{"id":261972,"date":"2005-03-01T05:00:00","date_gmt":"2005-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/present-at-the-creation-policy-options-25-years-on\/"},"modified":"2025-10-07T19:46:48","modified_gmt":"2025-10-07T23:46:48","slug":"present-at-the-creation-policy-options-25-years-on","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2005\/03\/present-at-the-creation-policy-options-25-years-on\/","title":{"rendered":"Options politiques : une pr\u00e9sence riche et n\u00e9cessaire d\u00e8s ses d\u00e9buts"},"content":{"rendered":"<p>La premi\u00e8re page du premier num\u00e9ro d&#8217;<em>Options politiques<\/em> s&#8217;ouvrait sur ces mots : \u00ab Cette revue d\u00e9sire contribuer \u00e0 la r\u00e9flexion sur tous les aspects des politiques publiques canadiennes. Et cette note vise \u00e0 solliciter des appuis pour mener \u00e0 bien ce projet. \u00bb Je suis heureux de pouvoir dire que ces appuis, on nous les a bel et bien accord\u00e9s, comme se propose de l&#8217;illustrer le pr\u00e9sent article sur les grandes questions qui occupaient alors nos pages.<\/p>\n<p>Rapidement, <em>Options politiques<\/em> a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00e9\u201at bien sup\u00e9rieur \u00e0 tous nos espoirs. Des sp\u00e9cialistes \u00e9troitement m\u00e9\u201al\u00e9s aux affaires publiques ont trouv\u00e9 le temps de produire des textes adapt\u00e9s \u00e0 notre tribune et portant sur les grands enjeux de l&#8217;\u00e9poque. C&#8217;est gra\u00cc\u201ace \u00e0 eux que la revue a gagn\u00e9 la cr\u00e9dibilit\u00e9 indispensable \u00e0 son expansion.<\/p>\n<p>Mais cette expansion reposait aussi sur d&#8217;autres exigences. La d\u00e9claration liminaire du premier num\u00e9ro pr\u00e9cisait la n\u00e9cessit\u00e9 \u00ab d&#8217;aller plus loin qu&#8217;un simple \u00e9clairage sur les questions d&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at imm\u00e9diat \u00bb.<em> Options politiques<\/em> voulait proposer de nouvelles orientations et pressentir les questions dont l&#8217;importance se confirmerait \u00e0 long terme. Ce que nos collaborateurs plus exp\u00e9riment\u00e9s ont su faire certes. Mais aussi et surtout les chercheurs moins connus, des jeunes souvent, impatients de faire valoir des id\u00e9es qui sortaient parfois des sentiers battus.<\/p>\n<p>\u00e0 propos du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique, par exemple. Comme nous le verrons plus loin, des auteurs r\u00e9put\u00e9s ont pr\u00e9conis\u00e9 d&#8217;\u00e9lire les s\u00e9nateurs et d&#8217;am\u00e9liorer le processus parlementaire. Mais c&#8217;est un candidat au doctorat qui a le premier signal\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9forme plus fondamentale. Eric Mintz a soumis un article cl\u00e9 sur le financement des courses \u00e0 la chefferie, qui rapportait que \u00ab plusieurs candidats \u00e0 la direction du Parti conservateur auraient d\u00e9pens\u00e9 plus d&#8217;un demi-million de dollars lors de la campagne de 1983 \u00bb. Un bond spectaculaire par rapport \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente. Mais il a fallu que ces d\u00e9penses atteignent les sommets vertigineux de la derni\u00e8re campagne pour qu&#8217;une loi vienne limiter \u00ab la d\u00e9pendance de nos principaux partis \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des grandes entreprises \u00bb. Le jeune auteur exhortait aussi les partis \u00e0 d\u00e9noyauter la s\u00e9lection des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s aux congr\u00e8s en mobilisant mieux leur base, de mani\u00e8re \u00e0 \u00ab freiner la tendance des chefs \u00e0 imposer leur domination \u00bb. Une mesure qui devrait aujourd&#8217;hui encore figurer au programme des partis.<\/p>\n<p>Du d\u00e9veloppement de la petite enfance au Nunavut, nos jeunes collaborateurs ont ainsi fait preuve de perspicacit\u00e9 sur plusieurs sujets. Et c&#8217;est \u00e0 un autre candidat au doctorat, Duncan Matheson, que l&#8217;on doit l&#8217;article le plus p\u00e9n\u00e9trant sur les questions de politique sociale. Il y proposait de remplacer le syst\u00e8me de partage des cou\u00cc\u201ats du R\u00e9gime d&#8217;assistance publique du Canada par une division des fonctions, Ottawa fournissant directement tous les programmes de soutien du revenu et les provinces, aid\u00e9es seulement de la p\u00e9r\u00e9quation pour les plus pauvres d&#8217;entre elles, s&#8217;occupant de la livraison des services.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, les ambitions de la revue \u00e9taient inversement proportionnelles \u00e0 ses ressources. D&#8217;abord trimestrielle, sa parution est biento\u00cc\u201at devenue bimestrielle. Mais ses pages \u00e9taient moins nombreuses et sa pr\u00e9sentation graphique beaucoup plus sommaire. C&#8217;est depuis 1985 seulement qu&#8217;elle parai\u00cc\u201at au rythme presque mensuel d&#8217;aujourd&#8217;hui. Ce bilan des ann\u00e9es 1980 \u00e0 1984 porte donc sur les 27 num\u00e9ros des cinq premiers volumes.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode s&#8217;ouvre alors que le fugitif gouvernement Clark vient d&#8217;\u00e9\u201atre remplac\u00e9 par ce qui sera le dernier gouvernement Trudeau, et s&#8217;ach\u00e8ve peu apr\u00e8s l&#8217;\u00e9lection des conservateurs de Brian Mulroney. Entre-temps, la r\u00e9cession \u00e9conomique de 1981-1982 provoquera un cho\u00cc\u201amage jamais vu depuis la d\u00e9pression des ann\u00e9es 1930, accompagn\u00e9 d&#8217;une forte inflation toutefois moins marqu\u00e9e que dans la pr\u00e9c\u00e9dente d\u00e9cennie. Dans l&#8217;actualit\u00e9 internationale, il \u00e9tait surtout question de stagflation, de thatch\u00e9risme et de reaganisme.<\/p>\n<p>Les questions \u00e9conomiques et sociales ne tenaient pourtant pas le haut du pav\u00e9. C&#8217;est le r\u00e9f\u00e9rendum qu\u00e9b\u00e9cois de mai 1980 qui fa\u00e7onnait surtout la vie politique canadienne. Les Qu\u00e9b\u00e9cois avaient rejet\u00e9 la souverainet\u00e9-association, mais le reste du pays \u00e9tait sorti de sa l\u00e9thargie constitutionnelle. L&#8217;onde de choc perdura jusqu&#8217;en 1992 quand la population, lasse d&#8217;entendre parler de constitution, causa une certaine frayeur \u00e0 la classe politique en rejetant l&#8217;Accord de Charlottetown par voie de r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<p>Dirig\u00e9s par Claude Ryan, les f\u00e9d\u00e9ralistes n&#8217;auraient pas obtenu un tel triomphe lors du r\u00e9f\u00e9rendum de 1980 s&#8217;ils avaient propos\u00e9 le statu quo constitutionnel en \u00e9change de la s\u00e9paration. Aiguillonn\u00e9s par Ottawa, ils avaient promis de renouveler le f\u00e9d\u00e9ralisme. Personne n&#8217;avait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque plus d&#8217;exp\u00e9rience des n\u00e9gociations constitutionnelles que Gordon Robertson, auteur du principal article de notre deuxi\u00e8me num\u00e9ro. Il s&#8217;agissait d&#8217;un vibrant plaidoyer en faveur du renouvellement du f\u00e9d\u00e9ralisme, un projet qui semblait encore r\u00e9alisable.<\/p>\n<p>Une fois r\u00e9\u00e9lu, Pierre Elliott Trudeau donnera ainsi priorit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9forme constitutionnelle. Sa proposition initiale s&#8217;\u00e9tant heurt\u00e9e \u00e0 une vive opposition, et non seulement au Qu\u00e9bec, il sugg\u00e9rera un temps d&#8217;aller de l&#8217;avant sans l&#8217;accord des provinces. Pour cela, mais aussi pour de nombreux autres aspects de cette proposition, il sera rudement pris \u00e0 partie par l&#8217;\u00e9minent juriste J. V. Clyne qui, dans notre premier num\u00e9ro de 1981, pr\u00e9conisait de v\u00e9ritables d\u00e9lib\u00e9rations dans le cadre d&#8217;une assembl\u00e9e constitutionnelle. En guise de compromis, le premier ministre tiendra des audiences parlementaires et entreprendra d&#8217;intenses n\u00e9gociations avec les provinces, qui donneront lieu \u00e0 un accord que le Qu\u00e9bec ne signera pas.<\/p>\n<p>Dans nos pages, Claude Morin exprimera avec force le point de vue ind\u00e9pendantiste sur cet accord : en trahissant le Qu\u00e9bec, les neuf provinces signataires avaient confirm\u00e9 que le Canada anglais n&#8217;accepterait jamais un projet de constitution qui soit acceptable aux Qu\u00e9b\u00e9cois. Moins furieux qu&#8217;attrist\u00e9, Claude Ryan r\u00e9affirmera de son co\u00cc\u201at\u00e9 que l&#8217;isolement du Qu\u00e9bec ne cesserait qu&#8217;avec la pleine reconnaissance de son caract\u00e8re distinct au sein de la dualit\u00e9 canadienne. Arthur Tremblay (l&#8217;un des discrets architectes de la R\u00e9volution tranquille) en appellera \u00e0 la r\u00e9paration des torts et au colmatage de la br\u00e8che constitutionnelle. Tout comme Robert Stanfield. Autant d&#8217;appels qui annon\u00e7aient les n\u00e9gociations subs\u00e9quentes des accords du lac Meech et de Charlottetown visant \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer le Qu\u00e9bec dans la constitution.<\/p>\n<p>Comme en t\u00e9moignent les num\u00e9ros de l&#8217;\u00e9poque, beaucoup soutenaient alors qu&#8217;un S\u00e9nat \u00e9lu amoindrirait les tensions li\u00e9es \u00e0 la diversit\u00e9 canadienne en donnant plus de poids aux r\u00e9gions. Dans un second article, J. V. Clyne avait formul\u00e9 une proposition particuli\u00e8rement d\u00e9taill\u00e9e. Elle consistait \u00e0 \u00e9lire presque tous les s\u00e9nateurs pour six ans, par scrutin \u00e0 vote unique transf\u00e9rable et dans des circonscriptions provinciales plurinominales, la moiti\u00e9 de ces \u00e9lus se retirant \u00e0 intervalles de trois ans. Chaque province pouvait en outre nommer un s\u00e9nateur de son choix qui serait de fait son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 Ottawa.<\/p>\n<p>Pour Gordon Robertson, un S\u00e9nat \u00e9lu \u00e9tait un moyen r\u00e9aliste d&#8217;accomplir le renouvellement promis en 1980, puis refus\u00e9 deux ans plus tard. Il proposa cette mesure sp\u00e9ciale : toute loi d&#8217;importance en mati\u00e8re linguistique ou culturelle devait obtenir l&#8217;approbation d&#8217;une double majorit\u00e9 du S\u00e9nat, soit d&#8217;une majorit\u00e9 des s\u00e9nateurs aussi bien francophones qu&#8217;anglophones. En lui conf\u00e9rant certains autres pouvoirs comme celui d&#8217;approuver les nominations \u00e0 la Cour supr\u00e9\u201ame, un S\u00e9nat \u00e9lu r\u00e9duirait \u00e0 la fois l&#8217;isolement du Qu\u00e9bec et l&#8217;ali\u00e9nation de l&#8217;Ouest.<\/p>\n<p>Royce Frith, alors s\u00e9nateur d\u00e9sign\u00e9, se pronon\u00e7a pour la r\u00e9forme et sugg\u00e9ra d&#8217;\u00e9lire lors du scrutin initial la moiti\u00e9 des s\u00e9nateurs pour un mandat de cinq ans. Les s\u00e9nateurs en poste qui ne souhaitaient pas se porter candidats resteraient en fonction jusqu&#8217;au deuxi\u00e8me scrutin, qui marquerait le d\u00e9but de leur retraite.<\/p>\n<p>D&#8217;autres collaborateurs d&#8217;<em>Options politiques<\/em> pr\u00e9conisaient un S\u00e9nat \u00e9lu, mais certains se montraient sceptiques. Robert Stanfield les renvoya dos \u00e0 dos. Au Canada, la particularit\u00e9 de l&#8217;exercice des pouvoirs r\u00e9sidait selon lui dans la n\u00e9cessit\u00e9 de concilier politiques nationales et pr\u00e9occupations r\u00e9gionales. Nul doute qu&#8217;un S\u00e9nat \u00e9lu favoriserait cet \u00e9quilibre, \u00e0 condition que sa composition et ses pouvoirs satisfassent le Qu\u00e9bec autant que les provinces de l&#8217;Ouest. Cela \u00e9tant peu probable, mieux valait tenter une conciliation \u00e0 partir des institutions existantes. Un ro\u00cc\u201ale tout d\u00e9sign\u00e9 pour les partis politiques nationaux, que le Parti lib\u00e9ral avait d&#8217;ailleurs rempli jusqu&#8217;\u00e0 ce Pierre Elliott Trudeau s&#8217;ali\u00e8ne l&#8217;ouest du pays. Quant au Parti conservateur, il lui manquait encore une v\u00e9ritable influence au Qu\u00e9bec. C&#8217;est ainsi que nos lecteurs ont eu droit \u00e0 une analyse limpide de la strat\u00e9gie qui allait biento\u00cc\u201at valoir au parti de Brian Mulroney ses deux mandates cons\u00e9cutifs.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est un \u00e9minent lib\u00e9ral terreneuvien qui assignera le plus fermement aux partis politiques la responsabilit\u00e9 de concilier politique nationale et diversit\u00e9 r\u00e9gionale. R\u00e9put\u00e9 pour son sens historique, Ed Roberts les enjoindra de d\u00e9manteler les belles machines centralisatrices qu&#8217;ils avaient mises au point pour d\u00e9courager leurs militants soucieux d&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201ats \u00e0 la fois nationaux et r\u00e9gionaux.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, les observateurs s&#8217;inqui\u00e9taient de la coupure entre la population et les partis. Alec Corry, sans doute le politologue le plus r\u00e9put\u00e9 de l&#8217;\u00e9poque, parlait dans notre premier num\u00e9ro de \u00ab la confiance en chute libre de la population \u00e0 l&#8217;endroit du gouvernement \u00bb. Dans le suivant, sept politiciens et commentateurs dressaient le bilan de l&#8217;\u00e9lection de 1980. R\u00e9sumant le sentiment g\u00e9n\u00e9ral, le conservateur Michael Meighen y estimait qu&#8217;elle n&#8217;avait fait qu&#8217;enliser le pays. David MacDonald \u00e9crivait, lui, que les subterfuges avaient triomph\u00e9 de la substance parce que \u00ab nos pratiques gouvernementales suscitent d\u00e9sespoir et ali\u00e9nation \u00bb parmi la population. Sa conclusion, toujours d&#8217;actualit\u00e9 : \u00ab La le\u00e7on \u00e0 en tirer r\u00e9side dans une r\u00e9forme parlementaire. \u00bb<\/p>\n<p>D&#8217;autres textes ont soulign\u00e9 l&#8217;incapacit\u00e9 grandissante des partis de s&#8217;ouvrir \u00e0 la population. Pour rem\u00e9dier au probl\u00e8me, on proposait notamment de modifier la proc\u00e9dure parlementaire afin d&#8217;\u00e9toffer le ro\u00cc\u201ale des d\u00e9put\u00e9s face \u00e0 leurs patrons. Trois articles de Paul Thomas, de l&#8217;Universit\u00e9 du Manitoba, pr\u00e9conisaient des mesures singuli\u00e8rement \u00e9nergiques. Gordon Gibson saluait pour sa part la mont\u00e9e des groupes d&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at particulier, attribu\u00e9e \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 pour les gens de se rassembler quand le syst\u00e8me politique leur d\u00e9niait toute influence, et que, de mon co\u00cc\u201at\u00e9, je l&#8217;attribuais pluto\u00cc\u201at au d\u00e9labrement des partis. Je pr\u00e9conisais de r\u00e9duire la taille des cabinets, de renforcer le ro\u00cc\u201ale des simples d\u00e9put\u00e9s, d&#8217;abr\u00e9ger les campagnes \u00e9lectorales et d&#8217;amorcer \u00e0 tout le moins une r\u00e9forme du mode de scrutin en adoptant le vote unique transf\u00e9rable sous un r\u00e9gime de circonscription uninominale.<\/p>\n<p>Sur certaines questions de l&#8217;actualit\u00e9 d&#8217;aujourd&#8217;hui, <em>Options politiques<\/em> trouvait peu \u00e0 dire \u00e0 ses d\u00e9buts. Un silence particuli\u00e8rement \u00e9loquent au chapitre des politiques sociales. Selon toute vraisemblance, les programmes des ann\u00e9es 1960 recueillaient toujours l&#8217;assentiment g\u00e9n\u00e9ral au tournant des ann\u00e9es 1980. On n&#8217;y trouvait \u00e0 peu pr\u00e8s rien non plus sur les r\u00e9gimes de retraite. Sous la plume de Claude Castonguay et de Nicole Schwartz-Morgan, la solution au probl\u00e8me du vieillissement se limitait \u00e0 assouplir l&#8217;a\u00cc\u201age de la retraite et \u00e0 varier les activit\u00e9s offertes aux retrait\u00e9s.<\/p>\n<p>De m\u00e9\u201ame, les articles sur la sant\u00e9 n&#8217;avaient rien d&#8217;alarmiste et traitaient surtout de questions imm\u00e9diates. On pr\u00e9conisait de modifier la r\u00e9mun\u00e9ration \u00e0 l&#8217;acte de mani\u00e8re \u00e0 favoriser une m\u00e9decine de groupe. Ou de briser le monopole des m\u00e9decins sur les soins de premi\u00e8re ligne afin d&#8217;\u00e9largir le ro\u00cc\u201ale du personnel infirmier. On y documentait le lien entre faibles revenus et probl\u00e8mes de sant\u00e9, ainsi que l&#8217;effet sur la sant\u00e9 de la pollution et des mauvaises conditions de travail. Daniel Cappon d\u00e9non\u00e7a plus vivement les politiques de sant\u00e9 ax\u00e9es sur la gu\u00e9rison pluto\u00cc\u201at que la pr\u00e9vention, tandis que Shirley Post se pronon\u00e7a clairement pour des programmes de sant\u00e9 de l&#8217;enfant centr\u00e9s sur les soins pr\u00e9ventifs.<\/p>\n<p>Un texte solide plaidait en faveur d&#8217;un programme en sant\u00e9 et en \u00e9ducation aupr\u00e8s de la petite enfance et exhortait Ottawa \u00e0 en planifier le financement sans plus tergiverser. Certains articles comme celui de Florence Bird annon\u00e7aient des progr\u00e8s sociaux \u00e0 venir. Deux articles portaient sur l&#8217;acceptation de la nouvelle diversit\u00e9 des rapports familiaux. Plusieurs \u00e9voquaient avant l&#8217;heure la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;\u00e9tendre la port\u00e9e de l&#8217;action des organisations b\u00e9n\u00e9voles. Un autre pr\u00e9voyait la mont\u00e9e du \u00ab pouvoir gris \u00bb dans une soci\u00e9t\u00e9 vieillissante. T\u00e9moignant de l&#8217;influence de la jeunesse, une analyse de la d\u00e9p\u00e9nalisation des drogues douces jugeait possible une r\u00e9forme ne retenant que l&#8217;accusation de possession, passible d&#8217;une amende et non d&#8217;une peine de prison.<\/p>\n<p>Les textes porteurs des attentes les plus \u00e9lev\u00e9es traitaient de la question autochtone. Des attentes malheureusement d\u00e9\u00e7ues, bien que l&#8217;article de Peter Jull, intitul\u00e9 \u00ab Next Steps for Nunavut \u00bb et publi\u00e9 en 1982, fasse figure d&#8217;exception.<\/p>\n<p>Le contenu d&#8217;<em>Options politiques<\/em> traduisait clairement les r\u00e9percussions de la mise en commun op\u00e9r\u00e9e en 1977 des transferts f\u00e9d\u00e9raux en sant\u00e9 et en \u00e9ducation postsecondaire. Tr\u00e8s vite, les provinces ont privil\u00e9gi\u00e9 les services de sant\u00e9 pluto\u00cc\u201at que les universit\u00e9s. De sorte que, pour une br\u00e8ve p\u00e9riode, l&#8217;\u00e9ducation a constitu\u00e9 l&#8217;aspect le plus litigieux des relations financi\u00e8res f\u00e9d\u00e9rales-provinciales. Les universit\u00e9s \u00ab sont \u00e0 la fois assi\u00e9g\u00e9es et d\u00e9moralis\u00e9es \u00bb, disait un article. Plus optimiste, John Graham soutenait qu&#8217;elles se porteraient mieux sans subventions de fonctionnement, avec des droits de scolarit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s mais \u00e0 condition qu&#8217;ils soient compens\u00e9s par une aide financi\u00e8re assurant aux \u00e9tudiants un acc\u00e8s correspondant \u00e0 leur capacit\u00e9 de payer.<\/p>\n<p>Nos premiers num\u00e9ros ne trahissent aucune inqui\u00e9tude particuli\u00e8re \u00e0 propos du f\u00e9d\u00e9ralisme ex\u00e9cutif. Au contraire, plusieurs auteurs y sugg\u00e9raient la cr\u00e9ation d&#8217;agences mixtes. L&#8217;un d&#8217;eux a m\u00e9\u201ame anticip\u00e9 le Conseil de la f\u00e9d\u00e9ration en proposant une \u00ab Chambre des provinces \u00bb ayant son propre secr\u00e9tariat. Le d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral Herb Breau voulait assortir de conditions plus strictes le financement f\u00e9d\u00e9ral des programmes provinciaux, ce qui fut fait. Donald Savoie rappelait pour sa part la nature fondamentalement politique des relations f\u00e9d\u00e9rales-provinciales. Un collaborateur au moins, Edward McWhinney, recommandait d&#8217;accroi\u00cc\u201atre le ro\u00cc\u201ale des municipalit\u00e9s dans le syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral, envisageant m\u00e9\u201ame un statut provincial pour les grandes villes.<\/p>\n<p>Huit importants collaborateurs ont affich\u00e9 leurs diff\u00e9rends sur un th\u00e8me aujourd&#8217;hui moins d\u00e9battu, celui de la bureaucratie. Flora MacDonald, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du gouvernement Clark, ouvrit le bal avec une critique des man\u0153uvres servant aux hauts fonctionnaires \u00e0 monopoliser le ro\u00cc\u201ale de conseiller. Elle leur reprochait moins leur partialit\u00e9 que leur r\u00e9sistance au changement quand il \u00e9tait question de modifier les politiques qu&#8217;ils avaient contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner. C&#8217;est ainsi que pour un nouveau gouvernement, la bureaucratie venait selon elle affaiblir la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Mitchell Sharp soutenait au contraire que tout gouvernement devait pouvoir compter sur une continuit\u00e9 assur\u00e9e par des sp\u00e9cialistes familiers des questions courantes et de l&#8217;administration. Dans cet esprit, Kenneth Kernaghan exhorta en 1984 le nouveau gouvernement Mulroney \u00e0 pr\u00e9server une fonction publique impartiale et ind\u00e9pendante. Mais Hugh Segal estimait qu&#8217;on subvertissait la d\u00e9mocratie en maintenant \u00e0 un sommet d&#8217;influence et de pouvoir une \u00e9lite de fonctionnaires ind\u00e9logeables. Il proposait que les sous-ministres soient tenus d&#8217;offrir leur d\u00e9mission lors de l&#8217;\u00e9lection d&#8217;un nouveau gouvernement, \u00e0 qui il reviendrait d&#8217;en disposer. Enfin, Tom d&#8217;Aquino formula un compromis consistant \u00e0 prot\u00e9ger les postes des fonctionnaires tout en permettant aux ministres de s&#8217;entourer d&#8217;un important personnel de leur choix. Pour le meilleur ou pour le pire, c&#8217;est la formule appliqu\u00e9e de nos jours.<\/p>\n<p>Ted Hodgetts livra une p\u00e9n\u00e9trante analyse du dilemme des sous-ministres. Gordon Robertson insista sur le devoir d&#8217;anonymat. Mais c&#8217;est \u00e0 J. L. Granatstein que revient la palme de l&#8217;intuition, son texte intitul\u00e9 \u00abOnce but not Future Kings \u00bb expliquant pourquoi la question retiendrait moins l&#8217;attention vingt ans plus tard. Pendant la guerre et les d\u00e9cennies suivantes, observait-il, un petit \u00ab mandarinat \u00bb avait r\u00e9gn\u00e9 sur la forte expansion des affaires gouvernementales. Puis on avait assist\u00e9 \u00e0 \u00ab une explosion massive de l&#8217;appareil gouvernemental \u00bb. Or, lorsqu&#8217;ils sont en tr\u00e8s grand nombre, les hauts fonctionnaires voient in\u00e9vitablement s&#8217;affaiblir leur influence individuelle. C&#8217;est ce qui explique, du moins en partie, que leurs liens avec les ministres n&#8217;attirent aujourd&#8217;hui l&#8217;attention qu&#8217;en cas d&#8217;abus flagrants.<\/p>\n<p>Pendant les dix ann\u00e9es du thatch\u00e9risme,<em> Options politiques<\/em> a r\u00e9serv\u00e9 une attention soutenue au rapport entre gouvernement et \u00e9conomie de march\u00e9. Maurice Strong en a fait un judicieux compte rendu. Toutes les \u00e9conomies, notait-il, combinent secteurs public et priv\u00e9 de diverses mani\u00e8res. Les politiques budg\u00e9taires et mon\u00e9taires \u00e9taient d\u00e9cisives dans l&#8217;\u00e9tablissement du contexte commercial ; aux \u00c9tats-Unis surtout, les d\u00e9penses des secteurs militaire et spatial d\u00e9terminaient grandement l&#8217;activit\u00e9 industrielle. Et \u00ab dans la Chine d&#8217;aujourd&#8217;hui [il y a donc 21 ans], un vaste d\u00e9bat est en cours sur le ro\u00cc\u201ale de l&#8217;investissement priv\u00e9 dans la modernisation du pays \u00bb. Au Canada, l&#8217;\u00ab orientation strat\u00e9gique de l&#8217;\u00e9conomie \u00bb devait privil\u00e9gier l&#8217;apport de fonds propres en cas d&#8217;insuffisance du capital priv\u00e9, ce qui nous permettrait de cr\u00e9er \u00ab une combinaison public-priv\u00e9 dynamique et pragmatique offrant au monde l&#8217;exemple d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 pluraliste prosp\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p>Nous avons publi\u00e9 sur ce th\u00e8me des analyses de gauche comme de droite. Deux articles ont trait\u00e9 de l&#8217;opportunit\u00e9 de privatiser les soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;\u00c9tat. Tirant les le\u00e7ons de l&#8217;exp\u00e9rience britannique, Tom Kierans concluait que les privatisations sont globalement avantageuses mais qu&#8217;elles doivent donner lieu \u00e0 une v\u00e9ritable concurrence.<\/p>\n<p>L&#8217;autre article refusait tout compromis, qualifiant m\u00e9\u201ame le mot privatisation d&#8217;impropre. Le d\u00e9mant\u00e8lement des soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;\u00c9tat consistait en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 \u00ab \u00e9mettre des titres dans le public \u00bb en transf\u00e9rant des actions des \u00ab mains priv\u00e9es du gouvernement \u00bb \u00e0 celles d&#8217;un \u00ab investisseur public national \u00bb. Dans les transports et d&#8217;autres secteurs commerciaux, certaines expansions de soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;\u00c9tat f\u00e9d\u00e9rales et provinciales s&#8217;\u00e9taient d&#8217;ailleurs r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00ab injustifi\u00e9es \u00bb. Elles faisaient une concurrence d\u00e9loyale \u00e0 l&#8217;entreprise priv\u00e9e au risque de cr\u00e9er un \u00ab imp\u00e9rialisme du secteur public \u00bb. L&#8217;auteur, PDG d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 de transport maritime, ferait le saut en politique en 1988. C&#8217;\u00e9tait Paul Martin.<\/p>\n<p>Les analyses de politique macro\u00e9conomique traduisaient une confusion propre \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Malgr\u00e9 la r\u00e9cession, le taux d&#8217;inflation n&#8217;atteignit 12 p. 100 qu&#8217;en 1981 et d\u00e9passait toujours les 4 p. 100 en 1984. Les d\u00e9ficits gouvernementaux \u00e9taient en hausse constante, mais leurs r\u00e9percussions sur l&#8217;\u00e9conomie \u00e9taient contrecarr\u00e9es par une gestion mon\u00e9taire serr\u00e9e et l&#8217;incertitude qui s&#8217;ensuivait en mati\u00e8re d&#8217;investissement.<\/p>\n<p>C&#8217;est ce ph\u00e9nom\u00e8ne de stagflation qui mobilisa surtout les \u00e9conomistes collaborant \u00e0 la revue, soucieux de concilier cr\u00e9ation d&#8217;emplois et stabilisation des prix. Aucun ne souhaitait vraiment renouer avec l&#8217;exp\u00e9rience du contro\u00cc\u201ale des prix et des salaires de Pierre Elliott Trudeau. La solution avanc\u00e9e le plus souvent consistait \u00e0 \u00e9tablir une politique de revenus pr\u00e9voyant des incitations fiscales. Les prix resteraient l&#8217;affaire du march\u00e9, les salaires relevant de la n\u00e9gociation collective. Mais au-del\u00e0 d&#8217;un niveau pr\u00e9\u00e9tabli, les augmentations de salaires seraient soumises \u00e0 un impo\u00cc\u201at sp\u00e9cial vers\u00e9 par les entreprises qui les accordent, les salari\u00e9s eux-m\u00e9\u201ames ou les deux. Et pour plus d&#8217;\u00e9quit\u00e9, les hausses de rendement du capital seraient impos\u00e9es de fa\u00e7on correspondante. Parmi les adeptes d&#8217;une telle politique de revenus, c&#8217;est Walter Gordon et John McCallum (alors professeur d&#8217;\u00e9conomie et non homme politique), qui ont le plus vivement critiqu\u00e9 le mon\u00e9tarisme de l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Comme en t\u00e9moigne le contenu d&#8217;<em>Options politiques<\/em>, les Canadiens \u00e9taient moins pr\u00e9occup\u00e9s de la situation mondiale. L&#8217;aide aux pays en voie de d\u00e9veloppement \u00e9tait le seul domaine de politique \u00e9trang\u00e8re \u00e0 recevoir plus d&#8217;attention que dans la p\u00e9riode r\u00e9cente. Sur ce th\u00e8me, le texte le plus convaincant soutenait qu&#8217;il \u00e9tait de l&#8217;int\u00e9r\u00e9\u201at des pays industrialis\u00e9s d&#8217;accroi\u00cc\u201atre leur aide au Tiers-monde mais aussi d&#8217;ouvrir leur march\u00e9 \u00e0 ses produits, de mani\u00e8re \u00e0 mieux prot\u00e9ger le cours des denr\u00e9es et \u00e0 \u00e9tendre l&#8217;acc\u00e8s aux technologies et aux capitaux d&#8217;investissement. L&#8217;article \u00e9tait sign\u00e9 Pierre Elliott Trudeau.<\/p>\n<p>Certains articles pr\u00e9sageaient l&#8217;importance que prendraient \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale la protection de l&#8217;environnement et la conservation des ressources, l&#8217;imminente transformation des \u00e9conomies d&#8217;Asie et la croissance du secteur des services comme moteur de la mondialisation. Il suffirait par ailleurs de remplacer un n par un k pour actualiser cette phrase d&#8217;un article de George Ignatieff publi\u00e9 en 1981 : \u00ab Comme nous l&#8217;avons vu (&#8230;) surtout en Iran, l&#8217;usage de la force militaire \u00e0 des fins politiques est toujours inefficace. \u00bb<\/p>\n<p>Pour ce qui est de nos liens avec les \u00c9tats-Unis, les num\u00e9ros de l&#8217;\u00e9poque indiquent bien qu&#8217;ils portaient sur le commerce et l&#8217;investissement, loin devant la diplomatie et la d\u00e9fense. Nos collaborateurs partageaient trois points de vue. Ils \u00e9taient en principe favorables au libre-\u00e9change multilat\u00e9ral, ils s&#8217;inqui\u00e9taient de la comp\u00e9titivit\u00e9 du Canada et se montraient impressionn\u00e9s par le march\u00e9 commun europ\u00e9en. Ted English \u00e9tudia en 1980 diff\u00e9rents regroupements commerciaux, soulevant la possibilit\u00e9 d&#8217;une zone de libre-\u00e9change canado-am\u00e9ricaine mais reconnaissant qu&#8217;il serait pr\u00e9f\u00e9rable d&#8217;y int\u00e9grer d&#8217;autres partenaires, tout en sp\u00e9culant avec audace sur une \u00ab zone du Pacifique \u00bb qui engloberait le Japon, l&#8217;Australie, la Nouvelle-Z\u00e9lande, la Cor\u00e9e et le Mexique.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9tude de ce grand concept s&#8217;arr\u00e9\u201ata l\u00e0, les articles subs\u00e9quents portant surtout sur une entente avec les \u00c9tatsUnis. Sans toutefois pr\u00e9voir ce qui s&#8217;annon\u00e7ait. Rares \u00e9taient en effet les propositions d&#8217;accord g\u00e9n\u00e9ral. Mais Darcy McKeough, fort de ses anciennes fonctions de tr\u00e9sorier et de ministre de l&#8217;\u00c9conomie de l&#8217;Ontario, affirma sans d\u00e9tour : \u00ab Passons aux choses s\u00e9rieuses \u00e0 propos du libre-\u00e9change sectoriel. D\u00e9terminons dans quels secteurs r\u00e9duire ou \u00e9liminer les barri\u00e8res \u00e0 l&#8217;avantage r\u00e9ciproque du Canada et des \u00c9tats-Unis. \u00bb Dans la foul\u00e9e, PierrePaul Proulx (l&#8217;un des r\u00e9dacteurs du fameux \u00ab Livre beige \u00bb des f\u00e9d\u00e9ralistes qu\u00e9b\u00e9cois) pr\u00e9conisa \u00ab une int\u00e9gration et une harmonisation \u00bb sectorielles, m\u00e9\u201ame si le libre-\u00e9change comme tel \u00ab n&#8217;est pas une option \u00e0 envisager du point de vue canadien \u00bb.<\/p>\n<p>Irving Brecher proposa bien \u00ab un espace de libre-\u00e9change avec les \u00c9tatsUnis pour les biens et services \u00bb, \u00e0 mettre en place \u00ab aussi rapidement que possible \u00bb. Mais personne n&#8217;imaginait qu&#8217;en d\u00e9sespoir de cause, on n\u00e9gocierait un jour une entente globale sur les importations canadiennes qui laisserait aux \u00c9tats-Unis la libert\u00e9 d&#8217;imposer les restrictions protectionnistes exig\u00e9es par un groupe de pression&#8230; Celui du bois d&#8217;\u0153uvre, par exemple.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part, nos propositions diff\u00e9raient sur un autre aspect cl\u00e9. Elles portaient sur le commerce sans pr\u00e9voir une pleine lib\u00e9ralisation des investissements. Plusieurs articles critiquaient en fait le processus qui soumettait alors les investissements \u00e9trangers \u00e0 un contro\u00cc\u201ale aussi tatillon qu&#8217;inefficace. Roy Davidson, notamment, r\u00e9clamait l&#8217;abolition de toute restriction de nouvelles entreprises \u00e9trang\u00e8res mais un contro\u00cc\u201ale sur les reprises de soci\u00e9t\u00e9s canadiennes. D&#8217;autres, Tom Kierans en particulier, allaient plus loin en rejetant tout nationalisme \u00e9conomique. Mais les num\u00e9ros de la premi\u00e8re p\u00e9riode ne laissent rien entrevoir de la forte int\u00e9gration des investissements transfrontaliers qui se produirait biento\u00cc\u201at.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur myopie en certains domaines, ce compte rendu aura montr\u00e9 que nos collaborateurs ont d\u00e8s le d\u00e9but trait\u00e9 la plupart des questions d&#8217;actualit\u00e9 dans une perspective \u00e0 long terme. Cette capacit\u00e9 de l&#8217;IRPP de leur offrir cette tribune fait justement foi de sa riche contribution \u00e0 l&#8217;identit\u00e9 d\u00e9mocratique du Canada. Car un pays dont la population se r\u00e9partit sur un continent aussi immense, et dont le voisin imm\u00e9diat est le g\u00e9ant que l&#8217;on sait, a peu de chances d&#8217;\u00e9\u201atre aussi bien servi par ses m\u00e9dias priv\u00e9s que ne le sont par exemple les pays d&#8217;Europe occidentale.<\/p>\n<p>Cet \u00e9l\u00e9ment majeur de notre d\u00e9ficit d\u00e9mocratique a fait l&#8217;objet de plusieurs articles sign\u00e9s par des repr\u00e9sentants de la presse \u00e9crite et \u00e9lectronique. Mais c&#8217;est \u00e0 l&#8217;avocat Gordon Fairweather, ancien politicien conservateur devenu commissaire en chef de la Commission canadienne des droits de la personne, que l&#8217;on doit la contribution la plus importante \u00e0 cet \u00e9gard. Il croyait la libert\u00e9 d&#8217;opinion entrav\u00e9e par l&#8217;indiff\u00e9rence des grands propri\u00e9taires de m\u00e9dias \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de leurs responsabilit\u00e9s publiques. Notre nouvelle constitution ayant consacr\u00e9 des pr\u00e9c\u00e9dents juridiques qui donnent toute comp\u00e9tence au Parlement f\u00e9d\u00e9ral, ajoutait-il, celui-ci devrait l\u00e9gif\u00e9rer pour assurer la diversit\u00e9 des sources d&#8217;information et d&#8217;opinion.<\/p>\n<p>Si jamais ce conseil \u00e9tait mis en pratique, <em>Options politiques<\/em> pourrait se sp\u00e9cialiser franchement en analyse et en conception de politiques publiques. Comme toute soci\u00e9t\u00e9 fondamentalement libre devrait le permettre. Mais notre tribune doit pluto\u00cc\u201at s&#8217;enrichir d&#8217;une vari\u00e9t\u00e9 de contributions. Elle doit servir \u00e0 tous, avant tout aux m\u00e9dias et aux partis, \u00e0 transmettre une information de premier plan de m\u00e9\u201ame qu&#8217;\u00e0 diversifier les points de vue sur les affaires publiques par rapport \u00e0 ce que les gens ont l&#8217;habitude de voir, de lire et d&#8217;entendre. Moins les m\u00e9dias jouent leur ro\u00cc\u201ale et moins les partis suivent une ligne de conduite claire, plus l&#8217;importance d&#8217;Options politiques est d\u00e9cisive pour \u00e9clairer et dynamiser le d\u00e9bat politique. (Article traduit de l&#8217;anglais)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La premi\u00e8re page du premier num\u00e9ro d&#8217;Options politiques s&#8217;ouvrait sur ces mots : \u00ab Cette revue d\u00e9sire contribuer \u00e0 la r\u00e9flexion sur tous les aspects des politiques publiques canadiennes. 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