{"id":261982,"date":"2005-03-01T05:00:00","date_gmt":"2005-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/"},"modified":"2025-10-07T19:46:51","modified_gmt":"2025-10-07T23:46:51","slug":"the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/","title":{"rendered":"L&#8217;environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique"},"content":{"rendered":"<p>Dans la vie de notre plan\u00e8te, un quart de si\u00e8cle ne compte que pour un petit battement de c\u0153ur, un imperceptible clignement des yeux. Par rapport aux 3,6 milliards d&#8217;ann\u00e9es de la Terre, l&#8217;humanit\u00e9 n&#8217;en est qu&#8217;\u00e0 ses premiers balbutiements. Si l&#8217;on d\u00e9roulait ces milliards d&#8217;ann\u00e9es sur une bande d&#8217;un kilom\u00e8tre, l&#8217;homo sapiens (l&#8217;esp\u00e8ce soi-disant intelligente) ne ferait son apparition qu&#8217;\u00e0 deux centim\u00e8tres environ de l&#8217;extr\u00e9mit\u00e9. Et la r\u00e9volution industrielle \u00e0 un infime huit milli\u00e8me de centim\u00e8tre.<\/p>\n<p>Il est donc frappant de constater tout le tort caus\u00e9 \u00e0 la biosph\u00e8re en si peu de temps. Nous sommes seuls dans le syst\u00e8me solaire. Et c&#8217;est tout \u00e0 fait exceptionnellement que la vie est possible sur notre plan\u00e8te, ce globe bleu-vert dont les plus proches voisins sont des astres \u00e0 l&#8217;atmosph\u00e8re gazeuse irrespirable. L&#8217;histoire de la Terre, faite de cycles naturels qui en maintiennent l&#8217;\u00e9quilibre, est synonyme de perp\u00e9tuelle renaissance. La composition chimique de notre atmosph\u00e8re semble avoir \u00e9t\u00e9 soigneusement \u00e9tudi\u00e9e pour permettre la vie gra\u00cc\u201ace \u00e0 un climat \u00ab id\u00e9al \u00bb, ni trop chaud ni trop froid. Si ce n&#8217;\u00e9tait de ses 275 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone cr\u00e9ant un effet de serre naturel, cette atmosph\u00e8re serait trop froide pour notre survie. Jusqu&#8217;\u00e0 r\u00e9cemment, la couche d&#8217;ozone nous prot\u00e9geait des rayons nocifs du soleil tandis que la fixation de l&#8217;azote, l&#8217;\u00e9quilibre \u00e9cosyst\u00e9mique et les cycles hydrologiques agissaient avec d&#8217;autres facteurs pour maintenir notre plan\u00e8te bien vivante.<\/p>\n<p>Mais nous avons renvers\u00e9 sur une dur\u00e9e \u00e9tonnamment courte certains cycles d&#8217;importance majeure. Nous avons lib\u00e9r\u00e9 des produits chimiques qui d\u00e9truisent la couche d&#8217;ozone, perturb\u00e9 le climat en alt\u00e9rant l&#8217;\u00e9quilibre chimique de l&#8217;atmosph\u00e8re, et provoqu\u00e9 la plus grande extinction d&#8217;esp\u00e8ces animales depuis celle qui a vu la disparition des dinosaures.\u00a0Bien su\u00cc\u201ar, nous l&#8217;avons fait sans en avoir l&#8217;intention. Mais les cons\u00e9quences de ce renversement sont encore per\u00e7ues comme regrettables et pluto\u00cc\u201at anodines, de simples effets secondaires du Grand Projet \u00e9conomique. La croissance \u00e9conomique et le d\u00e9veloppement technologique sont les 2 grandes sources d&#8217;inspiration dans nos soci\u00e9t\u00e9s modernes.<\/p>\n<p>En 25 ans, le mouvement \u00e9cologiste a certes fait avancer plusieurs dossiers. R\u00e9pondant \u00e0 la pression publique, les gouvernements ont banni l&#8217;usage du plomb dans l&#8217;essence et des phosphates dans les d\u00e9tergents, ils ont retir\u00e9 une douzaine de pesticides, interdit les produits chimiques s&#8217;attaquant \u00e0 la couche d&#8217;ozone et prot\u00e9g\u00e9 des millions d&#8217;hectares de r\u00e9gions sauvages. L&#8217;air des villes est g\u00e9n\u00e9ralement plus sain et les cours d&#8217;eau moins visiblement pollu\u00e9s. Pourtant, les probl\u00e8mes sont devenus plus urgents et le risque d&#8217;une catastrophe irr\u00e9versible est plus grand que jamais. Les dommages que nous causons \u00e0 l&#8217;environnement font peser sur notre propre survie une menace aussi grande qu&#8217;un conflit nucl\u00e9aire. Or les pouvoirs publics continuent de voir l&#8217;environnement comme un dossier qu&#8217;on peut reporter ind\u00e9finiment, qui passe apr\u00e8s d&#8217;autres probl\u00e8mes qu&#8217;on consid\u00e8re plus pressants. Il est pourtant manifeste en 2005 que l&#8217;heure n&#8217;est plus \u00e0 la procrastination. Demain est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n<p>Le mouvement \u00e9cologiste moderne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9tabli au moment de la cr\u00e9ation d&#8217;<em>Options politiques.<\/em> De 1960 \u00e0 1980, il s&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 attaqu\u00e9 \u00e0 des enjeux aussi vari\u00e9s que les pesticides, l&#8217;usage des technologies nucl\u00e9aires, le danger repr\u00e9sent\u00e9 par les grands p\u00e9troliers au large de nos co\u00cc\u201ates et l&#8217;\u00e9limination du propergol dans les bombes a\u00e9rosol.<\/p>\n<p>Le Canada a banni le DDT en 1969. Le premier Jour de la terre a eu lieu en 1970 et la premi\u00e8re conf\u00e9rence des Nations unies sur l&#8217;environnement en 1972. C&#8217;\u00e9tait \u00e0 Stockholm, et c&#8217;est le Canadien Maurice Strong qui en tenait les r\u00e9\u201anes. Dans la foul\u00e9e de cette conf\u00e9rence, des gouvernements du monde entier ont cr\u00e9\u00e9 des minist\u00e8res de l&#8217;Environnement. Le Canada avait \u00e0 ce moment l\u00e0 une petite longueur d&#8217;avance, ayant r\u00e9uni d\u00e8s 1970 plusieurs services gouvernementaux (conservation de la faune, parcs nationaux, bureaux antipollution, etc.) pour en faire Environnement Canada.<\/p>\n<p>Si les probl\u00e8mes des ann\u00e9es 1960\u2014 essentiellement la pollution de l&#8217;air et de l&#8217;eau\u2014, \u00e9taient surtout consid\u00e9r\u00e9s comme locaux, ceux des deux d\u00e9cennies suivantes prendraient un caract\u00e8re r\u00e9gional. Et, au tournant du mill\u00e9naire, ils prendront une tournure franchement mondiale. Les probl\u00e8mes sont devenus r\u00e9gionaux avec les ann\u00e9es 1980 en raison de l&#8217;approche des deux d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes, qu&#8217;on pourrait r\u00e9sumer comme suit : \u00ab Contre la pollution, dispersons les \u00e9missions \u00bb. Les usines, fonderies et centrales \u00e9lectriques ont ainsi \u00e9rig\u00e9 d&#8217;immenses chemin\u00e9es, d\u00e9pla\u00e7ant simplement le probl\u00e8me ailleurs. D&#8217;o\u00f9 les pluies acides et l&#8217;accumulation de produits toxiques parmi la faune de l&#8217;Arctique ou dans le lait maternel des femmes inuits. L&#8217;air s&#8217;est purifi\u00e9 localement, mais au d\u00e9triment de voisins \u00e9loign\u00e9s.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1980 se sont ouvertes sur une \u00e9lection f\u00e9d\u00e9rale qui a \u00e9vinc\u00e9 le fugitif gouvernement minoritaire de Joe Clark et report\u00e9 au pouvoir Pierre Elliot Trudeau. Lequel a salu\u00e9 la nouvelle d\u00e9cennie par un exub\u00e9rant \u00ab Bienvenue en 1980 ! \u00bb<\/p>\n<p>On pardonnera aux Canadiens de ne pas avoir remarqu\u00e9 qu&#8217;aucun gouvernement n&#8217;a \u00e9t\u00e9 plus r\u00e9ceptif aux questions environnementales que celui de Joe Clark. Ironiquement, l&#8217;homme v\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour avoir prot\u00e9g\u00e9 les libert\u00e9s civiles, rapatri\u00e9 la Constitution et affich\u00e9 son amour de la nature en faisant du\u00a0cano\u00e9\u02c6 en veste de daim, Pierre Elliott Trudeau donc, se souciait peu d&#8217;environnement. Son gouvernement s&#8217;y montrait souvent hostile, et lui-m\u00e9\u201ame ridiculisait les d\u00e9tracteurs du nucl\u00e9aire ou les adeptes de l&#8217;\u00e9nergie solaire.<\/p>\n<p>Notre ministre de l&#8217;Environnement le plus r\u00e9solu, John Fraser, n&#8217;a ainsi dispos\u00e9 que des neuf mois du gouvernement Clark pour agir. Ce qu&#8217;il a fait en s&#8217;attaquant au grand d\u00e9fi de la d\u00e9cennie suivante:les pluies acides. D\u00e9crivant celles-ci comme \u00ab un probl\u00e8me d&#8217;une urgence et d&#8217;une gravit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00bb, John Fraser a recadr\u00e9 le d\u00e9bat au sein d&#8217;Environnement Canada en enjoignant ses fonctionnaires de parler sans d\u00e9tour de \u00ab pluies acides \u00bb au lieu du \u00ab transport \u00e0 grande distance de polluants atmosph\u00e9riques \u00bb. Je l&#8217;entends encore s&#8217;amuser des protestations de son personnel : \u00ab Mais voyez-vous, Monsieur le Ministre, on ne peut parler de pluie car il s&#8217;agit parfois de neige, de brouillard et m\u00e9\u201ame de retomb\u00e9es s\u00e8ches. \u00bb Argument auquel il r\u00e9pliqua :\u00a0\u00ab Bon sang, on parlera de pluies acides, un point c&#8217;est tout. \u00bb<\/p>\n<p>La derni\u00e8re action dont on peut cr\u00e9diter le gouvernement Clark est celle-l\u00e0 m\u00e9\u201ame qui a caus\u00e9 sa perte. Sans qu&#8217;il ait jamais \u00e9t\u00e9 question de pr\u00e9senter un \u00ab budget vert \u00bb, le ministe des Finances John Crosbie n&#8217;en augmenta pas moins les taxes sur les carburants. Or tout \u00e9tudiant en \u00e9cologie sait que la meilleure fa\u00e7on de combattre la pollution consiste \u00e0 surtaxer les substances polluantes, et inversement.<\/p>\n<p>Une fois les lib\u00e9raux de retour au pouvoir, c&#8217;est John Roberts qui a obtenu le portefeuille de l&#8217;Environnement. Heureusement, John Fraser a pu s&#8217;entretenir avec lui et les deux hommes ont convenus de maintenir le cap. Le nouveau ministre a ainsi favoris\u00e9 la cr\u00e9ation et le financement d&#8217;un organisme non gouvernemental, la Coalition canadienne contre les pluies acides, charg\u00e9 de sensibiliser les pouvoirs publics et de faire pression des deux co\u00cc\u201at\u00e9s de la fronti\u00e8re pour r\u00e9duire les \u00e9missions de dioxyde de soufre. D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, les scientifiques \u00e9tablissaient que le ph\u00e9nom\u00e8ne avait ravag\u00e9 150 000 des 700 000 lacs de l&#8217;est du Canada, et que l&#8217;acidification de 14 000 d&#8217;entre eux \u00e9tait trop avanc\u00e9e pour y maintenir la vie aquatique.<\/p>\n<p>En 1981, des manifestants se sont mass\u00e9s sur la Colline du Parlement lors d&#8217;une visite de Ronald Reagan\u2014 celuil\u00e0 m\u00e9\u201ame qui avait affirm\u00e9 sans rire que les arbres polluent davantage que le secteur industriel\u2014 pour r\u00e9clamer l&#8217;\u00e9limination des polluants qui, en se dispersant, causaient les pluies acides jusqu&#8217;au Canada. Au coin de Queen et Wellington, les locaux v\u00e9tustes de la F\u00e9d\u00e9ration canadienne de la nature offraient un excellent point de vue sur la Colline. Son directeur de l&#8217;\u00e9poque, Rick Pratt, y avait fait d\u00e9ployer un drap portant les mots \u00ab ARRE\u00cc\u201aTEZ LES PLUIES ACIDES \u00bb peints en rouge. Le geste n&#8217;est pas pass\u00e9 inaper\u00e7u. Avant la fin de la d\u00e9cennie, le Canada r\u00e9ussira \u00e0 s&#8217;entendre avec les \u00c9tats-Unis pour r\u00e9duire les \u00e9missions de dioxyde de soufre, selon des cibles obligatoires que s&#8217;engageront \u00e9galement \u00e0 respecter les sept provinces de l&#8217;est du pays.<\/p>\n<p>Brian Mulroney est \u00e9lu en 1984 avec une \u00e9crasante majorit\u00e9. Comme toujours, l&#8217;environnement avait \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9 au second plan durant la campagne, mais le futur premier ministre avait assur\u00e9 le service minimum en promettant de combattre la pollution et les pluies acides. \u00e0 l&#8217;examen de ses ant\u00e9c\u00e9dents, rien n&#8217;annon\u00e7ait que Brian Mulroney deviendrait en la mati\u00e8re le meilleur premier ministre de l&#8217;histoire. On pourrait \u00e9videmment d\u00e9pr\u00e9cier son bilan en soutenant qu&#8217;il r\u00e9agissait aux sondages d&#8217;opinion. Tout au long des ann\u00e9es 1980 et surtout en fin de d\u00e9cennie, l&#8217;environnement figurait en effet parmi les principales pr\u00e9occupations de la population. Selon un sondage Environics de 1988, neuf Canadiens sur dix estimaient ainsi que la pollution mena\u00e7ait leur sant\u00e9. \u00e0 une question ouverte demandant aux gens quelles \u00e9taient leurs principales inqui\u00e9tudes, l&#8217;environnement arrivait m\u00e9\u201ame en t\u00e9\u201ate des r\u00e9ponses des personnes interrog\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais le choix de la premi\u00e8re titulaire du portefeuille de l&#8217;Environnement, Suzanne Blais-Grenier, augurait pluto\u00cc\u201at mal, celle-ci ayant notamment envisag\u00e9 d&#8217;autoriser l&#8217;exploitation mini\u00e8re et foresti\u00e8re dans les parcs. Au m\u00e9\u201ame moment, le ministre des Finances Michael Wilson annon\u00e7ait des coupes de 4 milliards de dollars dans la fonction publique, dont le quart serait pr\u00e9lev\u00e9 sur le budget d&#8217;Environnement Canada.<\/p>\n<p>Face au maigre bilan environnemental de la premi\u00e8re ann\u00e9e du gouvernement Mulroney, Suzanne Blais-Grenier sera remplac\u00e9e en aou\u00cc\u201at 1985 par Tom McMillan. Quelques mois plus to\u00cc\u201at, les lib\u00e9raux avaient conquis l&#8217;Ontario et nomm\u00e9 \u00e0 l&#8217;Environnement un Jim Bradley d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 faire progresser la lutte contre la pollution. Avec l&#8217;arriv\u00e9e subs\u00e9quente de Clifford Lincoln au minist\u00e8re de l&#8217;Environnement \u00e0 Qu\u00e9bec, la table \u00e9tait mise pour une riche p\u00e9riode de collaboration f\u00e9d\u00e9rale-provinciale. Mieux encore, les ministres rivaliseraient entre eux pour accomplir le maximum de progr\u00e8s en un minimum de temps.<\/p>\n<p>J&#8217;ai eu la chance de travailler au cabinet de Tom McMillan de 1986 \u00e0 1988. Deux br\u00e8ves ann\u00e9es qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des victoires sur plusieurs fronts. Les pluies acides sont devenues une priorit\u00e9 \u00e0 l&#8217;ordre du jour bilat\u00e9ral des deux chefs d&#8217;\u00c9tat Reagan et Mulroney. Le vice-pr\u00e9sident George Bush avouera m\u00e9\u201ame s&#8217;\u00ab \u00e9\u201atre fait passer un savon \u00bb \u00e0 propos des sources am\u00e9ricaines de pollution lors d&#8217;une rencontre \u00e0 Ottawa avec le premier ministre canadien.<\/p>\n<p>Une fois accomplis de vrais progr\u00e8s du co\u00cc\u201at\u00e9 des \u00e9missions de dioxyde de souffre (de 1980 \u00e0 1990, les usines et l&#8217;industrie houill\u00e8re canadiennes ont r\u00e9duit les leurs de 40 p. 100), les substances nuisibles \u00e0 la couche d&#8217;ozone sont devenues une priorit\u00e9 absolue, ce qui a \u00e9tendu au niveau mondial la port\u00e9e jusque-l\u00e0 locale puis r\u00e9gionale des probl\u00e8mes environnementaux.<\/p>\n<p>Parmi les dangers mena\u00e7ant la plan\u00e8te, rien ne surpassait d\u00e9sormais l&#8217;appauvrissement de l&#8217;ozone. En 1985, la d\u00e9couverte d&#8217;un trou au-dessus de l&#8217;Antarctique avait confirm\u00e9 toutes les inqui\u00e9tudes.<\/p>\n<p>On craignait depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 que certaines substances n&#8217;alt\u00e8rent la couche d&#8217;ozone, ce qui avait suscit\u00e9 le boycottage des bombes a\u00e9rosol de d\u00e9sodorisant et de fixatif utilisant des chlorofluorocarbones (CFC). Un stratag\u00e8me de marketing fit croire un temps que le probl\u00e8me avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9 parce qu&#8217;on avait cess\u00e9 d&#8217;utiliser les CFC dans la fabrication de ces produits. Mais leur utilisation continua d&#8217;augmenter, notamment dans la fabrication de la mousse de polystyr\u00e8ne et dans les syst\u00e8mes de climatisation.<\/p>\n<p>On avait fond\u00e9 de grands espoirs commerciaux sur l&#8217;invention de ces mol\u00e9cules miraculeuses cens\u00e9ment non toxiques, qui ne se dissociaient pas&#8230; sur terre. Mais on d\u00e9couvrit biento\u00cc\u201at qu&#8217;en s&#8217;\u00e9levant dans la stratosph\u00e8re, ces voraces mol\u00e9cules chlor\u00e9es se dissociaient tout juste au moment d&#8217;endommager gravement la couche d&#8217;ozone. Chaque mol\u00e9cule de CFC lib\u00e9r\u00e9e pouvait d\u00e9truire jusqu&#8217;\u00e0 70 000 mol\u00e9cules d&#8217;ozone. Le choc \u00e9tait tel que les premi\u00e8res donn\u00e9es satellite r\u00e9v\u00e9lant l&#8217;existence d&#8217;un trou saisonnier dans la couche d&#8217;ozone ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es par les mod\u00e8les informatiques comme des d\u00e9formations de signaux. Mais la communaut\u00e9 scientifique a finalement reconnu que les dommages n&#8217;avaient rien de provisoires. On assistait bel et bien \u00e0 un appauvrissement de l&#8217;ozone. En 1995, on chiffra \u00e0 50 p.100 la perte d&#8217;ozone au-dessus de l&#8217;Antarctique et \u00e0 20 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s les dimensions du trou qui en r\u00e9sultait.<\/p>\n<p>Comme cela s&#8217;\u00e9tait produit pour les pluies acides, les fabricants de CFC ont d&#8217;abord ni\u00e9 toute responsabilit\u00e9. Que la couche d&#8217;ozone soit atteinte ou non, leurs produits n&#8217;\u00e9taient pas en cause. De fa\u00e7on tout \u00e0 fait pr\u00e9visible, ils ont ensuite brandi des menaces \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 Montr\u00e9al qu&#8217;a eu lieu en septembre 1987 la rencontre qui a donn\u00e9 lieu au premier accord ex\u00e9cutoire de r\u00e9duction puis de bannissement des substances chimiques d\u00e9truisant la couche d&#8217;ozone. Le Protocole de Montr\u00e9al, qui servira d&#8217;exemple lors des n\u00e9gociations ult\u00e9rieures sur le contro\u00cc\u201ale des gaz \u00e0 effet de serre, a pos\u00e9 le principe selon lequel les riches nations industrialis\u00e9es effectueraient les premi\u00e8res r\u00e9ductions. Il autorisait ainsi les pays en voie de d\u00e9veloppement \u00e0 augmenter provisoirement leur usage des CFC de 10 p. 100. Ce protocole a jusqu&#8217;ici bien fonctionn\u00e9. Pour autant qu&#8217;on maintienne le bannissement des substances interdites, la couche d&#8217;ozone devrait s&#8217;\u00e9\u201atre reconstitu\u00e9e d&#8217;ici \u00e0 100 ans.<\/p>\n<p>La fin des ann\u00e9es 1980 a aussi \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par d&#8217;importantes batailles pour la pr\u00e9servation des milieux naturels, en Colombie-Britannique surtout. Des conflits entre l&#8217;industrie foresti\u00e8re et les \u00e9cologistes associ\u00e9s aux Premi\u00e8res Nations ont \u00e9clat\u00e9 sur l&#8217;i\u00cc\u201ale Meares, \u00e0 Clayoquot Sound et dans l&#8217;archipel de la Reine Charlotte. L&#8217;affaire a connu un d\u00e9nouement heureux, Ottawa et le gouvernement Vander Zalm de la Colombie-Britannique ayant conclu une entente pour cr\u00e9er un parc national prot\u00e9geant le tiers de l&#8217;archipel sous le nom de Gwaii Haanas (South Moresby). Ce sera l&#8217;une des principales r\u00e9alisations du ministre Tom McMillan.<\/p>\n<p>En 1987, Brian Mulroney rencontrait la premi\u00e8re ministre Gro Harlem Brundtland de la Norv\u00e8ge pour accepter officiellement le rapport de la Commission mondiale sur l&#8217;environnement et le d\u00e9veloppement, pr\u00e9sid\u00e9e par cette derni\u00e8re. Rappelons que Ronald Reagan avait refus\u00e9 un entretien \u00e0 Mme Brundtland. Les Canadiens Maurice Strong et Jim MacNeill avaient tous deux jou\u00e9 un ro\u00cc\u201ale important dans les travaux de cette commission, qui a tenu deux ann\u00e9es durant des auditions dans le monde entier. Intitul\u00e9 \u00ab Notre avenir commun \u00bb, le rapport fera du concept de \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 du r\u00e9pertoire des d\u00e9cideurs canadiens. En quelques ann\u00e9es, Brian Mulroney cr\u00e9era plusieurs institutions qui s&#8217;en r\u00e9clament, dont la Table ronde nationale sur l&#8217;environnement et l&#8217;\u00e9conomie et l&#8217;Institut international du d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p>Mais la principale r\u00e9alisation de la Commission Brundtland aura sans doute \u00e9t\u00e9 d&#8217;avoir suscit\u00e9 la tenue d&#8217;une deuxi\u00e8me grande conf\u00e9rence des Nations unies sur l&#8217;environnement. L&#8217;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies acceptera en effet sa recommandation d&#8217;organiser un sommet mondial sur l&#8217;environnement et le d\u00e9veloppement, et consentira de plus \u00e0 faire coi\u00cc\u02c6ncider l&#8217;\u00e9v\u00e9nement avec le vingti\u00e8me anniversaire de la Conf\u00e9rence de Stockholm. \u00c9tant donn\u00e9 l&#8217;ampleur de la sensibilisation mondiale \u00e0 l&#8217;environnement, on a cru que la r\u00e9ussite du sommet ne serait pas compromise par le fait qu&#8217;une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle se tenait la m\u00e9\u201ame ann\u00e9e. On s&#8217;est h\u00e9las tromp\u00e9.<\/p>\n<p>Entre-temps, la communaut\u00e9 scientifique internationale prenait conscience d&#8217;un probl\u00e8me de plus en plus alarmant : les changements climatiques. De nouveau, le Canada a manifest\u00e9 son leadership en accueillant la premi\u00e8re rencontre internationale d&#8217;envergure sur le sujet. C&#8217;est en pleine canicule que s&#8217;est tenue fin juin 1988 \u00e0 Toronto cette rencontre sur \u00ab <em>L&#8217;atmosph\u00e8re en \u00e9volution : implications pour la s\u00e9curit\u00e9 du globe<\/em> \u00bb. Pr\u00e9sent\u00e9e conjointement par plusieurs agences de l&#8217;ONU et l&#8217;Organisation m\u00e9t\u00e9orologique mondiale, elle a notamment donn\u00e9 la parole \u00e0 Brian Mulroney et Gro Harlem Brundtland. La d\u00e9claration qui en a r\u00e9sult\u00e9 d\u00e9bute comme suit : \u00ab L&#8217;humanit\u00e9 se livre sans frein \u00e0 une exp\u00e9rience inconsciente qui touche l&#8217;ensemble du globe et dont les cons\u00e9quences d\u00e9finitives ne le c\u00e9deraient en rien sinon \u00e0 une guerre nucl\u00e9aire mondiale. \u00bb<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 Rio que se jouera la suite&#8230;.<\/p>\n<p>Tom McMillan perdit son si\u00e8ge \u00e0 l&#8217;\u00e9lection de l&#8217;automne 1988, comme le veut cette fatalit\u00e9 jamais d\u00e9mentie \u00e0 ce jour qu&#8217;aucun ministre originaire de l&#8217;I\u00cc\u201ale-du-Prince-\u00c9douard ne soit r\u00e9\u00e9lu. Brian Mulroney le remplacera par Lucien Bouchard, un vieil ami qui avait sollicit\u00e9 le poste et qui s&#8217;imposera comme le meilleur ministre de l&#8217;Environnement de notre histoire. Celui-ci constate biento\u00cc\u201at que l&#8217;environnement ne re\u00e7oit que des miettes en mati\u00e8re budg\u00e9taire (\u00e0 propos des r\u00e9unions du Cabinet sur les d\u00e9cisions de financement, il \u00e9voquera une meute de chiens se disputant un os). Pour y affecter des ressources ad\u00e9quates, il propose un \u00ab Plan vert \u00bb dot\u00e9 sur cinq ans de 5 milliards de dollars, renouvelables par la suite. C&#8217;est aussi Lucien Bouchard qui d\u00e9finira les cibles de r\u00e9duction des gaz \u00e0 effet de serre du gouvernement Mulroney, suivant un objectif de stabilisation pour l&#8217;an 2000 \u00e0 leur niveau de 1990.<\/p>\n<p>Tandis que Lucien Bouchard mettait en \u0153uvre son approche verte, on s&#8217;affairait \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale aux n\u00e9gociations pr\u00e9paratoires au Sommet de la Terre, comme on appellerait la Conf\u00e9rence des Nations unies de Rio de Janeiro de 1992. On demanda une fois de plus \u00e0 Maurice Strong d&#8217;\u00e9\u201atre secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. Celui-ci dressera un ambitieux plan visant la signature de trois trait\u00e9s ex\u00e9cutoires (sur le climat, les for\u00e9\u201ats et la biodiversit\u00e9), l&#8217;adoption d&#8217;une nouvelle d\u00e9claration de principes et d&#8217;une Charte de la Terre. Les efforts du Canada \u00e9taient dirig\u00e9s par le premier ambassadeur \u00e0 l&#8217;Environnement et au D\u00e9veloppement durable, Arthur Campeau, avocat montr\u00e9alais et ami de longue date de Brian Mulroney. Apr\u00e8s la spectaculaire sortie de Lucien Bouchard en 1990, le minist\u00e8re de l&#8217;Environnement a \u00e9t\u00e9 bri\u00e8vement et atrocement dirig\u00e9 par Robert de Cotret, remplac\u00e9 par Jean Charest avant le Sommet de Rio. C&#8217;est ce dernier qui appliquera finalement une version l\u00e9g\u00e8rement dilu\u00e9e du Plan vert, financ\u00e9 \u00e0 hauteur de 3 milliards de dollars sur une p\u00e9riode de six ans. Malgr\u00e9 la d\u00e9ception initiale caus\u00e9e par ce recul, ce plan apparai\u00cc\u201atra r\u00e9trospectivement comme la concr\u00e9tisation d&#8217;un r\u00e9\u201ave impossible.<\/p>\n<p>Malheureusement, la dynamique n\u00e9e des sondages et de la sensibilit\u00e9 du public aux questions environnementales s&#8217;est essouffl\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. De sorte qu&#8217;on n&#8217;a pu conclure toutes les ententes envisag\u00e9es au Sommet de la Terre. Il n&#8217;y aurait donc pas de Charte de la Terre, et les pr\u00e9occupations relativement \u00e0 la pr\u00e9servation de la souverainet\u00e9 des pays torpilleront la convention sur les for\u00e9\u201ats.<\/p>\n<p>Il faut dire que l&#8217;administration Bush a fait de son mieux pour saboter les d\u00e9bats. La politique \u00e9lectorale am\u00e9ricaine a aussi influ\u00e9 n\u00e9gativement sur la rencontre, le pr\u00e9sident Bush ne se privant pas de ridiculiser \u00ab Ozone boy \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire le candidat \u00e0 la vicepr\u00e9sidence des \u00c9tats-Unis Al Gore. George Bush sera finalement d\u00e9fait, mais sa fronde anti-\u00e9cologique de juin 1992 aura caus\u00e9 beaucoup de tort.<\/p>\n<p>M\u00e9\u201ame si les n\u00e9gociateurs am\u00e9ricains avaient r\u00e9ussi \u00e0 affaiblir consid\u00e9rablement plusieurs dispositions sur la biodiversit\u00e9, le pr\u00e9sident Bush a finalement rejet\u00e9e la convention au dernier moment. C&#8217;est l&#8217;amiti\u00e9 d&#8217;Arthur Campeau avec Brian Mulroney qui, \u00e0 mon sens, en a permis le sauvetage. Quelques jours avant le Sommet, d&#8217;autres pays industrialis\u00e9s s&#8217;\u00e9taient mis \u00e0 tergiverser en apprenant la volte-face des \u00c9tats-Unis. Arthur Campeau a joint son ami pour s&#8217;assurer que le Canada ferait tout en son pouvoir pour qu&#8217;on ne renonce pas \u00e0 Rio \u00e0 cette convention sur la protection de la vie, sous toutes ses formes, des microbes aux paysages naturels. Dans les 24 heures suivant le rejet am\u00e9ricain, le premier ministre a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 le ferme engagement du Canada. Et tous les autres pays du G7 l&#8217;ont par la suite imit\u00e9. Bill Clinton signera finalement le trait\u00e9 au nom du gouvernement am\u00e9ricain, mais le Congr\u00e8s ne l&#8217;a toujours pas ratifi\u00e9.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis se sont aussi oppos\u00e9s dans un premier temps \u00e0 la Conventioncadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le pr\u00e9sident Bush pr\u00e9textant que le \u00ab mode de vie am\u00e9ricain n&#8217;est pas en proc\u00e8s \u00bb pour refuser toute entente pr\u00e9voyant des \u00e9ch\u00e9ances et des cibles de r\u00e9duction du dioxyde de carbone. Pour autant, avec la CCNUCC toutes les parties conviennent que la menace repr\u00e9sent\u00e9e par les changements climatiques est r\u00e9elle et que l&#8217;\u00e9tat des connaissances est suffisant pour permettre d&#8217;agir afin d&#8217;\u00e9viter les \u00ab niveaux dangereux \u00bb de concentration de CO2 dans l&#8217;atmosph\u00e8re. Les \u00c9tats-Unis et Presque tous les pays du globe ont sign\u00e9 et ratifi\u00e9 la CCNUCC.<\/p>\n<p>Au Canada, l&#8217;environnement a figur\u00e9 parmi les enjeux de l&#8217;\u00e9lection de 1993 gra\u00cc\u201ace \u00e0 Paul Martin, alors critique lib\u00e9ral en la mati\u00e8re, qui a int\u00e9gre \u00cc\u0081les objectifs de Rio au Livre rouge du Parti lib\u00e9ral. L&#8217;engagement de Brian Mulroney de stabiliser pour 2000 les \u00e9missions de carbone \u00e0 leur niveau de 1990 semblait soudain bien timide en comparaison des cibles lib\u00e9rales : moins 20 p. 100 des niveaux de 1988 \u00e0 l&#8217;horizon 2005. Mais la plupart des promesses du document lib\u00e9ral resteront lettre morte, sauf pour la d\u00e9signation d&#8217;un commissaire ind\u00e9pendant \u00e0 l&#8217;Environnement et au D\u00e9veloppement durable au bureau du V\u00e9rificateur g\u00e9n\u00e9ral. Les changements climatiques n&#8217;ont rien de prioritaire, tranchera Jean Chr\u00e9tien. Minant l&#8217;autorit\u00e9 de sa nouvelle ministre de l&#8217;Environnement Sheila Copps au profit de sa ministre des Ressources naturelles, l&#8217;Albertaine Anne McLellan \u00e9lue de justesse au Parlement, il prononcera \u00e0 l&#8217;hiver 1994 un discours annon\u00e7ant l&#8217;attribution de subventions pour l&#8217;exploitation des sables bitumineux. En clair, son gouvernement allait stimuler l&#8217;exploitation des combustibles fossiles.<\/p>\n<p>Les deux premiers mandats du gouvernement Chr\u00e9tien ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sastreux sur le plan environnemental. Le processus d&#8217;examen des programmes a presque d\u00e9cim\u00e9 les ressources d&#8217;Environnement Canada et les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre n&#8217;ont cess\u00e9 d&#8217;augmenter\u2014 une hausse de 14p.100 de 1990 \u00e0 2000 !\u2014, faisant regretter aux \u00e9cologistes les cibles plus modestes du gouvernement Mulroney. En 1997, Jean Chr\u00e9tien s&#8217;est finalement int\u00e9ress\u00e9 aux r\u00e9sultats de la Troisi\u00e8me Conf\u00e9rence des Parties tenue \u00e0 Tokyo sous l&#8217;\u00e9gide de la CCUNCC. Par suite d&#8217;un entretien avec Bill Clinton et gra\u00cc\u201ace aux liens personnels unissant les deux hommes, le premier ministre a consenti \u00e0 une r\u00e9duction \u00e9gale \u00e0 moins 6 p. 100 des niveaux de 1990, soit un p. 100 de moins que l&#8217;engagement am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Le nouveau mill\u00e9naire a d\u00e9but\u00e9 sous de sombres auspices avec l&#8217;\u00e9lection d&#8217;un autre Bush \u00e0 la Maison-Blanche, plus insensible encore que son p\u00e8re aux questions environnementales. Au printemps 2001, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain a \u00e9tonn\u00e9 sa propre Agence de protection de l&#8217;environnement en retirant les \u00c9tats-Unis du protocole de Kyoto, lui portant un coup qui aurait pu \u00e9\u201atre fatal. Mais on a pu sauver la mise gra\u00cc\u201ace \u00e0 l&#8217;Union europ\u00e9enne et aux solides efforts diplomatiques de Herb Gray, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 canadien \u00e0 la Sixi\u00e8me Conf\u00e9rence des Parties de Bonn.<\/p>\n<p>La ratification du protocole de Kyoto en d\u00e9cembre 2002 a \u00e9t\u00e9 le haut fait environnemental du gouvernement Chr\u00e9tien. Malgr\u00e9 l&#8217;opposition d&#8217;une grande partie du milieu canadien des affaires, du gouvernement albertain et des \u00c9tats-Unis, le Canada a vot\u00e9 pour en faire un accord ex\u00e9cutoire. Au d\u00e9sarroi sans doute d&#8217;un certain d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral. Car Paul Martin savait fort bien que Jean Chr\u00e9tien s&#8217;attribuerait tout le m\u00e9rite de cette ratification mais qu&#8217;il lui reviendrait \u00e0 lui, une fois devenu premier ministre, d&#8217;appliquer les cibles du protocole. En votant pour la ratification, il engageait donc sa cr\u00e9dibilit\u00e9 et sa r\u00e9putation.<\/p>\n<p>Que nous r\u00e9serve l&#8217;avenir? Les probl\u00e8mes que la communaut\u00e9 internationale s&#8217;\u00e9tait engag\u00e9e \u00e0 combattre au Sommet de Rio sont plus pr\u00e9sents que jamais : pauvret\u00e9 mondiale et immense foss\u00e9 Nord-Sud, esp\u00e8ces menac\u00e9es et d\u00e9perdition des \u00e9cosyst\u00e8mes, toxiques polluants et combustibles fossiles. Et presque toutes les promesses de\u00a0Rio ont \u00e9t\u00e9 bris\u00e9es. On se confond en v\u0153ux pieux sur les changements climatiques tout en exploitant le brut le plus riche en carbone qui soit, tir\u00e9 du raffinage des sables bitumineux de l&#8217;Athabasca. Pire encore, le gaz naturel de la mer de Beaufort, faible en dioxyde de carbone et d&#8217;une grande qualit\u00e9, sera transport\u00e9 par pipeline souterrain sur une distance de 1 300 kilom\u00e8tres \u00e0 travers la vall\u00e9e du Mackenzie pour raffiner le brut \u00e0 forte teneur en carbone du nord de l&#8217;Alberta.<\/p>\n<p>Mais l&#8217;espoir subsiste. Paul Martin et son Cabinet ont manifest\u00e9 une d\u00e9termination impressionnante s&#8217;agissant d&#8217;atteindre les cibles de Kyoto. Le premier ministre a aussi invit\u00e9 le monde entier aux prochaines n\u00e9gociations majeures sur les changements climatiques.\u00a0Montr\u00e9al accueillera donc la Onzi\u00e8me Conf\u00e9rence des Parties de la CCUNCC en d\u00e9cembre prochain, la premi\u00e8re depuis l&#8217;adoption du protocole de Kyoto, devenu loi internationale depuis que la Russie l&#8217;a ratifi\u00e9 le 16 f\u00e9vrier dernier.<\/p>\n<p>\u00e0 quoi ressemblera la vie sur Terre dans un petit quart de si\u00e8cle? Les paris restent ouverts sur la capacit\u00e9 de survie de l&#8217;humanit\u00e9. Certes, de nombreuses formes de vie auront subsist\u00e9, mais avec plus de six milliards d&#8217;habitants sur la plan\u00e8te et 20 p. 100 d&#8217;entre eux qui consomment ses ressources \u00e0 un rythme effr\u00e9n\u00e9, nous ne sommes pas \u00e0 l&#8217;abri du destin qu&#8217;ont connu d&#8217;anciennes civilisations comme celles des Mayas ou de l&#8217;i\u00cc\u201ale de Pa\u00cc\u201aques, condamn\u00e9es par leur propre science, leur culture, leur ing\u00e9niosit\u00e9 et leur aveuglement. Le d\u00e9bat scientifique sur les changements climatiques, dont on mettait en doute la r\u00e9alit\u00e9 il n&#8217;y a pas si longtemps encore, a pris un tour plus alarmant. Ne serait-il pas trop tard? s&#8217;interroge-t-on.<\/p>\n<p>Selon une \u00e9tude britannique de janvier 2005, le point de non-retour serait atteint avec une hausse de temp\u00e9rature de deux degr\u00e9s Celsius combin\u00e9e \u00e0 une concentration de dioxyde de carbone de 400 parties par million. De 275 ppm qu&#8217;elle \u00e9tait avant la R\u00e9volution industrielle, cette concentration est aujourd&#8217;hui de 379 ppm. Un niveau presque irr\u00e9versible, \u00e0 tout le moins \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle temporelle humaine. C&#8217;est dire que la multiplication des d\u00e9sastres m\u00e9t\u00e9orologiques, la fonte de l&#8217;Arctique, les s\u00e9cheresses, les feux de for\u00e9\u201at et les inondations sont d\u00e9sormais in\u00e9luctables. Pour \u00e9viter des perturbations plus graves auxquelles nous pourrions \u00e9\u201atre incapables de nous adapter, advenant par exemple le doublement des concentrations de dioxyde de carbone, le consensus scientifique mondial pr\u00e9conise de r\u00e9duire celles-ci \u00e0 60 p. 100 au-dessous de leur niveau de 1990. La cible de 6 p. 100 du protocole de Kyoto ne repr\u00e9senterait donc qu&#8217;un tr\u00e8s modeste progr\u00e8s.<\/p>\n<p>M\u00e9\u201ame pour les optimistes les plus endurcis, l&#8217;avenir de notre plan\u00e8te ne semble gu\u00e8re souriant. Notre seul espoir r\u00e9side dans le renversement complet des priorit\u00e9s des entreprises et des gouvernements, ce que pourrait favoriser la reconnaissance grandissante du ro\u00cc\u201ale des nouvelles technologies dans la cr\u00e9ation d&#8217;une nouvelle dynamique \u00e9conomique. De son co\u00cc\u201at\u00e9, le Canada doit tout mettre en \u0153uvre pour convaincre les nations r\u00e9calcitrantes, surtout les \u00c9tats-Unis, de rencontrer les d\u00e9lais de r\u00e9duction. En d\u00e9cembre 2005, il disposera d&#8217;une excellente occasion de contribuer \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration de la vie sur Terre. (Article traduit de l&#8217;anglais)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la vie de notre plan\u00e8te, un quart de si\u00e8cle ne compte que pour un petit battement de c\u0153ur, un imperceptible clignement des yeux. Par rapport aux 3,6 milliards d&#8217;ann\u00e9es de la Terre, l&#8217;humanit\u00e9 n&#8217;en est qu&#8217;\u00e0 ses premiers balbutiements. Si l&#8217;on d\u00e9roulait ces milliards d&#8217;ann\u00e9es sur une bande d&#8217;un kilom\u00e8tre, l&#8217;homo sapiens (l&#8217;esp\u00e8ce soi-disant [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","ep_exclude_from_search":false,"apple_news_api_created_at":"2025-08-30T02:15:32Z","apple_news_api_id":"6b272e6b-4389-4aeb-bbea-7b4934096643","apple_news_api_modified_at":"2025-08-30T02:15:32Z","apple_news_api_revision":"AAAAAAAAAAD\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/w==","apple_news_api_share_url":"https:\/\/apple.news\/Aaycua0OJSuu76ntJNAlmQw","apple_news_cover_media_provider":"image","apple_news_coverimage":0,"apple_news_coverimage_caption":"","apple_news_cover_video_id":0,"apple_news_cover_video_url":"","apple_news_cover_embedwebvideo_url":"","apple_news_is_hidden":"","apple_news_is_paid":"","apple_news_is_preview":"","apple_news_is_sponsored":"","apple_news_maturity_rating":"","apple_news_metadata":"\"\"","apple_news_pullquote":"","apple_news_pullquote_position":"","apple_news_slug":"","apple_news_sections":[],"apple_news_suppress_video_url":false,"apple_news_use_image_component":false},"categories":[9346],"tags":[],"article-status":[],"irpp-category":[],"section":[],"irpp-tag":[],"class_list":["post-261982","issues","type-issues","status-publish","hentry","category-uncategorized"],"acf":[],"apple_news_notices":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L&#039;environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Dans la vie de notre plan\u00e8te, un quart de si\u00e8cle ne compte que pour un petit battement de c\u0153ur, un imperceptible clignement des yeux. Par rapport aux 3,6 milliards d&#8217;ann\u00e9es de la Terre, l&#8217;humanit\u00e9 n&#8217;en est qu&#8217;\u00e0 ses premiers balbutiements. Si l&#8217;on d\u00e9roulait ces milliards d&#8217;ann\u00e9es sur une bande d&#8217;un kilom\u00e8tre, l&#8217;homo sapiens (l&#8217;esp\u00e8ce soi-disant [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Policy Options\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-10-07T23:46:51+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@irpp\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"23 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2005\\\/03\\\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2005\\\/03\\\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\\\/\",\"name\":\"L'environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2005-03-01T10:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2025-10-07T23:46:51+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2005\\\/03\\\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2005\\\/03\\\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2005\\\/03\\\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Policy Options at 25\",\"item\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/2005\\\/03\\\/policy-optionsat-25\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"L&#8217;environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/\",\"name\":\"Policy Options\",\"description\":\"Institute for Research on Public Policy\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"L'environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"L'environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique","og_description":"Dans la vie de notre plan\u00e8te, un quart de si\u00e8cle ne compte que pour un petit battement de c\u0153ur, un imperceptible clignement des yeux. Par rapport aux 3,6 milliards d&#8217;ann\u00e9es de la Terre, l&#8217;humanit\u00e9 n&#8217;en est qu&#8217;\u00e0 ses premiers balbutiements. Si l&#8217;on d\u00e9roulait ces milliards d&#8217;ann\u00e9es sur une bande d&#8217;un kilom\u00e8tre, l&#8217;homo sapiens (l&#8217;esp\u00e8ce soi-disant [&hellip;]","og_url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/","og_site_name":"Policy Options","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org","article_modified_time":"2025-10-07T23:46:51+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_site":"@irpp","twitter_misc":{"Est. reading time":"23 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/","name":"L'environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique","isPartOf":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website"},"datePublished":"2005-03-01T10:00:00+00:00","dateModified":"2025-10-07T23:46:51+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/the-environment-from-local-to-global-in-a-cosmic-blink-of-25-years\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Policy Options at 25","item":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/2005\/03\/policy-optionsat-25\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"L&#8217;environnement : un enjeu devenu mondial en une milli-seconde cosmique"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/","name":"Policy Options","description":"Institute for Research on Public Policy","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues\/261982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues"}],"about":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/issues"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=261982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=261982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=261982"},{"taxonomy":"article-status","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article-status?post=261982"},{"taxonomy":"irpp-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-category?post=261982"},{"taxonomy":"section","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/section?post=261982"},{"taxonomy":"irpp-tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-tag?post=261982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}