{"id":261977,"date":"2005-03-01T05:00:00","date_gmt":"2005-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/productivity-and-innovation-in-canada-a-case-of-governance-failure\/"},"modified":"2025-10-07T19:46:48","modified_gmt":"2025-10-07T23:46:48","slug":"productivity-and-innovation-in-canada-a-case-of-governance-failure","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/productivity-and-innovation-in-canada-a-case-of-governance-failure\/","title":{"rendered":"Innovation et productivit\u00e9 au Canada : la gouvernance fait d\u00e9faut"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p><em>\u00ab Il faudrait une fontaine de Jouvence dans laquelle dissoudre les structures sociales scl\u00e9ros\u00e9es du corps politique. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>C.P. Kindleberger<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Croissance de la productivit\u00e9 et innovation sont deux facteurs cl\u00e9s dans l&#8217;am\u00e9lioration du niveau de vie et du bien-\u00e9\u201atre \u00e9conomique d&#8217;un pays. Et m\u00e9\u201ame si ces facteurs sont difficiles \u00e0 mesurer, on peut affirmer, \u00e0 la lumi\u00e8re des donn\u00e9es disponibles, que le Canada ne se porte pas tr\u00e8s bien \u00e0 ce chapitre. Certes, on con\u00e7oit chaque ann\u00e9e au Canada des processus, des biens et des services in\u00e9dits et ils sont \u00e9labor\u00e9s selon des m\u00e9thodes de plus en plus perfectionn\u00e9es. Mais la croissance de la productivit\u00e9 et la capacit\u00e9 d&#8217;innovation du Canada sont sensiblement inf\u00e9rieures \u00e0 celles des \u00c9tats-Unis, notre premier partenaire commercial, et inf\u00e9rieures aussi \u00e0 celles de nombreux pays de l&#8217;OCDE. D&#8217;o\u00f9 notre conviction que le Canada pourrait faire mieux. Pas surprenant qu&#8217;on ait observ\u00e9 une baisse relative de notre niveau de vie, mesur\u00e9 d&#8217;apr\u00e8s le PIB par habitant, tant par rapport aux \u00c9tatsUnis que vis-\u00e0-vis la moyenne des pays de l&#8217;OCDE. En fait, l&#8217;\u00e9cart semble s&#8217;\u00e9\u201atre creus\u00e9 au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Le cou\u00cc\u201at de notre inaction face \u00e0 cette d\u00e9t\u00e9rioration a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ciable. On peut d&#8217;ailleurs le chiffrer : en 2005, le niveau du PIB du Canada serait augment\u00e9 de quelque 100 milliards de dollars si productivit\u00e9 et innovation additionnelles avaient pu faire croi\u00cc\u201atre le taux de croissance du PIB d&#8217;un demi de 1 p. 100 par ann\u00e9e au cours des derniers 20 ans. On ne peut qu&#8217;imaginer comment ces ressources suppl\u00e9mentaires auraient permis de r\u00e9pondre \u00e0 des besoins sociaux prioritaires.<\/p>\n<p>Les avantages engendr\u00e9s par l&#8217;innovation et la croissance de la productivit\u00e9 font l&#8217;objet d&#8217;un tel consensus qu&#8217;on pourrait s&#8217;attendre que les acteurs des secteurs priv\u00e9, public et communautaire investissent les efforts et les ressources n\u00e9cessaires pour assurer une meilleure performance au Canada. Mais il y a une telle ignorance de la dynamique qui sous-tend l&#8217;un et l&#8217;autre processus, et une telle incertitude pour ce qui est des rendements qu&#8217;on peut escompter de ce genre d&#8217;investissement, que les initiatives en ce sens restent souvent en plan parce que jug\u00e9es trop risqu\u00e9es. C&#8217;est pourquoi les d\u00e9penses de recherche-d\u00e9veloppement sont si faibles dans une soci\u00e9t\u00e9 comme le Canada, peu encline \u00e0 prendre de v\u00e9ritables risques.<\/p>\n<p>Autre obstacle \u00e0 ce genre d&#8217;investissement : ceux qui investissent dans des efforts pour am\u00e9liorer la capacit\u00e9 d&#8217;innovation et augmenter la productivit\u00e9 ne r\u00e9coltent pas n\u00e9cessairement tous les fruits de leurs efforts car les retomb\u00e9es profitent souvent \u00e0 des partenaires qui n&#8217;ont pas eu \u00e0 contribuer \u00e0 ces efforts. Par exemple, Daniel Trefler, dans un article paru dans<em> Options politiques<\/em> il y a quelques ann\u00e9es, cite une \u00e9tude montrant que, sans prendre la moindre initiative, le Canada pourrait jouir d&#8217;un taux de croissance de sa productivit\u00e9 de 2 p. 100 si les \u00c9tats-Unis d\u00e9cidaient d&#8217;investir 1 p. 100 de plus en recherche-d\u00e9veloppement. Ce genre de retomb\u00e9es non m\u00e9rit\u00e9es ne peut qu&#8217;inviter \u00e0 la resquille et \u00e0 faire qu&#8217;on va l\u00e9siner sur ce genre d&#8217;investissement.<\/p>\n<p>Enfin, certains signes indiquent que le Canada, pays pourtant relativement jeune, devient une \u00ab \u00e9conomie vieillissante \u00bb emp\u00e9\u201atr\u00e9e dans des rigidit\u00e9s sociales qui l&#8217;emp\u00e9\u201achent de s&#8217;adapter aux d\u00e9fis d&#8217;un monde en rapide \u00e9volution. Les \u00e9conomies vieillissantes \u00ab prennent de moins en moins de risques, se cramponnent aux anciennes techniques m\u00e9\u201ame s&#8217;il en existe de nouvelles et de meilleures, r\u00e9sistent aux rationalisations et tendent \u00e0 surprot\u00e9ger leur main-d&#8217;\u0153uvre \u00bb, ce qui compromet g\u00e9n\u00e9ralement leur capacit\u00e9 \u00e0 se transformer, comme l&#8217;ont not\u00e9 Charles P. Kindleberger, dans <em>The Aging Economy<\/em>, et Mancur Olson, dans <em>The Rise and Decline of Nation<\/em>s.<\/p>\n<p>Pareil dysfonctionnement inciterait normalement les pouvoirs publics \u00e0 prendre des mesures susceptibles de corriger ces faiblesses du march\u00e9 et d&#8217;\u00e9liminer ces rigidit\u00e9s sociales. Mais en d\u00e9pit des efforts soutenus d&#8217;Industrie Canada pour porter ces questions \u00e0 l&#8217;attention du public, la population est rest\u00e9e de glace. Selon diff\u00e9rents sondages cit\u00e9s par William Watson dans <em>The Review of Economic Performance and Social Progress<\/em>, seulement 14 p. 100 des Canadiens ayant compl\u00e9t\u00e9 leurs \u00e9tudes secondaires (ou moins) comprennent les enjeux de la productivit\u00e9 et de l&#8217;innovation.\u00a0<\/p>\n<p>Cette absence d&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at s&#8217;explique en grande partie par trois blocages.<\/p>\n<p>Le premier se trouve du co\u00cc\u201at\u00e9 des \u00e9conomistes. Pour bon nombre d&#8217;entre eux, la complexit\u00e9 et les difficult\u00e9s de mesurer les ph\u00e9nom\u00e8nes de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation ont \u00e9teint l&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at pour ces questions. M\u00e9\u201ame si ces forces sont au c\u0153ur de l&#8217;augmentation du revenu par habitant et du niveau de vie, les facteurs \u00e0 la source des gains de productivit\u00e9 et de l&#8217;innovation sont \u00e0 la fois si diffus et encore si mal connus\u2014 les \u00e9tudes sur ces questions \u00e9tant souvent peu concluantes, les instruments de mesure posant des probl\u00e8mes redoutables, et les solutions m\u00e9caniques s&#8217;av\u00e9rant presque introuvables\u2014 que les \u00e9conomistes ont eu tendance \u00e0 concentrer leurs recherches sur des domaines cens\u00e9ment \u00ab plus concrets et pratiques \u00bb comme la plomberie des politiques fiscales et mon\u00e9taires ou l&#8217;arithm\u00e9tique des surplus et d\u00e9ficits des budgets et de la balance des paiements.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me blocage d\u00e9coule du sentiment anti-croissance propag\u00e9 par les campagnes des moralisateurs, des environnementalistes, des groupes saisis par la phobie des d\u00e9ficits, et des autres crois\u00e9s qui s&#8217;en prennent aux cou\u00cc\u201ats du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et d\u00e9noncent le \u00ab culte de l&#8217;efficacit\u00e9 \u00bb. Il s&#8217;agit d&#8217;un mouvement d\u00e9j\u00e0 puissant aux \u00c9tats-Unis, mais plus encore au Canada. Ce mouvement anti-croissance a des effets n\u00e9fastes. Faut-il rappeler que la croissance \u00e9conomique, en cr\u00e9ant une pression sur la demande, stimule la concurrence pour les ressources rares et incite \u00e0 une r\u00e9organisation des processus de production porteuse de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation?<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me blocage a trait \u00e0 une profonde incompr\u00e9hension, chez ceux qui ont des fonctions officielles, du ro\u00cc\u201ale de pr\u00e9cepteur qui est inh\u00e9rent au fardeau de leur charge. Les leaders se doivent d&#8217;\u00e9\u201atre des \u00e9ducateurs et des animateurs en mesure de \u00ab recadrer \u00bb la vision que les citoyens se font du domaine public, d&#8217;\u00e9laborer une structure de formation r\u00e9ciproque et de \u00ab mettre en marche le processus d&#8217;apprentissage \u00bb n\u00e9cessaire \u00e0 l&#8217;\u00e9mergence, si possible, d&#8217;un consensus latent, comme dirait David Marquand. En d&#8217;autres mots, ils doivent aider les citoyens \u00e0 faire des choix \u00e9clair\u00e9s, fond\u00e9s sur la \u00ab meilleure compr\u00e9hension possible des cons\u00e9quences de ces choix et de celle des solutions de rechange les plus int\u00e9ressantes \u00bb, pour citer le politologue Robert Dahl.<\/p>\n<p>Or il est clair que tant les \u00e9lus que les bureaucrates ont \u00e0 peu pr\u00e8s renonc\u00e9 \u00e0 ce ro\u00cc\u201ale de pr\u00e9cepteur et d&#8217;\u00e9claireur. Au Canada, un grand nombre d&#8217;entre eux se contentent de surveiller les sondages d&#8217;opinion, sans se soucier de leur responsabilit\u00e9 d&#8217;informer la population de l&#8217;importance des gains de productivit\u00e9 et de l&#8217;innovation.<\/p>\n<p>Pour accroi\u00cc\u201atre la productivit\u00e9 et stimuler l&#8217;innovation, individus et organisations doivent miser sur leur esprit d&#8217;entreprise, leur ing\u00e9niosit\u00e9 et leur imagination pour coordonner de mani\u00e8re heureuse leurs activit\u00e9s, ou combler toute lacune dans le processus de coordination, en faisant le meilleur usage possible des ressources dont ils disposent. Rarement cette d\u00e9marche est-elle l&#8217;affaire d&#8217;une seule personne. Elle n\u00e9cessite le plus souvent la collaboration de nombreux acteurs, lesquels doivent avoir un minimum de confiance les uns envers les autres pour pouvoir coop\u00e9rer. Voil\u00e0 qui pose un grand d\u00e9fi de gouvernance puisque gouvernance est un autre mot pour coordination efficace, quand le pouvoir, les ressources et l&#8217;information sont largement dispers\u00e9s entre plusieurs mains.<\/p>\n<p>Ing\u00e9niosit\u00e9, esprit d&#8217;entreprise et confiance sont des capacit\u00e9s sociales qui constituent des facteurs de production aussi importants que les ressources naturelles, la main-d&#8217;\u0153uvre ou le capital. Mais il s&#8217;agit de facteurs singuliers, de \u00ab ressources empouvoirantes \u00bb qui sont au c\u0153ur de ce qu&#8217;Alfred Marshall appelait le \u00ab capital organisationnel \u00bb.<\/p>\n<p>Le d\u00e9ploiement et le bon usage de l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9 technique d\u00e9pendent de l&#8217;existence d&#8217;institutions de base capables de <em>soutenir<\/em> la cr\u00e9ation et le maintien de telles capacit\u00e9s, <em>tout autant<\/em> que des <em>pressions<\/em> exerc\u00e9es pour assurer le plein et le meilleur usage de ces \u00ab ressources empouvoirantes \u00bb.<\/p>\n<p>Cet appui institutionnel prend la forme de biens publics (signaux de march\u00e9s efficaces, organismes de financement perspicaces, associations industrielles, espaces de coop\u00e9ration entre \u00e9tablissements de recherche et industriels, r\u00e9seaux de travail, gouvernements capables de se faire entremetteurs et catalyseurs, etc.) qui procurent aux innovateurs et entrepreneurs des infrastructures mat\u00e9rielles et psychologiques n\u00e9cessaires pour tisser des liens, se coaliser ou en arriver \u00e0 des accords sur ce qui pourrait \u00e9\u201atre des contraintes dynamisantes. Pour ce qui est des pressions incitant \u00e0 l&#8217;action, elles \u00e9manent de la concurrence et du fonctionnement de march\u00e9s qui r\u00e9pondent bien aux ph\u00e9nom\u00e8nes de raret\u00e9 et aux goulots d&#8217;\u00e9tranglement. C&#8217;est de l\u00e0 que viennent les pressions qui dictent aux entreprises qui veulent survivre les imp\u00e9ratifs d&#8217;am\u00e9lioration et d&#8217;innovation continues.<\/p>\n<p>Les \u00e9conomistes ont peu envie d&#8217;explorer le terrain quelque peu suspect des \u00ab ressources interpersonnelles empouvoirantes \u00bb. Ils ont grandement laiss\u00e9 ce travail d&#8217;exploration des arcanes sociopsychologiques et organisationnelles des socio-\u00e9conomies \u00e0 des politologues comme Thomas Homer-Dixon et Francis Fukuyama, ou \u00e0 des \u00e9conomistes francstireurs comme Harvey Leibenstein. Or les travaux de ces derniers ont montr\u00e9 qu&#8217;il existe bel et bien des forces, des institutions et des contextes qui stimulent l&#8217;esprit d&#8217;entreprise, la confiance et l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9. Raret\u00e9 des ressources, disponibilit\u00e9 du capital, associations, r\u00e9seaux et solide financement de la recherche peuvent y contribuer. Au contraire, rigidit\u00e9s sociales et d\u00e9ficiences du march\u00e9 tendent \u00e0 leur faire obstacle. C&#8217;est pourquoi le d\u00e9fi de cr\u00e9er les soutiens et les pressions susceptibles de catalyser les processus de croissance de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation commande la fin de certains d\u00e9nis, la n\u00e9cessit\u00e9 de reconnai\u00cc\u201atre les blocages inh\u00e9rents aux institutions actuelles, et une meilleure appr\u00e9ciation du pouvoir de persuasion de la concurrence.<\/p>\n<p>Au fil du temps, la trame institutionnelle de la socio-\u00e9conomie (c&#8217;est-\u00e0-dire les r\u00e8gles du jeu qui autorisent, orientent et motivent les comportements) \u00e9volue, et les changements que cela entrai\u00cc\u201ane ont des effets d&#8217;\u00e9cho sur la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p><em>L&#8217;ancien r\u00e9gime<\/em> (qui a plus ou moins pr\u00e9domin\u00e9 dans les \u00e9conomies occidentales comme le Canada jusqu&#8217;\u00e0 la r\u00e9volution industrielle et commerciale), s&#8217;est institu\u00e9 dans des r\u00e8gles du jeu visant \u00e0 minimiser les risques collectifs, sous la contrainte qu&#8217;il fallait quand m\u00e9\u201ame d\u00e9gager un niveau de revenu convenable. Ax\u00e9e fondamentalement sur la s\u00e9curit\u00e9, cette trame institutionnelle a \u00e9volu\u00e9 au cours du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dant la Conf\u00e9d\u00e9ration. Elle va lentement c\u00e9der la place \u00e0 un<em> r\u00e9gime moderne<\/em> qui a donn\u00e9 forme \u00e0 des institutions comme les soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e et diverses technologies sociales visant \u00e0 \u00ab maximiser \u00bb (plus ou moins) la valeur ajout\u00e9e globale, mais en s&#8217;assurant qu&#8217;on n&#8217;expose pas les citoyens \u00e0 un niveau de risque qui d\u00e9passe un certain maximum. C&#8217;est dans cette \u00e8re domin\u00e9e par l&#8217;id\u00e9ologie de la croissance \u00e9conomique qu&#8217;est n\u00e9e la Constitution du Canada.<\/p>\n<p>L&#8217;acc\u00e9l\u00e9ration du d\u00e9veloppement \u00e9conomique dans la p\u00e9riode qui va suivre (de m\u00e9\u201ame que l&#8217;accentuation des incertitudes et des turbulences induites par la rapidit\u00e9 de ce changement) a entrai\u00cc\u201an\u00e9 l&#8217;av\u00e8nement au XXe si\u00e8cle d&#8217;un nouveau cadre institutionnel, celui du <em>r\u00e9gime contemporain<\/em> (dont on a fini par parler comme de l&#8217;\u00c9tat-providence), caract\u00e9ris\u00e9 par un ensemble d&#8217;institutions con\u00e7ues pour r\u00e9duire les risques de d\u00e9ba\u00cc\u201acles sociales et individuelles tout en pr\u00e9servant des conditions minimales de croissance de la valeur ajout\u00e9e. C&#8217;est une culture de \u00ab risque minimal \u00bb dont nous restons, encore aujourd&#8217;hui, largement prisonniers.<\/p>\n<p>Cette culture du risque minimal reste beaucoup plus profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la psych\u00e9 du Canada que dans celle des \u00c9tats-Unis. Selon le credo d&#8217;une importante partie de l&#8217;intelligentsia canadienne, l&#8217;\u00c9tat-providence serait trop peu interventionniste (m\u00e9\u201ame s&#8217;il redistribue d\u00e9j\u00e0 une forte proportion du PIB) et s\u00e9rieusement menac\u00e9 (malgr\u00e9 l&#8217;apparent \u00e9chec de toutes les tentatives pour le r\u00e9former). De fait, selon les chiffres rapport\u00e9s par Frank L. Graves et Richard Jenkins dans <em>The Review of Economic Performance and Social Progress<\/em>, la moiti\u00e9 de la population se disait toujours convaincue en 1999 que les craintes en mati\u00e8re de productivit\u00e9 \u00e9taient \u00ab forg\u00e9es \u00bb par la grande entreprise et les Canadiens bien nantis, et que les imp\u00e9ratifs de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation constituaient les priorit\u00e9s de Bay Street et non du commun des mortels.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, l&#8217;av\u00e8nement au Canada d&#8217;un <em>nouveau r\u00e9gime<\/em> adapt\u00e9 \u00e0 la nouvelle conjoncture\u2014 une trame institutionnelle privil\u00e9giant la croissance \u00e9conomique tout en s&#8217;assurant que les citoyens seront prot\u00e9g\u00e9s des risques individuels et collectifs inacceptables\u2014 ne s&#8217;est pas encore r\u00e9alis\u00e9. Les cou\u00cc\u201ats de cette pathologie de gouvernance sont \u00e9normes puisque l&#8217;on peut attribuer une bonne part de nos lacunes en mati\u00e8re de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation \u00e0 ce dysfonctionnement.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9parer les d\u00e9ga\u00cc\u201ats, il est n\u00e9cessaire mais sans doute insuffisant de modifier le cadre institutionnel. \u00e0 moins d&#8217;exercer certaines pressions sur les agents et organisations pour qu&#8217;ils am\u00e9liorent leur rendement, beaucoup de gaspillage risque de subsister dans le fonctionnement de la socio-\u00e9conomie. Et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce domaine que la concurrence peut jouer un ro\u00cc\u201ale majeur.<\/p>\n<p>Comme le montre William Baumol dans<em> Free-Market Innovation Machine<\/em>, la concurrence oligopolistique entre grandes entreprises est le sch\u00e9ma dominant des \u00e9conomies modernes. Et pour ces entreprises, l&#8217;innovation est l&#8217;atout concurrentiel absolu. En fait, le r\u00e9gime de libre entreprise a ce grand pouvoir de g\u00e9n\u00e9rer presque machinalement des activit\u00e9s porteuses d&#8217;innovation, de \u00ab routiniser \u00bb presque cesactivit\u00e9s : elles sont \u00e0 ce point indispensables \u00e0 la survie des entreprises que celles-ci ne peuvent laisser le hasard se charger d&#8217;apporter des mesures innovantes et des gains de productivit\u00e9. C&#8217;est d&#8217;autant plus important qu&#8217;un usage plus efficace des contrats de licence et des prises de participation, de m\u00e9\u201ame que la simplification des processus de commercialisation et la diffusion des nouvelles technologies, permet maintenant \u00e0 la fois une certaine internalisation des retomb\u00e9es externes de l&#8217;innovation et une acc\u00e9l\u00e9ration du transfert des innovations technologiques.<\/p>\n<p>Dans la nouvelle organisation industrielle fond\u00e9e sur des structures modulaires (les grappes et les r\u00e9seaux), les petites et moyennes entreprises sont int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 la fois horizontalement et verticalement dans des structures de production exer\u00e7ant une pression qui les force \u00e0 produire et \u00e0 innover en permanence, ainsi qu&#8217;on l&#8217;a montr\u00e9 dans le collectif <em>Managing in the Modular Age<\/em>. Dans la mesure o\u00f9 ce genre d&#8217;organisation reste relativement moins d\u00e9velopp\u00e9 au Canada par rapport \u00e0 d&#8217;autres pays, moins de pression s&#8217;y exerce pour susciter r\u00e9seaux d&#8217;entreprises et grappes industrielles, ou pour orchestrer et int\u00e9grer les activit\u00e9s d&#8217;unit\u00e9s flexibles o\u00f9 la mise en commun de l&#8217;information, des pratiques et des normes incite les sous-unit\u00e9s \u00e0 produire mieux, et \u00e0 moindres cou\u00cc\u201ats, et \u00e0 innover.<\/p>\n<p>Mais la concurrence internationale oblige maintenant le Canada \u00e0 r\u00e9agir. Si la faiblesse du dollar a longtemps masqu\u00e9 la dure r\u00e9alit\u00e9 des parts de march\u00e9 perdues \u00e0 cause du manque de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation, cette r\u00e9alit\u00e9 nous a maintenant rattrap\u00e9s.<\/p>\n<p>Cela n\u00e9cessitera un recadrage de nos perspectives, une restructuration majeure et certains ajustements d&#8217;outillage. Mais c&#8217;est dans l&#8217;ordre inverse que s&#8217;effectueront ces changements, car il est plus facile de bricoler quelques changements de m\u00e9canismes que de modifier en profondeur la structure d&#8217;un syst\u00e8me et de faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s. Mais la th\u00e9orie de ce qu&#8217;on croit \u00e9\u201atre en train de faire, les structures, et les technologies sont fondamentalement interd\u00e9pendantes : tout changement apport\u00e9 \u00e0 l&#8217;une de ces composantes se r\u00e9percute sur les autres.<\/p>\n<p><em>R\u00e9outillage<\/em> : les m\u00e9canismes manquants. L&#8217;\u00e9conomie canadienne est handicap\u00e9e par une performance relativement faible en mati\u00e8re de R&amp;D et par son retard \u00e0 se convertir aux nouvelles technologies. D\u00e9j\u00e0, on a fait pression pour r\u00e9duire l&#8217;impo\u00cc\u201at des soci\u00e9t\u00e9s dans l&#8217;espoir de favoriser l&#8217;investissement en R&amp;D et en \u00e9quipements et d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer l&#8217;adoption des derni\u00e8res technologies de l&#8217;information. Plus g\u00e9n\u00e9reuses, les r\u00e8gles d&#8217;amortissement pourraient notamment inciter les entreprises \u00e0 investir davantage dans leur propre modernisation et \u00e0 l&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer. Mais une am\u00e9lioration du r\u00e9gime de cr\u00e9dit d&#8217;impo\u00cc\u201at pour les d\u00e9penses de R&amp;D (d\u00e9j\u00e0 relativement g\u00e9n\u00e9reux) ne suffira pas \u00e0 redresser la situation et pourrait m\u00e9\u201ame \u00e9\u201atre inutile. Il faut aussi en priorit\u00e9 mettre l&#8217;accent sur l&#8217;enrichissement de ce que Peter Nicholson appelle l&#8217;\u00ab environnement R&amp;D \u00bb.<\/p>\n<p>C&#8217;est d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 gra\u00cc\u201ace \u00e0 des initiatives li\u00e9es \u00e0 des infrastructures de recherche comme la Fondation canadienne pour l&#8217;innovation. Mais il faut aussi que \u00ab les gouvernements encouragent les activit\u00e9s des associations industrielles et les autres formes de collaboration assurant la circulation efficace de l&#8217;information parmi les secteurs et les entreprises du pays \u00bb ainsi que l&#8217;\u00e9crivent Rolf Weder et Herbert G. Grubel. Les gouvernements peuvent aider grandement en facilitant l&#8217;\u00e9laboration de cartes routi\u00e8res technologiques (www.strategis.ic.ca) de m\u00e9\u201ame qu&#8217;en \u00e9toffant et modernisant le ro\u00cc\u201ale de l&#8217;Office canadien de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<p>De telles initiatives de collaboration, cependant, peuvent aussi entrai\u00cc\u201aner la chasse aux rentes et favoriser la d\u00e9fense d&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at acquis. Pour l&#8217;\u00e9viter, il faut donc \u00e9galement et en parall\u00e8le favoriser l&#8217;augmentation de la concurrence. On y arrivera en lib\u00e9ralisant les restrictions canadiennes sur les investissements directs en provenance de l&#8217;\u00e9tranger. Voil\u00e0 qui exercera forc\u00e9ment sur le secteur priv\u00e9 une pression l&#8217;obligeant \u00e0 plus de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation. Dans la m\u00e9\u201ame foul\u00e9e, la suppression des barri\u00e8res commerciales entre les provinces pourrait aussi intensifier la concurrence et inciter le secteur priv\u00e9 \u00e0 moderniser plus rapidement sa machinerie et ses \u00e9quipements.<\/p>\n<p><em>Restructuration : une nouvelle organisation industrielle.<\/em> Augmentation de la productivit\u00e9 et acc\u00e9l\u00e9ration de l&#8217;innovation ne s&#8217;obtiennent pas par d\u00e9cret. Elles sont surtout une r\u00e9ponse \u00e0 la menace repr\u00e9sent\u00e9e par les fournisseurs \u00e9trangers et le r\u00e9sultat d&#8217;un changement de nature dans l&#8217;organisation industrielle. Pour prendre la place des grandes entreprises nationales qui dominaient la sc\u00e8ne \u00e9conomique il y a \u00e0 peine une g\u00e9n\u00e9ration, il y a \u00e9mergence de syst\u00e8mes locaux d&#8217;innovation relativement flexibles (sachant s&#8217;ins\u00e9rer au sein de r\u00e9seaux mondiaux mais aussi faire bon usage des capacit\u00e9s des cit\u00e9s-r\u00e9gions et des communaut\u00e9s de pratiques) qui ont r\u00e9ussi \u00e0 briser la chai\u00cc\u201ane de valeur en une vari\u00e9t\u00e9 de fonctions discr\u00e8tes. Ces nouveaux syst\u00e8mes d&#8217;innovation ont utilis\u00e9 diverses formes de liaison (partenariats, affiliations, prises de participation, sp\u00e9cialisation verticale, fournisseurs sp\u00e9cialis\u00e9s, etc.) qui n&#8217;exigent pas qu&#8217;il y ait un seul propri\u00e9taire pour tout le syst\u00e8me int\u00e9gr\u00e9 mais exercent une pression consid\u00e9rable en mati\u00e8re de productivit\u00e9 et d&#8217;innovation.<\/p>\n<p>Les gouvernements ont un ro\u00cc\u201ale \u00e0 jouer pour faciliter la transition vers ce nouveau \u00ab mode de production \u00bb d\u00e9j\u00e0 en plein essor dans d&#8217;autres r\u00e9gions du monde. Mais aider ainsi ces syst\u00e8mes locaux d&#8217;innovation \u00e0 s&#8217;\u00e9tablir puis \u00e0 s&#8217;int\u00e9grer \u00e0 des r\u00e9seaux mondiaux s&#8217;arrime souvent mal aux ambitions de cr\u00e9er des syst\u00e8mes \u00ab nationaux \u00bb d&#8217;innovation. D&#8217;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9volution culturelle chez les entreprises canadiennes habitu\u00e9es \u00e0 r\u00e9clamer des gouvernements leur lot de protections, de subventions et de gratifications pluto\u00cc\u201at qu&#8217;un appui dans leur transition vers une organisation industrielle innovante et productive.<\/p>\n<p>La dynamique de cette nouvelle organisation industrielle repose sur la modularit\u00e9, la concurrence et des syst\u00e8mes d&#8217;innovation de type neuromim\u00e9tique qui favorisent une participation illimit\u00e9e aux march\u00e9s mondiaux des id\u00e9es, des technologies et des produits interm\u00e9diaires. Elle r\u00e9clame une approche de gouvernance co\u00e9volutive et polycentrique, une combinaison d&#8217;institutions ax\u00e9es sur la production du savoir et des cibles d\u00e9termin\u00e9es non pas comme des objectifs absolus mais comme une s\u00e9rie d&#8217;incitations \u00e0 rectifier les attentes, \u00e0 modifier les habitudes et \u00e0 trouver de nouvelles pistes d&#8217;innovation.<\/p>\n<p>D&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance d&#8217;\u00e9changes permanents avec les intervenants cl\u00e9s dans des m\u00e9so-forums aptes \u00e0 susciter les synergies, les initiatives et les interactions les plus visibles et les plus efficaces. Grappes, r\u00e9seaux et fili\u00e8res seront les nouvelles unit\u00e9s d&#8217;analyse, et les m\u00e9soforums les plus utiles \u00e9maneront vraisemblablement de conseils m\u00e9tropolitains de technologies inspir\u00e9s de ceux que proposait en 1984 le Conseil des sciences du Canada, ou d&#8217;une strat\u00e9gie de soutien aux r\u00e9seaux d&#8217;entreprises.<\/p>\n<p><em>Recadrage : l&#8217;\u00c9tat strat\u00e8ge.<\/em> Il sera aussi n\u00e9cessaire d&#8217;\u00e9laborer un nouveau langage de d\u00e9finition de probl\u00e8mes. Tant que les citoyens dans leur ensemble cultiveront l&#8217;utopie d&#8217;un monde d\u00e9nu\u00e9 de risques et d&#8217;un syst\u00e8me de redistribution qui les prot\u00e8ge mur \u00e0 mur contre tout mauvais sort, ils continueront \u00e0 se comporter de fa\u00e7on irresponsable. Comme le rel\u00e8ve Michael J. Mandel dans <em>The High-Risk Society<\/em>, nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 fortement expos\u00e9e au risque et o\u00f9 le seul droit vraiment raisonnable consiste \u00e0 \u00e9\u201atre assur\u00e9 contre des \u00e9v\u00e9nements catastrophiques ou des cas de fatalit\u00e9.<\/p>\n<p>Les attentes sont en train de s&#8217;amenuiser \u00e0 mesure que s&#8217;affaiblit le sentiment du droit sacr\u00e9 \u00e0 une protection universelle contre l&#8217;incertitude. Les secteurs commerciaux et industriels sont de plus en plus confront\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s de la concurrence internationale, et les \u00c9tats-nations ont peu \u00e0 offrir pour les prot\u00e9ger contre l&#8217;imp\u00e9ratif d&#8217;innovation. Mais le discours officiel persiste \u00e0 faire l&#8217;impasse sur ces changements, et les mordus de l&#8217;\u00c9tat providence continuent de pr\u00e9\u201acher que rien ne doit changer. Ce discours public dysfonctionnel doit radicalement \u00e9voluer si l&#8217;on veut donner priorit\u00e9 \u00e0 la prise de risque, \u00e0 l&#8217;esprit d&#8217;entreprise et \u00e0 l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9.<\/p>\n<p>Le message complexe du<em> nouveau r\u00e9gime<\/em> doit \u00e9\u201atre transmis \u00e0 tous les citoyens et \u00e0 toutes les entreprises : ils doivent comprendre qu&#8217;un \u00ab \u00c9tat strat\u00e8ge \u00bb \u00e0 la fois plus moderne et plus modeste est en voie de supplanter l&#8217;ancien \u00c9tat-providence. Et que cette transition marquera la fin du mod\u00e8le de \u00ab gouvernement \u00bb que nous connaissons fond\u00e9 sur la hi\u00e9rarchie et la coercition. Il sera remplac\u00e9 par un mod\u00e8le de gouvernance multiniveaux, plus ouvert, polycentrique et moins coercitif, fond\u00e9 sur des partenariats entre les secteurs public, priv\u00e9 et communautaire.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;esprit d&#8217;un des ouvrages de Geoffrey Vickers,<em> Human Systems are Different<\/em>, ce texte s&#8217;int\u00e9resse moins \u00e0 \u00ab r\u00e9soudre des probl\u00e8mes qu&#8217;\u00e0 comprendre des situations \u00bb. Le r\u00e8glement des probl\u00e8mes ne repr\u00e9sente que 15 p. 100 de la fonction de gouvernance, qui doit surtout viser une compr\u00e9hension approfondie des r\u00e9alit\u00e9s moins discernables et moins structur\u00e9es.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit d&#8217;une ta\u00cc\u201ache fort difficile qui n\u00e9cessitera qu&#8217;on exp\u00e9rimente beaucoup, qu&#8217;on accepte que les exp\u00e9riences doivent varier d&#8217;un secteur et d&#8217;une r\u00e9gion \u00e0 l&#8217;autre, et que ces exp\u00e9riences pourront se solder par de nombreux \u00e9checs. Le mot d&#8217;ordre dans ces circonstances est le suivant : viser le minimum de regrets pluto\u00cc\u201at que le succ\u00e8s rapide.<\/p>\n<p>Les failles de la gouvernance ne pourront \u00e9\u201atre r\u00e9par\u00e9es simplement en multipliant les bricolages de machins et d&#8217;empla\u00cc\u201atres. Il faudra \u00e0 terme enclencher un v\u00e9ritable changement culturel. Mais tout recadrage strat\u00e9gique doit reposer sur une restructuration r\u00e9ussie et un r\u00e9outillage astucieux. Ce genre de d\u00e9marche n\u00e9cessite des qualit\u00e9s qui n&#8217;ont pas la cote par les temps qui courent : la patience et l&#8217;art du compromis. (Article traduit de l&#8217;anglais)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Il faudrait une fontaine de Jouvence dans laquelle dissoudre les structures sociales scl\u00e9ros\u00e9es du corps politique. \u00bb C.P. Kindleberger Croissance de la productivit\u00e9 et innovation sont deux facteurs cl\u00e9s dans l&#8217;am\u00e9lioration du niveau de vie et du bien-\u00e9\u201atre \u00e9conomique d&#8217;un pays. 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