{"id":262332,"date":"2007-04-01T04:00:00","date_gmt":"2007-04-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/le-pq-au-troisieme-rang-et-en-remise-en-question\/"},"modified":"2025-10-07T19:58:40","modified_gmt":"2025-10-07T23:58:40","slug":"le-pq-au-troisieme-rang-et-en-remise-en-question","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2007\/04\/le-pq-au-troisieme-rang-et-en-remise-en-question\/","title":{"rendered":"Le PQ au troisi\u00e8me rang et en remise en question"},"content":{"rendered":"<p>Le soir du 15 novembre 2005, vingt-neuf ans apr\u00e8s premi\u00e8re prise du pouvoir, Andr\u00e9 Boisclair devenait le sixi\u00e8me chef du Parti qu\u00e9b\u00e9cois sous les auspices les plus favorables. Le PQ avait plus de 50 p. 100 des intentions de vote dans les sondages, tout comme l&#8217;option souverainiste. L&#8217;impopularit\u00e9 du gouvernement Charest \u00e9tait \u00e0 son sommet et la marque de commerce f\u00e9d\u00e9raliste elle-m\u00e9\u201ame \u00e9tait ternie par le scandale des commandites.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l&#8217;Action d\u00e9mocratique du Qu\u00e9bec de Mario Dumont, elle n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un tiers parti, qui n&#8217;avait aucune reconnaissance officielle \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale et qui \u00e9tait en perte de vitesse dans les sondages, au point o\u00f9 plusieurs de ses partisans s&#8217;interrogeaient sur sa viabilit\u00e9 \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Rien, absolument rien, ne laissait pr\u00e9sager cette soir\u00e9e, 16 mois plus tard, quand Mario Dumont allait entrer dans la plus grande salle disponible \u00e0 Rivi\u00e8re-du-Loup comme s&#8217;il \u00e9tait le v\u00e9ritable vainqueur de l&#8217;\u00e9lection du 26 mars 2007. De son co\u00cc\u201at\u00e9, Andr\u00e9 Boisclair entrait au Club soda \u00e0 Montr\u00e9al comme leader du troisi\u00e8me parti \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale, avec seulement 28 p. 100 des voix, un statut que le PQ n&#8217;avait occup\u00e9 qu&#8217;une seule fois en quarante ans, entre 1970 et 1973.<\/p>\n<p>Comment le Parti qu\u00e9b\u00e9cois a-t-il pu connai\u00cc\u201atre un tel d\u00e9clin en si peu de temps? La premi\u00e8re des raisons est sa sans doute son remarquable succ\u00e8s au gouvernement. Voici un parti qui a si bien agi sur les raisons qu&#8217;il avait identifi\u00e9es comme justifiant la souverainet\u00e9 du Qu\u00e9bec que la souverainet\u00e9 elle-m\u00e9\u201ame ne semble plus n\u00e9cessaire pour une majorit\u00e9 de Qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p>\n<p>La loi 101 a r\u00e9ussi \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 linguistique des francophones effa\u00e7ant ainsi la crainte de l&#8217;assimilation \u00e0 plus ou moins long terme. Avec le Qu\u00e9bec qui assure un plus grand contro\u00cc\u201ale de son immigration, il s&#8217;agit sans doute de la principale motivation de l&#8217;ind\u00e9pendance qui n&#8217;a plus sa raison d&#8217;\u00e9\u201atre.<\/p>\n<p>Les \u00ab enfants de la loi 101 \u00bb, de toutes origines, pass\u00e9s par l&#8217;\u00e9cole fran\u00e7aise, sont un t\u00e9moignage quotidien du succ\u00e8s de la francisation de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es. De m\u00e9\u201ame, la culture qu\u00e9b\u00e9coise rayonne partout dans le monde, de Paris \u00e0 Las Vegas, t\u00e9moignant de sa vitalit\u00e9.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s a \u00e9t\u00e9 tout aussi important sur le plan \u00e9conomique, l&#8217;autre grande justification de l&#8217;ind\u00e9pendance. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, le Qu\u00e9bec avait une \u00e9conomie presque enti\u00e8rement contro\u00cc\u201al\u00e9e par la minorit\u00e9 anglophone. Le visage commercial de Montr\u00e9al \u00e9tait presque exclusivement en langue anglaise et rare \u00e9taient les dirigeants d&#8217;entreprises francophones.<\/p>\n<p>Cette situation a chang\u00e9 de fa\u00e7on importante, en bonne partie gra\u00cc\u201ace \u00e0 l&#8217;emploi plus vigoureux des institutions de l&#8217;\u00c9tat comme la Caisse de d\u00e9po\u00cc\u201ats et la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de financement que privil\u00e9giait le Parti qu\u00e9b\u00e9cois. On peut aussi parler de certaines de ses initiatives comme le R\u00e9gime d&#8217;\u00e9pargnes-actions, qui a permis \u00e0 plusieurs soci\u00e9t\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises de prendre leur envol.<\/p>\n<p>Avec le r\u00e9sultat, aujourd&#8217;hui, qu&#8217;on ne puisse plus dire que l&#8217;\u00e9conomie des Qu\u00e9b\u00e9cois est sous contro\u00cc\u201ale \u00e9tranger ou que les francophones n&#8217;y ont pas leur place.<\/p>\n<p>Ces succ\u00e8s sont r\u00e9els et incontestables, mais c&#8217;est maintenant une th\u00e9orie assez bien reconnue chez les observateurs de la politique qu\u00e9b\u00e9coise que de dire que le PQ a \u00e9t\u00e9, dans les faits, son propre pire ennemi. Ou au moins qu&#8217;il a contribu\u00e9 \u00e0 rendre moins n\u00e9cessaire la r\u00e9alisation de son objectif ultime : la souverainet\u00e9 politique du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Mais les membres du Parti qu\u00e9b\u00e9cois ne partageaient visiblement pas cette analyse en juin 2005, lors d&#8217;un congr\u00e8s dont on se souvient surtout pour la d\u00e9mission de Bernard Landry apr\u00e8s un vote de confiance d\u00e9cevant.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 cette \u00e9poque qu&#8217;il faut remonter pour comprendre les ennuis qui ont min\u00e9 la campagne \u00e9lectorale d\u00e9sastreuse du Parti qu\u00e9b\u00e9cois au printemps de 2007.<\/p>\n<p>Comme dop\u00e9s par le scandale des commandites, les militants p\u00e9quistes ont voulu adopter un programme ne laissant que tr\u00e8s peu de marge de man\u0153uvre \u00e0 leur futur chef. Le programme pr\u00e9voyait, notamment, qu&#8217;un r\u00e9f\u00e9rendum sur la souverainet\u00e9 devrait \u00e9\u201atre tenu \u00ab le plus vite possible dans le premier mandat \u00bb du gouvernement p\u00e9quiste.<\/p>\n<p>Plus question pour le chef du PQ d&#8217;avoir la possibilit\u00e9 d&#8217;attendre \u00ab des conditions gagnantes \u00bb ou l&#8217;assurance de pouvoir gagner le r\u00e9f\u00e9rendum ; les militants le voulaient tout de suite. Apr\u00e8s deux \u00e9lections o\u00f9 Lucien\u00a0Bouchard d&#8217;abord, puis Bernard Landry ensuite ne voulaient pas demander le mandat de tenir un r\u00e9f\u00e9rendum, les militants en avaient assez. Ils voulaient un engagement concret, quitte \u00e0 lier les mains de leur chef.<\/p>\n<p>La course au leadership, qui devait monopoliser les \u00e9nergies du PQ pour le plus clair des mois qui allaient suivre, se d\u00e9roulait en outre dans la foul\u00e9e du scandale des commandites, alors que l&#8217;image de marque du f\u00e9d\u00e9ralisme \u00e9tait ternie et que les sondages indiquaient une victoire facile du PQ.<\/p>\n<p>Ce fut une campagne o\u00f9 aucun des candidats n&#8217;a jug\u00e9 bon de remettre en question le programme ou la strat\u00e9gie r\u00e9f\u00e9rendaire et o\u00f9 tous les candidats \u00e9taient plus occup\u00e9s \u00e0 d\u00e9crire le Qu\u00e9bec souverain qu&#8217;\u00e0 penser aux \u00e9tapes qu&#8217;il restait \u00e0 franchir avant d&#8217;y arriver. Le reste de la campagne fut surtout domin\u00e9 par les \u00e9carts de conduite d&#8217;Andr\u00e9 Boisclair alors qu&#8217;il \u00e9tait ministre dans les gouvernements Bouchard et Landry, en particulier sa consommation de cocai\u00cc\u02c6ne.<\/p>\n<p>\u00c9lu chef au premier tour de scrutin avec 53p.100 des suffrages, devant sa plus proche rivale, Pauline Marois, qui a obtenu 30 p. 100, M. Boisclair avait les coud\u00e9es franches. Il pouvait prendre ses distances d&#8217;un programme qui allait, rapidement, devenir un boulet aux pieds de son parti. Il a choisi de ne pas le faire.<\/p>\n<p>Tout au plus, en juin 2006, affirmait-il dans une entrevue au\u00a0<em>Soleil<\/em>\u00a0qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait \u00ab pas un kamikaze \u00bb et qu&#8217;il ne lancerait pas le Qu\u00e9bec dans un r\u00e9f\u00e9rendum qu&#8217;il ne serait pas certain de gagner.<\/p>\n<p>Mais il restait, officiellement, li\u00e9 par le programme de son parti, un engagement dont il ne devait jamais se d\u00e9faire, m\u00e9\u201ame dans les derniers jours de la campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>D\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 la t\u00e9\u201ate du PQ, les choses devaient se compliquer pour M. Boisclair. D&#8217;abord, le gouvernement minoritaire de Paul Martin \u00e9tait renvers\u00e9 par un vote de non confiance \u00e0 la Chambre des communes, moins de deux semaines apr\u00e8s son \u00e9lection comme chef.<\/p>\n<p>Ce qui devait \u00e9\u201atre la grande victoire du mouvement souverainiste \u00e0 la suite du rapport Gomery et donc de la faiblesse du camp f\u00e9d\u00e9raliste\u2014 les strat\u00e8ges du Bloc qu\u00e9b\u00e9cois, en d\u00e9but de campagne, \u00e9voquaient ouvertement l&#8217;id\u00e9e d&#8217;obtenir plus de 50 p. 100 des voix\u2014 a pluto\u00cc\u201at mal tourn\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la grande r\u00e9gion de Qu\u00e9bec, contre toute attente, le Parti conservateur obtenait huit si\u00e8ges et deux autres en Outaouais et au Saguenay. Avec 25 p. 100 des voix, le parti de Stephen Harper devenait la seconde formation politique f\u00e9d\u00e9rale au Qu\u00e9bec. Celle-l\u00e0, les souverainistes ne l&#8217;avaient pas vu venir.<\/p>\n<p>Il a suffi d&#8217;un seul discours de Stephen Harper, en d\u00e9cembre 2005 \u00e0 Qu\u00e9bec, pour provoquer ce changement profond dans l&#8217;\u00e9lectorat. Un seul discours promettant un \u00ab f\u00e9d\u00e9ralisme d&#8217;ouverture \u00bb et, soudainement, les souverainistes constataient qu&#8217;ils devaient compter avec un autre adversaire que des lib\u00e9raux discr\u00e9dit\u00e9s par les scandales.<\/p>\n<p>Bien su\u00cc\u201ar, le 23 janvier 2006, c&#8217;est le Bloc qu\u00e9b\u00e9cois qui obtenait un moins bon r\u00e9sultat que pr\u00e9vu, mais c&#8217;\u00e9tait tout le mouvement souverainiste qui venait de connai\u00cc\u201atre un revers inattendu.<\/p>\n<p>Au cours des mois qui ont suivi, Andr\u00e9 Boisclair n&#8217;a pas d\u00e9vi\u00e9 du plan qu&#8217;il s&#8217;\u00e9tait fix\u00e9 lors de son \u00e9lection.<\/p>\n<p>Il ne fit son entr\u00e9e \u00e0 la l\u00e9gislature qu&#8217;\u00e0 l&#8217;automne, au moment m\u00e9\u201ame o\u00f9 les lib\u00e9raux faisaient une remont\u00e9e dans les sondages. La pr\u00e9sence de M. Boisclair \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e ne fit pas grand effet sur les d\u00e9bats, mais elle permit aux lib\u00e9raux de l&#8217;attaquer sur son manque de jugement et de maturit\u00e9\u2014 une allusion \u00e0 peine voil\u00e9e \u00e0 sa consommation de cocai\u00cc\u02c6ne.<\/p>\n<p>Puis, en novembre, comme pour confirmer ces perceptions, le chef p\u00e9quiste participait \u00e0 un sketch de mauvais gou\u00cc\u201at dans une \u00e9mission de fin d&#8217;ann\u00e9e. Une parodie de \u00ab Brokeback Mountain \u00bb montrant Stephen Harper et George W. Bush pendant que M. Boisclair d\u00e9clarait que \u00ab jamais les Qu\u00e9b\u00e9cois ne vont accepter \u00e7a \u00bb.<\/p>\n<p>Venant d&#8217;un chef de parti ouvertement homosexuel, cet \u00e9pisode devait en quelque sorte cristalliser les perceptions \u00e0 l&#8217;effet qu&#8217;il n&#8217;avait pas la maturit\u00e9 et le jugement n\u00e9cessaires, pour \u00e9\u201atre premier ministre. Sans compter son langage, souvent qualifi\u00e9 de \u00ab langue de bois \u00bb, et sa difficult\u00e9 \u00e0 parler aux \u00e9lecteurs dans des mots simples pluto\u00cc\u201at que dans un jargon bureaucratique.<\/p>\n<p>Pendant tout ce temps, de sondage en sondage, le Parti qu\u00e9b\u00e9cois perdait des appuis, ce qui devait causer un malaise profond au sein du PQ, au point o\u00f9, quelques semaines seulement avant le d\u00e9clenchement des \u00e9lections, certains militants demandaient ouvertement la t\u00e9\u201ate de M. Boisclair. Mais l&#8217;imminence des \u00e9lections a eu pour effet de donner une nouvelle chance \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de la campagne \u00e9lectorale, il fut \u00e9vident que l&#8217;on allait assister \u00e0 une lutte \u00e0 trois, avec l&#8217;Action d\u00e9mocratique de Mario Dumont qui devenait un joueur important en \u00e9tant capable d&#8217;articuler les frustrations de bien des \u00e9lecteurs. La question des \u00ab accommodements raisonnables \u00bb\u2014 ces d\u00e9cisions des tribunaux permettant, par exemple, le port du kirpan par un jeune sikh dans une \u00e9cole de Montr\u00e9al\u2014 provoquaient beaucoup de remous, dont M. Dumont \u00e9tait le seul \u00e0 parler.<\/p>\n<p>Puis, pendant que le PQ et les lib\u00e9raux jouaient les prolongations de la campagne r\u00e9f\u00e9rendaire de 1995\u2014 Jean Charest allant m\u00e9\u201ame jusqu&#8217;\u00e0 invoquer la partition du territoire qu\u00e9b\u00e9cois\u2014 Mario Dumont parlait des questions de pain et de beurre qui s&#8217;adressaient justement aux \u00e9lecteurs fatigu\u00e9s du d\u00e9bat constitutionnel.<\/p>\n<p>Mais, en m\u00e9\u201ame temps, Mario Dumont s&#8217;attaquait directement \u00e0 la social-d\u00e9mocratie \u00e0 la sauce p\u00e9quiste.<\/p>\n<p>Le meilleur exemple est la question des garderies. Prenant exemple sur Stephen Harper qui avait promis une allocation aux familles \u00e0 la place d&#8217;un programme national de garderies, M. Dumont et l&#8217;ADQ ont promis 100 $ par semaine et par enfant qui ne fr\u00e9quente pas le r\u00e9seau de garderies subventionn\u00e9es.<\/p>\n<p>Les garderies \u00e0 5 $ par jour (maintenant 7 $) ont \u00e9t\u00e9 un grand succ\u00e8s et furent m\u00e9\u201ame le mod\u00e8le retenu par Paul Martin pour son programme national. Mais cette initiative du PQ a \u00e9t\u00e9 la victime de son propre succ\u00e8s.<\/p>\n<p>D&#8217;une part, seulement la moiti\u00e9 des enfants du Qu\u00e9bec ont actuellement une place dans les garderies subventionn\u00e9es. D&#8217;autre part, les garderies publiques ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es, dans les faits, en abolissant le r\u00e9gime d&#8217;allocations familiales autrefois disponible pour tous les parents.<\/p>\n<p>Ceux qui gardent leurs enfants \u00e0 la maison ou qui doivent avoir recours \u00e0 une garderie priv\u00e9e se sentent donc les victimes d&#8217;une double injustice.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui est une sorte de microcosme de la social-d\u00e9mocratie p\u00e9quiste. Les programmes \u00e9taient souvent excellents, mais ceux qui ne peuvent, pour quelque raison, se conformer au moule sont souvent laiss\u00e9s pour compte.<\/p>\n<p>C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cette client\u00e8le que s&#8217;adressait l&#8217;ADQ. Une client\u00e8le de jeunes familles, qui paient beaucoup d&#8217;impo\u00cc\u201ats et qui n&#8217;ont pas l&#8217;impression de recevoir les services gouvernementaux auxquels ils devraient avoir droit. Une client\u00e8le qui, contrairement au PQ, ne croit plus que l&#8217;\u00c9tat est la solution.<\/p>\n<p>Des familles qui voient le gouvernement s&#8217;occuper des ho\u00cc\u201apitaux, mais qui n&#8217;ont pas de m\u00e9decin de famille. Qui voient les garderies subventionn\u00e9s, mais qui n&#8217;y ont pas n\u00e9cessairement acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Pour ces \u00e9lecteurs, il \u00e9tait possible d&#8217;\u00e9\u201atre souverainiste\u2014 ou, au moins, de dire \u00e0 un sondeur qu&#8217;on voterait Oui \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rendum sur la souverainet\u00e9\u2014 et de ne plus voter pour le PQ. Pour la premi\u00e8re fois, le PQ n&#8217;a plus le monopole du vote souverainiste, une situation devant laquelle il n&#8217;a pas su r\u00e9agir.<\/p>\n<p>M. Boisclair a men\u00e9 une campagne \u00e9lectorale presque sans faute. Mais il n&#8217;a vu venir ni le rejet de l&#8217;option souverainiste, ni celui de la social-d\u00e9mocratie p\u00e9quiste. Attaqu\u00e9 sur les deux principales affirmations du credo p\u00e9quiste, le PQ et Andr\u00e9 Boisclair devaient terminer au troisi\u00e8me rang, avec seulement 28 p. 100 des voix. Son pire r\u00e9sultat depuis 1970.<\/p>\n<p>Mais, au cours du dernier week-end, le programme de son parti devait le rattraper. Devant tous les sondages qui annoncaient un gouvernement minoritaire, M. Boisclair devait tenir mordicus \u00e0 la possibilit\u00e9 qu&#8217;il puisse quand m\u00e9\u201ame tenir un r\u00e9f\u00e9rendum. M\u00e9\u201ame ses deux pr\u00e9d\u00e9cesseurs, Jacques Parizeau et Bernard Landry, disaient que cela n&#8217;\u00e9tait gu\u00e8re r\u00e9aliste.<\/p>\n<p>En insistant jusqu&#8217;au bout sur la tenue d&#8217;un r\u00e9f\u00e9rendum, Andr\u00e9 Boisclair s&#8217;est trouv\u00e9 \u00e0 faire le jeu de l&#8217;ADQ et de ce large segment de l&#8217;opinion publique qu\u00e9b\u00e9coise qui ne veut ni d&#8217;un r\u00e9f\u00e9rendum, ni d&#8217;un \u00c9tat encore plus pr\u00e9sent dans leurs vies.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, le PQ doit donc se poser des questions difficiles et se red\u00e9finir. Pas seulement sur sa raison d&#8217;\u00e9\u201atre, mais sur sa fa\u00e7on de gouverner quand il est au pouvoir.<\/p>\n<p>De ces remises en question d\u00e9pendent sa survie comme force politique majeure sur l&#8217;\u00e9chiquier qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le soir du 15 novembre 2005, vingt-neuf ans apr\u00e8s premi\u00e8re prise du pouvoir, Andr\u00e9 Boisclair devenait le sixi\u00e8me chef du Parti qu\u00e9b\u00e9cois sous les auspices les plus favorables. Le PQ avait plus de 50 p. 100 des intentions de vote dans les sondages, tout comme l&#8217;option souverainiste. 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