{"id":261600,"date":"2003-04-01T05:00:00","date_gmt":"2003-04-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-reconfiguration-de-lechiquier-politique-au-quebec-limpact-des-fusions-municipales-de-2001\/"},"modified":"2025-10-07T19:33:53","modified_gmt":"2025-10-07T23:33:53","slug":"la-reconfiguration-de-lechiquier-politique-au-quebec-limpact-des-fusions-municipales-de-2001","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2003\/04\/la-reconfiguration-de-lechiquier-politique-au-quebec-limpact-des-fusions-municipales-de-2001\/","title":{"rendered":"La reconfiguration de l&#8217;\u00e9chiquier politique au Qu\u00e9bec : l&#8217;impact des fusions municipales de 2001"},"content":{"rendered":"<p>En 2000, le gouvernement Bouchard prit la d\u00e9cision de fusionner les municipalit\u00e9s des plus grandes\u00a0agglom\u00e9rations \u00a0qu\u00e9b\u00e9coises, ce qui comprenait notamment Montr\u00e9al, Qu\u00e9bec, Longueuil, Gatineau et Sherbrooke. La r\u00e9organisation des structures d\u00e9cisionnelles et administratives d&#8217;aussi grandes entit\u00e9s n&#8217;est pas banale en elle-m\u00e9me. Elle comporte, en effet, des cons\u00e9quences politiques majeures, telles que la redistribution du fardeau fiscal et le red\u00e9ploiement des services a la population, de m\u00eame que la mise en contact permanent de groupes socio-\u00e9conomiques et de communaut\u00e9s linguistiques qui, auparavant, ne partageaient bien souvent que les lieux de travail ainsi que quelques factures d&#8217;\u00e9quipements r\u00e9gionaux.<\/p>\n<p>Les fusions ont profond\u00e9ment transform\u00e9 le paysage politique municipal. Certaines des anciennes villes centres ont ainsi vu leur taille doubler ou tripler selon les cas (tableau 1). Presque toutes les nouvelles cit\u00e9s pr\u00e9sentent aujourd&#8217;hui un caract\u00e9re moins francophone que les anciennes villes centres. La nouvelle Montr\u00e9al est ainsi moins francophone de 6 p. 100. D&#8217;autres cit\u00e9s d&#8217;importance ont aussi connu une diminution du poids des francophones, dont Longueuil, (10 p. 100), Gatineau (7 p. 100) et, plus modestement, Sherbrooke (1 p. 100).<\/p>\n<p>En r\u00e9alisant les fusions municipales, le gouvernement qu\u00e9b\u00e9cois disait vouloir moderniser les structures politiques et administratives des grandes agglom\u00e9rations, am\u00e9liorer la planification urbaine et assurer une meilleure coop\u00e9ration entre intervenants majeurs des divers paliers de repr\u00e9sentation. Les documents gouvernementaux n&#8217;insistaient pas tant sur les \u00e9conomies d&#8217;\u00e9chelle que sur la redistribution du fardeau fiscal entre contribuables.<\/p>\n<p>Ces arguments favorables aux fusions municipales sont presque aussi anciens que la fragmentation politique des agglom\u00e9rations m\u00e9tropolitaines. Ils n&#8217;expliquent toutefois pas l&#8217;\u00e9mergence de la conjoncture qui permit au gouvernement d&#8217;aller de l&#8217;avant. Les obstacles et les objections \u00e9taient pourtant de taille. Au premier chef, aucun gouvernement n&#8217;avait jusqu&#8217;alors os\u00e9 les r\u00e9aliser de crainte de s&#8217;ali\u00e9ner politiquement les maires des villes concern\u00e9es et leur \u00e9lectorat. En outre, les fusions municipales \u00e9taient redout\u00e9es parce qu&#8217;elles amenaient la cr\u00e9ation de nouvelles cit\u00e9s dot\u00e9es d&#8217;un poids financier et politique consid\u00e9rable. Sur le plan financier, Montr\u00e9al et quelques autres cit\u00e9s disposent maintenant d&#8217;un budget sup\u00e9rieur a celui de nombreux minist\u00e9res, tandis que, sur le plan politique, les maires des nouvelles grandes agglom\u00e9rations m\u00e9tropolitaines unifi\u00e9es sont dor\u00e9navant \u00e9lus par davantage d&#8217;\u00e9lecteurs que n&#8217;importe quel d\u00e9put\u00e9 provincial. Autre frein aux fusions, le cas particulier de Montr\u00e9al. La fusion y impliquait n\u00e9cessairement la diminution du poids des francophones en plus de poser l&#8217;\u00e9pineux probl\u00e9me de la langue, notamment la conservation du statut bilingue des anciennes municipalit\u00e9s ou l&#8217;octroi de ce statut aux quartiers les moins francophones des anciennes villes centres, tel que l&#8217;avait r\u00e9clam\u00e9 l&#8217;ex chef du Parti lib\u00e9ral du Qu\u00e9bec (PLQ), Claude Ryan, par exemple. La question de la langue de travail a d&#8217;ailleurs refait les manchettes en d\u00e9cembre 2002, alors que la ville exprimait son intention de revoir les usages linguistiques dans les relations de travail.<\/p>\n<p>Les obstacles a surmonter \u00e9taient donc consid\u00e9rables. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait que l&#8217;on ne saurait expliquer la r\u00e9forme des structures municipales sans pr\u00e9ciser l&#8217;int\u00e9r\u00e9t imm\u00e9diat que le gouvernement qu\u00e9b\u00e9cois y trouvait, a savoir l&#8217;atteinte de l&#8217;\u00e9quilibre budg\u00e9taire\u2014 le d\u00e9ficit z\u00e9ro\u2014 par le transfert aux municipalit\u00e9s des d\u00e9penses locales et r\u00e9gionales qu&#8217;il assumait lui-m\u00eame au paravant. Cet objectif repr\u00e9sentait, pour le gouvernement Bouchard, un \u00e9l\u00e9ment strat\u00e9gique de premier plan en vue d&#8217;un prochain rendez-vous r\u00e9f\u00e9rendaire. Alors que toutes les provinces et Ottawa s&#8217;engageaient dans cet exercice, il aurait \u00e9t\u00e9 impensable que Qu\u00e9bec demeure le seul gouvernement a s&#8217;endetter a chaque nouveau budget, au risque de d\u00e9montrer son inaptitude a gouverner. La signature de l&#8217;Entente-cadre sur l&#8217;union sociale en 1999 allait ajouter une pression suppl\u00e9mentaire car la r\u00e9alisation de l&#8217;autonomie en mati\u00e9re de politique sociale allait d\u00e9pendre en bonne partie de saines finances publiques. L&#8217;opposition politique \u00ab traditionnelle \u00bb a l&#8217;\u00e9gard des fusions municipales, \u00e9tant donn\u00e9 les couts politiques appr\u00e9hend\u00e9s, c\u00e9da donc le pas devant ces contraintes sup\u00e9rieures de l&#8217;Etat. Le moment \u00e9tait d&#8217;autant plus opportun que le gouvernement ontarien de Mike Harris avait lui-m\u00eame ouvert la voie, obligeant les municipalit\u00e9s du grand Toronto et de la r\u00e9gion d&#8217;Ottawa a fusionner, sans trop souffrir politiquement de l&#8217;affaire.<\/p>\n<p>Ce contexte est important car il permet de comprendre a la fois les objectifs, la strat\u00e9gie et les r\u00e9sultats qui suivirent. Le gouvernement Bouchard d\u00e9cida donc d&#8217;agir rapidement, consultant peu, se concentrant sur l&#8217;objectif principal, les fusions, et refoulant a la marge les d\u00e9bats sur les modalit\u00e9s et l&#8217;am\u00e9nagement des relations de pouvoir entre les groupes.<\/p>\n<p>La man\u0153uvre eut toutefois un effet \u00ab impr\u00e9vu \u00bb, celui de consolider les positions des forces f\u00e9d\u00e9ralistes sur la sc\u00e9ne politique qu\u00e9b\u00e9coise. La politique municipale, en effet, est \u00e9troitement li\u00e9 aux forces politiques majeures au Qu\u00e9bec, et nous verrons que, suite aux fusions, il y a eu r\u00e9alignement des partis politiques municipaux au profit des forces f\u00e9d\u00e9ralistes.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas facile de situer la politique municipale par rapport a la politique des deux autres paliers de repr\u00e9sentation, provincial et f\u00e9d\u00e9ral. Louise Harel, ministre des Affaires municipales et de la M\u00e9tropole et responsable du dossier des fusions, a maintes fois pr\u00e9tendu que la nature des champs de comp\u00e9tence des municipalit\u00e9s assoyait naturellement l&#8217;ind\u00e9pendance de la politique municipale face aux paliers provincial et f\u00e9d\u00e9ral. Il en d\u00e9coulait par cons\u00e9quent l&#8217;impossibilit\u00e9 logique d&#8217;une transposition du clivage linguistique sur la sc\u00e9ne municipale ou, par extension, du clivage opposant lib\u00e9raux et p\u00e9quistes. De fait, les souverainistes ont toujours h\u00e9sit\u00e9 a investir les sc\u00e9nes politiques f\u00e9d\u00e9rale et municipale, consid\u00e9rant que seule la sc\u00e9ne politique provinciale leur permettait de promouvoir et de r\u00e9aliser la souverainet\u00e9. Pour d\u00e9fendre son projet, la ministre Harel soutenait \u00e9galement que l&#8217;acc\u00e9s au pouvoir municipal \u00e9tait profond\u00e9ment li\u00e9 au role et au charisme des chefs de partis municipaux. Cela r\u00e9duisait d&#8217;autant l&#8217;importance des partis municipaux et du clivage linguistique, si d\u00e9terminant aux niveaux provincial et au f\u00e9d\u00e9ral. M\u00eame a Montr\u00e9al, la pr\u00e9\u00e9minence du charisme du chef devait suffire pour garantir aux souverainistes une participation et m\u00eame l&#8217;accession d&#8217;un chef sympathisant au pouvoir.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, la politique municipale qu\u00e9b\u00e9coise est profond\u00e9ment imbriqu\u00e9e dans la vie politique qu\u00e9b\u00e9coise. D&#8217;abord pour des raisons de nature sociologique :\u00a0des groupes bien distincts y vivent, et chacun pr\u00e9sente des conceptions du politique qui diff\u00e9rent passablement, aussi bien au municipal qu&#8217;aux autres paliers de repr\u00e9sentation. Ensuite pour des raisons de nature politique : des liens \u00e9troits unissent chacun des groupes aux partis politiques qui marquent la vie politique qu\u00e9b\u00e9coise. Les municipalit\u00e9s vivent, elles aussi, de multiples probl\u00e9matiques linguistiques, selon le statut bilingue des municipalit\u00e9s et selon la proportion de non-francophones qui vivent dans chacune. Ces probl\u00e9matiques embrassent la langue des services publics, la langue de travail et des communications entre \u00e9lus et travailleurs, de m\u00eame que la conception particuli\u00e9re des anglophones relativement a la place qu&#8217;occupent les municipalit\u00e9s sur la sc\u00e9ne politique qu\u00e9b\u00e9coise. La situation montr\u00e9alaise donne une id\u00e9e de cette complexit\u00e9. Il s&#8217;agissait d&#8217;amener quinze municipalit\u00e9s bilingues (a majorit\u00e9 anglaise) et onze autres municipalit\u00e9s (douze avec le Dorval, six habitants) a coexister avec la population de l&#8217;ancienne Montr\u00e9al (a 60 p. 100 francophone). Or, dans les premi\u00e9res, maintenant des arrondissements de Montr\u00e9al, la langue de travail a souvent \u00e9t\u00e9 l&#8217;anglais, tout comme la langue des communications avec l&#8217;ext\u00e9rieur et la langue des services publics. En 2001, trois municipalit\u00e9s montr\u00e9alaises a statut bilingue n&#8217;offraient toujours pas de plan de services publics en francais a leur population, cela vingt cinq ans apr\u00e9s l&#8217;adoption de la Charte de la langue francaise qui enjoignait les municipalit\u00e9s et organismes bilingues a le faire. Les substitutions de langue (ou transferts linguistiques) dans l&#8217;ensemble des municipalit\u00e9s bilingues montrent que cette pr\u00e9pond\u00e9rance de l&#8217;anglais s&#8217;est traduite, au fil des d\u00e9cennies, par des soldes de transferts linguistiques n\u00e9gatifs du groupe francophone, langue maternelle, au b\u00e9n\u00e9fice de l&#8217;anglais, langue parl\u00e9e a la maison.<\/p>\n<p>La politique municipale reste, pour une tr\u00e9s large partie de la population anglophone, un important lieu d&#8217;expression d&#8217;autonomie politique. La menace s\u00e9cessionniste fait en sorte que les anglophones, souvent insatisfaits des principaux partis politiques qu\u00e9b\u00e9cois, Parti lib\u00e9ral du Qu\u00e9bec inclus, investissent non seulement fortement la sc\u00e9ne f\u00e9d\u00e9rale mais aussi les municipalit\u00e9s dans lesquelles ils repr\u00e9sentent un poids d\u00e9mographique important. Ainsi, dans les mois pr\u00e9c\u00e9dant la fusion, ce sont bien quatorze municipalit\u00e9s a statut bilingue (et une unilingue francaise, de la r\u00e9gion de Qu\u00e9bec) qui ont contest\u00e9 la loi 170 devant les tribunaux. Certaines ont argu\u00e9 que les garanties constitutionnelles couvraient les municipalit\u00e9s bilingues contre toute tentative d&#8217;abrogation de la part du gouvernement provincial. Le m\u00e9contentement fut tel que les \u00e9lus d&#8217;autres municipalit\u00e9s bilingues ont m\u00eame tent\u00e9 de soustraire les avoirs des anciennes municipalit\u00e9s a la mainmise de la nouvelle ville. Ces orientations et ces d\u00e9cisions sont concomitantes avec l&#8217;adoption de r\u00e9solutions favorables a la partition du territoire qu\u00e9b\u00e9cois advenant la souverainet\u00e9 : de 1995 a 1997, quinze des dix-sept municipalit\u00e9s comptant 46 p. 100 et moins de francophones ont adopt\u00e9 des r\u00e9solutions partitionnistes.<\/p>\n<p>A l&#8217;\u00e9poque, les porte-parole des villes a statut bilingue consid\u00e9raient donc les fusions municipales comme une attaque directe contre les institutions traditionnellement control\u00e9es par les anglophones. Ils avaient la conviction que les fusions ne pouvaient se faire qu&#8217;au prix des droits des habitants des anciennes villes. Ces \u00e9l\u00e9ments ont foment\u00e9 une v\u00e9ritable crise politique, questionnant directement la l\u00e9gitimit\u00e9 des fusions et des futurs repr\u00e9sentants, et transformant les \u00e9lections municipales de novembre 2001 en une \u00e9tape vers une demande de r\u00e9paration pour torts subis.<\/p>\n<p>C&#8217;est dans ce climat enflamm\u00e9, avec la complicit\u00e9 des \u00e9lus des anciennes banlieues, pourtant premiers opposants aux fusions, qu&#8217;ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s les nouveaux partis municipaux. Dans la plupart des nouvelles cit\u00e9s, les forces en pr\u00e9sence opposaient les maires et leur \u00e9quipe des anciennes villes centres contre les maires et leurs \u00e9quipes de banlieue. (Tel n&#8217;\u00e9tait pas le cas a Longueuil, ou deux des municipalit\u00e9s s&#8217;\u00e9taient prononc\u00e9es en faveur des fusions.) Partout, les diverses campagnes \u00e9lectorales de l&#8217;automne 2001 ont vu les partis en pr\u00e9sence adh\u00e9rer aux fusions municipales ellesm\u00e9mes. Seul l&#8217;aspirant a la mairie de Montr\u00e9al, G\u00e9rald Tremblay, a la t\u00e9te du parti municipal issu des banlieues de Montr\u00e9al, devait h\u00e9siter en affirmant \u00e9tre pr\u00e9t a financer les contestations judiciaires des opposants aux fusions. Cette h\u00e9sitation fut toutefois br\u00e9ve et corrig\u00e9e dans les heures qui suivirent. Elle r\u00e9v\u00e9le n\u00e9anmoins la puissance du mouvement de contestation.<\/p>\n<p>De nouveaux partis furent cr\u00e9\u00e9s, la plupart du temps a m\u00eameles \u00e9quipes d\u00e9ja en place. Le profil des chefs et des candidats renseigne sur la nature des partis et sur leur place sur l&#8217;\u00e9chiquier politique. Ainsi a-t-on pu distinguer deux types de partis municipaux : ceux \u00ab affili\u00e9s \u00bb aux forces souverainistes et ceux \u00ab affili\u00e9s \u00bb aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes. A Qu\u00e9bec, Longueuil, Sherbrooke, Gatineau, Trois-Rivi\u00e9res et plusieurs autres, l&#8217;un des chefs des deux principaux partis pr\u00e9sentait un pass\u00e9 politique au sein des forces f\u00e9d\u00e9ralistes, tandis que l&#8217;adversaire, souvent issu des villes centres, affichait des affiliations souverainistes, quoique souvent moins nettement.<\/p>\n<p>Le cas montr\u00e9alais \u00e9chappe a cette dichotomie. Il est vrai que l&#8217;ex-maire de Montr\u00e9al, Pierre Bourque, \u00e9tait, avant son entr\u00e9e en politique municipale en 1994, publiquement connu pour ses sympathies souverainistes. Mais depuis sa premi\u00e9re campagne \u00e9lectorale municipale, il a multipli\u00e9 les d\u00e9clarations hostiles au projet souverainiste et a toute mesure linguistique dont ne voudrait pas l&#8217;\u00e9lectorat anglophone. Les \u00e9lections de novembre 2001 l&#8217;ont d&#8217;ailleurs explicitement amen\u00e9, avouait-il en entrevue dans les semaines suivantes, a rechercher des appuis du cot\u00e9 de l&#8217;organisation lib\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale (son directeur de campagne \u00e9tait d&#8217;ailleurs l&#8217;ex-directeur r\u00e9gional du Parti lib\u00e9ral du Canada (PLC)) de mani\u00e9re a contrecarrer son adversaire, G\u00e9rald Tremblay, fort de l&#8217;appui des lib\u00e9raux provinciaux. Deux partis reposant sur les forces f\u00e9d\u00e9ralistes se sont donc oppos\u00e9s a Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>L&#8217;affiliation partisane s&#8217;est \u00e9galement r\u00e9percut\u00e9e dans le profil sociologique des \u00e9quipes en lice. Dans tous les partis municipaux affili\u00e9s aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes, le profil sociologique des candidats s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 on ne peut plus conforme au \u00ab noyau dur \u00bb (ultra-conservateur) des forces f\u00e9d\u00e9ralistes, clairement distinct du profil des candidats des partis affili\u00e9s aux forces souverainistes. Les affiliations individuelles aux partis politiques, g\u00e9n\u00e9ralement discr\u00e9tes, laissent \u00e9galement voir la pr\u00e9s\u00e9ance des affiliations aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes par rapport aux forces souverainistes. A cet \u00e9gard, encore une fois, Montr\u00e9al ne suit pas la norme : la discr\u00e9tion n&#8217;y est pas de mise. Les deux partis ont ainsi fait grand \u00e9talage des all\u00e9geances partisanes de leurs candidats. Fait surprenant, l&#8217;\u00e9quipe de l&#8217;ex-maire de Montr\u00e9al, Pierre Bourque, semblait plus int\u00e9gr\u00e9e au camp f\u00e9d\u00e9raliste que l&#8217;\u00e9quipe de l&#8217;aspirant G\u00e9rald Tremblay. Plus du quart de ses candidats (28 sur 103) \u00e9taient affili\u00e9s aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes (conseillers, attach\u00e9s et autre personnel politique, nominations), davantage aux lib\u00e9raux f\u00e9d\u00e9raux qu&#8217;aux lib\u00e9raux provinciaux, contre seulement trois candidats affili\u00e9s aux forces souverainistes. Equipe Tremblay comptait 23 de ses 101 candidats affili\u00e9s aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes, dont quatre ex-d\u00e9put\u00e9s lib\u00e9raux provinciaux et l&#8217;ex-chef et ex d\u00e9put\u00e9 de l&#8217;Equality Party, Robert Libman, mais seulement trois candidats affili\u00e9s aux forces souverainistes.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats aux \u00e9lections municipales de novembre 2001 ont d\u00e9rout\u00e9 plus d&#8217;un observateur. S&#8217;il est vrai que le clivage banlieue-ville centre fut pr\u00e9s\u00e9ant a Qu\u00e9bec (l&#8217;\u00e9quipe issue de la banlieue ne fit pas \u00e9lire sa candidate a la mairie, mais elle r\u00e9colta n\u00e9anmoins une majorit\u00e9 des conseillers), il resta pourtant secondaire a Montr\u00e9al et Longueuil (ou les \u00e9quipes issues de la banlieue ont triomph\u00e9). Dans ces derni\u00e9res cit\u00e9s, les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux ont davantage \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s par le clivage linguistique. Mais m\u00eame a Qu\u00e9bec, ou le parti issu de la banlieue souscrivait aussi a la fusion forc\u00e9e, on a retrouv\u00e9 les caract\u00e9ristiques habituelles du clivage linguistique et constitutionnel.<\/p>\n<p>La situation montr\u00e9alaise est des plus remarquables. L&#8217;analyse des r\u00e9sultats indique d&#8217;abord clairement la pr\u00e9valence du clivage linguistique sur le clivage entre le centre et la banlieue. Trois groupes \u00e9taient en pr\u00e9sence et deux d&#8217;entre eux, les anglophones et les allophones, ont chacun fait la diff\u00e9rence la ou ils constituaient une proportion suffisante de l&#8217;\u00e9lectorat. L&#8217;\u00e9quipe de G\u00e9rald Tremblay a r\u00e9ussi a canaliser vers elle une portion suffisante du m\u00e9contentement des anglophones pour l&#8217;emporter syst\u00e9matiquement partout en banlieue et m\u00eame dans la ville centre, la ou les anglophones \u00e9taient suffisamment concentr\u00e9s. Parmi ceux qui se sont d\u00e9plac\u00e9s pour voter (seulement 40 p. 100 environ), les anglophones ont appuy\u00e9, ind\u00e9pendamment de leur lieu de r\u00e9sidence, a pr\u00e9s de 10 contre 1 les candidats d&#8217;Equipe Tremblay.<\/p>\n<p>D&#8217;autre part, l&#8217;\u00e9quipe de Pierre Bourque est parvenue a obtenir l&#8217;appui d&#8217;une confortable majorit\u00e9 chez les allophones (environ deux contre un). La forte participation de ces derniers illustre un certain enthousiasme et l&#8217;int\u00e9r\u00e9t suscit\u00e9 par les fusions. Ce comportement \u00e9lectoral des allophones a transcend\u00e9 les fronti\u00e9res administratives de l&#8217;ancienne ville de Montr\u00e9al pour s&#8217;\u00e9tendre aux allophones de banlieue. A l&#8217;exemple des anglophones, qui ont fait la diff\u00e9rence partout ou ils \u00e9taient concentr\u00e9s en proportion suffisante, les allophones ont fait la diff\u00e9rence en faveur d&#8217;Equipe Bourque dans tous les autres districts \u00e9lectoraux.<\/p>\n<p>Quant aux francophones, leur division presque \u00e9gale entre Equipe Tremblay et Equipe Bourque, sans \u00e9gard a leur localisation dans la ville centre ou les anciennes banlieues, accompagn\u00e9e de tr\u00e9s forts taux d&#8217;abstention (similaires a ceux des anglophones), les a laiss\u00e9s sans poids \u00e9lectoral : le sort des candidats des deux\u00a0\u00e9quipes reposait presque enti\u00e9rement entre les mains des anglophones pour Equipe Tremblay et des allophones pour Equipe Bourque. L&#8217;\u00e9lectorat francophone montr\u00e9alais, pourtant le plus souverainiste de tout le Qu\u00e9bec, a plutot h\u00e9sit\u00e9 devant les partis propos\u00e9s par les forces f\u00e9d\u00e9ralistes.<\/p>\n<p>Le travail de mobilisation des partis provinciaux et f\u00e9d\u00e9raux est crucial pour comprendre la nouvelle donne politique montr\u00e9alaise. En parvenant adroitement a canaliser, a encadrer et a r\u00e9partir les voix des allophones et celles des anglophones, les forces f\u00e9d\u00e9ralistes sont parvenues a tirer profit des liens \u00e9troits entre les anglophones et le PLQ et entre les allophones et le PLC : chaque groupe compte pour au moins un tiers de la client\u00e9le de l&#8217;\u00e9lectorat d&#8217;Equipe Tremblay et d&#8217;Equipe Bourque, et chacun a fait la diff\u00e9rence. Le souverainiste Pierre Bourque a ainsi r\u00e9colt\u00e9 les fruits de nombreuses prises de position contre les lois linguistiques et les souverainistes, ainsi que de la place de choix qu&#8217;il a accord\u00e9e aux lib\u00e9raux f\u00e9d\u00e9raux dans l&#8217;organisation de sa campagne \u00e9lectorale. Dans l&#8217;ensemble, en constituant ainsi une force incontournable et d\u00e9terminante, tant au\u00a0sein de l&#8217;\u00e9quipe au pouvoir que dans l&#8217;opposition, les forces f\u00e9d\u00e9ralistes ont connu un v\u00e9ritable succ\u00e9s de mobilisation qui r\u00e9p\u00e9te avec \u00e9clat ce qui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ussi en 1989 avec l&#8217;Equality Party.<\/p>\n<p>Ce portrait serait incomplet s&#8217;il omettait l&#8217;examen des \u00e9quipes \u00e9lues et des membres des comit\u00e9s ex\u00e9cutifs nomm\u00e9s par les nouveaux maires.\u00a0Ainsi, au fur et a mesure que l&#8217;on monte dans la hi\u00e9rarchie des \u00e9lus des quatre principales cit\u00e9s, les affiliations f\u00e9d\u00e9ralistes et les caract\u00e9ristiques socialement conservatrices des candidats s&#8217;accentuent. Par exemple, a Montr\u00e9al, alors que les candidats affili\u00e9s aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes comptaient pour environ 25 p. 100 de l&#8217;ensemble des candidats et des \u00e9lus, ils repr\u00e9sentaient 41 p. 100 des postes sup\u00e9rieurs et 50 p. 100 du comit\u00e9 ex\u00e9cutif restreint; les candidats aux caract\u00e9ristiques conservatrices repr\u00e9sentaient 85 p. 100 des candidats, 89 p. 100 des \u00e9lus, 95 p. 100 des postes sup\u00e9rieurs et 100 p. 100 des membres du comit\u00e9 ex\u00e9cutif restreint.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections du 4 novembre 2001 ont donc permis a des chefs et a des \u00e9quipes affili\u00e9es aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes de prendre le pouvoir dans toutes les nouvelles cit\u00e9s d&#8217;importance, sauf a la mairie de Qu\u00e9bec (mais la majorit\u00e9 des conseillers de cette derni\u00e9re appartient toutefois a un parti affili\u00e9 aux forces f\u00e9d\u00e9ralistes). Cette situation n&#8217;est pas sans avoir des r\u00e9percussions sur la structuration du pouvoir. Il faut ici comprendre toute l&#8217;importance des municipalit\u00e9s en tant que premier lieu de maillage avec les diverses organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile : l&#8217;exercice du pouvoir permet aux \u00e9quipes \u00e9lues d&#8217;\u00e9tendre leur influence a une foule d&#8217;organismes publics et priv\u00e9s (tels les organisations d&#8217;affaires, les hopitaux et les CLSC, les organismes communautaires, ceux vou\u00e9s aux arts et a la culture, et autres commissions scolaires). Les municipalit\u00e9s offrent en quelque sorte un premier lieu de r\u00e9seautage, tant pour les forces souverainistes que f\u00e9d\u00e9ralistes, que ces derniers semblent davantage exploiter. Cette mise en r\u00e9seau repr\u00e9sente dans les faits un atout essentiel a la poursuite d&#8217;une carri\u00e9re politique. Elle consolide du m\u00eamecoup leur pouvoir dans l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. Les municipalit\u00e9s jouent de plus le role d&#8217;\u00e9cole de formation pour futurs d\u00e9put\u00e9s provinciaux et f\u00e9d\u00e9raux et permettent aux d\u00e9put\u00e9s d\u00e9faits a d&#8217;autres paliers politiques de prolonger leur carri\u00e9re politique sur la sc\u00e9ne municipale.<\/p>\n<p>Il apparai\u201at paradoxal qu&#8217;un gouvernement souverainiste ait favoris\u00e9 des r\u00e9formes structurantes de l&#8217;espace politique sans se soucier des implications qui lui \u00e9taient d\u00e9favorables a moyen et a long terme. Difficile d&#8217;expliquer comment l&#8217;on a pu croire que les grandes lignes de fracture de l&#8217;\u00e9lectorat qu\u00e9b\u00e9cois ne se transposeraient pas sur la sc\u00e9ne municipale et qu&#8217;aucun examen des forces en pr\u00e9sence n&#8217;ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour \u00e9valuer les positions d\u00e9tenues par les forces f\u00e9d\u00e9ralistes avant les fusions et les positions qu&#8217;elles \u00e9taient susceptibles d&#8217;occuper apr\u00e9s. Dor\u00e9navant, les \u00e9quipes f\u00e9d\u00e9ralistes disposent d&#8217;avantages plus importants dans toutes les plus grandes cit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises. La r\u00e9forme a structurellement chang\u00e9 la donne politique au Qu\u00e9bec et constitue d\u00e9sormais un obstacle de plus face a la r\u00e9alisation du projet des forces s\u00e9cessionnistes.<\/p>\n<p>Il semble que des pr\u00e9occupations politiques d&#8217;ordre sup\u00e9rieur, une conception conservatrice de la d\u00e9mocratie et une strat\u00e9gie consensuelle (dont t\u00e9moignent la constitution, la composition et le role essentiel jou\u00e9 par les comit\u00e9s de transition) soient les facteurs qui permettent d&#8217;expliquer la nouvelle donne politique. Le respect\u00a0des forces politiques dominantes commande en effet la formulation de consensus politiques locaux acceptables a celles-ci. Il n&#8217;est donc pas \u00e9tonnant de constater, a posteriori, que les nouvelles \u00e9quipes \u00e9lues aient ent\u00e9rin\u00e9 les budgets propos\u00e9s par les comit\u00e9s de transition\u2014 par exemple, a Montr\u00e9al, le statu quo en mati\u00e9re de d\u00e9penses par habitant, soit des d\u00e9penses de 1 100 $ par habitant dans les riches quartiers de banlieue contre moins de 350 $ pour les quartiers francophones et immigrants de l&#8217;ancienne Montr\u00e9al\u2014, opt\u00e9 pour le statu quo linguistique (pendant un an avant la remise en question de la fin de l&#8217;automne 2002) et propos\u00e9 une red\u00e9finition de la vie d\u00e9mocratique municipale qui fasse davantage de place aux groupes dominants (G\u00e9rald Tremblay favorise l&#8217;augmentation du nombre de repr\u00e9sentants \u00e9lus pour les anciennes municipalit\u00e9s bilingues rappelons que, parmi les cinq modes d&#8217;\u00e9lections en vigueur en 2001 a Montr\u00e9al, l&#8217;un d&#8217;eux tend carr\u00e9ment a \u00e9liminer toute opposition : un tiers des conseillers de la ville et un quart des conseillers d&#8217;arrondissement furent\u00a0\u00e9lus au scrutin plurinominal majoritaire, reconnu pour limiter les groupes minoritaires dans leur acc\u00e9s a la repr\u00e9sentation).<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats des fusions municipales, a Montr\u00e9al comme dans les grandes agglom\u00e9rations qui constituent une large partie de la trame urbaine du Qu\u00e9bec, ont illustr\u00e9 les limites plutot \u00e9troites de la d\u00e9mocratie telle que pratiqu\u00e9e sous un mode de scrutin majoritaire. Un nouveau mode de scrutin aurait pu \u00e9tre mis de l&#8217;avant par le gouvernement provincial, mais la r\u00e9flexion d\u00e9mocratique s&#8217;est bris\u00e9e sur le conservatisme des dirigeants souverainistes et leur peur de s&#8217;ali\u00e9ner les forces politiques en pr\u00e9sence. En d\u00e9finitive, l&#8217;analyse politique du PQ a repos\u00e9 sur une compr\u00e9hension erron\u00e9e de l&#8217;impact des institutions et des structures politiques. Elle a \u00e9galement eu pour effet de diminuer davantage ses capacit\u00e9s d&#8217;acc\u00e9der au pouvoir au m\u00eame titre que les autres groupes d\u00e9favoris\u00e9s et sous-repr\u00e9sent\u00e9s.<br \/>\nLa victoire des \u00e9quipes f\u00e9d\u00e9ralistes dans la plupart des grandes cit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises, lors des \u00e9lections de novembre 2001, apparait donc favoriser l&#8217;emprise des forces f\u00e9d\u00e9ralistes au sein des nouvelles cit\u00e9s. Les param\u00e9tres habituels r\u00e9gissant les comportements \u00e9lectoraux laissent croire en l&#8217;existence d&#8217;un avantage qui durera tant que la menace s\u00e9cessionniste demeurera dans le paysage politique. A long terme, les nouvelles dynamiques \u00e9lectorales et politiques qui sont issues des fusions devraient favoriser le renforcement d&#8217;une culture de plus en plus f\u00e9d\u00e9raliste au sein des institutions municipales ainsi que dans les relations qu&#8217;elles entretiennent avec leurs partenaires. Dans ce remodelage des rapports de force, il sera int\u00e9ressant de surveiller\u00a0l&#8217;\u00e9volution du role de l&#8217;anglais comme langue du pouvoir et l&#8217;extension de son utilisation parmi les employ\u00e9s municipaux. Le role de Montr\u00e9al comme \u00ab creuset int\u00e9grateur \u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise semble sortir affaibli des fusions municipales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2000, le gouvernement Bouchard prit la d\u00e9cision de fusionner les municipalit\u00e9s des plus grandes\u00a0agglom\u00e9rations \u00a0qu\u00e9b\u00e9coises, ce qui comprenait notamment Montr\u00e9al, Qu\u00e9bec, Longueuil, Gatineau et Sherbrooke. La r\u00e9organisation des structures d\u00e9cisionnelles et administratives d&#8217;aussi grandes entit\u00e9s n&#8217;est pas banale en elle-m\u00e9me. 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