\u00eenera son \u00e9jection rapide. Il sait aussi que de repousser ind\u00e9finiment l\u2019\u00e9ch\u00e9ance \u00e9lectorale mine sa cr\u00e9dibilit\u00e9. Que faire ? Aucun choix ne s\u2019impose nettement \u00e0 lui non plus, et les h\u00e9sitations des \u00e9lecteurs peuvent induire dans son esprit bien des conjectures.<\/p>\n<p>Heureusement \u2014 ou malheureusement ! \u2014, on ne peut ni refaire l\u2019histoire, ni la pr\u00e9dire : peu importe qui dirigera les lib\u00e9raux, un certain nombre de dynamiques partisanes et \u00e9lectorales continueront de s\u2019imposer. Et l\u00e0 o\u00f9 certains p\u00e9rissent, d\u2019autres s\u2019imposent. Jouons cependant de prudence en avan\u00e7ant que St\u00e9phane Dion court bien plus le risque de conna\u00eetre le sort malheureux d\u2019Edward Blake que la chance de William Lyon Mackenzie King, qui resta pendant 29 ans \u00e0 la t\u00eate des lib\u00e9raux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je pensais qu\u2019il suffisait de faire \u00e0 quelqu\u2019un une proposition raisonnable, pour qu\u2019il la consid\u00e8re tout aussi raisonnablement, sans passion, mais de toute \u00e9vidence, ce n\u2019est pas le cas. 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