{"id":262400,"date":"2007-07-01T04:00:00","date_gmt":"2007-07-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/de-la-dualite-et-de-la-bonne-entente-autour-dun-passe-utilisable\/"},"modified":"2025-10-07T20:01:07","modified_gmt":"2025-10-08T00:01:07","slug":"de-la-dualite-et-de-la-bonne-entente-autour-dun-passe-utilisable","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2007\/07\/de-la-dualite-et-de-la-bonne-entente-autour-dun-passe-utilisable\/","title":{"rendered":"De la dualit\u00e9 et de la bonne entente : autour d&#8217;un \u00ab pass\u00e9 utilisable \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Il est facile de trouver, dans l&#8217;histoire canadienne, des r\u00e9cits n\u00e9gatifs sur la langue et la politique linguistique au pays. Bon nombre d&#8217;\u00e9coles de pens\u00e9e interpr\u00e8tent l&#8217;histoire sous un angle n\u00e9gatif et la pr\u00e9sentent comme une s\u00e9rie de tentatives rat\u00e9es pour \u00e9liminer la langue fran\u00e7aise : la conqu\u00e9\u201ate par les Anglais ; la r\u00e9pression de la r\u00e9bellion de 1837 ; la recommandation de lord Durham, en 1839, d&#8217;assimiler les Canadiens fran\u00e7ais le plus rapidement et le plus efficacement possible ; la pendaison de Louis Riel, en 1885 ; l&#8217;adoption par l&#8217;Ontario, en 1912, du r\u00e8glement 17 et la question des \u00e9coles du Manitoba, en 1916, qui a mis fin \u00e0 toute instruction dans une langue minoritaire ; la crise de la conscription en 1917 et la s\u00e9quelle de cette crise en 1942 ; la Loi sur les mesures de guerre, en 1970, et la pr\u00e9tendue \u00ab nuit des longs couteaux \u00bb, en 1981.<\/p>\n<p>Oui, il est facile de trouver ou d&#8217;\u00e9laborer un r\u00e9cit n\u00e9gatif au sujet de tous ces \u00e9v\u00e9nements. La Conqu\u00e9\u201ate demeure un point d&#8217;ancrage important de la pens\u00e9e intellectuelle au Qu\u00e9bec, comme l&#8217;a clairement expliqu\u00e9 Christian Dufour dans <em>Le d\u00e9fi qu\u00e9b\u00e9cois<\/em>, publi\u00e9 en 1989. Dans le m\u00e9\u201ame ordre d&#8217;id\u00e9es, la r\u00e9bellion de 1837 est montr\u00e9e sous un jour dramatique dans le film de Pierre Falardeau, <em>15 f\u00e9vrier 1839<\/em>.<\/p>\n<p>J&#8217;aimerais, pour faire changement, approcher notre histoire sous un angle positif, avec un r\u00e9cit fond\u00e9 sur l&#8217;inclusivit\u00e9 et le respect.<\/p>\n<p>Dans les jours qui ont suivi la bataille des plaines d&#8217;Abraham, en 1759, l&#8217;arm\u00e9e britannique a inform\u00e9 les citoyens de la ville de Qu\u00e9bec qu&#8217;on respecterait leur langue et leur religion. Michel Brunet, qu&#8217;on ne pouvait gu\u00e8re accuser de manquer d&#8217;esprit critique et qui \u00e9tait l&#8217;un des fondateurs de l&#8217;\u00e9cole de Montr\u00e9al, a \u00e9crit que \u00ab la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 du Conqu\u00e9rant, sa bienveillance, son souci de l&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at g\u00e9n\u00e9ral, son esprit de justice lui acquirent le c\u0153ur des vaincus \u00bb. Dans le d\u00e9bat \u00e0 la Chambre des communes du Parlement britannique sur l&#8217;Acte de Qu\u00e9bec de 1774, sir Edward Thurlow, procureur g\u00e9n\u00e9ral, a clairement \u00e9nonc\u00e9 les intentions du gouvernement dans les termes suivants :<\/p>\n<blockquote>\n<p><em>Vous ne devez changer d&#8217;autres lois que celles ayant trait \u00e0 la souverainet\u00e9 fran\u00e7aise, et leur substituer les lois relatives au nouveau souverain [&#8230;]. Quant aux autres lois, coutumes et institutions ne touchant pas aux relations entre sujets et souverain, l&#8217;humanit\u00e9, la justice et la sagesse conspirent \u00e9galement pour vous conseiller de laisser les gens tels qu&#8217;ils sont.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Edmund Burke a rench\u00e9ri en soutenant que si les francophones du Canada h\u00e9ritaient d&#8217;une libert\u00e9 et d&#8217;une constitution anglaises, ils feraient une contribution valable et utile \u00e0 la Grande-Bretagne, peu importe qu&#8217;ils parlent fran\u00e7ais ou anglais, et qu&#8217;ils restent catholiques ou non.\u00a0<\/p>\n<p>C&#8217;est en 1842 qu&#8217;ont \u00e9t\u00e9 amorc\u00e9es, conjointement par Robert Baldwin et Louis-Hippolyte Lafontaine, les premi\u00e8res \u00e9tapes cl\u00e9s vers une d\u00e9mocratie canadienne. Comme l&#8217;a \u00e9crit John Ralston Saul, il s&#8217;agissait du premier acte strat\u00e9gique dans la cr\u00e9ation du pays : les r\u00e9formateurs francophones et anglophones avaient soudain compris qu&#8217;ils devaient travailler de concert.<\/p>\n<p>John A. Macdonald l&#8217;avait, lui aussi, compris. En 1856, soit une d\u00e9cennie avant la Conf\u00e9d\u00e9ration, il r\u00e9sumait ainsi la ta\u00cc\u201ache du premier ministre : \u00ab Il doit se faire l&#8217;ami des francophones sans pour autant renier sa race ni sa langue, il doit respecter leur nationalit\u00e9 \u00bb, confia-t-il \u00e0 un ami. \u00ab Il faut les traiter comme une nation. Ensuite, ils agiront comme un peuple libre le fait g\u00e9n\u00e9ralement, c&#8217;est-\u00e0dire avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Qu&#8217;ils soient appel\u00e9es [sic] faction, et ils deviendront factieux. \u00bb<\/p>\n<p>L&#8217;observation de Macdonald s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e pertinente : ceux d&#8217;entre ses successeurs qui ont trait\u00e9 les Canadiens fran\u00e7ais avec respect ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us avec bienveillance, tandis que ceux qui les consid\u00e9raient comme une faction ont eu droit \u00e0 un accueil factieux.<\/p>\n<p>Pour mieux illustrer le sens g\u00e9n\u00e9ral de la notion de respect de la part des Canadiens anglais, examinons la situation quelques d\u00e9cennies plus tard. En d\u00e9cembre 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, le premier ministre du Qu\u00e9bec, Ad\u00e9lard Godbout, prit la parole devant le <em>Canadian Club<\/em> de Toronto. Dans son allocution Godbout mit en lumi\u00e8re un groupe de Canadiens anglais qui, selon lui, avaient r\u00e9pondu \u00e0 leur geste de fraternit\u00e9. Les noms figurant sur sa liste sont \u00e0 peine connus aujourd&#8217;hui. Il s&#8217;agissait notamment de W. H. Moore, d&#8217;Arthur Hawkes, de P.F.\u00a0Morley et de Lorne Pierce.<\/p>\n<p>Qui sont donc ces gens? Pourquoi les avoir singularis\u00e9s \u00e0 cette \u00e9poque? Et pourquoi mentionner leurs noms six d\u00e9cennies plus tard? Parce que ces hommes ont jet\u00e9 les bases d&#8217;une identit\u00e9 canadienne qui englobe la dualit\u00e9 linguistique, \u00e9l\u00e9ment qui a jou\u00e9 un ro\u00cc\u201ale crucial dans la d\u00e9finition du Canada en tant que pays et qui a fait de la tol\u00e9rance et de l&#8217;acceptation des autres l&#8217;une de nos valeurs de base.\u00a0<\/p>\n<p>En 1916, durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, plusieurs d&#8217;entre eux ont \u00e9tabli ce qu&#8217;on a appel\u00e9 la \u00ab Bonne entente \u00bb, qui se voulait une tentative pour rapprocher l&#8217;Ontario et le Qu\u00e9bec, s\u00e9par\u00e9s par une faille sans cesse grandissante. Dans le cadre de ce projet, un groupe de professionnels et de gens d&#8217;affaires de l&#8217;Ontario est venu visiter le Qu\u00e9bec, et une d\u00e9l\u00e9gation qu\u00e9b\u00e9coise s&#8217;est rendue en Ontario.<\/p>\n<p>L&#8217;organisation s&#8217;est dissoute lors de la premi\u00e8re crise occasionn\u00e9e par la conscription. Des d\u00e9cennies plus tard, les mots \u00ab Bonne entente \u00bb suscitaient des moqueries et \u00e9voquaient des images d&#8217;hommes d&#8217;affaires entonnant c\u00e9r\u00e9monieusement \u00ab Alouette \u00bb dans un \u00e9lan de bonne volont\u00e9 un peu gauche dans la foul\u00e9e des allocutions d&#8217;apr\u00e8s-repas. N\u00e9anmoins, la \u00ab Bonne entente \u00bb originale a eu des r\u00e9percussions positives \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Prenons d&#8217;abord le cas de W. H. Moore, qui \u00e9tait un improbable d\u00e9fenseur des droits linguistiques des francophones au Canada. Comme il l&#8217;a fi\u00e8rement indiqu\u00e9 dans sa biographie, il \u00e9tait un descendant des Loyalistes de l&#8217;Empire-Uni. Ce fermier de Pickering, en Ontario, a obtenu un diplo\u00cc\u201ame de l&#8217;Universit\u00e9 de Toronto en 1894, puis a \u00e9tudi\u00e9 le droit \u00e0 Osgoode Hall. Plus tard, il allait devenir pr\u00e9sident du House Banking and Trade Committee.\u00a0En 1918, tandis que la Premi\u00e8re Guerre faisait rage et dans la foul\u00e9e du r\u00e8glement 17, qui abolissait l&#8217;enseignement en fran\u00e7ais en Ontario, Moore signa un livre remarquable, <em>The Clash: A Study in Nationalities<\/em>, dans lequel il affirme que les traditions britanniques englobaient le bilinguisme et l&#8217;inclusion, et les oppose habilement \u00e0 ce qu&#8217;il appelle \u00ab la rigide approche prussienne \u00bb.<\/p>\n<p>De plus, Moore d\u00e9nonce l&#8217;hypocrisie canadienne-anglaise, dont les tenants rappelaient sans cesse la corruption du climat politique qu\u00e9b\u00e9cois sans jamais tenir compte de la situation semblable qui pr\u00e9valait en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. \u00ab Jugeant [les Canadiens fran\u00e7ais] par leurs hommes les moins les moins estimables, et dou\u00e9s et nous-m\u00e9\u201ames par ce que nous avons de meilleur [&#8230;] \u00bb, \u00e9crit-il. Faisant r\u00e9f\u00e9rence au r\u00e8glement 17, Moore met en opposition les mesures prises par l&#8217;Ontario pour \u00e9radiquer le fran\u00e7ais \u00e0 la tol\u00e9rance du Qu\u00e9bec \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;anglais et du syst\u00e8me scolaire protestant.<\/p>\n<p>Ce point de vue n&#8217;\u00e9tait pas populaire \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Durant la campagne \u00e9lectorale de 1917, les caricaturistes montraient Laurier (qui s&#8217;opposait \u00e0 la conscription) s&#8217;amusant avec le Kaiser, et une carte du Canada toute en rouge imp\u00e9rial, exception faite du Qu\u00e9bec, color\u00e9 en noir. Malgr\u00e9 tout, le livre de Moore eut une longue vie et, fait inhabituel pour l&#8217;\u00e9poque, il a \u00e9t\u00e9 traduit en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Arthur Hawkes a \u00e9t\u00e9 publiciste pour le Chemin de fer Canadien du Nord, puis journaliste. Pr\u00e9occup\u00e9 par le braconnage le long de la fronti\u00e8re entre le Minnesota et l&#8217;Ontario, il a fait pression en faveur de la cr\u00e9ation du parc Quetico, qui a vu le jour en 1909, sous le gouvernement de l&#8217;Ontario. Dans son livre intitul\u00e9 <em>The Birthright<\/em>, publi\u00e9 en 1919, il s&#8217;attaque aux pr\u00e9judices envers le Qu\u00e9bec, les Canadiens fran\u00e7ais et les immigrants.<\/p>\n<p>De plus, il y d\u00e9nonce le fait que le fran\u00e7ais n&#8217;est pas reconnu comme langue officielle en Ontario.<\/p>\n<p>Hawkes a \u00e9t\u00e9, de m\u00e9\u201ame que l&#8217;avocat torontois John Godfrey, l&#8217;un des fondateurs de la Bonne entente, mise sur pied pour am\u00e9liorer les liens et la compr\u00e9hension entre les Canadiens anglais et les Canadiens fran\u00e7ais, et pour favoriser une meilleure connaissance de l&#8217;autre culture.<\/p>\n<p>\u00c9galement en 1919, P. F. Morley a publi\u00e9 <em>Bridging the Chasm<\/em>, qui reprend certains des arguments de Moore. \u00e0 l&#8217;instar de ce dernier, Morley soutient que la tradition britannique \u00e9tait fond\u00e9e sur le respect et l&#8217;inclusivit\u00e9, et d\u00e9crit un empire dans lequel les Gallois, les francophones de Jersey, les habitants de Malte et les Sikhs des plaines du Punjab se sentent chez eux et o\u00f9 leurs droits linguistiques sont respect\u00e9s. Morley plaide en faveur de la reconnaissance du fran\u00e7ais comme langue d&#8217;enseignement en Ontario. Il conteste \u00e9galement les opinions maintes fois entendues selon lesquelles l&#8217;Ontario \u00e9tait une province anglophone, et que, pour bon nombre de Canadiens anglais, le terme \u00abCanadien\u00bb \u00e9tait synonyme de \u00ab Canadien anglais \u00bb.<\/p>\n<p>De son co\u00cc\u201at\u00e9, Lorne Pierce, directeur de Ryerson Press, a publi\u00e9 en 1929 un essai intitul\u00e9 \u00ab Toward the Bonne Entente \u00bb, dans lequel il avance l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un Canada biculturel. Il a d&#8217;ailleurs sign\u00e9 de nombreux textes portant sur la dualit\u00e9 de la culture canadienne. Sa contribution la plus importante a peut-\u00e9\u201atre \u00e9t\u00e9 \u00e0 titre d&#8217;\u00e9diteur de manuels\u2014 et de protecteur de l&#8217;illustrateur C. W. Jeffreys. Ces manuels ont offert \u00e0 des milliers d&#8217;\u00e9l\u00e8ves une image visuelle de l&#8217;histoire du Canada fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Comme l&#8217;ont fait valoir Robert Craig Brown et Ramsay Cook, pour autant valable qu&#8217;il fu\u00cc\u201at, le projet \u00ab Bonne entente \u00bb a \u00e9chou\u00e9, malgr\u00e9 l&#8217;organisation de plusieurs visites r\u00e9ciproques en Ontario et au Qu\u00e9bec et l&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at qu&#8217;il a suscit\u00e9 chez des Qu\u00e9b\u00e9cois \u00e9minents, dont un jeune avocat de Qu\u00e9bec, du nom de Louis Saint-Laurent. En 1917, le mouvement s&#8217;\u00e9tait \u00e9teint, incapable de r\u00e9sister \u00e0 la flamb\u00e9e d&#8217;hostilit\u00e9s pendant la crise de la conscription.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 sa courte vie, la Bonne entente a quelque peu ressembl\u00e9 au Groupe des sept. En effet, elle a motiv\u00e9 les \u00e9crivains \u00e0 d\u00e9finir le Canada comme un pays inspir\u00e9 des traditions britanniques, mais ind\u00e9pendant ; un pays nord-am\u00e9ricain, mais qui se forge une identit\u00e9 distincte de celle des \u00c9tats-Unis. L&#8217;un des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s de cette identit\u00e9 impliquait la coexistence avec une soci\u00e9t\u00e9 francophone et le respect de cette soci\u00e9t\u00e9. Ce sentiment de respect est devenu partie int\u00e9grante de la d\u00e9finition du Canada, soci\u00e9t\u00e9 qui allait faire preuve d&#8217;ouverture envers les gens d&#8217;autres cultures et langues.<\/p>\n<p>Je n&#8217;ai jamais ni\u00e9 le ro\u00cc\u201ale qu&#8217;a jou\u00e9 le nationalisme qu\u00e9b\u00e9cois dans l&#8217;\u00e9mergence remarquable du sentiment de fiert\u00e9 au sein de la soci\u00e9t\u00e9 de langue fran\u00e7aise au Canada, ainsi que dans sa croissance et son \u00e9panouissement au cours du dernier demi-si\u00e8cle. Par contre, certains ont tendance \u00e0 mal repr\u00e9senter ou \u00e0 mal comprendre ce que les Canadiens-anglais ont fait pour appuyer, encourager et habiliter cette transformation. La Loi sur les langues officielles et la politique canadienne de dualit\u00e9 linguistique n&#8217;auraient pas vu le jour sans l&#8217;appui des Canadiens-anglais.<\/p>\n<p>J&#8217;ai souvent dit qu&#8217;il est erron\u00e9 de croire que la politique linguistique canadienne est le fruit du \u00ab r\u00e9\u201ave de Pierre Trudeau \u00bb. Les bases de cette politique ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9es par Lester Pearson, bien avant que Pierre Trudeau ne devienne premier ministre. C&#8217;est Pearson qui a form\u00e9 la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme en 1963 et qui, en 1966, avant m\u00e9\u201ame que la Commission ne publie son rapport, a \u00e9nonc\u00e9 les principes sur lesquels devait reposer une fonction publique bilingue.<\/p>\n<p>Mais Pearson ne faisait pas cavalier seul. Davidson Dunton assumait la copr\u00e9sidence de la Commission royale ; Frank Scott y jouait un ro\u00cc\u201ale de premier plan, et Michael Oliver \u00e9tait codirecteur de la recherche.<\/p>\n<p>La Loi sur les langues officielles, adopt\u00e9e en 1969, a men\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation du poste que j&#8217;occupe actuellement. Les premier et deuxi\u00e8me commissaires aux langues officielles, Keith Spicer et Max Yalden, \u00e9taient des Canadiens-anglais, n\u00e9s \u00e0 Toronto et ayant \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Toronto. Les deux hommes ont jou\u00e9 un ro\u00cc\u201ale \u00e9norme en gagnant la faveur du Canada anglais envers la politique sur les langues officielles.<\/p>\n<p>Cette politique est souvent consid\u00e9r\u00e9e, pour le meilleur et pour le pire, comme l&#8217;une des plus grandes r\u00e9alisations du gouvernement lib\u00e9ral de Pierre Trudeau, et comme un legs du Parti lib\u00e9ral. Bien qu&#8217;elle soit vraie, cette seule interpr\u00e9tation tend \u00e0 passer sous silence le ro\u00cc\u201ale crucial que les Conservateurs ont jou\u00e9 en appuyant l&#8217;adoption de la <em>Loi sur les langues officielles<\/em>.<\/p>\n<p>Robert Stanfield \u00e9tait chef du Parti progressiste-conservateur lorsque la <em>Loi sur les langues officielles<\/em> a d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e. Son leadership \u00e9tait alors vivement contest\u00e9 par un petit groupe de d\u00e9put\u00e9s de l&#8217;Ouest du Canada, d&#8217;ind\u00e9fectibles partisans de John Diefenbaker. Le projet de loi n&#8217;avait pas la faveur de la population : seulement 56 p. 100 des Canadiens l&#8217;appuyaient, et dans l&#8217;Ouest du pays, 70 p. 100 des citoyens s&#8217;y opposaient.<\/p>\n<p>Il est toujours difficile pour le chef de l&#8217;opposition de soutenir un gouvernement qui tente de faire adopter une loi de haut profil ; le syst\u00e8me parlementaire est con\u00e7u de mani\u00e8re \u00e0 ce que les opposants du gouvernement en place aient une voix en Chambre. Dans un geste de r\u00e9el courage politique, Robert Stanfield a appuy\u00e9 la Loi sur les langues officielles\u2014 et pay\u00e9 un prix politique \u00e9norme. Le d\u00e9bat \u00e0 la Chambre des communes a fait ressortir ce que Geoffrey Stevens, biographe de Stanfield, a appel\u00e9 le \u00ab sectarisme latent des Canadiens anglais \u00bb. Lors du vote final, 17 conservateurs ont bris\u00e9 les rangs, et 14 autres se sont abstenus. Mais la vision g\u00e9n\u00e9reuse et inclusive qu&#8217;avait Stanfield du pays et de la politique linguistique l&#8217;a emport\u00e9, et elle s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e d\u00e9terminante pour les succ\u00e8s politiques ult\u00e9rieurs des Conservateurs.<\/p>\n<p>En 1981 et 1982, pendant les d\u00e9bats sur la Charte canadienne des droits et libert\u00e9s, Joe Clark a mis \u00e0 profit son exp\u00e9rience de parlementaire pour retarder un vote rapide et s&#8217;assurer que la Charte allait faire l&#8217;objet d&#8217;un examen r\u00e9glementaire ad\u00e9quat. Comme Stanfield, Clark a pay\u00e9 le prix pour son soutien in\u00e9branlable \u00e0 la Loi sur les langues officielles. Et comme Stanfield, il peut affirmer que sa vision \u00e9largie a pr\u00e9valu.<\/p>\n<p>La Loi sur les langues officielles a fait l&#8217;objet de premi\u00e8res modifications sous un r\u00e9gime conservateur dirig\u00e9 par Brian Mulroney. En rendant la Loi conforme \u00e0 la Charte, on l&#8217;a consid\u00e9rablement raffermie. Gra\u00cc\u201ace \u00e0 cette nouvelle vigueur juridique, on a pu y inscrire le droit des fonctionnaires dans certaines r\u00e9gions du pays. Ces amendements ont pris force de loi en partie gra\u00cc\u201ace \u00e0 la d\u00e9termination de Brian Mulroney et aux comp\u00e9tences en gestion politique de son vice-premier ministre, Don Mazankowski, qui a veill\u00e9 \u00e0 \u00e9viter la r\u00e9volte dans le caucus. Ce dernier avait fait beaucoup de chemin. Dix-neuf ans plus to\u00cc\u201at, alors jeune d\u00e9put\u00e9 albertain, il avait vot\u00e9 contre la Loi sur les langues officielles. En 1988, il a contribu\u00e9 \u00e0 la raffermir.<\/p>\n<p>La seule autre modification \u00e0 la Loi est survenue en 2005\u2014 avec le soutien du Parti conservateur, dirig\u00e9 par Stephen Harper, cette fois sans soulever aucune controverse. Contrairement \u00e0 la situation en 1969, il y avait\u2014 et il existe encore\u2014 un consensus remarquable en faveur de la politique sur les langues officielles, l&#8217;appui de la population canadienne se situant entre 72 et 80 p. 100. En qualit\u00e9 de premier ministre, Harper a un comportement exemplaire, empreint de respect \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la dualit\u00e9 linguistique. Nous avons franchi beaucoup de chemin en quatre d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses d\u00e9cisions, la Cour supr\u00e9\u201ame du Canada a r\u00e9pondu, voire fait \u00e9cho \u00e0 ces opinions sur la langue et l&#8217;identit\u00e9. En fait, elle a expliqu\u00e9 en termes \u00e9loquents en quoi les droits linguistiques au Canada \u00e9taient des outils non seulement de protection, mais aussi de transformation.<\/p>\n<p>En 1985, dans le <em>Renvoi relatif aux droits linguistiques au Manitoba<\/em>, la Cour a \u00e9crit : \u00ab L&#8217;importance des droits en mati\u00e8re linguistique est fond\u00e9e sur le ro\u00cc\u201ale essentiel que joue la langue dans l&#8217;existence, le d\u00e9veloppement et la dignit\u00e9 de l&#8217;\u00e9\u201atre humain. C&#8217;est par le langage que nous pouvons former des concepts, structurer et ordonner le monde autour de nous. Le langage constitue le pont entre l&#8217;isolement et la collectivit\u00e9, qui permet aux \u00e9\u201atres humains de d\u00e9limiter les droits et obligations qu&#8217;ils ont les uns envers les autres, et ainsi, de vivre en soci\u00e9t\u00e9. \u00bb Andr\u00e9 Laurendeau aurait pu \u00e9crire ces lignes.<\/p>\n<p>Et dans <em>Ford c. Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/em>, en 1988, la Cour a \u00e9crit :<\/p>\n<blockquote>\n<p><em> La langue est si intimement li\u00e9e \u00e0 la forme et au contenu de l&#8217;expression qu&#8217;il ne peut y avoir de v\u00e9ritable libert\u00e9 d&#8217;expression linguistique s&#8217;il est interdit de se servir de la langue de son choix. Le langage n&#8217;est pas seulement un moyen ou un mode d&#8217;expression. Il colore le contenu et le sens de l&#8217;expression. Comme le dit le pr\u00e9ambule de la Charte de la langue fran\u00e7aise elle-m\u00e9\u201ame, c&#8217;est aussi pour un peuple un moyen d&#8217;exprimer son identit\u00e9 culturelle. C&#8217;est aussi le moyen par lequel un individu exprime son identit\u00e9 personnelle et son individualit\u00e9. On croirait presque entendre Camille Laurin.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Enfin, dans l&#8217;arr\u00e9\u201at <em>La Reine c. Beaulac<\/em>, la Cour a clairement indiqu\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de contradiction entre les droits individuels et les droits collectifs en ce qui concerne la langue ; qu&#8217;il ne s&#8217;agissait pas de droits n\u00e9gatifs ou passifs.<\/p>\n<p>Dans ces jugements ainsi que dans de nombreux autres, on constate la fa\u00e7on dont la Cour supr\u00e9\u201ame a mis \u00e0 profit les liens dynamiques entre les libert\u00e9s et les revendications, et mis\u00e9 sur la Loi sur les langues officielles et la Charte de la langue fran\u00e7aise du Qu\u00e9bec pour raffermir les libert\u00e9s et les revendications si \u00e9troitement entrelac\u00e9es dans les droits linguistiques.\u00a0<\/p>\n<p>Les \u00e9changes entre juges et parlementaires se sont poursuivis ces 25 derni\u00e8res ann\u00e9es. En 1988, l&#8217;article 16 de la Charte a entrai\u00cc\u201an\u00e9 une modification et un raffermissement de la Loi sur les langues officielles, ce qui a amen\u00e9 la Cour \u00e0 d\u00e9clarer que cette loi \u00ab fait partie de cette cat\u00e9gorie privil\u00e9gi\u00e9e de lois dites quasi constitutionnelles qui expriment \u201ccertains objectifs fondamentaux de notre soci\u00e9t\u00e9\u201d et qui doivent \u00e9\u201atre interpr\u00e9t\u00e9es de mani\u00e8re \u00e0 promouvoir les consid\u00e9rations de politique g\u00e9n\u00e9rale qui [les] soustendent. \u00bb<\/p>\n<p>En 2005, les parlementaires de tous les partis, exception faite du Bloc Qu\u00e9b\u00e9cois, ont vot\u00e9 en faveur d&#8217;un renforcement de la <em>Loi sur les langues officielles<\/em>, donnant aux communaut\u00e9s minoritaires un droit de recours pour s&#8217;assurer que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral met en \u0153uvre des mesures positives afin de les aider dans leur d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>James Mallory comprenait ces \u00e9changes. Son livre <em>The Structure of Canadian Government<\/em> r\u00e9v\u00e8le clairement qu&#8217;il saisit bien les tensions qui subsistent entre le Qu\u00e9bec et le reste du Canada, et entre les francophones et les anglophones. Il n&#8217;a jamais oubli\u00e9, comme il l&#8217;a lui-m\u00e9\u201ame affirm\u00e9, que l&#8217;Acte de l&#8217;Am\u00e9rique du Nord britannique n&#8217;a jamais prot\u00e9g\u00e9 efficacement les droits linguistiques, et qu&#8217;on a d\u00e9rob\u00e9 de leurs droits linguistiques les Canadiens fran\u00e7ais du Manitoba et de l&#8217;Ontario. Selon lui, l&#8217;absence d&#8217;une protection des droits linguistiques et culturels dans la Constitution a in\u00e9vitablement fait des droits provinciaux du Qu\u00e9bec le seul refuge constitutionnel pour les aspirations du nationalisme canadien-fran\u00e7ais. Dans le m\u00e9\u201ame ordre d&#8217;id\u00e9es, il avait saisi la strat\u00e9gie du \u00ab pile je gagne, face tu perds \u00bb du Parti qu\u00e9b\u00e9cois : toute victoire dans le cadre de n\u00e9gociations raffermissait les comp\u00e9tences provinciales, tandis que toute d\u00e9faite r\u00e9v\u00e9lait l&#8217;incapacit\u00e9 du syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00e9\u201ats du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Mallory conclut la version r\u00e9vis\u00e9e de son livre sur une note d&#8217;optimisme nuanc\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p><em>L&#8217;histoire du Canada, lorsque pr\u00e9sent\u00e9e sous le seul angle des relations entre les Fran\u00e7ais et les Anglais, est per\u00e7ue comme un r\u00e9cit de conflits, o\u00f9 sont absents les ingr\u00e9dients d&#8217;un \u201cpass\u00e9 utilisable\u201d. Et pourtant, il est difficile de croire qu&#8217;il n&#8217;y a pas quelque chose d&#8217;unique et de valable dans l&#8217;exp\u00e9rience canadienne, quelque chose dont le monde pourrait tirer une le\u00e7on et qui m\u00e9rite d&#8217;\u00e9\u201atre ch\u00e9ri. Ce n&#8217;est pas une mince affaire que d&#8217;avoir \u00e9labor\u00e9 un syst\u00e8me politique dans lequel deux groupes culturels distincts ont surv\u00e9cu, malgr\u00e9 un climat de concorde quelque peu froid.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il attribuait cette survie \u00e0 un climat politique temp\u00e9r\u00e9 et \u00e0 un d\u00e9bat politique hautement civilis\u00e9.<\/p>\n<p>Lorsque j&#8217;ai amorc\u00e9 mon travail pr\u00e9paratoire pour cette conf\u00e9rence, je craignais que James Mallory aurait d\u00e9sapprouv\u00e9 mes propos. Toutefois, en approfondissant son \u0153uvre, j&#8217;en suis arriv\u00e9 \u00e0 mieux saisir le sens qu&#8217;il donne \u00e0 la notion de civilit\u00e9 comme \u00e9l\u00e9ment crucial dans une d\u00e9mocratie et comme instrument pour une compr\u00e9hension collective. Il termine son livre par la citation d&#8217;un avertissement \u00e9loquent donn\u00e9 par le Comit\u00e9 parlementaire mixte sp\u00e9cial sur la Constitution, avertissement qu&#8217;il fait sien, avec la modestie qui le caract\u00e9rise : \u00ab Une collectivit\u00e9 qui est incapable de justifier son existence \u00e0 ses propres yeux finira par se rendre compte qu&#8217;elle ne peut survivre par la structure seule. \u00bb<\/p>\n<p>Pour ma part, je me permets de croire que nous avons un pass\u00e9 utilisable, et que James Mallory a aid\u00e9 \u00e0 le mettre en lumi\u00e8re. Son humanisme, son parall\u00e8le entre l&#8217;\u00c9tat et une \u0153uvre d&#8217;art non achev\u00e9e demeurent une inspiration.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em>Cet article est tir\u00e9 de l&#8217;allocution qu&#8217;il a prononc\u00e9e lors de la conf\u00e9rence annuelle J.R. Mallory en \u00e9tudes canadiennes \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 McGill le 14 mars dernier.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est facile de trouver, dans l&#8217;histoire canadienne, des r\u00e9cits n\u00e9gatifs sur la langue et la politique linguistique au pays. 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