{"id":261976,"date":"2005-03-01T05:00:00","date_gmt":"2005-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/finishing-what-we-started-canadian-trade-and-economic-policy-25-years-backward-and-forward\/"},"modified":"2025-10-07T19:46:48","modified_gmt":"2025-10-07T23:46:48","slug":"finishing-what-we-started-canadian-trade-and-economic-policy-25-years-backward-and-forward","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/finishing-what-we-started-canadian-trade-and-economic-policy-25-years-backward-and-forward\/","title":{"rendered":"La politique \u00e9conomique et commerciale : encore 25 ann\u00e9es pour terminer ce que nous avons entrepris"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p><em>L&#8217;histoire, c&#8217;est plus ou moins de la foutaise. C&#8217;est la tradition, et nous ne voulons d&#8217;aucune tradition. Nous voulons vivre au pr\u00e9sent. Et la seule histoire qui vaille un clou, c&#8217;est celle qui s&#8217;\u00e9crit aujourd&#8217;hui m\u00e9\u201ame.<\/em><\/p>\n<p><em>Henry Ford, cit\u00e9 par le <\/em>Chicago Tribune<em> en 1916.<\/em><\/p>\n<p><em>La cartomancie n&#8217;a jamais eu bonne r\u00e9putation. Et elle est toujours pernicieuse, qu&#8217;elle se pratique dans les salons les plus respectables ou dans des lieux clandestins connus de la police. <\/em><\/p>\n<p><em>Commission Gordon, 1957.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Si l&#8217;histoire et les pr\u00e9dictions sont une imposture, comment se tirer honorablement de ce mandat : souligner les 25 ans d&#8217;<em>Options politiques<\/em> en revenant sur 25 ann\u00e9es de politique \u00e9conomique et commerciale et en anticipant les 25 prochaines?<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, Henry Ford a lui-m\u00e9\u201ame \u00e9crit une page d&#8217;histoire, \u00e9videmment, et les pr\u00e9dictions de la Commission Gordon en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement \u00e9conomique se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es remarquablement justes. Mais un homme averti en vaut deux, surtout s&#8217;il se propose d&#8217;analyser un quart de si\u00e8cle de performance \u00e9conomique et commerciale, en mesurant de surcroi\u00cc\u201at l&#8217;efficacit\u00e9 des politiques qui s&#8217;y rapportent. Cela fait, nous prendrons notre courage \u00e0 deux mains et examinerons comment l&#8217;action politique\u2014 qu&#8217;elle soit excellente, nulle ou quelconque\u2014 influera sur le quart de si\u00e8cle qui d\u00e9bute.<\/p>\n<p>En 1957, la Commission Gordon pr\u00e9disait que les Canadiens devraient se montrer prudents et ne pas se cr\u00e9er trop d&#8217;attentes par rapport \u00e0 leur capacit\u00e9 fiscale. Les commissaires se disaient persuad\u00e9s que notre d\u00e9veloppement \u00e9conomique cr\u00e9erait suffisamment de richesse pour faire du Canada un pays \u00e0 la fois prosp\u00e8re et plus \u00e9quitable. Mais ils ajoutaient que<\/p>\n<blockquote>\n<p><em>nous pourrions \u00e0 tout moment d\u00e9cider que certaines demandes ne peuvent \u00e9\u201atre remplies faute de moyens et doivent \u00e9\u201atre remises \u00e0 plus tard. Car si nous y r\u00e9pondions sans discernement en les superposant \u00e0 nos activit\u00e9s \u00e9conomiques courantes, il pourrait s&#8217;ensuivre une inflation dont souffriraient cruellement certains groupes sociaux et qui nous nuirait sur plusieurs march\u00e9s internationaux o\u00f9 nous devons maintenir notre comp\u00e9titivit\u00e9. Si cela se produisait, nous pourrions trouver un jour que notre prodigalit\u00e9 nous a cou\u00cc\u201at\u00e9 tr\u00e8s cher.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 1980, ann\u00e9e du lancement d&#8217;Options politiques, les Canadiens d\u00e9couvraient justement le caract\u00e8re pr\u00e9monitoire de cet avertissement. Les gouvernements Pearson et Trudeau, de m\u00e9\u201ame que la plupart des gouvernements provinciaux des ann\u00e9es 1960 et 1970, leur avaient promis la lune et les avaient entrai\u00cc\u201an\u00e9s dans une aventure inoui\u00cc\u02c6e, convaincus non seulement que nous en avions les moyens mais qu&#8217;il en allait d&#8217;un devoir envers nous-m\u00e9\u201ames. Le ro\u00cc\u201ale du gouvernement s&#8217;est ainsi accru \u00e0 un rythme \u00e9tourdissant, tout comme les ressources n\u00e9cessaires au financement de tous ses fabuleux programmes. Mais au lieu d&#8217;augmenter les impo\u00cc\u201ats en proportion des niveaux de d\u00e9pense, les administrateurs du pays ont abus\u00e9 de leurs cartes de cr\u00e9dit, persuad\u00e9s que la croissance \u00e9conomique suppl\u00e9erait au gonflement de la dette. Si bien qu&#8217;en f\u00e9vrier 1984, lorsque Pierre Elliott Trudeau fit sa c\u00e9l\u00e8bre promenade dans la neige, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral empruntait le tiers de ses besoins fiscaux et la dette du pays avait bondi de 1 100 p. 100 par rapport \u00e0 ce qu&#8217;elle \u00e9tait \u00e0 son arriv\u00e9e au pouvoir. Les provinces n&#8217;\u00e9taient gu\u00e8re mieux loties.<\/p>\n<p>Le Canada n&#8217;\u00e9tait pas seul \u00e0 se complaire dans l&#8217;exc\u00e8s. Des ann\u00e9es 1950 au tournant des ann\u00e9es 1980, les pays de l&#8217;OCDE s&#8217;\u00e9taient presque tous convertis au \u00ab consensus keyn\u00e9sien \u00bb suivant lequel les gouvernements se voyaient confier la responsabilit\u00e9 de g\u00e9rer l&#8217;\u00e9conomie, assumant un ro\u00cc\u201ale sans cesse grandissant et cr\u00e9ant une demande toujours croissante. Mais le principe de gestion anticyclique\u2014 expansion en temps de crise et repli en p\u00e9riode faste\u2014 avait \u00e9t\u00e9 sacrifi\u00e9 de longue date sur l&#8217;autel de l&#8217;opportunisme politique. Avec quatre principales cons\u00e9quences : expansion constante de l&#8217;\u00c9tat, gonflement de la dette publique, mont\u00e9e de l&#8217;inflation et progression du cho\u00cc\u201amage. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l&#8217;inflation \u00e0 deux chiffres s\u00e9vissait dans tous les pays de l&#8217;OCDE, lorsque survint la pire r\u00e9cession \u00e9conomique depuis la crise de 1929.<\/p>\n<p>Sur le front commercial, on s&#8217;est employ\u00e9 durant l&#8217;\u00e8re Pearson-Trudeau \u00e0 faire du Canada un commer\u00e7ant mondial dot\u00e9 d&#8217;une base industrielle autonome. Pour ce faire, on a multipli\u00e9 les politiques et les programmes gouvernementaux destin\u00e9s \u00e0 convaincre les Canadiens de collaborer \u00e0 cette ambition. H\u00e9las ! la proximit\u00e9 du march\u00e9 am\u00e9ricain a d\u00e9jou\u00e9 tous nos efforts pour le supplanter et pour modifier la structure, fond\u00e9e sur les ressources, de notre \u00e9conomie.<\/p>\n<p>De 1963 \u00e0 1984, le sch\u00e9ma d&#8217;apr\u00e8s-guerre d&#8217;une d\u00e9pendance croissante \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de notre premier partenaire commercial est rest\u00e9 inchang\u00e9. Ministres et hauts fonctionnaires ont eu beau se passionner pour les liens contractuels que nous tissions avec l&#8217;Europe, l&#8217;intensification de nos \u00e9changes avec le Japon et notre ouverture au Tiers-monde, les Canadiens n&#8217;ont jamais modifi\u00e9 leur comportement de producteurs ou de consommateurs. Le gouvernement a aussi consacr\u00e9 beaucoup de temps et d&#8217;argent \u00e0 \u00e9laborer des politiques de d\u00e9veloppement r\u00e9gional et industriel, sans parvenir non plus \u00e0 modifier la structure de notre \u00e9conomie.<\/p>\n<p>On ne s&#8217;\u00e9tonnera donc pas que le vent ait finalement tourn\u00e9 avec l&#8217;\u00e9lection de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et de Ronald Reagan aux \u00c9tats-Unis. Effectuant une classique pirouette lib\u00e9rale, Pierre Elliott Trudeau et son successeur imm\u00e9diat John Turner ont voulu saisir la balle au bond en adh\u00e9rant \u00e0 la logique du march\u00e9 et au conservatisme financier. Mais les Canadiens ont rejet\u00e9 en septembre 1984 cette conversion trop opportune d&#8217;un r\u00e9gime agonisant, pour accorder le mandat \u00e9lectoral le plus important de l&#8217;histoire du pays aux progressistes-conservateurs de Brian Mulroney. Lesquels auraient pour ta\u00cc\u201ache de r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 la population que les coffres de l&#8217;\u00c9tat \u00e9taient vides.<\/p>\n<p>Brian Mulroney et ses ministres n&#8217;\u00e9taient pas seuls \u00e0 juger intenables les politiques des ann\u00e9es 1960 et 1970. Des hauts fonctionnaires des deux minist\u00e8res des Finances et des Affaires ext\u00e9rieures avaient \u00e9galement conclu \u00e0 l&#8217;urgence de red\u00e9finir nos priorit\u00e9s en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9conomie et de politique \u00e9trang\u00e8re. Chacun des minist\u00e8res produisit donc d&#8217;importants documents de r\u00e9flexion pour aider le gouvernement \u00e0 faire le tri des choix possibles. Le premier servirait de base \u00e0 l&#8217;\u00e9nonc\u00e9 de politique <em>Une nouvelle direction pour le Canada<\/em> d\u00e9voil\u00e9 par le ministre des Finances Michael Wilson en novembre 1984, le second, intitul\u00e9 <em>Comment maintenir et renforcer notre acc\u00e8s aux march\u00e9s ext\u00e9rieurs<\/em>, pr\u00e9parerait le terrain \u00e0 la d\u00e9cision de septembre 1985 d&#8217;engager le processus de libre-\u00e9change avec les \u00c9tats-Unis. Ces deux changements d&#8217;orientation traduisaient une toute nouvelle donne politique, fort bien d\u00e9finie dans les recherches, auditions, analyses et recommandations de la Commission royale sur l&#8217;union \u00e9conomique et les perspectives de d\u00e9veloppement du Canada pr\u00e9sid\u00e9e par Donald Macdonald, dont bon nombre d&#8217;id\u00e9es et de propositions seront adopt\u00e9es par un gouvernement pr\u00e9\u201at \u00e0 miser sur une approche ax\u00e9e sur le march\u00e9 pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 canadienne.<\/p>\n<p>Au cours des dix ann\u00e9es suivantes, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a syst\u00e9matiquement appliqu\u00e9 ce programme \u00e9conomique. Parmi les \u00e9l\u00e9ments de celui-ci, sans doute est-ce l&#8217;Accord de libre-\u00e9change (ALE) avec les \u00c9tats-Unis qui a soulev\u00e9 le plus de d\u00e9bats et de controverses. Mais ses retomb\u00e9es n&#8217;auraient pas \u00e9t\u00e9 si favorables sans un train de mesures compl\u00e9mentaires englobant r\u00e9forme r\u00e9glementaire, privatisations, TPS et politique mon\u00e9taire. Toutes reposaient sur un th\u00e8me commun : la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duire le ro\u00cc\u201ale du gouvernement et de renforcer celui des march\u00e9s, tout en r\u00e9compensant l&#8217;initiative individuelle.<\/p>\n<p>L&#8217;efficacit\u00e9 avec laquelle Brian Mulroney a op\u00e9r\u00e9 cette r\u00e9orientation s&#8217;est vue confirm\u00e9e par les choix politiques de son successeur lib\u00e9ral Jean Chr\u00e9tien. Bien qu&#8217;on se soit bri\u00e8vement inqui\u00e9t\u00e9 en 1993 de l&#8217;intention du nouveau gouvernement de revenir en arri\u00e8re. Apr\u00e8s tout, les lib\u00e9raux avaient vigoureusement d\u00e9nonc\u00e9 l&#8217;ALE lors de la campagne \u00e9lectorale de 1988, ils s&#8217;\u00e9taient montr\u00e9s tr\u00e8s critiques pendant les n\u00e9gociations de l&#8217;ALENA et ne se privaient pas d&#8217;\u00e9reinter ce que Sylvia Ostry appelait le \u00ab ronald-thatch\u00e9risme \u00bb. Mais en l&#8217;occurrence, et malgr\u00e9 une certaine agitation verbale en d\u00e9but de mandat, Jean Chr\u00e9tien et ses coll\u00e8gues jug\u00e8rent que les changements apport\u00e9s par Brian Mulroney devaient \u00e9\u201atre maintenus. En fait, le premier ministre lib\u00e9ral a pleinement adh\u00e9r\u00e9 au changement, engageant encore plus loin la r\u00e9volution du libre\u00e9change en n\u00e9gociant des accords avec Isra\u00e9\u02c6l, la Jordanie, le Chili, le Costa Rica et l&#8217;Am\u00e9rique centrale, de m\u00e9\u201ame qu&#8217;en faisant part de sa volont\u00e9 de n\u00e9gocier avec tout partenaire de bonne foi. En clair, plus question de mettre en cause la logique du libre-\u00e9change. Brian Mulroney avait bel et bien r\u00e9volutionn\u00e9 l&#8217;approche canadienne de l&#8217;\u00e9conomie et du ro\u00cc\u201ale qu&#8217;y joueraient forces du march\u00e9 et r\u00e8gles internationales.<\/p>\n<p>Chez les lib\u00e9raux, la conversion \u00e0 ce nouveau paradigme \u00e9tait \u00e9vidente dans la d\u00e9termination de Jean Chr\u00e9tien \u00e0 r\u00e9aliser le seul objectif sur lequel son pr\u00e9d\u00e9cesseur avait but\u00e9 : l&#8217;\u00e9quilibre budg\u00e9taire. Les deux ministres des Finances des gouvernements Mulroney, Michael Wilson et Don Mazankowski, \u00e9taient parvenus \u00e0 r\u00e9duire la croissance des d\u00e9penses f\u00e9d\u00e9rales et \u00e0 r\u00e9tablir un \u00e9quilibre au moins fonctionnel, sans toutefois r\u00e9ussir \u00e0 contenir l&#8217;augmentation de la dette. Comme l&#8217;a not\u00e9 Andrew Coyne, chaque dollar s&#8217;ajoutant \u00e0 la dette des ann\u00e9es Mulroney refl\u00e9tait en fait le cou\u00cc\u201at des int\u00e9r\u00e9\u201ats encourus sur la dette accumul\u00e9e par Trudeau, lequel cou\u00cc\u201at \u00e9tait beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 qu&#8217;escompt\u00e9 \u00e0 cause des hauts taux d&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at provoqu\u00e9s, \u00e9galement, par Trudeau.<\/p>\n<p>Jean Chr\u00e9tien et Paul Martin r\u00e9ussirent l\u00e0 o\u00f9 Brian Mulroney avait \u00e9chou\u00e9. D\u00e8s le budget de 1995, ils sabr\u00e8rent dans les d\u00e9penses pour d\u00e9gager en 2000 le premier d&#8217;une s\u00e9rie ininterrompue de surplus budg\u00e9taires, dont une partie a permis de rembourser la dette accumul\u00e9e dans les ann\u00e9es 1960 et 1970. La magie de la croissance \u00e9conomique compos\u00e9e s&#8217;est m\u00e9\u201ame mise de la partie, faisant graduellement baisser la part de la dette publique par rapport au PIB, qui chutera de 70 \u00e0 40 p. 100 en moins d&#8217;une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p>L&#8217;exemple d&#8217;Ottawa a \u00e9t\u00e9 en partie suivi par les provinces, sous la pression caus\u00e9e par la r\u00e9duction des transferts f\u00e9d\u00e9raux mais aussi parce que les \u00e9lecteurs semblaient pr\u00e9f\u00e9rer les gouvernements de taille r\u00e9duite. Si les Ontariens ont bri\u00e8vement flirt\u00e9 avec le NPD dans les ann\u00e9es 1990, ils ont sito\u00cc\u201at apr\u00e8s \u00e9lu par deux fois le conservateur Mike Harris. Et en Alberta, Ralph Klein a d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 ses homologues provinciaux que la rigueur financi\u00e8re faisait un excellent programme tout en rapportant de solides dividendespolitiques.\u00e0 lam\u00e9\u201ame\u00e9poque au Qu\u00e9bec, Lucien Bouchard adoptait sa politique du d\u00e9ficit z\u00e9ro.<\/p>\n<p>Les retomb\u00e9es de ce tournant ont \u00e9t\u00e9 manifestes tout au long des ann\u00e9es 1990 et jusqu&#8217;au d\u00e9but du pr\u00e9sent si\u00e8cle. Dans sa revue annuelle de la performance \u00e9conomique du Canada de d\u00e9cembre 2004, le Fonds mon\u00e9taire international conclut que \u00ab la r\u00e9cente performance macro\u00e9conomique du Canada est enviable et refl\u00e8te les avantages d&#8217;institutions saines et de politiques fortes (&#8230;). La croissance de l&#8217;\u00e9conomie canadienne est la plus forte du G7 depuis 1997. \u00bb Notre pays n&#8217;est certes pas exempt de probl\u00e8mes, de la faible croissance de sa productivit\u00e9 jusqu&#8217;aux cons\u00e9quences d&#8217;une gestion extravagante de la demande, en passant par l&#8217;effritement de ses infrastructures et les dysfonctionnements de son syst\u00e8me de sant\u00e9. Mais le cadre politique et financier qui lui servira \u00e0 les r\u00e9soudre demeure fondamentalement sain.<\/p>\n<p>De nation commer\u00e7ante, le Canada est devenu, en 25 ans, un pays de commer\u00e7ants. En 1980, notre activit\u00e9 commerciale reposait encore largement sur nos ressources ainsi que sur un nombre restreint de produits, de clients et de fournisseurs. Les \u00e9changes de biens et services totalisaient 188 milliards en dollars courants, soit pr\u00e8s de 60 p. 100 du PIB. Stimul\u00e9 par l&#8217;ALE, ils ont fait un bon prodigieux et se sont beaucoup diversifi\u00e9s en termes de produits, de clients et de fournisseurs, m\u00e9\u201ame si les \u00e9changes restaient circonscrits \u00e0 l&#8217;Am\u00e9rique du Nord. C&#8217;est ainsi que, en 2000, nos \u00e9changes atteignaient le chiffre sans pr\u00e9c\u00e9dent de 900 milliards de dollars ou 90 p. 100 du PIB, fl\u00e9chissant l\u00e9g\u00e8rement depuis lors en raison d&#8217;une croissance int\u00e9rieure plus rapide que celle observ\u00e9e sur les march\u00e9s ext\u00e9rieurs. Les \u00e9changes bilat\u00e9raux entre le Canada et les \u00c9tats-Unis repr\u00e9sentaient en 1980 les deux tiers environ de toute notre activit\u00e9 commerciale, ou 40 p. 100 du PIB. Vingt ans plus tard, ce chiffre avait presque doubl\u00e9 pour atteindre 700 milliards en dollars canadiens, ce qui repr\u00e9sentait 75 p. 100 de tous nos \u00e9changes et 70 p. 100 du PIB. Les flux bidirectionnels d&#8217;investissements directs \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger (IDE) ont de m\u00e9\u201ame atteint de nouveaux sommets : avoisinant les 10 milliards au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, leur valeur avait bondi \u00e0 340 milliards en 2000, traduisant un \u00e9quilibre nettement plus favorable entre les flux provenant du Canada et des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>M\u00e9\u201ame si le FMI n&#8217;a pas cit\u00e9 l&#8217;int\u00e9gration transfrontali\u00e8re au nombre des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s du cadre politique soutenant notre performance \u00e9conomique, nous croyons qu&#8217;elle en est le deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment en importance. Depuis 20 ans, le Canada et les \u00c9tats-Unis se sont th\u00e9oriquement engag\u00e9s \u00e0 s&#8217;en tenir \u00e0 une zone de libre-\u00e9change, mais on a assist\u00e9 en pratique \u00e0 l&#8217;essor de deux \u00e9conomies de plus en plus interd\u00e9pendantes. L&#8217;axe est-ouest artificiel de l&#8217;\u00e9conomie canadienne de l&#8217;apr\u00e8s-Conf\u00e9d\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 \u00e9conomiquement et g\u00e9ographiquement par une tendance nordsud plus naturelle. En mati\u00e8re de fabrication et de services, les \u00e9changes et les investissements int\u00e9grationnistes ont de m\u00e9\u201ame remplac\u00e9 l&#8217;ancien sch\u00e9ma fond\u00e9 sur les ressources. S&#8217;appuyant sur des objectifs, des besoins et des perspectives globalement semblables, nos deux gouvernements ont en outre \u00e9labor\u00e9 une structure de liens et r\u00e9seaux formels et informels qui facilitent la convergence dans la conception et l&#8217;implantation de plusieurs r\u00e9glementations, simplifiant et multipliant par le fait m\u00e9\u201ame d&#8217;autres types d&#8217;\u00e9changes entre les deux pays.<\/p>\n<p>Le vent a donc tourn\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, mais tournera-t-il de nouveau pour inciter les gouvernements \u00e0 renouer avec l&#8217;interventionnisme, l&#8217;indiscipline budg\u00e9taire et l&#8217;ambition de diversifier nos \u00e9changes pour moins d\u00e9pendre des \u00c9tats-Unis? Sans doute pas. Des voix se l\u00e8vent de temps \u00e0 autre pour r\u00e9clamer un retour aux grisantes ann\u00e9es 1960, mais les gouvernements r\u00e9sisteront su\u00cc\u201arement \u00e0 cette tentation. Pour deux raisons. Parce que les Canadiens aiment ce pays tel que l&#8217;ont fa\u00e7onn\u00e9 les politiques des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es\u2014 malgr\u00e9 ce que nos \u00e9lites peuvent en penser\u2014 et qu&#8217;ils n&#8217;ont aucune nostalgie du pass\u00e9. Par ailleurs, un des aspect cl\u00e9s de l&#8217;h\u00e9ritage de ce quart de si\u00e8cle r\u00e9side dans la volont\u00e9 expresse des gouvernements de s&#8217;interdire un retour \u00e0 l&#8217;interventionnisme \u00e9conomique des ann\u00e9es 1960 \u00e0 1980 en se liant \u00e0 des accords bilat\u00e9raux, r\u00e9gionaux et multilat\u00e9raux.<\/p>\n<p>Progressivement mais avec une d\u00e9termination croissante au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es, ils se sont d\u00e9partis avec enthousiasme de bon nombre d&#8217;instruments \u00e9conomiques et industriels interventionnistes et se sont fermement commis, en signant des accords internationaux sur le commerce et les investissements, \u00e0 favoriser des politiques ax\u00e9es sur le march\u00e9. S&#8217;ils ont consenti \u00e0 d\u00e9laisser cet arsenal de mesures \u00e9tatiques, c&#8217;est qu&#8217;ils \u00e9taient persuad\u00e9s qu&#8217;il en allait de l&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at \u00e0 long terme des citoyens de r\u00e9guler cette tendance naturelle mais autodestructrice des gouvernements d\u00e9mocratiques \u00e0 se gagner les faveurs de leur \u00e9lectorat \u00e0 coups de mesures populistes comme les tarifs douaniers, les quotas d&#8217;importation, les subventions, l&#8217;aide au d\u00e9veloppement r\u00e9gional, la r\u00e9gulation de l&#8217;offre et autres traitements pr\u00e9f\u00e9rentiels. Il reste de nombreux caps \u00e0 franchir, mais l&#8217;orientation politique du pays est d\u00e9sormais si fermement li\u00e9e \u00e0 des engagements nationaux et internationaux qu&#8217;on a du mal \u00e0 envisager un v\u00e9ritable retour de balancier.<\/p>\n<p>Absolument indispensable au fonctionnement des march\u00e9s, la r\u00e8gle de non-discrimination compte parmi les r\u00e8gles fondamentales des accords modernes de commerce et d&#8217;investissement. En revanche, le concept de discrimination est l&#8217;essence m\u00e9\u201ame de la gouvernance. Les accords commerciaux ont par cons\u00e9quent r\u00e9duit la port\u00e9e de l&#8217;activisme gouvernemental. Au sein des nations, le repli de l&#8217;\u00c9tat a modifi\u00e9 le statut de nombreux groupes et les rapports de pouvoir traditionnels. Syndicats, r\u00e9gions d\u00e9favoris\u00e9es et secteurs \u00e9conomiques prot\u00e9g\u00e9s ont tous perdu \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s leur influence politique, cons\u00e9quence directe de la capacit\u00e9 r\u00e9duite des gouvernments d&#8217;influer sur la vie des gens.<\/p>\n<p>Mais tout en jugeant improbable une r\u00e9orientation fondamentale au cours du prochain quart de si\u00e8cle, force est de reconnai\u00cc\u201atre que l&#8217;orientation adopt\u00e9e depuis 25 ans ne fait pas l&#8217;unanimit\u00e9. Certains consid\u00e8rent par exemple qu&#8217;en r\u00e9duisant le pouvoir de discrimination des gouvernements, les accords commerciaux entravent la r\u00e9alisation de nombreux objectifs politiques. Sous le couvert de menaces \u00e0 la \u00ab souverainet\u00e9 \u00bb ou \u00e0 l&#8217;\u00ab identit\u00e9 nationale \u00bb, ces critiques s&#8217;inqui\u00e8tent en fait de savoir qui dirige, \u00e0 quelles fins et selon quelles m\u00e9thodes.<\/p>\n<p>Deux groupes surtout continueront de rivaliser pour attirer l&#8217;attention : les \u00ab r\u00e9novateurs \u00bb et les \u00ab anxieux \u00bb. Il est relativement simple de comprendre les motivations des premiers, qui cultivent une vision radicalement diff\u00e9rente de la soci\u00e9t\u00e9 et d\u00e9noncent non seulement les accords commerciaux mais tout ce qui d\u00e9finit la vie et la gouvernance modernes. Ces tenants d&#8217;une gauche \u00e9tatiste et collectiviste voudraient transformer le monde en une nouvelle J\u00e9rusalem, ils se rallient autour des mots d&#8217;ordre de justice et de compassion, et craignent par-dessus tout la logique de march\u00e9, la grande entreprise et la libert\u00e9 individuelle. Notamment gra\u00cc\u201ace \u00e0 l&#8217;Internet, ils ont pu gonfler leur influence par rapport \u00e0 leur nombre et cr\u00e9er des r\u00e9seaux transfrontaliers. Mais les politiciens canadiens ne s&#8217;en sont pas laiss\u00e9 compter, sachant qu&#8217;ils ne p\u00e8sent pas tr\u00e8s lourd dans les urnes. Et si leurs id\u00e9aux leur attirent parfois une certaine sympathie, la population sent parfaitement qu&#8217;\u00e0 la lumi\u00e8re des mesures qu&#8217;ils pr\u00e9conisent, le rem\u00e8de serait g\u00e9n\u00e9ralement pire que le mal.<\/p>\n<p>Les anxieux sont cependant beaucoup plus nombreux et influents, les r\u00e9novateurs ayant d&#8217;ailleurs appris \u00e0 exploiter leur angoisse. Ils sont porteurs de craintes tr\u00e8s vari\u00e9es auxquelles on peut r\u00e9pondre dans la plupart des cas, mais dont la somme peut agir sur l&#8217;opinion publique au point d&#8217;influer sur certaines orientations gouvernementales. Le rythme des changements \u00e9conomiques \u00e9tant de nos jours beaucoup plus rapide, par exemple, il peut chambouler sans pr\u00e9avis la vie de certains segments de la population, m\u00e9\u201ame si c&#8217;est au profit de la majorit\u00e9. Parfois amplifi\u00e9es, les craintes des anxieux n&#8217;en sont pas moins l\u00e9gitimes dans bien des cas. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;approche graduelle de la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes adopt\u00e9e par les gouvernements, soucieux d&#8217;accorder \u00e0 la population le temps n\u00e9cessaire pour calmer son inqui\u00e9tude. C&#8217;est dans ce m\u00e9\u201ame but que les n\u00e9gociations et les accords commerciaux accordent une place de plus en plus grande aux r\u00e8gles de transparence et d&#8217;imputabilit\u00e9. Mais, en d\u00e9finitive, une politique \u00e9conomique rigoureuse devrait sans doute continuer de recevoir l&#8217;aval des Canadiens, dans la mesure o\u00f9 on aura pris soin de l&#8217;expliquer clairement.<\/p>\n<p>Un march\u00e9 qui fonctionne bien met en jeu des forces profond\u00e9ment d\u00e9mocratiques ; l&#8217;acc\u00e9l\u00e9ration du processus d&#8217;int\u00e9gration d\u00e9coule naturellement des milliards de d\u00e9cisions sans lien apparent que les gens prennent chaque jour pour se nourrir, se v\u00e9\u201atir, se d\u00e9placer ou se divertir, et plus g\u00e9n\u00e9ralement pour d\u00e9penser les ressources dont ils disposent. Au Canada comme aux \u00c9tats-Unis, ces choix privil\u00e9gient massivement les producteurs et les fournisseurs nord-am\u00e9ricains. Ceux qu&#8217;inqui\u00e8te le \u00ab d\u00e9ficit d\u00e9mocratique \u00bb devraient se rassurer \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que rien n&#8217;est plus d\u00e9mocratique qu&#8217;un march\u00e9 permettant chaque jour aux Canadiens et aux Am\u00e9ricains d&#8217;exprimer leurs pr\u00e9f\u00e9rences. Les Canadiens ont ainsi montr\u00e9 qu&#8217;ils appr\u00e9ciaient le g\u00e9ant Wal-Mart et ne regrettaient pas outre mesure la disparition d&#8217;Eaton. Au jour le jour, leurs d\u00e9cisions de consommation indiquent aux sondeurs d&#8217;opinion que l&#8217;int\u00e9gration \u00e9conomique ne les effraie pas.<\/p>\n<p>Les accords internationaux sont donc venus r\u00e9primer un interventionnisme \u00e9conomique qui n&#8217;a plus la faveur d&#8217;une majorit\u00e9 de Canadiens, bien que la propension \u00e0 l&#8217;ing\u00e9rence reste forte. Mais dans les prochaines d\u00e9cennies, celle-ci se traduira plus vraisemblablement par des mesures destin\u00e9es \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie pluto\u00cc\u201at qu&#8217;\u00e0 influer sur la performance \u00e9conomique. \u00e0 mesure que les gouvernements ont d\u00e9laiss\u00e9 depuis un quart de si\u00e8cle les entreprises publiques et l&#8217;ing\u00e9rence r\u00e9glementaire, ils ont canalis\u00e9 leur action vers d&#8217;autres formes de r\u00e9glementation li\u00e9es notamment \u00e0 la su\u00cc\u201aret\u00e9 des produits ou \u00e0 l&#8217;environnement, \u00e0 la promotion des droits de la personne ou de certains modes de vie. Ces nouveaux types de r\u00e9glementation engendrent leurs propres cons\u00e9quences \u00e9conomiques dont on doit contro\u00cc\u201aler les exc\u00e8s \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;approches diff\u00e9rentes. Au lieu d&#8217;adopter des r\u00e8gles internationales visant \u00e0 supprimer ces nouvelles formes d&#8217;intervention, les gouvernements cherchent \u00e0 collaborer \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement de normes et d&#8217;approches communes. Pour le Canada, cet effort de collaboration se focalisera de plus en plus sur les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Pour les Canadiens, l&#8217;asym\u00e9trie des pouvoirs et des ressources a toujours \u00e9t\u00e9 une motivation d\u00e9terminante pour privil\u00e9gier les \u00e9changes r\u00e9glement\u00e9s et \u00e9viter les approches plus souples fond\u00e9es sur les institutions. Les n\u00e9gociations du GATT et de l&#8217;OMC sur le plan multilat\u00e9ral, puis de l&#8217;ALE et de l&#8217;ALENA sur le plan continental, ont en partie \u00e9t\u00e9 men\u00e9es en vue de compenser les handicaps du Canada comme lieu d&#8217;investissement en Am\u00e9rique du Nord et aider \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;\u00e9cart entre ses pouvoirs et ceux des \u00c9tats-Unis. Des n\u00e9gociations conclues au b\u00e9n\u00e9fice r\u00e9ciproque des deux pays, mais qui restent inachev\u00e9es.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi strat\u00e9gique du gouvernement canadien consiste donc \u00e0 d\u00e9terminer s&#8217;il vaut mieux favoriser ou emp\u00e9\u201acher l&#8217;int\u00e9gration \u00e9conomique nord-am\u00e9ricaine. \u00e0 ce sujet, il lui faudra d&#8217;abord comprendre la texture des relations bilat\u00e9rales, qui touchent les Canadiens d&#8217;une mani\u00e8re qui d\u00e9passe largement la capacit\u00e9 de tout r\u00e9genter des gouvernements. La gauche d\u00e9su\u00e8te s&#8217;insurgerait \u00e9videmment contre toute politique visant ouvertement \u00e0 favoriser l&#8217;int\u00e9gration, mais nulle part ne propose-t-on des mesures destin\u00e9es \u00e0 emp\u00e9\u201acher sa progression. Qui, en effet, voudrait imposer des restrictions aux 200 millions de s\u00e9jours d&#8217;une journ\u00e9e et plus que les Canadiens font chaque ann\u00e9e aux \u00c9tats-Unis, aux 45 000 passages de camions par jour, \u00e0 la construction du pont de Windsor annonc\u00e9e en d\u00e9cembre ou \u00e0 l&#8217;extension du pr\u00e9d\u00e9douanement dans les a\u00e9roports canadiens? L&#8217;int\u00e9gration est l&#8217;option par d\u00e9faut, tout simplement, et la meilleure strat\u00e9gie gouvernementale se r\u00e9sumera aux mesures qui en assureront la progression.<\/p>\n<p>Dans ce contexte se multiplient d&#8217;ailleurs les enjeux qui r\u00e9clament des solutions novatrices, dont nous profiterions sur le double plan \u00e9conomique et social. Bien con\u00e7us et mis en \u0153uvre, les accords \u00e9conomiques offrent aux gouvernements une excellente base pour s&#8217;attaquer \u00e0 des priorit\u00e9s autres que commerciales. En raffermissant leur confiance r\u00e9ciproque en tant que partenaires \u00e9conomiques, le Canada et les \u00c9tats-Unis seraient ainsi plus enclins \u00e0 r\u00e9gler en concertation d&#8217;autres probl\u00e8mes comme le terrorisme ou l&#8217;interdiction des substances illicites.<\/p>\n<p>Pour tirer pleinement parti des avantages de leur interd\u00e9pendance croissante, nos deux pays\u2014 et le Mexique \u00e9ventuellement\u2014 doivent relever trois d\u00e9fis fondamentaux :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Minimiser le ro\u00cc\u201ale des fronti\u00e8res dans les d\u00e9cisions de commerce et d&#8217;investissement, y compris les cou\u00cc\u201ats de conformit\u00e9 et les frais potentiellement li\u00e9s aux retards.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Limiter l&#8217;effet des \u00e9carts r\u00e9glementaires, en ce qui touche \u00e9galement les cou\u00cc\u201ats de conformit\u00e9 ; \u00e0 ce propos, les accords intergouvernementaux et l&#8217;int\u00e9gration silencieuse ont certes amoindri ces \u00e9carts en accentuant la convergence r\u00e9glementaire, mais ils ne les ont pas supprim\u00e9s et n&#8217;ont pu emp\u00e9\u201acher la cr\u00e9ation de nouveaux \u00e9carts en mati\u00e8re de r\u00e8glements, d&#8217;objectifs, d&#8217;implantation et de conformit\u00e9.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Am\u00e9liorer la gestion des relations canado-am\u00e9ricaines et renforcer les cadres institutionnels et proc\u00e9duraux pour aplanir les \u00e9carts, r\u00e9duire les conflits et assouplir les conditions d&#8217;adaptation au changement.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&#8217;\u00e9laboration de m\u00e9canismes institutionnels servant \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes et \u00e0 promouvoir l&#8217;\u00e9tablissement de r\u00e8gles adapt\u00e9es au march\u00e9 nord-am\u00e9ricain est indispensable \u00e0 la concr\u00e9tisation de ces d\u00e9fis. Historiquement, nos deux pays ont g\u00e9r\u00e9 au cas par cas la complexit\u00e9 des liens qui les unissent. Chacun a toujours pris grand soin d&#8217;emp\u00e9\u201acher qu&#8217;un diff\u00e9rend en particulier ne compromette l&#8217;ensemble de leurs relations. Ce pragmatisme a sans doute longtemps profit\u00e9 \u00e0 l&#8217;un et \u00e0 l&#8217;autre, mais il est d\u00e9sormais obsol\u00e8te. Avant le 11 septembre 2001, on pouvait juger selon leur m\u00e9rite les initiatives de resserrement des liens \u00e9conomiques et commerciaux. Mais \u00e0 l&#8217;\u00e9vidence, les \u00c9tats-Unis opposeraient aujourd&#8217;hui une fin de non-recevoir \u00e0 toute proposition du genre qui ferait l&#8217;impasse sur les questions de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Tous les aspects de la politique \u00e9trang\u00e8re et commerciale du Canada reposent sur ses liens avec les \u00c9tats-Unis. Ce n&#8217;est qu&#8217;avec les Am\u00e9ricains que les Canadiens entretiennent une relation qui englobe presque tous les aspects de ses politiques publiques, de son d\u00e9veloppement \u00e9conomique et de ses rapports humains. Notre premier d\u00e9fi consiste donc \u00e0 g\u00e9rer les forces d&#8217;une int\u00e9gration silencieuse qui nous rapproche chaque jour un peu plus de notre imposant voisin, cela afin d&#8217;en maximiser les avantages. Un voisin avec lequel nous devons r\u00e9inventer un modus vivendi qui lib\u00e9rera l&#8217;\u00e9nergie politique indispensable au renouvellement de notre politique \u00e9trang\u00e8re et commerciale.<\/p>\n<p>En 1985, la Commission Macdonald recommandait que \u00ab les politiques \u00e9conomiques canadiennes soient de plus en plus pens\u00e9es en termes de contexte global. Cela n\u00e9cessite une reconnaissance plus compl\u00e8te de modifications structurelles et \u00e0 longue \u00e9ch\u00e9ance, en particulier dans les domaines du commerce, de la technologie et du ro\u00cc\u201ale des gouvernements. \u00bb Une recommandation que les Canadiens ont fort bien appliqu\u00e9e au cours des 20 ann\u00e9es qui ont suivi. Mais leur d\u00e9fi actuel a quelque peu chang\u00e9. Sans tourner le dos \u00e0 la conjoncture internationale, ils auraient tout int\u00e9r\u00e9\u201at au cours du prochain quart de si\u00e8cle \u00e0 envisager sans d\u00e9tour leur participation \u00e0 une \u00e9conomie nord-am\u00e9ricaine fortement int\u00e9gr\u00e9e. Pour y parvenir, ils doivent collaborer avec leur voisin am\u00e9ricain au cadre institutionnel qui leur permettra de tirer parti d&#8217;une int\u00e9gration en pleine acc\u00e9l\u00e9ration. (Article traduit de l&#8217;anglais)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;histoire, c&#8217;est plus ou moins de la foutaise. C&#8217;est la tradition, et nous ne voulons d&#8217;aucune tradition. Nous voulons vivre au pr\u00e9sent. Et la seule histoire qui vaille un clou, c&#8217;est celle qui s&#8217;\u00e9crit aujourd&#8217;hui m\u00e9\u201ame. Henry Ford, cit\u00e9 par le Chicago Tribune en 1916. La cartomancie n&#8217;a jamais eu bonne r\u00e9putation. 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