{"id":262132,"date":"2006-03-01T05:00:00","date_gmt":"2006-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/les-elections-federales-du-23-janvier-2006-realignement-ou-parenthese\/"},"modified":"2025-10-07T19:52:02","modified_gmt":"2025-10-07T23:52:02","slug":"les-elections-federales-du-23-janvier-2006-realignement-ou-parenthese","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2006\/03\/les-elections-federales-du-23-janvier-2006-realignement-ou-parenthese\/","title":{"rendered":"Les \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales du 23 janvier 2006 : r\u00e9alignement ou parenth\u00e8se?"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de janvier 2006 marquent un \u00e9v\u00e9nement historique pour le Canada. En effet, depuis 100 ans, le Parti lib\u00e9ral n&#8217;a c\u00e9d\u00e9 le pouvoir qu&#8217;\u00e0 six reprises, soit en 1911, 1926, 1930, 1957, 1979 et 1984. Et encore, deux de ces occasions, 1926 et 1979, n&#8217;ont constitu\u00e9 que des \u00e9clipses temporaires. Il serait \u00e9tonnant que ce soit encore le cas avec le gouvernement Harper qui se voit accorder un mandat d&#8217;une dur\u00e9e de quelque deux ann\u00e9es, en raison des circonstances : une population qui n&#8217;est su\u00cc\u201arement pas dispos\u00e9e \u00e0 retourner aux urnes \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance et une Opposition qui ne l&#8217;est gu\u00e8re non plus, tout particuli\u00e8rement les lib\u00e9raux qui doivent se reba\u00cc\u201atir et se donner un nouveau chef.<\/p>\n<p>Un autre trait de ces \u00e9lections qui les distingue de la plupart des autres, c&#8217;est la prise du pouvoir par un parti qu&#8217;on donnait pour battu au moment du d\u00e9clenchement de la campagne \u00e9lectorale. Il est rare qu&#8217;on assiste \u00e0 un revirement aussi spectaculaire de l&#8217;\u00e9lectorat. Une cons\u00e9quence de ce ph\u00e9nom\u00e8ne se manifeste dans la composition de ce nouveau gouvernement. Dans la mesure ou le Parti conservateur n&#8217;apparaissait pas comme gagnant au moment de la clo\u00cc\u201ature de la p\u00e9riode de mise en candidature, il n&#8217;a su\u00cc\u201arement pas attir\u00e9 les personnalit\u00e9s et les candidatures de talent autant qu&#8217;un parti minist\u00e9riel le fait habituellement. Cela est particuli\u00e8rement vrai au Qu\u00e9bec. On peut imaginer que plusieurs \u00e9lecteurs auraient \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9s \u00e0 voter conservateur s&#8217;ils avaient pu accorder leur vote \u00e0 un candidat prestigieux. C&#8217;est l\u00e0 sans doute un \u00e9l\u00e9ment d&#8217;explication de la remont\u00e9e lib\u00e9rale durant les derniers jours de la campagne. Il faut le souligner. Comme telle, la victoire conservatrice, pour historique qu&#8217;elle soit, n&#8217;est pas spectaculaire et place le nouveau gouvernement dans une situation pr\u00e9caire.<\/p>\n<p>La population canadienne n&#8217;a pas voulu se d\u00e9barrasser tout \u00e0 fait des lib\u00e9raux, comme on le croyait \u00e0 quelques semaines de la fin de la campagne. En d\u00e9pit de tous les scandales qui ont accabl\u00e9 ce parti, en d\u00e9pit de son arrogance et de sa pr\u00e9tention \u00e0 \u00e9\u201atre le seul v\u00e9ritable parti capable de gouverner le Canada en permanence, les lib\u00e9raux se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s increvables. Ils ont pu s&#8217;assurer la fid\u00e9lit\u00e9 d&#8217;une bonne partie de l&#8217;\u00e9lectorat, notamment dans les trois plus grandes villes, dans une grande partie de l&#8217;Ontario, dans la population anglophone du Qu\u00e9bec et dans l&#8217;ensemble des provinces atlantiques.<\/p>\n<p>La crainte des politiques conservatrices, la qualit\u00e9 de certains candidats lib\u00e9raux, du moins leur empathie avec l&#8217;\u00e9lectorat, un certain cynisme quant aux scandales et la pr\u00e9f\u00e9rence pour la conception lib\u00e9rale du f\u00e9d\u00e9ralisme, centr\u00e9e sur la pr\u00e9pond\u00e9rance d&#8217;un gouvernement \u00ab national \u00bb fort, tous ces \u00e9l\u00e9ments ont contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9silience du Parti lib\u00e9ral sur la sc\u00e8ne canadienne. Il est donc fort possible que les lib\u00e9raux se ressaisissent \u00e0 plus ou moins br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance et se pr\u00e9sentent \u00e0 nouveau devant l&#8217;\u00e9lectorat, forts d&#8217;un nouveau chef qui aura re\u00e7u beaucoup de publicit\u00e9, avec une vigueur renouvel\u00e9e qui lui permettrait d&#8217;exploiter les erreurs d&#8217;un Parti conservateur entre-temps affaiblit et de reprendre le pouvoir, comme il l&#8217;a toujours fait dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Les conservateurs, de leur co\u00cc\u201at\u00e9, n&#8217;auront pas la ta\u00cc\u201ache facile. D&#8217;abord ils se pr\u00e9sentent avec une \u00e9quipe qui poss\u00e8de peu d&#8217;exp\u00e9rience gouvernementale. Ils devront faire face, en plusieurs occasions, \u00e0 l&#8217;inertie ou \u00e0 la mauvaise volont\u00e9 d&#8217;une fonction publique habitu\u00e9e \u00e0 travailler avec les lib\u00e9raux depuis tant d&#8217;ann\u00e9es. En Chambre, ils feront face \u00e0 une redoutable opposition. Les trois partis qui d\u00e9tiennent ce qu&#8217;on appelle la balance du pouvoir repr\u00e9sentent \u00e0 bien des \u00e9gards l&#8217;antinomie id\u00e9ologique du programme conservateur. La seule exception est celle du Bloc qu\u00e9b\u00e9cois, mais seulement en ce qui concerne l&#8217;assouplissement du f\u00e9d\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>Stephen Harper devra donc se rapprocher du centre autant que cela lui sera possible sans trahir carr\u00e9ment son programme. En d&#8217;autres termes, il lui faudra revenir, pour une bonne part, \u00e0 l&#8217;orientation de l&#8217;ancien Parti progressiste-conservateur. Ses coll\u00e8gues issus de l&#8217;aile droite du parti, de la faction R\u00e9forme-Alliance, le lui permettrontils? Il faut le souhaiter si l&#8217;on esp\u00e8re que ce gouvernement parvienne \u00e0 se faire accr\u00e9diter. Si le centre d\u00e9mographique du Canada se d\u00e9place vers l&#8217;ouest, il faut tenir compte du fait que la majorit\u00e9 de la population est toujours en Ontario. \u00ab The West wants in \u00bb, selon la c\u00e9l\u00e8bre formule de Preston Manning. Mais la dure r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9mographique ne permet pas \u00e0 l&#8217;Ouest de s&#8217;imposer avec autant de force que l&#8217;Est l&#8217;a fait jusqu&#8217;ici.<\/p>\n<p>Il faut aussi \u00e0 tout prix que Harper maintienne sa perc\u00e9e au Qu\u00e9bec et s&#8217;applique \u00e0 y construire une organisation. Il en va de m\u00e9\u201ame pour les provinces atlantiques.<\/p>\n<p>Une des raisons majeures des d\u00e9boires conservateurs au cours du si\u00e8cle dernier tient \u00e0 l&#8217;incapacit\u00e9 de ce parti de s&#8217;implanter au Qu\u00e9bec. Cela a \u00e9t\u00e9 du\u00cc\u201a pendant longtemps \u00e0 sa doctrine imp\u00e9rialiste, surtout au chapitre de la D\u00e9fense. Plus r\u00e9cemment, les conservateurs ont \u00e9t\u00e9 victimes des man\u0153uvres d&#8217;habiles politiciens lib\u00e9raux, alors m\u00e9\u201ame que les prises de position de leurs chefs, Robert Stanfield et Joe Clark en particulier, avaient tout pour s&#8217;attirer de fortes sympathies dans la province francophone. Seul le Qu\u00e9b\u00e9cois Brian Mulroney a admirablement r\u00e9ussi, mieux qu&#8217;aucun leader conservateur ne l&#8217;avait fait depuis le XIXe si\u00e8cle, \u00e0 rapprocher les Tories du Canada anglais, notamment ceux de l&#8217;Ouest, de l&#8217;\u00e9lectorat du Qu\u00e9bec. Cette synth\u00e8se s&#8217;est \u00e9chou\u00e9e sur la faillite des accords du lac Meech et sur la r\u00e9pudiation massive qui s&#8217;en suivi au Canada anglais. Harper parviendra-t-il \u00e0 la reconstituer? C&#8217;est l\u00e0 pour lui un d\u00e9fi majeur.<\/p>\n<p>Enfin, le nouveau premier ministre devra aussi reba\u00cc\u201atir la relation canado-am\u00e9ricaine. Encore ici, il s&#8217;agit d&#8217;op\u00e9rer un amalgame subtil entre les n\u00e9cessit\u00e9s de notre appartenance nordam\u00e9ricaine et le nationalisme incontournable des Canadiens.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc deux pr\u00e9occupations majeures du nouveau gouvernement. Maintenir \u00e0 la fois l&#8217;unit\u00e9 nationale du pays et ses bonnes relations avec son voisin du Sud. L&#8217;analyse qui suit s&#8217;en tiendra \u00e0 ces deux \u00e9l\u00e9ments de la conjoncture nouvelle.<\/p>\n<p>En un seul petit discours prononc\u00e9 \u00e0 Qu\u00e9bec, le 19 d\u00e9cembre 2005, Stephen Harper s&#8217;est m\u00e9rit\u00e9 dix si\u00e8ges et un accroissement consid\u00e9rable du vote populaire au Qu\u00e9bec. Pour bien comprendre ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 la fois si simple et si lourd de cons\u00e9quences, il faut revenir \u00e0 quelques v\u00e9rit\u00e9s fondamentales qui parviennent difficilement \u00e0 s&#8217;imposer dans l&#8217;ensemble du Canada.<\/p>\n<p>Les Qu\u00e9b\u00e9cois sont profond\u00e9ment f\u00e9d\u00e9ralistes, \u00e0 une forte majorit\u00e9. Ils sont probablement m\u00e9\u201ame les plus f\u00e9d\u00e9ralistes de tous les Canadiens, dans la mesure o\u00f9 le f\u00e9d\u00e9ralisme signifie le partage du pouvoir entre deux niveaux de gouvernement. Quand ils ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s par la s\u00e9cession, c&#8217;est essentiellement en raison de ce qu&#8217;ils ont per\u00e7u comme la faillite du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien. Les deux arguments massue de la campagne r\u00e9f\u00e9rendaire pour le OUI en 1995 \u00e9taient les suivants : le Qu\u00e9bec a \u00e9t\u00e9 <em>isol\u00e9<\/em> au moment du rapatriement de la Constitution en 1981 et 1982 ; le Qu\u00e9bec a \u00e9t\u00e9 <em>rejet\u00e9<\/em> par une majorit\u00e9 de Canadiens dans la faillite des accords du lac Meech en 1990. Sans doute y avait-il l\u00e0 une \u00e9norme simplification, mais ces deux affirmations contenaient leur part de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour peu qu&#8217;on s&#8217;adresse aux revendications traditionnelles du Qu\u00e9bec, entre autres la reconnaissance de la sp\u00e9cificit\u00e9, le respect de l&#8217;autonomie provinciale, la limitation du pouvoir de d\u00e9penser d&#8217;Ottawa, il se trouve toujours une bonne majorit\u00e9 de Qu\u00e9b\u00e9cois pour accepter ce que Ren\u00e9 L\u00e9vesque a appel\u00e9 \u00ab le beau risque \u00bb. Brian Mulroney a bien compris cela et a failli passer \u00e0 l&#8217;histoire comme l&#8217;architecte d&#8217;un grand compromis canadien. Jean Chr\u00e9tien ne l&#8217;a pas compris et cela lui a valu la pi\u00e8tre distinction d&#8217;\u00e9\u201atre le seul leader politique issu du Qu\u00e9bec \u00e0 ne jamais obtenir une majorit\u00e9 de si\u00e8ges dans sa province natale. Au lieu de s&#8217;adresser directement aux arguments du r\u00e9f\u00e9rendum et s&#8217;engager \u00e0 restaurer le f\u00e9d\u00e9ralisme en s&#8217;adressant aux griefs qu\u00e9b\u00e9cois, il a tent\u00e9 de se gagner l&#8217;adh\u00e9sion des Qu\u00e9b\u00e9cois avec des commandites tout en tenant une ligne dure pour entraver la possibilit\u00e9 d&#8217;un autre r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<p>Les Canadiens des autres provinces ne semblent pas avoir appr\u00e9hend\u00e9 la gravit\u00e9 du scandale des commandites. Il ne s&#8217;agissait pas de corruption politique comme on en trouve un peu partout et dans tous les partis politiques. Il s&#8217;agissait de corruption dans le contexte de l&#8217;unit\u00e9 nationale du pays. On a cru pouvoir \u00ab vendre \u00bb le Canada aux Qu\u00e9b\u00e9cois de langue fran\u00e7aise. \u00e0 tort ou \u00e0 raison, beaucoup de Qu\u00e9b\u00e9cois ont vu dans ce scandale la reprise d&#8217;une tendance historique, comme si le pouvoir f\u00e9d\u00e9ral n&#8217;avait constamment obtenu sa l\u00e9gitimit\u00e9 que par le moyen de pr\u00e9bendes. D\u00e9pit\u00e9s par ce ph\u00e9nom\u00e8ne, les Qu\u00e9b\u00e9cois ont \u00e9t\u00e9 fort nombreux \u00e0 accorder leur appui au Bloc qu\u00e9b\u00e9cois. M\u00e9\u201ame apr\u00e8s la perc\u00e9e conservatrice, le parti souverainiste \u00e0 Ottawa conserve une forte majorit\u00e9 de si\u00e8ges, une pluralit\u00e9 imposante du vote et des gains notoires aupr\u00e8s des \u00e9lecteurs issus de l&#8217;immigration.<\/p>\n<p>Or voil\u00e0 que Stephen Harper tente le tout pour le tout pour remonter la pente au Qu\u00e9bec. Il s&#8217;engage \u00e0 s&#8217;adresser au probl\u00e8me du d\u00e9s\u00e9quilibre fiscal, \u00e0 limiter le pouvoir de d\u00e9penser du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et \u00e0 accorder au Qu\u00e9bec un certain statut dans des organisations internationales traitant de questions qui sont du ressort des comp\u00e9tences provinciales. Cela a suffi pour que le Parti conservateur s&#8217;\u00e9tablisse comme le premier parti f\u00e9d\u00e9raliste au Qu\u00e9bec, m\u00e9\u201ame s&#8217;il n&#8217;offrait pas une brochette de candidats tr\u00e8s impressionnante.<\/p>\n<p>Pourquoi cela s&#8217;est-il manifest\u00e9 surtout dans la r\u00e9gion de Qu\u00e9bec? Peut\u00e9\u201atre parce que la ville de Qu\u00e9bec s&#8217;est longtemps pr\u00e9sent\u00e9e comme la premi\u00e8re ville du Canada, le lieu de la fondation de la Conf\u00e9d\u00e9ration, une seconde capitale en quelque sorte. Les gouverneurs g\u00e9n\u00e9raux ont fait de la Citadelle de Qu\u00e9bec leur seconde r\u00e9sidence officielle. Qu\u00e9bec a souvent \u00e9t\u00e9 le th\u00e9a\u00cc\u201atre de grandes conf\u00e9rences canadiennes. Les habitants de cette ville ont toujours \u00e9t\u00e9 moins nationalistes que ceux de Montr\u00e9al. Cela \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vrai au moment de la r\u00e9bellion des Patriotes en 1837. Ce l&#8217;\u00e9tait encore au temps de Wilfrid Laurier, puis \u00e0 l&#8217;\u00e9poque d&#8217;Ernest Lapointe, \u00e0 celle de Louis Saint-Laurent, tous trois repr\u00e9sentants de la Vieille Capitale aux Communes. L&#8217;Universit\u00e9 Laval a \u00e9t\u00e9 longtemps plus ouverte au reste du Canada que l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Ce n&#8217;est plus vrai depuis plusieurs ann\u00e9es. Mais il y a lieu de croire que, dans cette ville presque exclusivement francophone, on se sent moins menac\u00e9 par la domination de la majorit\u00e9 canadienne que dans la m\u00e9tropole.<\/p>\n<p>De toute fa\u00e7on, on peut noter un accroissement du vote conservateur un peu partout dans la province. Le Montr\u00e9al anglophone, cependant, n&#8217;a pas emboi\u00cc\u201at\u00e9 le pas, en d\u00e9pit de l&#8217;invitation du quotidien The Gazette. Cela peut s&#8217;expliquer par l&#8217;absence de candidats de prestige et par la popularit\u00e9 des candidats lib\u00e9raux qui y sont bien implant\u00e9s. Mais peut-\u00e9\u201atre aussi n&#8217;at-on pas bien saisi que l&#8217;unit\u00e9 nationale du Canada ne sera r\u00e9alis\u00e9e qu&#8217;au prix d&#8217;une certaine d\u00e9centralisation des pouvoirs et du respect de la diff\u00e9rence qu\u00e9b\u00e9coise.<\/p>\n<p>Dans le Montr\u00e9al anglophone, comme dans l&#8217;Ontario urbain, en grande part, on semble croire que l&#8217;unit\u00e9 nationale s&#8217;incarne dans une conception toute jacobine d&#8217;un Canada, nation homog\u00e8ne, indivisible et unique, \u00e0 l&#8217;instar de la nation am\u00e9ricaine. Sans doute, la diversit\u00e9 ethnique est-elle pr\u00e9sente dans ce type de nation, mais il n&#8217;y a gu\u00e8re place pour deux v\u00e9ritables niveaux de souverainet\u00e9, selon une interpr\u00e9tation qui a souvent pr\u00e9valu dans le pass\u00e9 et qui pr\u00e9vaut encore au Qu\u00e9bec. \u00e0 cet \u00e9gard, contrairement \u00e0 ce que pourraient croire beaucoup de Canadiens, il s&#8217;en trouve plusieurs au Qu\u00e9bec pour se r\u00e9jouir de ce qu&#8217;un Canadien de langue anglaise prenne enfin la t\u00e9\u201ate du gouvernement et ne se pr\u00e9sente pas, comme des leaders qu\u00e9b\u00e9cois l&#8217;ont fait si souvent dans le pass\u00e9, en interpr\u00e8te par excellence des aspirations et int\u00e9r\u00e9\u201ats de la province francophone. Il est vrai que les Qu\u00e9b\u00e9cois sont \u00e0 mille lieues de la mentalit\u00e9 qui pr\u00e9vaut en Alberta. Mais le compromis canadien consiste peut-\u00e9\u201atre bien davantage dans le respect des diff\u00e9rences que dans un vain d\u00e9sir de partager une m\u00e9\u201ame vision du monde.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc le pari de Stephen Harper. Persuader le reste du Canada que les exigences du Qu\u00e9bec sont acceptables et ne correspondent gu\u00e8re plus qu&#8217;\u00e0 un v\u00e9ritable partage de pouvoirs et au respect de la sp\u00e9cificit\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise. S&#8217;il r\u00e9ussit, il a de fortes chances d&#8217;op\u00e9rer un v\u00e9ritable r\u00e9alignement politique au Qu\u00e9bec et aussi dans le reste du Canada qui aura ainsi constat\u00e9 \u00e0 quel point une politique d\u00e9centralisatrice peut constituer un antidote au mouvement souverainiste qu\u00e9b\u00e9cois. S&#8217;il ne r\u00e9ussit pas, son passage au pouvoir risque fort de ne constituer gu\u00e8re plus qu&#8217;un faux espoir pour le Qu\u00e9bec et \u00e0 un retour en force du mouvement souverainiste.<\/p>\n<p>Un Canada moins obs\u00e9d\u00e9 par son unit\u00e9 nationale est aussi susceptible de constituer un meilleur partenaire pour les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>On peut d\u00e9celer assez fr\u00e9quemment dans l&#8217;histoire du Canada une corr\u00e9lation entre la souplesse f\u00e9d\u00e9rale-provinciale et de meilleures relations avec notre voisin du Sud. Diefenbaker et Trudeau ont tous les deux, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, pro\u00cc\u201an\u00e9 \u00e0 la fois une grande nation canadienne sym\u00e9trique et une politique de distanciation \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des \u00c9tats-Unis. En fait, le nationalisme s&#8217;adresse presque invariablement en m\u00e9\u201ame temps aux tendances centrifuges \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur et aux menaces ext\u00e9rieures. Pearson et Mulroney, pour leur part, ont \u00e9t\u00e9 aussi bien dispos\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des provinces canadiennes que pleins d&#8217;\u00e9gards \u00e0 l&#8217;endroit des \u00c9tats-Unis sans pour cela renoncer \u00e0 se d\u00e9marquer \u00e0 l&#8217;occasion. La diplomatie et le sens du compromis ont jou\u00e9 au niveau des relations canado-am\u00e9ricaines aussi bien qu&#8217;au niveau des relations f\u00e9d\u00e9rales-provinciales.<\/p>\n<p>Stephen Harper semble bien se rattacher \u00e0 ce dernier courant. D&#8217;ailleurs, depuis 1968, le Parti conservateur (autant sous sa forme pr\u00e9sente que sous l&#8217;ancienne enveloppe progressiste-conservatrice) se pr\u00e9sente invariablement comme l&#8217;organe des bonnes relations avec les \u00c9tatsUnis, \u00e0 l&#8217;encontre d&#8217;un Parti lib\u00e9ral jug\u00e9 souvent trop nationaliste. M\u00e9\u201ame Paul Martin, qui devait restaurer le climat des relations entre les deux pays, s&#8217;est vite laiss\u00e9 aller \u00e0 des d\u00e9clarations intempestives \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du grand voisin, y voyant sans doute un moyen de gagner des appuis aupr\u00e8s de la population.<\/p>\n<p>Le chef conservateur, pour sa part, en bon repr\u00e9sentant de l&#8217;Alberta, n&#8217;a pas manqu\u00e9 une occasion pour s&#8217;opposer \u00e0 des politiques lib\u00e9rales soidisant antiam\u00e9ricaines. Il a reproch\u00e9 au gouvernement Chr\u00e9tien son manque de collaboration au moment de l&#8217;invasion am\u00e9ricaine en Irak. \u00e0 l&#8217;instar du gouvernement Bush, il s&#8217;est oppos\u00e9 \u00e0 la ratification du protocole de Kyoto. Et il a adopt\u00e9 des positions conservatrices en mati\u00e8re de punition des jeunes contrevenants, de soutien aux services de garde, de l\u00e9galisation des drogues douces, de mariage homosexuel et de droit \u00e0 l&#8217;avortement.<\/p>\n<p>Il faut cependant s&#8217;empresser tout de suite d&#8217;att\u00e9nuer la port\u00e9e de ces orientations align\u00e9es sur les \u00c9tats-Unis. D&#8217;abord, parce que les relations canadoam\u00e9ricaines se situent bien au-del\u00e0 du niveau politique. Les liens qui unissent depuis longtemps les deux pays ont un caract\u00e8re structurel permanent et ne peuvent \u00e9\u201atre modifi\u00e9s de fa\u00e7on substantielle par les changements de gouvernement. Les int\u00e9r\u00e9\u201ats commerciaux, \u00e9nerg\u00e9tiques, militaires, culturels et humains sont tellement \u00e9tendus qu&#8217;aucun gouvernement n&#8217;a pu ni voulu les affecter sensiblement. En cons\u00e9quence, les diff\u00e9rends qui ne manquent pas de surgir dans le cadre de ces relations intenses sont aussi fond\u00e9s sur des int\u00e9r\u00e9\u201ats qui ne changent pas avec l&#8217;apparition d&#8217;une nouvelle \u00e9quipe gouvernementale dans un pays ou dans l&#8217;autre. On peut donc pr\u00e9voir que les conservateurs d\u00e9fendront ces int\u00e9r\u00e9\u201ats (notamment en ce qui a trait au commerce) avec la m\u00e9\u201ame vigueur que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, comme l&#8217;illustre bien l&#8217;affectation du lib\u00e9ral David Emerson au portefeuille du Commerce ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Ajoutons \u00e0 cela le fait que le nouveau premier ministre, en raison de sa situation minoritaire au Parlement, ne pourra se permettre de s&#8217;avancer trop loin dans ses politiques de droite, sous peine de provoquer une collision frontale avec les forces de l&#8217;Opposition et, ne l&#8217;oublions pas, avec une majorit\u00e9 de l&#8217;opinion publique canadienne. De plus, celui qui devient premier ministre en f\u00e9vrier 2006 est un homme chang\u00e9. De son propre aveu, Stephen Harper a \u00ab \u00e9volu\u00e9 \u00bb dans ses prises de position. Il ne parle plus d&#8217;envoyer des soldats canadiens en Irak. Maturation politique oblige, il se rapproche du centre. Avant m\u00e9\u201ame de prendre le pouvoir, il a voulu, sans que cela soit vraiment n\u00e9cessaire, contredire l&#8217;ambassadeur des \u00c9tats-Unis qui rappelait discr\u00e8tement la position am\u00e9ricaine eu \u00e9gard \u00e0 la navigation dans l&#8217;Arctique.<\/p>\n<p>Il y a donc fort \u00e0 parier que les relations entre les \u00c9tats-Unis et le Canada ne changeront pas profond\u00e9ment. Ce qui peut changer cependant, et ce n&#8217;est pas sans importance, c&#8217;est le climat de ces relations. Stephen Harper et George Bush entretiendront fort probablement des relations cordiales et feront valoir davantage \u00e0 la face du monde la force du partenariat am\u00e9ricano-canadien. Les \u00c9tats-Unis et le Canada peuvent \u00e9\u201atre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 plus d&#8217;un titre comme les deux pays les plus int\u00e9gr\u00e9s l&#8217;un \u00e0 l&#8217;autre dans l&#8217;ensemble des nations industrialis\u00e9es. Un gouvernement canadien moins nationaliste et plus modeste face \u00e0 un gouvernement am\u00e9ricain qui a perdu beaucoup de son arrogance pourrait cr\u00e9er une nouvelle atmosph\u00e8re dans le contexte continental au point, peut-\u00e9\u201atre, de faciliter une r\u00e9solution plus rapide des conflits.<\/p>\n<p>Moins de nationalisme dans les relations f\u00e9d\u00e9rales-provinciales, plus de souplesse dans les relations avec les \u00c9tats-Unis. Sans doute cela ne se produira ni automatiquement ni sans difficult\u00e9s et oppositions. Si les conservateurs parviennent \u00e0 rallier l&#8217;Est et l&#8217;Ouest, le Qu\u00e9bec et l&#8217;ensemble du Canada \u00e0 cette nouvelle orientation, ils pourront peut-\u00e9\u201atre ouvrir une nouvelle \u00e8re dans l&#8217;histoire politique de notre pays. S&#8217;ils n&#8217;y parviennent pas, si le poids des anciens antagonismes entrave ces changements, les lib\u00e9raux seront biento\u00cc\u201at pr\u00e9\u201ats \u00e0 se pr\u00e9senter \u00e0 nouveau comme le parti naturel du gouvernement et le passage des conservateurs au pouvoir n&#8217;aura \u00e9t\u00e9 qu&#8217;une autre parenth\u00e8se.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de janvier 2006 marquent un \u00e9v\u00e9nement historique pour le Canada. En effet, depuis 100 ans, le Parti lib\u00e9ral n&#8217;a c\u00e9d\u00e9 le pouvoir qu&#8217;\u00e0 six reprises, soit en 1911, 1926, 1930, 1957, 1979 et 1984. 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