{"id":261520,"date":"2002-11-01T05:00:00","date_gmt":"2002-11-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/le-fiasco-de-la-politique-linguistique-canadienne-dans-la-region-dottawa-hull\/"},"modified":"2025-10-07T19:31:09","modified_gmt":"2025-10-07T23:31:09","slug":"le-fiasco-de-la-politique-linguistique-canadienne-dans-la-region-dottawa-hull","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/11\/le-fiasco-de-la-politique-linguistique-canadienne-dans-la-region-dottawa-hull\/","title":{"rendered":"Le fiasco de la politique linguistique canadienne dans la region d&#8217;Ottawa-Hull"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 cheval sur l&#8217;Ontario et le Qu\u00e9bec, la conurbation d&#8217;Ottawa-Hull sert depuis un quart de si\u00e8cle de terrain d&#8217;essai aux principes de personnalit\u00e9 et de territorialit\u00e9 qui sous-tendent respectivement la <em>Loi sur les langues officielles du Canada et la Charte de la langue fran\u00e7aise<\/em> du Qu\u00e9bec. Nous \u00e9valuons ici l&#8217;incidence des politiques en cause sur la situation linguistique r\u00e9gionale, notamment en ce qui concerne le bien-fond\u00e9 de la clause Qu\u00e9bec de la loi 101, aras\u00e9e par le coup de force constitutionnel de 1982.<\/p>\n<p>Peu de gens sont conscients du drame linguistique qui se joue dans la r\u00e9gion. Peu connaissent, par exemple, le combat de Marcel Chaput. Hullois de naissance, il a \u00e9t\u00e9 biochimiste au Conseil de recherches pour la d\u00e9fense, \u00e0 Ottawa. Constern\u00e9 entre autres par le mauvais sort r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la langue fran\u00e7aise et aux fonctionnaires francophones dans la capitale canadienne, il devint en 1961 le premier pr\u00e9sident du Rassemblement pour l&#8217;ind\u00e9pendance nationale.<\/p>\n<p>La poussi\u00e8re est d\u00e9sormais retomb\u00e9e derri\u00e8re les bulldozers qui, en r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;agitation souverainiste, ont brutalement transform\u00e9 le c\u0153ur de la ville de Hull en une pi\u00e8tre copie du centre-ville d&#8217;Ottawa. Mais l&#8217;h\u00e9ritage de Chaput\u2014la politique territoriale qu\u00e9b\u00e9coise en faveur du fran\u00e7ais et, par-dessus tout, l&#8217;\u00e9ventualit\u00e9 de l&#8217;ind\u00e9pendance du Qu\u00e9bec\u2014a jusqu&#8217;ici emp\u00each\u00e9 la majorit\u00e9 anglophone d&#8217;Ottawa de d\u00e9border du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois et d&#8217;y accentuer par le fait m\u00eame l&#8217;anglicisation des francophones.<\/p>\n<p>Entre-temps, du c\u00f4t\u00e9 d&#8217;Ottawa, l&#8217;autre volet du drame continue de se d\u00e9rouler en sourdine. \u00c0 premi\u00e8re vue, le fran\u00e7ais y para\u00eet en bien meilleure posture qu&#8217;auparavant. D\u00e8s 1969, la<em> Loi sur les langues officielles<\/em> assurait au public des services f\u00e9d\u00e9raux dans les deux langues dans la R\u00e9gion de la capitale nationale (RCN). Elle consacrait aussi le droit des fonctionnaires f\u00e9d\u00e9raux de travailler dans la langue officielle de leur choix sur le territoire de la RCN.<\/p>\n<p>Mais la r\u00e9alit\u00e9 demeure autre. Les enqu\u00eates du Commissariat aux langues officielles et du Conseil du tr\u00e9sor montrent qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours possible d&#8217;obtenir des services satisfaisants en fran\u00e7ais dans les bureaux f\u00e9d\u00e9raux de la partie ontarienne de la RCN, que les trois quarts des fonctionnaires francophones de la r\u00e9gion continuent \u00e0 travailler surtout ou exclusivement en anglais et que 20 p. 100 des fonctionnaires occupant un poste d\u00e9sign\u00e9 bilingue ne ma\u00eetrisent toujours pas suffisamment le fran\u00e7ais\u2014le niveau d&#8217;incomp\u00e9tence atteint 32 p. 100 parmi les gestionnaires.<\/p>\n<p>En somme, \u00e0 Ottawa, la fonction publique f\u00e9d\u00e9rale reste la machine assimilatrice qu&#8217;elle \u00e9tait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de Chaput. Avant d&#8217;examiner les plus r\u00e9centes donn\u00e9es sur l&#8217;anglicisation dans la RCN, mettons mieux en perspective les politiques et tendances linguistiques r\u00e9gionales.<\/p>\n<p>Aux yeux de la Commission royale d&#8217;enqu\u00eate sur le bilinguisme et le biculturalisme, ou Commission BB, Hull et Ottawa symbolisaient les Deux Solitudes, l&#8217;une riche et \u00e0 pr\u00e9dominance anglaise, l&#8217;autre pauvre et de langue fran\u00e7aise. Les commissaires ont donc diagnostiqu\u00e9 deux probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques : du c\u00f4t\u00e9 ontarien de la rivi\u00e8re des Outaouais, le fran\u00e7ais souffrait d&#8217;un statut in\u00e9gal vis-\u00e0-vis de l&#8217;anglais; du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois, la population francophone accusait un sous-d\u00e9veloppement \u00e9conomique. La r\u00e9gion pr\u00e9sentait de la sorte deux arguments distincts en faveur du s\u00e9paratisme qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p>\n<p>Dans son optique r\u00e9ductrice, la Commission recommanda d&#8217;am\u00e9liorer le statut du fran\u00e7ais dans la partie ontarienne et de partager la richesse en \u00e9tablissant des bureaux et minist\u00e8res f\u00e9d\u00e9raux dans la partie qu\u00e9b\u00e9coise. Elle pr\u00e9conisait le transfert \u00e0 grande \u00e9chelle de fonctionnaires \u00e0 Hull, sans tenir compte des incidences \u00e9ventuelles sur la vie hulloise, sans pr\u00e9voir que ce bouleversement risquait d&#8217;exporter chez les francophones qu\u00e9b\u00e9cois l&#8217;assimilation qui s\u00e9vissait \u00e0 Ottawa.<\/p>\n<p>Pour tout constat de la dynamique linguistique r\u00e9gionale, la Commission s&#8217;est content\u00e9e de souligner que 60 p. 100 de la minorit\u00e9 d&#8217;origine fran\u00e7aise de la r\u00e9gion se disait capable de parler l&#8217;anglais alors que seulement 10 p. 100 de sa majorit\u00e9 d&#8217;origine britannique affirmait pouvoir parler le fran\u00e7ais. Or, le recensement de 1961\u2014le plus frais \u00e0 la disposition des commissaires\u2014offrait des renseignements autrement plus significatifs sur l&#8217;anglicisation. Du c\u00f4t\u00e9 ontarien de la R\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de recensement (RMR) d&#8217;Ottawa-Hull qui englobe la partie la plus urbanis\u00e9e de la RCN, la population de langue maternelle fran\u00e7aise affichait un d\u00e9ficit de 14 p. 100 en regard de celle d&#8217;origine fran\u00e7aise. Du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois, le d\u00e9ficit correspondant n&#8217;\u00e9tait que de 0,1 p. 100.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;assimilation dite <em>ancestrale<\/em> parce qu&#8217;une diff\u00e9rence entre la langue maternelle et l&#8217;origine ethnique d&#8217;une personne indique un changement dans le comportement linguistique de ses parents, grands-parents ou anc\u00eatres. Une question sur la langue principale parl\u00e9e \u00e0 la maison par le r\u00e9pondant au moment du recensement aurait permis de d\u00e9terminer l&#8217;assimilation courante, c&#8217;est-\u00e0-dire une modification du comportement d&#8217;une personne au cours de sa propre vie. La collecte de donn\u00e9es de cette nature ne devait commencer qu&#8217;en 1971.<\/p>\n<p>La Commission aurait pu n\u00e9anmoins constater aussi la tendance de l&#8217;assimilation en comparant les donn\u00e9es les plus r\u00e9centes \u00e0 celles des recensements ant\u00e9rieurs, comme l&#8217;avait fait Marcel Chaput une dizaine d&#8217;ann\u00e9es plus t\u00f4t. L&#8217;anglicisation ancestrale de la population francophone dans l&#8217;ensemble de la RMR d&#8217;OttawaHull n&#8217;\u00e9tait que de quatre p. 100 en 1941, contre huit p. 100 en 1961. Elle n&#8217;aurait pas pu s&#8217;accro\u00eetre aussi rapidement sans \u00eatre port\u00e9e par une hausse significative de l&#8217;anglicisation courante. De plus, dans le comt\u00e9 d&#8217;Ottawa-Carleton qui correspond assez bien au segment ontarien de la RCN, l&#8217;anglicisation ancestrale de la minorit\u00e9 d&#8217;origine fran\u00e7aise avait plus que doubl\u00e9, passant de 7 \u00e0 15 p. 100 entre 1941 et 1961. En revanche, elle demeurait pratiquement nulle dans le comt\u00e9 de Hull \u00e0 forte majorit\u00e9 d&#8217;origine fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Ainsi, les commissaires auraient d\u00fb faire ressortir deux aspects essentiels de la dynamique linguistique dans la RCN. D&#8217;une part, l&#8217;anglicisation de sa population francophone \u00e9tait \u00e0 la hausse. D&#8217;autre part, dans ses deux composantes provinciales, l&#8217;anglicisation \u00e9voluait en proportion inverse du poids relatif des francophones. S&#8217;ils en avaient tenu compte, ils auraient pu \u00e9viter le traumatisme que leurs recommandations allaient causer dans la r\u00e9gion de Hull\u2014sans parler du conflit entre clause Qu\u00e9bec et clause Canada, qui allait secouer le pays tout entier. Il aurait fallu pr\u00e9coniser une politique visant \u00e0 mettre fin \u00e0 l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 croissante du rapport des langues dans la partie ontarienne de la RCN, sans d\u00e9stabiliser la position du fran\u00e7ais dans sa partie qu\u00e9b\u00e9coise\u2014au contraire, en y affirmant sa pr\u00e9dominance territoriale.<\/p>\n<p>La philosophie politique de Pierre Elliott Trudeau, devenu premier ministre au cours des activit\u00e9s de la Commission, exaltait au contraire les droits individuels et faisait fi de la r\u00e9alit\u00e9 socio-linguistique. Sous son influence, les commissaires, outre leur recommandation voulant que Hull puisse profiter des richesses de la capitale, ont plut\u00f4t pr\u00f4n\u00e9, dans le livre V de leur rapport, intitul\u00e9 <em>La capitale f\u00e9d\u00e9rale<\/em> (1970), une politique linguistique uniforme associ\u00e9e \u00e0 une totale libert\u00e9 de mouvement sur tout le territoire de la RCN :<\/p>\n<blockquote><p><em>Nous ne croyons pas en une politique qui consisterait \u00e0 encourager les regroupements selon la langue [&#8230;] nous proposons une politique de libert\u00e9 maximale en ce qui concerne le choix du secteur d&#8217;habitation [&#8230;] il importe tout particuli\u00e8rement que chacun puisse se fixer dans le quartier de son choix, sans \u00eatre en butte \u00e0 des difficult\u00e9s d&#8217;ordre linguistique. (52)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 cette vision des choses, la Commission de la capitale nationale (CCN), qui jouissait d&#8217;un pouvoir d\u00e9cisionnel en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement urbain, planifiait entre autres la migration interprovinciale qui suivrait la voie trac\u00e9e par ses bulldozers du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois. Les gouvernements Trudeau et Bourassa ont refa\u00e7onn\u00e9 le centre-ville de Hull afin de d\u00e9fendre et d&#8217;illustrer l&#8217;unit\u00e9 canadienne. Son noyau historique a \u00e9t\u00e9 an\u00e9anti. Entre 1969 et 1974, 1 315 logements furent supprim\u00e9s et 4 265 personnes durent d\u00e9m\u00e9nager. Les \u00e9lites locales, coterie lib\u00e9rale en t\u00eate, veill\u00e8rent \u00e0 profiter des retomb\u00e9es. Des membres et proches du parti, dont un ministre f\u00e9d\u00e9ral, ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans la sp\u00e9culation fonci\u00e8re.<\/p>\n<p>Des quartiers francophones d&#8217;Ottawa avaient d\u00e9j\u00e0 go\u00fbt\u00e9 au renouveau urbain \u00e0 la mode de la CCN : \u00e0 Hull, le coeur m\u00eame de la ville a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement extirp\u00e9. Comme le dit Alice Parizeau dans sa pr\u00e9face \u00e0 <em>Qui a vol\u00e9 la rue Principale<\/em> (1986), il suffisait de \u00ab marcher le soir \u00e0 travers les rues sectionn\u00e9es par les voies rapides, regarder les maisons basses et les immeubles \u00e0 bureaux qui les dominent, pour se rendre compte qu&#8217;on a d\u00e9truit le tissu social, la base m\u00eame de cette ville qui en fait ne ressemble plus du tout \u00e0 ce qu&#8217;elle aurait voulu devenir \u00bb.<\/p>\n<p>Des comit\u00e9s de citoyens ont surgi en r\u00e9ponse \u00e0 ces interventions. Aux prises depuis 1969 avec les difficult\u00e9s provoqu\u00e9es par la division du pouvoir entre les divers niveaux de gouvernement et plusieurs minist\u00e8res f\u00e9d\u00e9raux en ce qui concerne l&#8217;am\u00e9nagement r\u00e9gional, le pr\u00e9sident de la CCN, Douglas H. Fullerton, saisit en 1973 le premier ministre Trudeau de son intention de d\u00e9missionner. Trudeau le charge aussit\u00f4t d&#8217;une \u00e9tude sp\u00e9ciale sur les probl\u00e8mes pos\u00e9s par l&#8217;administration de la r\u00e9gion de la capitale.<\/p>\n<p>Le mandat donn\u00e9 \u00e0 Fullerton ravive au Qu\u00e9bec la crainte qu&#8217;il ne recommande la cr\u00e9ation d&#8217;un district f\u00e9d\u00e9ral sur le mod\u00e8le de Washington, D.C., la Commission BB ayant jug\u00e9 qu&#8217;un \u00ab Territoire de la capitale [&#8230;] ouvrirait la voie \u00e0 une \u00e9galit\u00e9 linguistique compl\u00e8te \u00bb (119). Mais Fullerton savait conserver sa libert\u00e9 d&#8217;esprit. Plusieurs citoyens de l&#8217;Outaouais lui expriment leur inqui\u00e9tude \u00e0 la suite de la publication des r\u00e9sultats du recensement de 1971 qui, pour la premi\u00e8re fois, r\u00e9v\u00e8laient directement l&#8217;ampleur de l&#8217;assimilation courante. Le changement de langue principale parl\u00e9e \u00e0 la maison se produit le plus souvent lorsque de jeunes adultes fondent leur propre m\u00e9nage : du c\u00f4t\u00e9 ontarien de la RMR, 27 p. 100 des jeunes adultes de langue maternelle fran\u00e7aise \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans avaient adopt\u00e9 l&#8217;anglais comme langue principale de leur nouveau foyer. Le taux correspondant \u00e9tait de cinq p. 100 du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois. Voil\u00e0 qui confirmait singuli\u00e8rement la dynamique sugg\u00e9r\u00e9e par les recensements ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Fullerton prend les nouveaux renseignements au s\u00e9rieux et les reproduit dans son rapport <em>La Capitale du Canada : Comment l&#8217;administrer<\/em> (1974) :<\/p>\n<blockquote><p><em>La population qu\u00e9b\u00e9coise de la r\u00e9gion s&#8217;inqui\u00e8te, \u00e0 juste titre, de l&#8217;influence de l&#8217;invasion des anglophones sur sa culture [&#8230;] de la menace que repr\u00e9sente pour la langue et la culture l&#8217;\u00ab invasion \u00bb de la r\u00e9gion de l&#8217;Outaouais par une affluence massive d&#8217;anglophones travaillant dans les nouveaux \u00e9difices f\u00e9d\u00e9raux \u00e0 Hull et par le nombre\u2014restreint sans doute, mais croissant rapidement\u2014des anglophones qui ach\u00e8tent ou qui louent une maison du c\u00f4t\u00e9 du Qu\u00e9bec. (210 et 246)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Il \u00e9carte donc l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un district f\u00e9d\u00e9ral et conclut plut\u00f4t que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral doit ralentir le taux de croissance dans la RCN en d\u00e9centralisant ses op\u00e9rations vers d&#8217;autres parties du pays. Il trouve \u00e9galement qu&#8217;une politique linguistique de nature territoriale conviendrait mieux \u00e0 la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>En \u00e9tablissant des minist\u00e8res ou des organismes f\u00e9d\u00e9raux \u00e0 Hull, le gouvernement canadien devrait accorder la priorit\u00e9 \u00e0 ceux qui comptent une proportion \u00e9lev\u00e9e de francophones. Il devrait aussi encourager la concentration de groupes francophones ou anglophones dans certains quartiers. Fullerton propose carr\u00e9ment de raffiner les fondements philosophiques de la Commission BB en introduisant le principe de la concentration raisonnable, lequel :<\/p>\n<blockquote><p><em>consiste en gros \u00e0 promouvoir le regroupement de francophones \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;enclaves mais dans la mesure o\u00f9 c&#8217;est pratique. Le principe de la concentration raisonnable risque d&#8217;autant plus de para\u00eetre r\u00e9barbatif \u00e0 premi\u00e8re vue qu&#8217;il ne manquera pas d&#8217;\u00e9voquer l&#8217;id\u00e9e de ghettos canadiens-fran\u00e7ais et qu&#8217;on y verra l&#8217;\u00e9rection de murailles l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;on tente de les d\u00e9molir. \u00c0 cela, je r\u00e9torquerai que l&#8217;\u00e9dification de la compr\u00e9hension mutuelle entre les cultures n&#8217;est possible que si les parties \u00e9prouvent un sentiment de s\u00e9curit\u00e9 quant \u00e0 leur propre identit\u00e9, que ce n&#8217;est que lorsqu&#8217;une communaut\u00e9 ne craint plus rien qu&#8217;elle peut s&#8217;\u00e9panouir et que la concentration ou le regroupement repr\u00e9sente le meilleur moyen qu&#8217;on ait trouv\u00e9 jusqu&#8217;ici de contrer l&#8217;assimilation. (173)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Il cite la ville d&#8217;Aylmer comme exemple d&#8217;enclave anglophone du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois et celle de Vanier comme contrepartie francophone du c\u00f4t\u00e9 ontarien.<\/p>\n<p>Notre figure met en \u00e9vidence le rapport entre concentration et anglicisation des francophones dans les principales municipalit\u00e9s des deux rives de l&#8217;Outaouais, parmi les jeunes adultes \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans. Anglicisation et poids des francophones varient partout en proportion inverse, au Qu\u00e9bec comme en Ontario. L&#8217;anglicisation est m\u00eame plus forte \u00e0 Aylmer qu&#8217;\u00e0 Vanier : elle semble bel et bien fonction du poids relatif de la population francophone locale.<\/p>\n<p>La figure montre \u00e9galement que l&#8217;anglais exerce un pouvoir d&#8217;assimilation certain partout dans la r\u00e9gion. Devant une situation \u00e0 ce point d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e, le bilinguisme uniforme et l&#8217;absence de contraintes linguistiques quant au choix du lieu de r\u00e9sidence retenus par la Commission BB ne pouvaient qu&#8217;alimenter l&#8217;anglicisation. En tenant compte, au contraire, du rapport entre le poids des francophones et l&#8217;assimilation, les propositions de Fullerton auraient pu infl\u00e9chir de mani\u00e8re plus heureuse les desseins de la CCN.<\/p>\n<p>Dans <em>La capitale de demain<\/em> (1974), la CCN fait aussit\u00f4t savoir qu&#8217;elle n&#8217;entend pas d\u00e9roger \u00e0 son plan :<\/p>\n<blockquote><p><em>Une interaction plus marqu\u00e9e des deux c\u00f4t\u00e9s de la rivi\u00e8re h\u00e2terait l&#8217;av\u00e8nement d&#8217;une Capitale plus repr\u00e9sentative d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 canadienne reposant sur le principe que d&#8217;\u00e9troites relations \u00e9conomiques et sociales ne peuvent que renforcer l&#8217;identit\u00e9 culturelle. (13)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Tout en disant souhaitable de \u00ab pr\u00e9server le caract\u00e8re \u00e0 pr\u00e9dominance francophone de la population qu\u00e9b\u00e9coise de la R\u00e9gion \u00bb, l&#8217;organisme planifie la venue de dizaines de milliers de fonctionnaires f\u00e9d\u00e9raux de plus dans les bureaux \u00e9tablis du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois et propose de hausser de 25 \u00e0 35 p. 100 la part qu\u00e9b\u00e9coise de la population r\u00e9gionale avant la fin du si\u00e8cle. D&#8217;apr\u00e8s ses pr\u00e9visions, cela aurait tripl\u00e9 la population du c\u00f4t\u00e9 de Hull. La plupart des nouveaux venus auraient n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 de langue anglaise, ce qui aurait fragilis\u00e9 la majorit\u00e9 francophone de la r\u00e9gion hulloise et assur\u00e9 \u00e0 terme l&#8217;anglicisation de l&#8217;Outaouais.<\/p>\n<p>Il n&#8217;\u00e9tait pas question non plus pour l&#8217;administration Trudeau de concentrer ses fonctionnaires francophones dans ses bureaux de Hull. Les lib\u00e9raux provinciaux au pouvoir \u00e0 Qu\u00e9bec n&#8217;allaient pas, quant \u00e0 eux, casser l&#8217;assiette au beurre. Ils pr\u00e9tendaient pouvoir r\u00e9aliser la quadrature du cercle : poursuivre le d\u00e9veloppement de Hull tel que pr\u00e9vu par la CCN tout en <em>renfor\u00e7ant<\/em> son caract\u00e8re fran\u00e7ais. Or, \u00e0 seule fin de <em>conserver<\/em> ce caract\u00e8re, les sp\u00e9cialistes de l&#8217;Office de planification et de d\u00e9veloppement du Qu\u00e9bec et de la Communaut\u00e9 r\u00e9gionale de l&#8217;Outaouais estimaient qu&#8217;il fallait maintenir \u00e0 80 p. 100 la majorit\u00e9 francophone du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p>\n<p>Pour bien appr\u00e9cier les tendances entre 1971 et 1976, ann\u00e9es cruciales pour le projet d&#8217;unifier la r\u00e9gion de la capitale, il faut les comparer avec celles de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente. Entre 1961 et 1971, la croissance d\u00e9mographique se r\u00e9partissait de fa\u00e7on \u00e9gale sur les deux rives de l&#8217;Outaouais. Les populations de langue maternelle anglaise et fran\u00e7aise connaissaient une augmentation semblable en territoire qu\u00e9b\u00e9cois. Du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Ontario, la population de langue maternelle anglaise augmentait deux fois plus vite que celle de langue fran\u00e7aise : l&#8217;anglicisation est l&#8217;un des d\u00e9terminants majeurs de cette in\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>Entre 1971 et 1976, par contre, la croissance du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois double presque celle du c\u00f4t\u00e9 ontarien. Et la population de langue maternelle anglaise augmente partout beaucoup plus rapidement que celle de langue fran\u00e7aise. Dans <em>Le Dossier Outaouais<\/em> (1979), l&#8217;urbaniste Jean Cimon conclut que \u00ab Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et la Commission de la capitale nationale ont r\u00e9ussi leur chirurgie plastique : imprimer dans l&#8217;esprit des anglophones d&#8217;Ottawa une <em>image bilingue<\/em> de l&#8217;agglom\u00e9ration urbaine de Hull, ce qui g\u00e9n\u00e8re d\u00e9sormais une immigration croissante des Ontariens anglophones du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois. \u00bb (11)<\/p>\n<p>Au cours de ce seul lustre, la croissance de 18 p. 100 enregistr\u00e9e dans la partie qu\u00e9b\u00e9coise de la RMR d\u00e9passe celle de toutes les autres r\u00e9gions m\u00e9tropolitaines\u2014m\u00eame celle de Calgary alors en plein boom p\u00e9trolier. Et la minorit\u00e9 de langue maternelle anglaise du c\u00f4t\u00e9 de Hull progresse de 25 p. 100 tandis que la majorit\u00e9 de langue fran\u00e7aise n&#8217;augmente que de 16 p. 100. Le pays en train de se b\u00e2tir en sol outaouais commence ainsi \u00e0 r\u00e9duire la majorit\u00e9 francophone du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois, qui passe de 82,5 \u00e0 81 p. 100 en cinq ann\u00e9es seulement.<\/p>\n<p>\u00c0 mesure que l&#8217;invasion anglophone se fait sentir dans leur vie quotidienne, les Hullois se montrent de plus en plus h\u00e9sitants devant les projets et pr\u00e9tentions des gouvernements f\u00e9d\u00e9ral et provincial. Le sentiment croissant d&#8217;ali\u00e9nation explique sans doute pourquoi les candidats du Parti qu\u00e9b\u00e9cois remportent les circonscriptions de Hull et de Gatineau aux \u00e9lections de 1976, m\u00eame si le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral est le plus grand pourvoyeur d&#8217;emplois de la r\u00e9gion. \u00ab On ne mord pas la main qui nous nourrit \u00bb, comme Chaput s&#8217;\u00e9tait fait dire par son patron. Pourtant, plusieurs l&#8217;ont fait. Et l&#8217;invasion s&#8217;est arr\u00eat\u00e9e.<\/p>\n<p>Le vent des d\u00e9penses f\u00e9d\u00e9rales et de la centralisation a lui aussi tourn\u00e9. D&#8217;autres parties du Canada r\u00e9clamaient leur part du g\u00e2teau. La d\u00e9centralisation subs\u00e9quente de fonctionnaires f\u00e9d\u00e9raux a frein\u00e9 la croissance locale. La CCN n&#8217;a jamais obtenu son \u00ab Boulevard du Canada \u00bb pour relier le centre-ville de Hull aux \u00e9difices du Parlement par une voie circulaire qui aurait emprunt\u00e9 les ponts du Portage et Interprovincial. Cet anneau unissant le Qu\u00e9bec au reste du Canada devait \u00eatre asphalt\u00e9 de rouge, symbole concret de l&#8217;unit\u00e9 canadienne.<\/p>\n<p>Le nouveau gouvernement L\u00e9vesque est tr\u00e8s conscient de la situation qui r\u00e8gne dans l&#8217;Outaouais. Camille Laurin propose de restreindre l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9cole anglaise aux seuls enfants dont au moins l&#8217;un des parents a \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9 en anglais au Qu\u00e9bec ou qui, r\u00e9sidant d\u00e9j\u00e0 au Qu\u00e9bec, ont fait leurs \u00e9tudes en anglais dans une autre province ou un autre pays. Tous les nouveaux venus provenant du reste du Canada ou de l&#8217;\u00e9tranger seraient tenus d&#8217;inscrire leurs enfants \u00e0 l&#8217;\u00e9cole fran\u00e7aise. Ces dispositions de la loi 101 forment ce qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 convenu d&#8217;appeler la \u00ab clause Qu\u00e9bec \u00bb de la <em>Charte de la langue fran\u00e7aise<\/em>.<\/p>\n<p>Taill\u00e9e sur mesure pour l&#8217;Outaouais, la clause Qu\u00e9bec agissait comme un filtre. Elle obligeait les anglophones qui, en provenance de l&#8217;Ontario ou du reste du Canada, voulaient d\u00e9m\u00e9nager du c\u00f4t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois de la r\u00e9gion de la capitale \u00e0 envoyer leurs enfants \u00e0 l&#8217;\u00e9cole fran\u00e7aise. Sinon, ils peuvaient les inscrire dans une \u00e9cole priv\u00e9e de langue anglaise\u2014ou bien tout simplement \u00e9lire domicile du c\u00f4t\u00e9 ontarien.<\/p>\n<p>Deux semaines avant la deuxi\u00e8me lecture du projet de loi 101, Laurin d\u00e9pose une \u00e9tude montrant qu&#8217;entre 1972-1973 et 1976-1977, le nombre d&#8217;enfants inscrits dans les \u00e9coles anglaises de l&#8217;Outaouais a augment\u00e9 de cinq p. 100 alors que les inscriptions dans les \u00e9coles fran\u00e7aises ont baiss\u00e9 de 6,5 p. 100. Dans son discours d&#8217;ouverture, il signale que les deux tiers des personnes arrivant au Qu\u00e9bec proviennent d&#8217;ailleurs au Canada, et souligne la hausse disproportionn\u00e9e du nombre des arrivants de langue anglaise. Quelques ann\u00e9es plus tard Laurin confiait, \u00e0 propos de l&#8217;\u00e9t\u00e9 \u00ab chaud \u00bb de 1977 et des discussions enflamm\u00e9es du Cabinet sur le projet de loi 101, que L\u00e9vesque aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 une \u00ab clause Canada \u00bb mais que la clause Qu\u00e9bec avait \u00e9t\u00e9 maintenue sur la foi d&#8217;\u00e9tudes ayant d\u00e9montr\u00e9 la croissance d\u00e9concertante du r\u00e9seau scolaire anglais et l&#8217;ampleur de l&#8217;assimilation courante \u00e0 l&#8217;anglais dans les r\u00e9gions de Hull et de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>La clause Qu\u00e9bec \u00e9tait ainsi une r\u00e9ponse rationnelle aux politiques pr\u00f4n\u00e9es par la Commission BB et aux bulldozers de la CCN. C&#8217;\u00e9tait pour la r\u00e9gion de Hull un geste de l\u00e9gitime d\u00e9fense devant le refus du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral de tenir compte de son caract\u00e8re fran\u00e7ais et du formidable pouvoir d&#8217;assimilation de l&#8217;anglais dans la RCN.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que L\u00e9vesque e\u00fbt perdu son r\u00e9f\u00e9rendum de 1980 sur la souverainet\u00e9-association, les gouvernements du Canada et des neuf autres provinces r\u00e9duisirent unilat\u00e9ralement les pouvoirs du Qu\u00e9bec en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9ducation, de langue et de culture : l&#8217;article 23 de la <em>Charte canadienne des droits et des libert\u00e9s<\/em> rempla\u00e7ait la clause Qu\u00e9bec par la \u00ab clause Canada \u00bb. Les Canadiens scolaris\u00e9s en anglais ailleurs au Canada ont d\u00e8s lors, en d\u00e9m\u00e9nageant au Qu\u00e9bec, de nouveau acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9cole anglaise.<\/p>\n<p>La population francophone de la r\u00e9gion de Hull avait n\u00e9anmoins gagn\u00e9 un temps pr\u00e9cieux. Entre la charte de Laurin et la charte de Trudeau, l&#8217;expansion du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral dans Hull avait \u00e9t\u00e9 contenue. Et bien que les Ontariens qui s&#8217;\u00e9taient \u00e9tablis du c\u00f4t\u00e9 de Hull avant la loi 101 avaient conserv\u00e9 le libre acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9cole anglaise, la perspective de l&#8217;ind\u00e9pendance avait produit une perte migratoire nette pour l&#8217;Outaouais de pr\u00e8s de 7 000 anglophones entre 1976 et 1981.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame a par la suite maintenu la clause Canada contre la clause Qu\u00e9bec. Le bilinguisme uniforme ayant triomph\u00e9 de l&#8217;une des plus importantes dispositions territoriales de la loi 101, il reste \u00e0 examiner le tableau des tendances de l&#8217;assimilation dans la r\u00e9gion depuis 1971. La comparaison entre 1991 et 1996 est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante puisque ni le territoire de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine ni les questions portant sur la langue n&#8217;ont chang\u00e9 entre ces deux recensements.<\/p>\n<p>Fullerton s&#8217;\u00e9tait imagin\u00e9 que, d\u00e8s le recensement de 1981, la politique canadienne des langues officielles aurait commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;anglicisation des francophones dans la RCN : \u00ab [Les] pressions en faveur du conformisme anglais ont probablement diminu\u00e9, et il sera int\u00e9ressant de voir [&#8230;] si la nouvelle atmosph\u00e8re &#8220;bilingue&#8221; n&#8217;aura pas encourag\u00e9 de plus en plus de jeunes familles francophones \u00e0 conserver leur langue \u00bb (171). La partie sup\u00e9rieure de notre tableau montre que, au contraire, l&#8217;anglicisation courante des francophones n&#8217;a cess\u00e9 d&#8217;augmenter.<\/p>\n<p>Le milieu du tableau expose le pouvoir d&#8217;assimilation massivement sup\u00e9rieur de l&#8217;anglais en regard du fran\u00e7ais dans la r\u00e9gion parmi les <em>allophones,<\/em> c&#8217;est-\u00e0-dire les personnes d&#8217;une autre langue maternelle que l&#8217;anglais ou le fran\u00e7ais. La l\u00e9g\u00e8re hausse depuis 1971 de la part des allophones francis\u00e9s est en grande partie attribuable \u00e0 la pr\u00e9f\u00e9rence que le Qu\u00e9bec accorde d\u00e9sormais aux immigrants ayant une connaissance pr\u00e9alable du fran\u00e7ais, ainsi qu&#8217;\u00e0 la scolarisation en fran\u00e7ais rendue obligatoire pour leurs enfants en vertu de ce qu&#8217;il reste de la loi 101 : cela ne concerne, bien entendu, que la petite fraction d&#8217;allophones \u00e9tablis du c\u00f4t\u00e9 hullois de la rivi\u00e8re.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re partie du tableau fait ressortir le d\u00e9s\u00e9quilibre croissant entre l&#8217;anglais et le fran\u00e7ais dans la RMR, d\u00fb \u00e0 l&#8217;anglicisation.<\/p>\n<p>L&#8217;inefficacit\u00e9 de l&#8217;actuelle politique linguistique canadienne, dominante dans la r\u00e9gion, est plus \u00e9vidente encore quand on compare les tendances de part et d&#8217;autre de l&#8217;Outaouais. Sur la rive ontarienne, l&#8217;anglicisation courante des francophones, tous \u00e2ges confondus, est pass\u00e9e de 16 p. 100 en 1971 \u00e0 23 p. 100 en 1991 et \u00e0 25 p. 100 en 1996. Le fiasco est plus frappant encore si l&#8217;on prend comme base de comparaison le territoire fixe de la Municipalit\u00e9 r\u00e9gionale d&#8217;OttawaCarleton devenue depuis peu la nouvelle ville d&#8217;Ottawa. L&#8217;anglicisation courante des jeunes adultes de langue maternelle fran\u00e7aise \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 34 ans\u2014groupe d&#8217;\u00e2ges le plus crucial\u2014y a presque doubl\u00e9, passant de 22 p. 100 en 1971 \u00e0 26 p.100 en 1981, 33 p.100 en 1991 et 40 p.100 en 1996.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Hull, la francisation relative de sa petite population allophone, qui progresse lentement, est maintenant presque suffisante pour effacer le solde n\u00e9gatif de l&#8217;assimilation pour le fran\u00e7ais, caus\u00e9 par la l\u00e9g\u00e8re anglicisation de sa majorit\u00e9 francophone, qui est demeur\u00e9e stable \u00e0 1,2 p. 100 entre 1991 et 1996 : cette perte nette est pass\u00e9e de 0,3 p. 100 de la population de langue maternelle fran\u00e7aise en 1991 \u00e0 0,1 p. 100 en 1996. Ce maigre succ\u00e8s de la politique qu\u00e9b\u00e9coise demeure bien relatif, car le d\u00e9s\u00e9quilibre en faveur de l&#8217;anglais subsiste l\u00e0 aussi. L&#8217;apport de l&#8217;assimilation \u00e0 l&#8217;anglais y reste \u00e9quivalent, en 1996, \u00e0 14 p. 100 de la minorit\u00e9 de langue maternelle anglaise, ce qui est autrement mieux que le solde \u00e0 peu pr\u00e8s nul pour le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Le livre V du rapport de la Commission BB s&#8217;ouvre sur une citation de Montesquieu : \u00ab <em>C&#8217;est la capitale qui, surtout, fait les moeurs des peuples; c&#8217;est Paris qui fait les Fran\u00e7ais<\/em> \u00bb. Selon les commissaires, l&#8217;objectif r\u00e9sidait pour la capitale canadienne dans \u00ab un \u00e9tat d&#8217;\u00e9quilibre entre les deux langues officielles [&#8230;] Si la capitale d&#8217;un pays bilingue doit inspirer le respect et la fid\u00e9lit\u00e9 chez ses citoyens des deux langues, elle ne doit pas refl\u00e9ter la domination d&#8217;une langue sur l&#8217;autre \u00bb (31). De toute \u00e9vidence, les moyens que la Commission recommandait pour atteindre cet objectif ont \u00e9chou\u00e9. Il faut d&#8217;urgence repenser la politique linguistique canadienne.<\/p>\n<p><em>Charles Castonguay est ancien professeur titulaire au d\u00e9partement de math\u00e9matiques et de statistique \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 d&#8217;Ottawa. Sa pr\u00e9sente contribution est une version r\u00e9vis\u00e9e d&#8217;un article en langue anglaise paru ce printemps dans la revue<\/em> Inroads.<em> Elle s&#8217;inscrit dans le cadre de travaux subventionn\u00e9s par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 cheval sur l&#8217;Ontario et le Qu\u00e9bec, la conurbation d&#8217;Ottawa-Hull sert depuis un quart de si\u00e8cle de terrain d&#8217;essai aux principes de personnalit\u00e9 et de territorialit\u00e9 qui sous-tendent respectivement la Loi sur les langues officielles du Canada et la Charte de la langue fran\u00e7aise du Qu\u00e9bec. 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