{"id":261654,"date":"2003-08-01T04:00:00","date_gmt":"2003-08-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/avons-nous-besoin-de-temps\/"},"modified":"2025-10-07T19:35:34","modified_gmt":"2025-10-07T23:35:34","slug":"avons-nous-besoin-de-temps","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2003\/08\/avons-nous-besoin-de-temps\/","title":{"rendered":"Avons-nous besoin de temps?"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">Au cours de la derni\u00e8re campagne \u00e9lectorale qu\u00e9b\u00e9coise, le Parti qu\u00e9b\u00e9cois annon\u00e7ait un projet de\u00a0semaine de travail de quatre jours pour les travailleurs ayant des enfants \u00e0 charge qui en a surpris plus d&#8217;un. Si l&#8217;\u00e9lection du Parti lib\u00e9ral a fait fondre les espoirs de certains sur ce plan, le d\u00e9bat sur la question a mis en \u00e9vidence le fait que la question du temps de travail et des temps sociaux est une question cruciale, qui touche les gens dans leur vie de tous les jours, et qu&#8217;ils souhaitent pour la plupart des am\u00e9nagements dans l&#8217;organisation de leur travail. Alors que l&#8217;on parlait de l&#8217;av\u00e8nement de la soci\u00e9t\u00e9 des loisirs dans les ann\u00e9es 1970, un sujet abandonn\u00e9 avec les r\u00e9cessions et le ch\u00f4mage des ann\u00e9es 1981-1982, puis 1990-1992, de nouvelles interrogations se manifestent maintenant sur la sc\u00e8ne publique.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1990, un bon nombre d&#8217;\u00e9tudes ont montr\u00e9 que de plus en plus de gens manquaient de temps.\u00a0En 1991, l&#8217;ouvrage<em> The Overworked American<\/em> fit beaucoup de bruit. Juliet Shor montrait que les Am\u00e9ricains travaillaient davantage qu&#8217;auparavant et qu&#8217;ils travaillaient de plus en plus de longues heures. Une analyse historique nous a aussi permis de constater que le Canada \u00e9tait, avec les \u00c9tats-Unis, au nombre des pays ou le temps de travail, apr\u00e8s avoir diminu\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement au cours du XXe si\u00e8cle, semblait augmenter \u00e0 nouveau. R\u00e9cemment, des recherches nous ont permis d&#8217;observer la difficult\u00e9 de plus en plus grande des parents de jeunes enfants \u00e0 assumer pleinement, et de fa\u00e7on satisfaisante, leurs responsabilit\u00e9s parentales et professionnelles. Ceci a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence par l&#8217;enqu\u00eate emploi du temps men\u00e9 en France en 2001, mais aussi par une enqu\u00eate men\u00e9e par Statistique Canada en 1995, ainsi que par nos propres enqu\u00eates men\u00e9es au Qu\u00e9bec depuis trois ans, qui toutes confirment qu&#8217;entre la moiti\u00e9 et les deux tiers des hommes et des femmes ont le sentiment de manquer de temps et se sentent stress\u00e9s. Ce sentiment varie selon le sexe, le secteur de travail, la dur\u00e9e du travail, le nombre et l\u2019\u00e2ge des enfants, la latitude dans son emploi, le soutien du sup\u00e9rieur, le soutien du conjoint, et un certain nombre d&#8217;autres variables. Les parents, et surtout les m\u00e8res de jeunes enfants, ont les taux de stress les plus \u00e9lev\u00e9s. Les enqu\u00eates indiquent que les mesures de conciliation emploi-famille les plus recherch\u00e9es par les parents de jeunes enfants sont la flexibilit\u00e9 des horaires et la semaine de quatre jours.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de ces donn\u00e9es, \u00e0 peu pr\u00e8s rien n&#8217;a encore \u00e9t\u00e9 fait pour changer la situation, si ce n&#8217;est dans des organisations ou la main-d&#8217;\u0153uvre est rare et recherch\u00e9e. Lors du sommet socio-\u00e9conomique de 1996, un comit\u00e9 sur le temps de travail avait pourtant \u00e9t\u00e9 mis en place, pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question de l&#8217;Am\u00e9nagement et de la r\u00e9duction du temps de travail (ARTT), mais la r\u00e9duction de la semaine normale de travail de 44 \u00e0 40 heures a \u00e9t\u00e9 la seule mesure adopt\u00e9e, alors que la majorit\u00e9 des travailleurs travaillait d\u00e9j\u00e0 moins que 40 heures. Aux \u00c9tats-Unis, le mouvement en faveur des \u00ab Familier Friedel Policiers \u00bb a connu un succ\u00e8s plus important qu&#8217;au Qu\u00e9bec, en partie \u00e0 cause du taux de ch\u00f4mage plus faible et de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;offrir des mesures plus favorables pour attirer toute la main-d&#8217;\u0153uvre potentielle.<\/p>\n<p>Avant de pr\u00e9senter des donn\u00e9es de nos recherches sur la r\u00e9duction du temps de travail, nous voulons d&#8217;abord r\u00e9pondre \u00e0 quelques questions pr\u00e9liminaires fondamentales : subissons-nous du stress ? et manquons-nous de temps ? Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions permettent de montrer que m\u00eame si le Parti qu\u00e9b\u00e9cois n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lu et que sa proposition de semaine de quatre jours sera sans doute rel\u00e9gu\u00e9e aux oubliettes par le Parti lib\u00e9ral, le probl\u00e8me de la dur\u00e9e du travail et les difficult\u00e9s de conciliation emploi-famille qui y sont associ\u00e9es devront \u00eatre pris en compte dans les ann\u00e9es \u00e0 venir et ce, quel que soit le gouvernement au pouvoir. En effet, la question ne peut \u00eatre rejet\u00e9e du revers de la main, ne serait-ce qu&#8217;\u00e0 cause des couts sociaux que cela peut repr\u00e9senter, puisque stress, burnout, fatigue chronique et autres probl\u00e8mes se traduisent in\u00e9vitablement par des couts sociaux et des pertes de productivit\u00e9 dans les entreprises.<\/p>\n<p>Le Conf\u00e9rence Bocard du Canada a men\u00e9 une enqu\u00eate sur la conciliation emploi-famille en 1999 et les r\u00e9sultats de cette enqu\u00eate montrent que les femmes ressentent davantage de stress que les hommes en tentant de conjuguer leurs responsabilit\u00e9s professionnelles et personnelles. En effet, on y rapporte que \u00ab Pr\u00e8s du quart des femmes interrog\u00e9es (24 p. 100) signalent \u00ab beaucoup \u00bb de stress d\u00fb aux probl\u00e8mes professionnels et personnels, comparativement \u00e0 un dixi\u00e8me des hommes (10 p. 100). Cependant, les hommes sont aussi nombreux que les femmes \u00e0 indiquer des niveaux de stress mod\u00e9r\u00e9s : 30 p. 100 des hommes sont mod\u00e9r\u00e9ment stress\u00e9s par les probl\u00e8mes professionnels et personnels, comparativement \u00e0 28 p. 100 des femmes interrog\u00e9es. \u00bb (Voir <em>Solutions for the stresse-out dorer<\/em>.) Cela fait environ 40 p. 100 d&#8217;hommes et 54 p. 100 de femmes qui font \u00e9tat de stress. Ce n&#8217;est certes pas n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p>Selon l&#8217;enqu\u00eate sociale g\u00e9n\u00e9rale r\u00e9alis\u00e9e par Statistique Canada en 1998, les femmes consid\u00e8rent le temps comme un facteur important de stress, surtout si elles ont des enfants. En effet, 20 p. 100 des femmes mari\u00e9es travaillant \u00e0 plein temps mais sans enfant font \u00e9tat de stress, alors que c&#8217;est le cas de 38 p. 100 des femmes avec enfants. Par contre, la pr\u00e9sence d&#8217;enfants ne semble pas affecter la proportion d&#8217;hommes consid\u00e9rant le temps comme un facteur important de stress, puisque 26 p. 100 d&#8217;entre eux font \u00e9tat de stress (avec ou sans enfant), ce qui signifie sans doute que l&#8217;essentiel de leur stress provient de leurs activit\u00e9s professionnelles.<\/p>\n<p>Il semble aussi que le stress associ\u00e9 au travail ait augment\u00e9 de fa\u00e7on significative depuis la fin des ann\u00e9es 1970. Ainsi, en Su\u00e9d\u00e9, pays pourtant reconnu pour sa qualit\u00e9 de vie au travail, on estime que cette augmentation a \u00e9t\u00e9 de l&#8217;ordre de 5 p. 100 entre 1979 et 1992. Qu&#8217;en est-il ici ? Nous ne disposons pas de donn\u00e9es comparables dans le temps, mais on peut penser que la tendance est similaire, sinon pire.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le manque de temps, nos propres enqu\u00eates (1245 r\u00e9pondants \u00e0 ce jour) indiquent que les femmes sur le march\u00e9 du travail sont davantage touch\u00e9es que les hommes par ce que l&#8217;on qualifie de conflits rattach\u00e9s \u00e0 la conciliation travail-vie personnelle. En effet, elles sont 55,2 p. 100 \u00e0 d\u00e9clarer avoir des difficult\u00e9s de conciliation et \u00e0 manquer de temps, mais on trouve aussi 42,6 p. 100 d&#8217;hommes affirmant manquer de temps et avoir de la difficult\u00e9 \u00e0 concilier vie professionnelle et vie familiale (sur un millier de r\u00e9pondants de divers secteurs d&#8217;activit\u00e9 et cat\u00e9gories professionnelles).<\/p>\n<p>Nous constatons aussi que les femmes ont, plus souvent que les hommes, refus\u00e9 des responsabilit\u00e9s professionnelles \u00e0 cause de leurs obligations familiales (27,9 p. 100 contre 17,9 p. 100 chez les hommes), qu&#8217;elles seraient plus dispos\u00e9es \u00e0 accepter une r\u00e9duction volontaire du temps de travail (70,2 p. 100 contre 56,6 p. 100), selon nos donn\u00e9es les plus r\u00e9centes (mai 2003), et qu&#8217;elles sont davantage que les hommes pr\u00eates \u00e0 accepter une r\u00e9duction de salaire pour obtenir une r\u00e9duction du temps de travail. Notons toutefois qu&#8217;un tiers des femmes et 40 p. 100 des hommes ne sont pas dispos\u00e9s \u00e0 accepter une baisse de salaire pour obtenir une r\u00e9duction du temps de travail. Des r\u00e9sultats semblables ont \u00e9t\u00e9 obtenus par le Center for Familiers, Works and Wella Boeing, de l&#8217;Universit\u00e9 de Guelfe qui, en collaboration avec le minist\u00e8re du D\u00e9veloppement des ressources humaines Canada, a men\u00e9 une enqu\u00eate aupr\u00e8s de 24 000 employ\u00e9s dans 81 organisations priv\u00e9es,\u00a0publiques et sans but lucratif partout au Canada (www.worklifecanda.ca).<\/p>\n<p>Il faut par ailleurs noter que si des mesures de r\u00e9duction du temps de travail \u00e9taient offertes, il y a fort \u00e0 parier qu&#8217;elles seraient surtout adopt\u00e9es par les femmes, comme c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 le cas. De nouvelles mesures favorisant la r\u00e9duction du temps de travail (RTT) pourraient donc avoir un effet d&#8217;accroissement des soins informels dispens\u00e9s par les femmes. En effet, d\u00e9j\u00e0, elles sont plus nombreuses que les hommes \u00e0 dispenser ces soins. De plus, elles consacrent beaucoup plus de temps \u00e0 leurs proches que ne le font les hommes. En 1996, les femmes repr\u00e9sentaient 61 p. 100 des pourvoyeurs de soins informels au Canada ; parmi celles-ci, les deux tiers \u00e9taient \u00e9galement sur le march\u00e9 du travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Elles consacraient \u00e0 ce type d&#8217;activit\u00e9 en moyenne 5 heures par semaine, comparativement \u00e0 3 heures pour les hommes.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les m\u00e8res en emploi, elles passent g\u00e9n\u00e9ralement deux fois plus de temps que les p\u00e8res ayant un emploi \u00e0 dispenser des soins personnels aux jeunes enfants (c&#8217;est-adire les nourrir, les laver, les habiller). En 1998, les m\u00e8res employ\u00e9es des familles \u00e0 double revenu ayant un enfant de moins de 5 ans consacraient en moyenne 91 minutes par jour aux soins personnels des enfants, comparativement \u00e0 47 minutes pour les p\u00e8res.<\/p>\n<p>Il existe peu de donn\u00e9es sur l&#8217;acceptation ou non d&#8217;une semaine de travail r\u00e9duite. Statistique Canada n&#8217;a\u00a0pas d&#8217;enqu\u00eate sur les aspirations en mati\u00e8re de temps de travail, mais une question a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e sur l&#8217;int\u00e9r\u00eat des Canadiens pour une RTT. Celle-ci avait permis \u00e0 l&#8217;organisme d&#8217;affirmer que seulement 6 p. 100 des Canadiens \u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s par une telle proposition. Certains sp\u00e9cialistes de la RTT avaient d&#8217;ailleurs critiqu\u00e9 le caract\u00e8re trop g\u00e9n\u00e9ral de la question pos\u00e9e par DRHC, ainsi que l&#8217;absence de diff\u00e9rentes options en ce qui concerne la dimension salariale. Pour notre part, nous avons men\u00e9 une enqu\u00eate pr\u00e9cisant trois options en mati\u00e8re de compensation salariale, ce qui nous a permis de constater que 31 p. 100 des r\u00e9pondants accepteraient la RTT avec une baisse proportionnelle de revenu, 35 p. 100 avec une baisse moins que proportionnelle, et 33 p. 100 qui ne l&#8217;accepteraient que si elle n&#8217;entrainait aucune diminution de salaire. Ces r\u00e9sultats sont nettement plus \u00e9lev\u00e9s que les 6 p. 100 obtenus par Statistique Canada. Nous n&#8217;avons pas les m\u00eames moyens financiers, de sorte que les chiffres ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s qu&#8217;indicatifs (avec 1 245 r\u00e9pondants tout de m\u00eame).<\/p>\n<p>Fait \u00e0 noter, les hommes sont proportionnellement plus nombreux \u00e0 n&#8217;accepter aucune baisse de leurs\u00a0revenus pour obtenir une RTT : presque la moiti\u00e9 des hommes (43 p. 100) sont de cet avis. L&#8217;opinion des femmes est relativement \u00e9galement r\u00e9partie entre les trois choix possibles en mati\u00e8re d&#8217;arbitrage entre temps libre et pouvoir d&#8217;achat. Elles sont toutefois un peu plus nombreuses, plus du tiers (34,4 p. 100), \u00e0 se dire pr\u00eates \u00e0 accepter une baisse proportionnelle et 35,8 p. 100 \u00e0 accepter une baisse moins importante de leur salaire en \u00e9change d&#8217;une r\u00e9duction du temps de travail.<\/p>\n<p>Dans une recherche ant\u00e9rieure, nous avons aussi demand\u00e9 aux gens s&#8217;ils souhaitaient travailler plus, autant, l\u00e9g\u00e8rement moins ou beaucoup moins. Nous avions d\u00e9fini l&#8217;expression \u00ab l\u00e9g\u00e8rement moins \u00bb comme d\u2019une \u00e0 deux heures de moins par semaine. L&#8217;expression \u00ab beaucoup moins \u00bb signifiait un minimum de quatre heures de moins hebdomadairement.<\/p>\n<p>Les femmes, peu importe leur situation familiale, souhaitaient, dans une forte proportion (49 p. 100), travailler beaucoup moins, et c&#8217;est aussi le cas des hommes (47 p. 100). Ce sont toutefois surtout les femmes vivant en couple avec enfants ou en situation de garde partag\u00e9e qui pr\u00e9f\u00e9raient r\u00e9duire leur temps de travail. Environ le quart des r\u00e9pondants souhaitaient travailler un peu moins, chez les hommes comme les femmes. Chez les femmes, c&#8217;est d&#8217;ailleurs la pr\u00e9sence d&#8217;un conjoint qui \u00e9tait la variable d\u00e9terminante de leur int\u00e9r\u00eat \u00e0 r\u00e9duire leur salaire pour r\u00e9duire leur temps de travail, alors que chez les hommes, il n&#8217;y avait que la pr\u00e9sence de jeunes enfants (moins de 5 ans) qui \u00e9tait significative et les inciterait \u00e0 sacrifier une partie de leur salaire pour r\u00e9duire leurs heures de travail. Ainsi, les hommes vivant en couple avec des enfants souhaitaient eux aussi, dans de forte proportion, soit 46, 9 p. 100, r\u00e9duire les heures de travail. Les autres hommes se partagent \u00e9galement entre ceux qui souhaiteraient travailler l\u00e9g\u00e8rement moins et ceux qui pr\u00e9f\u00e9reraient travailler autant. Les hommes seuls avec enfants, en situation de garde partag\u00e9e ou dans d&#8217;autres situations familiales, \u00e9taient trop peu nombreux pour que nous puissions nous prononcer \u00e0 leur sujet.<\/p>\n<p>Notons que quelque 18 p. 100 de femmes et 24 p. 100 d&#8217;hommes souhaitaient travailler le m\u00eame nombre d&#8217;heures, alors que 2,6 p. 100 et 2,7 p. 100 d&#8217;hommes et de femmes souhaitaient travailler davantage (notons que nous n&#8217;avions pas de r\u00e9pondants dans la sant\u00e9 et la restauration, ou les horaires \u00e0 temps partiel sont les plus fr\u00e9quents).<\/p>\n<p>Le projet de semaine de quatre jours du PQ s&#8217;adressait prioritairement aux jeunes familles et visait explicitement la conciliation emploi-famille, et on peut le d\u00e9plorer. En effet, selon nos donn\u00e9es, d&#8217;autres groupes, exclus de la proposition p\u00e9quiste, sont encore plus int\u00e9ress\u00e9s par une r\u00e9duction du temps de travail, les travailleurs vieillissants notamment, dont plusieurs travaillent \u00e0 temps partiel par pr\u00e9f\u00e9rence personnelle. Certains d&#8217;entre eux quittent des emplois \u00e0 temps plein trop stressants pour travailler \u00e0 temps partiel ; certains pr\u00e9f\u00e9reraient apparemment une semaine de quatre jours, mais ce type d&#8217;horaire n&#8217;est pas offert dans bien des milieux de travail, moins encore lorsqu&#8217;il est question de postes de\u00a0responsabilit\u00e9 de niveau sup\u00e9rieur, comme c&#8217;est souvent le cas avec l&#8217;avanc\u00e9e en Age.<\/p>\n<p>Ainsi, les travailleurs vieillissants pourraient certes \u00eatre int\u00e9ress\u00e9s par une telle mesure si l&#8217;on adoptait une perspective de<em> flexibilit\u00e9 du temps de travail\u00a0<\/em><em>tout au long de la vie<\/em>, selon les besoins variables des gens dans le temps. Nos donn\u00e9es indiquent que\u00a080 p. 100 des travailleurs de plus de 55 ans seraient int\u00e9ress\u00e9s par une r\u00e9duction du temps de travail (40 p. 100 avec baisse proportionnelle de salaire et 40 p. 100 avec baisse moins importante). On constate aussi le lien existant entre l\u2019\u00e2ge et le fait de ne pas vouloir ou de ne pas pouvoir assumer une r\u00e9duction de salaire. Les jeunes (peu nombreux chez nos r\u00e9pondants toutefois) s&#8217;y opposent \u00e0 50 p. 100, alors que les r\u00e9pondants de 55 ans et plus ne s&#8217;y opposaient qu&#8217;a 20 p. 100.<\/p>\n<p>Bref, lorsqu&#8217;on parle de semaine de quatre jours ou d&#8217;am\u00e9nagement du temps de travail, il serait peut-\u00eatre important de penser aux travailleurs vieillissants, dont certains ont \u00e9t\u00e9 \u00ab \u00e9ject\u00e9s \u00bb du march\u00e9 du travail dans les ann\u00e9es 1980-1990, puis encore en 2002-2003, et dont plusieurs souhaitent rester en activit\u00e9, mais pas toujours dans un environnement de travail aussi stressant. Nombre d&#8217;\u00e9tudes ont montr\u00e9 que plusieurs secteurs d&#8217;activit\u00e9 se sont fortement restructur\u00e9s et que l&#8217;intensification du travail qui s&#8217;en est suivie s&#8217;est traduite, dans plusieurs organisations, par une hausse du stress et des burnouts. Par ailleurs, certains \u00ab jeunes retrait\u00e9s \u00bb reprennent ensuite du service dans des postes moins exigeants, des milieux de travail plus agr\u00e9ables, des environnements nouveaux, etc.<\/p>\n<p>Nous avons aussi demand\u00e9 aux r\u00e9pondant-e-s quelle \u00e9tait la formule de r\u00e9duction du temps de travail qui les int\u00e9ressait davantage. Tant les femmes que les hommes, peu importe le type de famille, pr\u00e9f\u00e9raient la formule de la semaine de cinq jours de travail ramen\u00e9e \u00e0 quatre jours de travail hebdomadaire (semaine comprim\u00e9e en fait). En effet, pr\u00e8s de 70 p. 100 des femmes vivant en couple avec enfants et pr\u00e8s de 65 p. 100 des hommes dans la m\u00eame situation \u00e9taient d&#8217;avis que la semaine dite \u00ab comprim\u00e9e \u00bb serait la meilleure mani\u00e9r\u00e9 de r\u00e9duire leur temps de travail. Au total, les deux tiers des r\u00e9pondants \u00e9taient de cet avis, quelle qu&#8217;ait \u00e9t\u00e9 leur situation familiale. Les femmes responsables de familles monoparentales \u00e9taient 60 p. 100 \u00e0 \u00eatre de cet avis, alors qu&#8217;elles \u00e9taient moins dispos\u00e9es \u00e0 accepter une baisse de salaire pour une r\u00e9duction du temps de travail : 44 p. 100 s&#8217;y opposaient.<\/p>\n<p>La journ\u00e9e de travail plus courte, avec 13 p. 100 des r\u00e9pondantes, \u00e9tait la seconde mesure la plus populaire, suivie des jours suppl\u00e9mentaires de cong\u00e9 et de l&#8217;allongement des vacances annuelles (7 p. 100).<\/p>\n<p>Mais que ferait-on du temps ainsi lib\u00e9r\u00e9 ? Les hommes et les femmes affirment que leur premier emploi du temps \u00e0 la suite d&#8217;une r\u00e9duction du temps de travail concernerait la vie de famille, mais les hommes r\u00e9pondent ceci dans une proportion plus forte (53 p. 100) que les femmes (38 p. 100). Ces derni\u00e8res sont cependant plus nombreuses (23 p. 100), pr\u00e8s du double par rapport aux hommes (11 p.100), \u00e0 dire qu&#8217;elles s&#8217;adonneraient d&#8217;abord \u00e0 des activit\u00e9s domestiques si elles pouvaient b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une r\u00e9duction du temps de travail. Une proportion presque identique de r\u00e9pondantes (20 p. 100) et de r\u00e9pondants (22 p. 100) mentionnent qu&#8217;ils s&#8217;accorderaient d&#8217;abord plus de loisirs personnels. Le loisir ne semble donc pas \u00eatre la pr\u00e9occupation dominante en mati\u00e8re de temps sociaux.<\/p>\n<p>La probl\u00e9matique du temps de travail, des temps de la vie et de la conciliation entre la vie personnelle et la vie professionnelle sera sans aucun doute un des principaux d\u00e9fis \u00e0 relever en ce d\u00e9but de XXIe si\u00e8cle, non seulement parce que nombre d&#8217;enqu\u00eates d\u00e9montrent que les parents concilient de plus en plus difficilement obligations parentales et professionnelles, mais aussi parce que, dans nombre de secteurs \u00e9conomiques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie du savoir, les entreprises cherchent \u00e0 d\u00e9velopper la motivation et la loyaut\u00e9 de leurs employ\u00e9s, et \u00e0 les faire adh\u00e9rer \u00e0 l&#8217;organisation \u00ab apprenante \u00bb. Or, comme le montre une r\u00e9cente enqu\u00eate du Conf\u00e9rence Bocard, qui fait le lien entre l&#8217;offre de mesures de conciliation emploi-famille et la loyaut\u00e9 des employ\u00e9s, ce type d&#8217;engagement et de motivation exige qu&#8217;on offre aux employ\u00e9s les mesures dont ils ont le plus besoin.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, et tenant compte de la p\u00e9nurie de main-d&#8217;\u0153uvre appr\u00e9hend\u00e9e dans certains secteurs, il faudra sans doute songer \u00e0 am\u00e9nager de fa\u00e7on plus flexible le temps de travail. Le \u00ab Compte \u00e9pargne-temps \u00bb adopt\u00e9 en France dans la foul\u00e9e des 35 heures pourrait \u00eatre une avenue \u00e0 explorer. Cette mesure permet d&#8217;accumuler du\u00a0temps lorsqu&#8217;on fait davantage que les 35 heures r\u00e9glementaires et de reprendre par la suite les heures ainsi \u00e9pargn\u00e9es pour allonger les vacances, prendre une pr\u00e9retraite, ou s&#8217;occuper des enfants. Cette mesure ne change pas la division sexuelle du travail entre les hommes et les femmes, mais c&#8217;est tout de m\u00eame une mesure assez flexible, qui pourrait le devenir encore davantage si l&#8217;on y associait la retraite graduelle sans perte actuarielle. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, dans une recherche sur le vieillissement de la main-d&#8217;\u0153uvre, nous avions constat\u00e9 que les pr\u00e9retraites avaient cr\u00e9\u00e9 des attentes chez les salari\u00e9s et que plusieurs aspiraient \u00e0 prendre une retraite h\u00e2tive, mais nombre de pr\u00e9retrait\u00e9s ayant d\u00e9chant\u00e9 entre-temps et \u00e9tant retourn\u00e9s\u00a0sur le march\u00e9 du travail, il est possible que le sentiment g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 ce sujet ait \u00e9volu\u00e9.<\/p>\n<p>Les administrations municipales pourraient aussi s&#8217;int\u00e9resser au sujet, comme c&#8217;est le cas en Europe (en Italie et en France surtout), ou l&#8217;on parle de plus en plus du \u00ab temps des villes \u00bb et o\u00f9 l&#8217;on tente d&#8217;articuler l&#8217;ensemble des horaires de la vie : vie professionnelle, vie familiale, vie citoyenne, vie sportive ou de loisir.<\/p>\n<p>Il est clair que la question du temps de travail et des temps de la vie en est une qui demeure d&#8217;actualit\u00e9 pour le prochain mill\u00e9naire. La semaine de quatre jours, la journ\u00e9e de travail plus courte, les jours suppl\u00e9mentaires de cong\u00e9, l&#8217;allongement des vacances annuelles ou le compte \u00e9pargne sont autant de formules que nos gouvernements pourraient \u00e9tudier s&#8217;ils souhaitaient se doter d&#8217;une v\u00e9ritable \u00ab politique des temps \u00bb, incluant le temps de travail et les temps sociaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours de la derni\u00e8re campagne \u00e9lectorale qu\u00e9b\u00e9coise, le Parti qu\u00e9b\u00e9cois annon\u00e7ait un projet de\u00a0semaine de travail de quatre jours pour les travailleurs ayant des enfants \u00e0 charge qui en a surpris plus d&#8217;un. 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