{"id":261584,"date":"2003-03-01T05:00:00","date_gmt":"2003-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/la-societe-efficiente-and-globalization-and-well-being-book-reviews\/"},"modified":"2025-10-07T19:33:21","modified_gmt":"2025-10-07T23:33:21","slug":"la-societe-efficiente-and-globalization-and-well-being-book-reviews","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2003\/03\/la-societe-efficiente-and-globalization-and-well-being-book-reviews\/","title":{"rendered":"La soci\u00e9t\u00e9 efficiente et Globalization and Well-Being (comptes rendus)"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-big\">Laiss\u00e9 a l&#8217;\u00e9tat de nature, l&#8217;homme serait condamn\u00e9 a une vie solitaire, mis\u00e9rable, dangereuse, animale et br\u00e9ve, ainsi que l&#8217;a \u00e9crit le philosophe Thomas Hobbes, il y a trois cent ans. Ce n&#8217;est que parce qu&#8217;il coop\u00e9re et vit en soci\u00e9t\u00e9 que l&#8217;homme a pu d\u00e9velopper la civilisation, accumuler des richesses et satisfaire ses besoins autres qu&#8217;animaux. Mais vivre en soci\u00e9t\u00e9 exige des r\u00e9gles pour discipliner les comportements.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;a tout r\u00e9cemment, l&#8217;ordre moral fournissait ce cadre. Aristote a class\u00e9 le bien et le mal sous la r\u00e9publique ath\u00e9nienne, mais de tous temps, ce sont principalement les religions, avec leurs catalogues de choses a faire et a ne pas faire, qui ont organis\u00e9 l&#8217;ordre social. Mais les religions ont deux grands d\u00e9fauts a cet \u00e9gard. Premi\u00e9rement, au nom de l&#8217;orthodoxie, elles restreignent la libert\u00e9 et sont peu tol\u00e9rantes des comportements d\u00e9viants, par exemple l&#8217;affirmation que la terre est ronde, l&#8217;homosexualit\u00e9, l&#8217;avortement, le refus de faire la guerre, etc. Deuxi\u00e9mement, les religions, surtout lorsqu&#8217;elles se confondent avec l&#8217;Etat (et nous en avons encore des exemples r\u00e9cents, avec le communisme et avec l&#8217;Islam orthodoxe), sont peu tol\u00e9rante de la concurrence, ce qui s&#8217;est traduit par un \u00e9tat de guerre presque permanent. Vers la Renaissance, les pressions pour une plus grande diversit\u00e9 id\u00e9ologique ont bris\u00e9 le joug des religions, et des alternatives aux croyances et aux codes moraux pour r\u00e9gir les comportements sociaux se sont r\u00e9pandues.<\/p>\n<p>L&#8217;efficience est l&#8217;une de ces alternatives. Joseph Heath, un philosophe de 34 ans qui enseigne a l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, a publi\u00e9 en 2001 The Efficient Society, une contribution magistrale au role que l&#8217;efficience joue dans notre soci\u00e9t\u00e9 et aux impacts que l&#8217;adh\u00e9sion d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 a ce principe et a ses vertus peut avoir sur son bien-\u00e9tre. La publication d&#8217;une traduction fran\u00e7aise par les Presses de l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al lui assurera la diffusion qu&#8217;il se doit aupres du public francophone.<\/p>\n<p>N\u00e9e en Saskatchewan, Heath a \u00e9tudi\u00e9 a l&#8217;Universit\u00e9 McGill dans les ann\u00e9es quatre-vingt, puis a obtenu son doctorat en philosophie de l&#8217;universit\u00e9 North Western, a Chicago. Sa th\u00e9se portait sur le philosophe Ju\u00cc\u02c6rgen Habermas, ce qui l&#8217;a amen\u00e9 a \u00e9tudier la rationalit\u00e9, de la th\u00e9orie des jeux et\u00a0par la suite les fondements du n\u00e9olib\u00e9ralisme. En 2000, il est devenu titulaire de la chaire de recherche en \u00e9thique et en \u00e9conomie a l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>L&#8217;efficience est un concept plutot banal. Dans sa plus libre expression, il s&#8217;agit du rapport entre l&#8217;output et les inputs. Plus il est \u00e9lev\u00e9, plus une activit\u00e9 est efficiente, c&#8217;est-a-dire que pour un input donn\u00e9, l&#8217;output est plus grand. A l&#8217;\u00e9chelle de la soci\u00e9t\u00e9, le concept d&#8217;efficience a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini par Pareto comme \u00e9tant l&#8217;augmentation de la satisfaction de l&#8217;un sans qu&#8217;il n&#8217;y ait diminution de satisfaction des autres. En cons\u00e9quence, tout arrangement, \u00e9change ou activit\u00e9 s&#8217;av\u00e9re efficiente si elle est a somme positive, et les gagnants compensant les perdants.<\/p>\n<p>Heath retrace les progr\u00e9s de l&#8217;efficience comme principe d&#8217;organisation sociale et met bien en lumi\u00e9re sa principale vertu, notamment sa capacit\u00e9 de nous lib\u00e9rer des restrictions souvent obscurantistes de l&#8217;ordre moral. Car l&#8217;ordre moral doit d\u00e9finir pour la soci\u00e9t\u00e9 tout ce qui est bien et ce qui est mal. L&#8217;utilisation du principe d&#8217;efficience laisse aux individus la latitude de faire leurs propres choix. La mont\u00e9e de l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9, a partir du XVIII i\u00e9me si\u00e9cle, a amen\u00e9 une g\u00e9n\u00e9ralisation de l&#8217;efficience et a permis, en parall\u00e9le, un foisonnement de la diversit\u00e9 id\u00e9ologique. Comme le dit Joseph Heath, \u00ab la d\u00e9couverte centrale qui a conduit a l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 [est] qu&#8217;on peut se permettre une baisse s\u00e9lective de la moralit\u00e9 sans que se d\u00e9sint\u00e9gre la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb (p. 134)<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 est devenue la principale source d&#8217;efficience dans la soci\u00e9t\u00e9, parce qu&#8217;elle permet une d\u00e9centralisation et une sp\u00e9cialisation de la production de biens et de services, et l&#8217;\u00e9change volontaire entre\u00a0les individus, laissant a chacun la possibilit\u00e9 de maximiser ses pr\u00e9f\u00e9rences. Ceci est tr\u00e9s visible lorsque l&#8217;on compare la performance de nos \u00e9conomies de march\u00e9 a celle des r\u00e9gimes communistes ou des \u00e9conomies des pays vivant sous r\u00e9gime th\u00e9ocratique, ou les d\u00e9cisions de production et d&#8217;allocation ne sont pas prises via les m\u00e9canismes de march\u00e9. C&#8217;est grace a l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 que nos soci\u00e9t\u00e9s ont pu atteindre l&#8217;opulence qu&#8217;elles connaissent aujourd&#8217;hui. Conjugu\u00e9s a la reconnaissance du droit de propri\u00e9t\u00e9, les march\u00e9s donnent le capitalisme, l&#8217;allocation des capitaux par les march\u00e9s, la prise de risque, la diversit\u00e9 de choix, et les machines de croissance que sont les \u00e9conomies modernes.<\/p>\n<p>Mais l&#8217;efficience du march\u00e9 a plusieurs limites. Les march\u00e9s ne fonctionnent bien que si deux conditions sont rencontr\u00e9es : il y a concurrence, et l&#8217;activit\u00e9 est relativement libre d&#8217;externalit\u00e9s. On sait toutefois que la concurrence parfaite est un animal rare. En effet, l&#8217;objet premier des strat\u00e9gies d&#8217;entreprise est habituellement d&#8217;att\u00e9nuer cette concurrence. Or, toute imperfection a ce chapitre nuit au bon fonctionnement du march\u00e9; le surplus du consommateur (la diff\u00e9rence entre le prix du march\u00e9 et le prix qu&#8217;un consommateur serait pr\u00e9t a payer) est retenu en grande partie par le producteur et il y a sous-production du bien. Nous sommes loin des conditions de l&#8217;efficience de Pareto, et cela vaut pour la plupart des biens et services produits par l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 ne fonctionne bien que pour les produits et services qui s&#8217;\u00e9changent efficacement, tel les produits manufactur\u00e9s. Un grand nombre de besoins quotidiens ne sont pas bien desservis par l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9. Tout produit a haut contenu informationnel en particulier est sujet a d&#8217;importants probl\u00e9mes d&#8217;externalit\u00e9s. La solution d&#8217;en faire des m\u00e9diums publicitaires est tr\u00e9s sous-optimale du point de vue de la soci\u00e9t\u00e9, car cela impose une taxe indirecte a tous les consommateurs, sous la forme de publicit\u00e9 non voulue. Paradoxalement, cette publicit\u00e9 est comptabilis\u00e9e positivement dans le PIB, alors qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un apport n\u00e9gatif.<\/p>\n<p>Joseph Heath reproche aux \u00e9conomistes leur infatuation id\u00e9ologique avec le march\u00e9 qui, en d\u00e9pit de ses immenses avantages, fonctionne rarement comme le veut la th\u00e9orie. En effet, lorsqu&#8217;il y a externalisation des b\u00e9n\u00e9fices (c&#8217;est-a-dire qu&#8217;une fois produit, un bien profite a tout le monde peu importe qu&#8217;on ait pay\u00e9 pour ou non, l&#8217;air pur par exemple), il y aura sous-production d&#8217;un bien; inversement, lorsqu&#8217;il y a externalisation des couts (c&#8217;est-a-dire qu&#8217;une partie des couts de production d&#8217;un bien est assum\u00e9e par l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, la pollution produite par les v\u00e9hicules moteur par exemple), il y aura surproduction d&#8217;un bien. Sans contre-poids, l&#8217;impact peut-\u00e9tre significatif. C&#8217;est pourquoi il peut \u00e9tre justifi\u00e9 de suppl\u00e9er aux march\u00e9s lorsqu&#8217;il y a trop d&#8217;externalit\u00e9s de b\u00e9n\u00e9fices, et de r\u00e9glementer le march\u00e9, dans les cas d&#8217;externalit\u00e9s des couts.<\/p>\n<p>A ces carences s&#8217;ajoutent l&#8217;inefficience qui d\u00e9coulent des comportements opportunistes que l&#8217;on retrouve lorsque les interactions entre acteurs donnent naissance a des dilemmes de prisonniers. (\u00ab damn if you do, damn if you don&#8217;t \u00bb). Ces comportements opportunistes, tr\u00e9s r\u00e9pandus, sont inefficaces pour la soci\u00e9t\u00e9. Prenez l&#8217;exemple de l&#8217;autoroute achaland\u00e9e. Tout conducteur qui zigzague a travers le trafic \u00e9courte la dur\u00e9e de son voyage, mais allonge celui de tous les autres voyageurs. La circulation serait plus fluide et tout le monde serait mieux, s&#8217;il ne zigzaguait pas. Mais comme opportuniste, il est gagnant. Plus il y a de gens qui l&#8217;imitent, plus la circulation ralentit et plus l&#8217;ensemble des conducteurs sort perdant. La solution la plus efficiente, qui r\u00e9duira le temps moyen du trajet de tous, est d&#8217;emp\u00e9cher les comportements opportunistes.<\/p>\n<p>Ces dilemmes, une des structures de base conceptualis\u00e9es par la th\u00e9orie des jeux, et tr\u00e9s fr\u00e9quents dans nos soci\u00e9t\u00e9s, ne sont pas tous pernicieux. Par exemple, la concurrence se joue g\u00e9n\u00e9ralement au quotidien autour de dilemmes de prisonnier. On les retrouve ainsi dans les guerres d&#8217;innovations que se livrent les manufacturiers et dans les guerres de prix qui \u00e9clatent chez les d\u00e9taillants. La soci\u00e9t\u00e9 peut parfois b\u00e9n\u00e9ficier de ses dilemmes, mais ce n&#8217;est pas toujours le cas. Dans toute situation ou il y externalit\u00e9, des opportunistes (free-riders en anglais) peuvent abuser de la situation et par leur comportement, r\u00e9duire l&#8217;efficience de l&#8217;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Or, de tels comportements pervers sont g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9. Qui d&#8217;entre nous n&#8217;a pas au moins une amie qui s&#8217;est achet\u00e9 un v\u00e9hicule 4X4, parce qu&#8217;elle s&#8217;y sent plus en s\u00e9curit\u00e9 sur la route. Un tel comportement ne peut \u00e9\u201atre plus opportuniste; en cas de collision avec un 4X4, vous risquez fortement de vous faire \u00e9craser. Pour la soci\u00e9t\u00e9, la prolif\u00e9ration de ce type de v\u00e9hicule est une perte d&#8217;efficience, car ils sont plus dangereux, moins s\u00e9curitaires et plus couteux. Seul l&#8217;opportuniste est gagnant, lorsqu&#8217;il entre en collision avec une voiture.<\/p>\n<p>Ces comportements pervers sont particuli\u00e9rement fr\u00e9quents dans le cas de biens publics ou de biens mutualistes (un usage partag\u00e9, comme l&#8217;assurance). Nous connaissons tous dans nos milieux de travail, les abus fr\u00e9quents du syst\u00e9me d&#8217;assurance collective, tels les services du dentiste. Dans un \u00e9pisode hilarant, Joseph Heath raconte comment il s&#8217;est fait enlever 3 grains de beaut\u00e9 alors qu&#8217;il \u00e9tait \u00e9tudiant a North Western, pour la modique somme de 800 $, heureusement pay\u00e9e par le r\u00e9gime d&#8217;assurance de l&#8217;universit\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 doit donc \u00e9tre encadr\u00e9e, pour parer a ses carences. Dans certains cas, elle ne peut r\u00e9pondre efficacement a des besoins, ce qui exige une suppl\u00e9ance par les gouvernements, et ce au nom de l&#8217;efficience.<\/p>\n<p>En filigrane, dans tout son livre, Heath compare les attitudes des Am\u00e9ricains et des Canadiens, et les cons\u00e9quences qui d\u00e9coulent de ces diff\u00e9rences. Les Canadiens sont beaucoup plus attach\u00e9 a l&#8217;efficience que ne le sont les Am\u00e9ricains. La culture am\u00e9ricaine valorise plus la libert\u00e9 individuelle que l&#8217;efficience. Au nom de la libert\u00e9, les Am\u00e9ricains refusent la solution efficiente de controle des armes a feux, et se retrouvent avec une soci\u00e9t\u00e9 beaucoup moins s\u00e9curitaire que les Canadiens. Il en est de m\u00e9\u201ame pour l&#8217;organisation des soins de sant\u00e9. Les Am\u00e9ricains privil\u00e9gient les choix individuels, une pr\u00e9f\u00e9rence qui a des impacts majeurs sur le syst\u00e9me de sant\u00e9 qu&#8217;ils se sont donne, un syst\u00e9me totalement impr\u00e9gn\u00e9 de comportements opportunistes et donc inefficient. En cons\u00e9quence, les Am\u00e9ricains collectivement paient deux fois plus pour leurs services de sant\u00e9 que les Canadiens, et dans l&#8217;ensemble, recoivent beaucoup moins de services. Le syst\u00e9me canadien de sant\u00e9 a surement des problemes, mais celui des Etats-Unis est beaucoup plus mal en point, et ce uniquement pour des raisons id\u00e9ologiques : une infatuation, au nom de la libert\u00e9 individuelle, avec les m\u00e9canismes de march\u00e9 dans un secteur ou ils sont totalement inefficaces.<\/p>\n<p>Mais le principe d&#8217;efficience s&#8217;applique dans toutes les interactions sociales. Heath a d&#8217;ailleurs \u00e9crit un chapitre fascinant sur le partage des taches domestiques que tout \u00e9conomiste devrait faire lire a son conjoint ou sa conjointe. Ce chapitre pourrait facilement meubler des discussions de couples pendant des semaines enti\u00e9res, et qui sait, peut-etre en sauver quelques-uns. Le chapitre sur nos comportements de consommateurs est tout aussi perspicace. Joseph Heath \u00e9crit bien et sait rendre vivant un sujet.<\/p>\n<p>Dans une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;opulence, ou les biens contextuels (\u00ab positionnal goods \u00bb) prennent de plus en plus d&#8217;importance (\u00ab Si j&#8217;ach\u00e9te une maison a Westmount, un quartier exclusif, &#8230; \u00bb), les dilemmes de prisonnier se multiplient, car les b\u00e9n\u00e9fices sont d\u00e9finis par le niveau d&#8217;exclusivit\u00e9 de l&#8217;usage, ce qui entrai\u00cc\u201anent des surench\u00e9res de consommation, sans pour autant satisfaire les besoins. Dans un tel monde, la d\u00e9marche traditionnelle des \u00e9conomistes, aliment\u00e9e inconditionnellement par le mod\u00e9le micro-\u00e9conomique n\u00e9o-classique, s&#8217;av\u00e9re de plus en plus impuissant a expliquer ce qui se passe. Joseph Heath apporte une contribution remarquable en placant l&#8217;efficience au c\u0153ur de l&#8217;analyse tout en la d\u00e9barrassant de ses \u0153ill\u00e9res id\u00e9ologiques du \u00ab tout aux march\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 efficiente n&#8217;est pas encore le grand livre que John Heath \u00e9crira probablement un jour et qui s&#8217;attaquera aux principes m\u00e9\u201ames de la science \u00e9conomique. Entre un livre int\u00e9ressant, et un livre influent, Joseph Heath a choisi la premi\u00e9re option, ce qui est su\u00cc\u201arement sage pour un premier livre \u00e9crit par un inconnu. Il a aussi voulu \u00e9largir son lectorat en faisant deux \u00a0livres en un : l&#8217;efficience principe organisateur de l&#8217;\u00e9conomie, un livre qui s&#8217;adresse aux \u00e9conomistes, et les raisons du succ\u00e9s du Canada, soci\u00e9t\u00e9 ou l&#8217;efficience est une valeur dominante, un livre qui s&#8217;adresse a la classe politique canadienne. Mais dans un style tonifiant, il nous donne un avant-gout de la contribution qu&#8217;un philosophe peut faire a l&#8217;avancement de la science \u00e9conomique.<\/p>\n<p><em>Globalization and Well Being<\/em>, de John Helliwell, un court livre d&#8217;a peine 140 pages, est un excellent ouvrage compl\u00e9mentaire a La soci\u00e9t\u00e9 efficiente. On y retrouve un survol des remises en cause des canons \u00e9conomiques sur deux th\u00e9mes importants : la territorialit\u00e9 des \u00e9conomies, dans un monde en plein processus de mondialisation, et le bien-\u00e9\u201atre comme finalit\u00e9 de l&#8217;\u00e9conomie, en remplacement du PIB qui sert d&#8217;\u00e9talon depuis pr\u00e9s de 75 ans. L&#8217;origine de <em>Globalization and Well-Being<\/em> remonte a une s\u00e9rie de trois conf\u00e9rences qu&#8217;il a prononc\u00e9es en novembre 2002 a l&#8217;universit\u00e9 de Colombie Britannique. Mais le livre a \u00e9t\u00e9 termin\u00e9 a l&#8217;\u00e9t\u00e9 2002 et fait \u00e9tat des plus r\u00e9cents travaux d&#8217;un grand chercheur. Avec Paul Romer, John Helliwell est sans doute l&#8217;un des rares Nobelisables canadiens.<\/p>\n<p>C&#8217;est en mai 1993, au Congr\u00e9s annuel de l&#8217;Association \u00e9conomique du Canada, au Lac Delage, que John McCallum avait pr\u00e9sent\u00e9 ses premiers r\u00e9sultats sur l&#8217;importance des fronti\u00e9res pour les \u00e9changes \u00e9conomiques. Je me souviens que les gens pr\u00e9sents a cette conf\u00e9rence avaient trouv\u00e9 les r\u00e9sultats int\u00e9ressants, mais sans plus. John Helliwell a, lui, saisi toute l&#8217;importance de cette d\u00e9couverte et il a pris la t\u00e9\u201ate d&#8217;une \u00ab \u00e9cole \u00bb d&#8217;\u00e9conomistes qui en examinent, depuis maintenant sept ans, toutes les cons\u00e9quences sur notre compr\u00e9hension des structures de l&#8217;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Le premier des trois chapitres de<em> Globalization and Well-Being<\/em> pr\u00e9sente, en moins de trente pages, un excellent\u00a0survol des recherches qui ont suivi cette d\u00e9couverte et captivera tous ceux qui s&#8217;int\u00e9ressent aux fondements de l&#8217;\u00e9conomie. Que ce soit pour expliquer le niveau de production ou le niveau des \u00e9changes commerciaux, Helliwell et ses coll\u00e9gues concluent que les r\u00e9seaux sociaux et les normes culturelles constituent des \u00e9l\u00e9ments beaucoup plus d\u00e9terminants a la marge que ne le sont les avantages qui pourraient d\u00e9couler de l&#8217;application du mod\u00e9le micro-\u00e9conomique n\u00e9o-classique. C&#8217;est ce qui explique, entre autres, pourquoi le mod\u00e9le Heckser-Ohlin sur les avantages comparatifs ne se v\u00e9rifie pas empiriquement, sauf pour le commerce inter-r\u00e9gional. Il s&#8217;en d\u00e9gage aussi que le capital social est beaucoup plus important qu&#8217;on a pu l&#8217;imaginer et qu&#8217;aucune compr\u00e9hension des rouages d&#8217;un syst\u00e9me \u00e9conomique n&#8217;est possible sans donner autant d&#8217;importance au capital social qu&#8217;aux prix des facteurs de production. En ce sens, les travaux de l&#8217;\u00e9cole Helliwell viennent rejoindre les th\u00e9ses de Joseph Heath sur les limites des m\u00e9canismes de march\u00e9.<\/p>\n<p>Le second chapitre est consacr\u00e9 au bien-\u00e9tre, un autre axe important des recherches de John Helliwell depuis quelques ann\u00e9es et qui d\u00e9coule de ses travaux sur le capital social. De nouveau, le lecteur trouvera, en moins de 15 pages, un excellent survol de la \u00a0litt\u00e9rature sur cette notion \u00e9mergente du <em>well-being<\/em> d&#8217;une nation, une notion de bien-\u00e9tre tres diff\u00e9rente du <em>welfare<\/em> n\u00e9o-classique. Parce que ce bien-\u00e9\u201atre est la finalit\u00e9 recherch\u00e9e dans le syst\u00e9me \u00e9conomique, sa poursuite devrait \u00e9\u201atre l&#8217;objectif ultime des politiques \u00e9conomiques du pays. S&#8217;inspirant des mesures de la qualit\u00e9 de vie publi\u00e9es annuellement par les Nations-Unis, et sur lesquelles incidemment le Canada fait bonne figure, un indicateur synth\u00e9tique du bien\u00e9tre national et ses d\u00e9terminants a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 sur la base de 88,000 observations recueillies dans plus de 50 pays. Le but de l&#8217;exercice est de lier les indicateurs de bien-\u00e9\u201atre avec des variables socio-\u00e9conomiques explicatives. Helliwell passe en revue un certain nombre d&#8217;entre elles ce qui l&#8217;amne a conclure que le bien-\u00e9\u201atre national d\u00e9pend de facteurs qui d\u00e9bordent largement la comptabilit\u00e9 nationale telle qu&#8217;on la connai\u00cc\u201at, et qui est a la base du calcul du PIB. Non seulement faut-il mieux cerner la contribution du capital social, mais dans des \u00e9conomies ou les biens produits sont de plus en plus contextuels, on peut se questionner sur l&#8217;ad\u00e9quation du PIB comme mesure de bien-\u00e9\u201atre. La recherche autour de ces concepts commence a peine, un peu comme dans les 1920 alors que les Kuznets de ce monde travaillaient sur un syst\u00e9me de comptabilit\u00e9 nationale d&#8217;ou \u00e9mergea le mod\u00e9le macro-\u00e9conomique keyn\u00e9sien quelques ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e9me chapitre, le plus ambitieux a certains \u00e9gards, m&#8217;est apparu le moins int\u00e9ressant. Contrairement aux deux premiers, ou l&#8217;on retrouvait une synthse de premier ordre sur les d\u00e9veloppements de pointe dans des secteurs particuliers, le troisi\u00e9me chapitre regroupe les id\u00e9es et opinions de l&#8217;auteur sur divers sujets d&#8217;actualit\u00e9, dont l&#8217;union mon\u00e9taire avec les Etats-Unis, la politique \u00e9conomique internationale du Canada (bi-lat\u00e9ralisme versus multilat\u00e9ralisme), la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes a l&#8217;\u00e9chelle internationale et l&#8217;impact du 11 septembre. Ce chapitre n&#8217;est su\u00cc\u201arement pas sans int\u00e9r\u00e9\u201at pour ceux qu&#8217;int\u00e9ressent les r\u00e9flexions de John Helliwell, mais celles-ci d\u00e9bordent largement ses champs sp\u00e9cifiques de recherche. On y lit John Helliwell le penseur \u00e9conomique, et non pas le chercheur.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant d&#8217;observer le cheminement intellectuel de John Helliwell a travers les ans, et de le juxtaposer avec les questions que soul\u00e9ve Joseph Heath. C&#8217;est un peu comme si John Helliwell les avait anticip\u00e9es, et qu&#8217;il se pr\u00e9parait a y r\u00e9pondre. Paradoxalement, il est fort probable qu&#8217;il y aura entre les deux plus de points d&#8217;accords que de d\u00e9saccords.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Laiss\u00e9 a l&#8217;\u00e9tat de nature, l&#8217;homme serait condamn\u00e9 a une vie solitaire, mis\u00e9rable, dangereuse, animale et br\u00e9ve, ainsi que l&#8217;a \u00e9crit le philosophe Thomas Hobbes, il y a trois cent ans. 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