{"id":261424,"date":"2002-03-01T05:00:00","date_gmt":"2002-03-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/issues\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/"},"modified":"2025-10-07T19:27:40","modified_gmt":"2025-10-07T23:27:40","slug":"comment-ne-pas-stimuler-leconomie","status":"publish","type":"issues","link":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/","title":{"rendered":"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l&#8217;\u00e9conomie"},"content":{"rendered":"<p>Depuis plus d&#8217;une douzaine d&#8217;ann\u00e9es, le Japon ne cesse de multiplier les d\u00e9ficits pour injecter milliards sur milliards dans une \u00e9conomie moribonde.<\/p>\n<p>La part des d\u00e9penses publiques dans l&#8217;\u00e9conomie a grimp\u00e9 de 32 p. 100 \u00e0 38 p. 100 au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es. En vain. L&#8217;objectif de stimuler la \u00ab demande globale \u00bb ne s&#8217;est jamais mat\u00e9rialis\u00e9 \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>La pr\u00e9tention de pouvoir relancer l&#8217;\u00e9conomie \u00e0 coups de d\u00e9penses publiques n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi forte au Canada et en Europe que durant les ann\u00e9es 1970. Les gouvernements ont accumul\u00e9 d\u00e9ficits apr\u00e8s d\u00e9ficits; ils ont consacr\u00e9 la g\u00e9n\u00e9ralisation de l&#8217;\u00c9tat providence \u00e0 coups de redistributions de richesses entre les couches sociales; ils ont compt\u00e9 sur les d\u00e9penses publiques et des ajustements cibl\u00e9s de taxes pour stimuler la \u00ab demande globale \u00bb. Or, loin de promouvoir le retour \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9, ils ont suscit\u00e9 la mont\u00e9e du ch\u00f4mage \u00e0 des niveaux in\u00e9gal\u00e9s auparavant et par la suite. Ils ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la stagnation de la productivit\u00e9, \u00e0 l&#8217;av\u00e8nement de la p\u00e9riode la moins prosp\u00e8re de l&#8217;apr\u00e8s-guerre. En Europe comme au Canada, le gonflement du secteur public est devenu un frein permanent \u00e0 la croissance et \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude publi\u00e9e dans le <em>NBER Macroeconomics Annual<\/em> en 1990 et portant sur les pays europ\u00e9ens pendant les ann\u00e9es 1980, les \u00e9conomistes Giavazzi et Pagano montrent que les pays dont les gouvernements avaient opt\u00e9 pour une r\u00e9duction permanente des d\u00e9penses gouvernementales ont vu la consommation et le revenu national progresser plut\u00f4t que diminuer. Selon eux, une diminution des d\u00e9penses transmet aux consommateurs le message essentiel que le fardeau des taxes s&#8217;all\u00e8gera dans un proche avenir. Sensibles \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9, les consommateurs augmentent leurs d\u00e9penses.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude du C.D. Howe sur l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;emploi canadien au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, Bill Robson d\u00e9montre que les variations de d\u00e9penses publiques n&#8217;ont pas d&#8217;incidence positive sur l&#8217;emploi. Sa conclusion apr\u00e8s l&#8217;examen de l&#8217;histoire conjoncturelle entre 1962 et 1992 : on n&#8217;observe pas de relation entre le mouvement de la production globale et le budget de d\u00e9penses (de fonctionnement et d&#8217;investissement) publiques en biens et services.<\/p>\n<p>Enfin, s&#8217;agissant de l&#8217;\u00e9conomie am\u00e9ricaine, Ron Utt du Heritage Foundation vient de publier une monographie intitul\u00e9e<em> Lessons on How Not to Stimulate the Economy<\/em> (Oct. 2001) sur le dossier des 70 derni\u00e8res ann\u00e9es en mati\u00e8re de baisse de taxes ou de gonflement des d\u00e9penses comme stimulant \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie. Il y d\u00e9montre que les all\u00e8gements fiscaux adopt\u00e9s dans les ann\u00e9es 1920 (Coolidge), dans les ann\u00e9es 1960 (Kennedy) et les ann\u00e9es 1980 (Reagan), ont tous suscit\u00e9 l&#8217;av\u00e8nement de v\u00e9ritable booms \u00e9conomiques, tandis que les injections de d\u00e9penses publiques des ann\u00e9es 1930 et 1950, de m\u00eame que celle des ann\u00e9es 1970 se sont av\u00e9r\u00e9s de purs \u00e9checs.<\/p>\n<p>Rappelons pour terminer ce survol des faits historiques que les travaux du National Bureau of Economic Research sont concluants sur cette question : l&#8217;abaissement des taux marginaux de taxation constitue un stimulant puissant \u00e0 l&#8217;activit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour interpr\u00e9ter ces r\u00e9sultats historiques, il faut d&#8217;abord souligner l&#8217;\u00e9volution de la pens\u00e9e \u00e9conomique en mati\u00e8re de macro-\u00e9conomie et de stabilisation de l&#8217;activit\u00e9 et de l&#8217;emploi depuis une g\u00e9n\u00e9ration. La vision moderne resitue l&#8217;emploi dans le cadre de la th\u00e9orie \u00e9conomique classique, dans un cadre \u00ab d&#8217;offre globale \u00bb plut\u00f4t que de \u00ab demande globale \u00bb. Elle rel\u00e8gue en cons\u00e9quence le keyn\u00e9sianisme \u00e0 son juste statut de curiosit\u00e9 historique. On r\u00e9alise aujourd&#8217;hui que l&#8217;activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale est redevable aux conditions de l&#8217;offre plut\u00f4t que de la demande. Ce cadre analytique permet d&#8217;ins\u00e9rer les entraves institutionnelles \u00e0 l&#8217;emploi dans une logique vraiment\u00a0\u00e9conomique.<\/p>\n<p>Entre 1950 et 1980, la profession d&#8217;\u00e9conomiste s&#8217;est souvent transform\u00e9e en profession de comptables, capables d&#8217;additionner et de soustraire des revenus dans un monde statique, mais peu enclins \u00e0 saisir la dynamique de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique, de la destruction cr\u00e9atrice, de l&#8217;innovation et de toutes les \u00e9nergies qui expliquent l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique. Dans le langage keyn\u00e9sien, qui dominait le d\u00e9bat il y a une g\u00e9n\u00e9ration, les d\u00e9penses publiques injectaient de l&#8217;argent dans l&#8217;\u00e9conomie qui se \u00ab multipliait \u00bb comme par magie lorsque les consommateurs s&#8217;avisaient de le d\u00e9penser. M\u00eame la baisse de taxes passait par ce truchement pour stimuler la \u00ab demande globale \u00bb. Quand le gouvernement d\u00e9pense ou abaisse ses taxes, il injecte de l&#8217;argent dans l&#8217;\u00e9conomie; quand il comprime ses d\u00e9penses ou alourdit ses taxes, il extrait de l&#8217;argent de l&#8217;\u00e9conomie. En fait, il n&#8217;en est rien puisque le gouvernement fait partie de l&#8217;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Le souci keyn\u00e9sien de favoriser les d\u00e9penses de consommation via les d\u00e9penses publiques ne repose sur aucun fondement \u00e9conomique. Il d\u00e9coule de l&#8217;hypoth\u00e8se intenable que la d\u00e9pense pr\u00e9c\u00e8de la production et la croissance et qu&#8217;elle suscite l&#8217;une et l&#8217;autre. En d&#8217;autres mots, les gens d\u00e9pensent ou investissent seulement en r\u00e9action aux variations de revenu disponible, si bien que la rentabilit\u00e9 de leurs activit\u00e9s n&#8217;y est pour rien dans la prosp\u00e9rit\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 se r\u00e9alisent lorsque la production et le revenu national augmentent. Or, d&#8217;inciter les gens \u00e0 modifier l&#8217;usage de leur revenu en faveur de la d\u00e9pense plut\u00f4t que de l&#8217;\u00e9pargne, n&#8217;accro\u00eet en rien la production g\u00e9n\u00e9rale. En fait on doit pr\u00e9voir que la baisse de l&#8217;\u00e9pargne se traduit en baisse d&#8217;investissement.<\/p>\n<p>La question qui a fait s&#8217;effondrer le ch\u00e2teau de cartes keyn\u00e9sien, universellement reproduit dans les cours d&#8217;\u00e9conomique 101, est donc d&#8217;abord qu&#8217;on omettait de consid\u00e9rer les deux c\u00f4t\u00e9s de l&#8217;\u00e9quation \u00e9conomique : qu&#8217;advient-il de l&#8217;offre dans ce d\u00e9bat? Quelle garantie a-t-on que la production r\u00e9agira \u00e0 l&#8217;injection de fonds publics et dans quel sens? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, il faut \u00e9tablir quels sont les d\u00e9terminants de la production, de l&#8217;activit\u00e9, de la croissance. En termes simples, ce sont les incitations qui s&#8217;exercent sur les agents, les incitations \u00e0 travailler, \u00e0 \u00e9pargner, \u00e0 investir, \u00e0 innover, \u00e0 produire et \u00e0 prendre des risques. Ce que la th\u00e9orie et l&#8217;histoire enseignent, c&#8217;est que la production ou l&#8217;offre (d&#8217;emplois, de produits ou de services) r\u00e9agit aux incitations et donc au fardeau r\u00e9glementaire et fiscal, pr\u00e9sent et pr\u00e9vu, surtout aux taux marginaux de taxation. Lorsque les taux de taxation sont abaiss\u00e9s les individus et les entreprises sont motiv\u00e9s \u00e0 devenir productifs et \u00e0 cr\u00e9er de la richesse. Et c&#8217;est lorsqu&#8217;ils peuvent compter gagner plus d&#8217;argent qu&#8217;ils sont amen\u00e9s \u00e0 d\u00e9penser plus et \u00e0 \u00e9pargner plus.<\/p>\n<p>On en conclut que, contrairement \u00e0 l&#8217;enseignement keyn\u00e9sien, une injection suppl\u00e9mentaire de d\u00e9penses publiques signifie ou annonce un alourdissement fiscal suppl\u00e9mentaire, et donc une compression pr\u00e9visible de l&#8217;emploi, de l&#8217;investissement, de la production. Si l&#8217;injection de fonds publics peut susciter une activit\u00e9 accrue dans un secteur privil\u00e9gi\u00e9 par la politique, elle ne fait en r\u00e9alit\u00e9 que d\u00e9placer des ressources provenant de secteurs priv\u00e9s plus productifs (qui porteront le fardeau fiscal suppl\u00e9mentaire).<\/p>\n<p>Pouss\u00e9 au-del\u00e0 d&#8217;une certaine limite, le gonflement artificiel de la \u00ab demande globale \u00bb par les d\u00e9penses publiques, combin\u00e9 \u00e0 la compression de la production suscite une autre cons\u00e9quence : l&#8217;inflation. Cette pr\u00e9diction n&#8217;est pas que th\u00e9orique; elle s&#8217;est r\u00e9alis\u00e9e pendant plus d&#8217;une d\u00e9cennie apr\u00e8s 1970, au cours de laquelle l&#8217;inflation s&#8217;acc\u00e9l\u00e9rait, pendant que le ch\u00f4mage augmentait jusqu&#8217;\u00e0 d\u00e9passer les 12 p. 100 au Qu\u00e9bec pendant de nombreuses ann\u00e9es. On a m\u00eame donn\u00e9 un nom \u00e0 cette combinaison d\u00e9primante : la stagflation, qui d\u00e9crit la coexistence, myst\u00e9rieuse aux yeux des fervents du keyn\u00e9sianisme, d&#8217;un ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9 et d&#8217;une inflation galopante.<\/p>\n<p>Et de toute fa\u00e7on, d&#8217;o\u00f9 vient l&#8217;argent qu&#8217;injecte un gouvernement dans l&#8217;\u00e9conomie par ses d\u00e9penses, s&#8217;il s&#8217;abstient d&#8217;alourdir les taxes proportionnellement? Ne faut-il pas reconna\u00eetre que l&#8217;\u00c9tat ne peut pas offrir un dollar \u00e0 un consommateur sous forme de nouvelles d\u00e9penses (ou d&#8217;abattement fiscal), sans retirer ce dollar \u00e0 quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Essentiellement, il l&#8217;extrait du march\u00e9 des obligations. Or, en quoi l&#8217;\u00e9conomie serait-elle raviv\u00e9e du fait de retirer de l&#8217;argent aux d\u00e9tenteurs d&#8217;obligations pour le refiler aux consommateurs? Les sommes que le gouvernement emprunte, il les retire aux emprunteurs priv\u00e9s. Ce qu&#8217;un agent \u00e9pargne est forc\u00e9ment pr\u00eat\u00e9 \u00e0 quelqu&#8217;un d&#8217;autre qui le consommera ou l&#8217;investira. Chaque dollar inject\u00e9 par l&#8217;\u00c9tat dans une nouvelle initiative ou offert \u00e0 un consommateur est un dollar retir\u00e9 \u00e0 la compression de la dette, c.-\u00e0-d. \u00e0 un d\u00e9tenteur d&#8217;obligation. Au total, le pouvoir de d\u00e9penser n&#8217;est pas modifi\u00e9; seule la composition de l&#8217;output en est affect\u00e9e. C&#8217;est donc la production suppl\u00e9mentaire qu&#8217;il faut promouvoir, non pas la simple recombinaison du partage des fonds entre consommateurs et d\u00e9tenteurs d&#8217;obligations. Par l&#8217;appesantissement du fardeau des taxes ou de l&#8217;emprunt, le gonflement de d\u00e9penses factices d\u00e9prime l&#8217;emploi productif en extrayant de l&#8217;\u00e9conomie les ressources que les vrais producteurs de richesses (investisseurs, exportateurs, consommateurs, \u00e9pargnants, innovateurs) emploieraient pour cr\u00e9er de vrais emplois. De vouloir ressusciter le cr\u00e9dit social de R\u00e9al Caouette via le keyn\u00e9sianisme n&#8217;est rien moins que loufoque.<\/p>\n<p>\u00c0 la d\u00e9charge du ministre f\u00e9d\u00e9ral des Finances, il faut constater que, tout en payant le tribut des l\u00e8vres au concept \u00e0 la mode de \u00ab stimulant budg\u00e9taire \u00bb, il n&#8217;y croit pas vraiment, puisqu&#8217;il l&#8217;invoque essentiellement pour rationaliser son budget de s\u00e9curit\u00e9, impos\u00e9 par la conjoncture politique.<\/p>\n<p>La logique qui pr\u00e9c\u00e8de s&#8217;applique int\u00e9gralement par contre aux programmes d&#8217;infrastructure privil\u00e9gi\u00e9s par tous les politiciens, dont ceux qui ont pr\u00e9par\u00e9 le dernier budget f\u00e9d\u00e9ral et qu\u00e9b\u00e9cois. La recette Marois \u00e0 ce chapitre consiste \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le budget \u00ab d&#8217;investissement \u00bb de 2,5 milliards sur trois ans. Cette recette keyn\u00e9sienne, toujours \u00e0 porter de la main, a fait la preuve de son impuissance dans le pass\u00e9. Doit-on le r\u00e9p\u00e9ter : de puiser l&#8217;argent dans la poche du contribuable ou du pr\u00eateur pour le refiler \u00e0 l&#8217;entrepreneur en construction constitue un \u00e9change de richesse, non pas une cr\u00e9ation de richesse ou d&#8217;activit\u00e9. De son c\u00f4t\u00e9, le ministre Martin ob\u00e9it \u00e0 une consigne dominante : d\u00e9penser tant que les coffres ne sont pas \u00e0 sec et donc abandonner l&#8217;objectif de r\u00e9duire la dette. L&#8217;exercice s&#8217;accompagne m\u00eame de pr\u00e9l\u00e8vements suppl\u00e9mentaires, dont l&#8217;imposition de tarifs aux voyageurs a\u00e9riens et de fardeaux suppl\u00e9mentaires aux fumeurs, sans oublier l&#8217;alourdissement des primes du Fonds de pension du Canada. D&#8217;all\u00e8gements fiscaux suppl\u00e9mentaires, il n&#8217;en est pas question.<\/p>\n<p>Mais s&#8217;agissant du Qu\u00e9bec, mal cot\u00e9 par le march\u00e9 financier, il y a plus grave. Par une manipulation comptable ind\u00e9cente, la ministre des Finances choisit d&#8217;amortir cette injection populaire sur une longue p\u00e9riode future, si bien qu&#8217;une minime d\u00e9pense de 75 millions appara\u00eet au budget de l&#8217;ann\u00e9e prochaine. Gr\u00e2ce \u00e0 ce tour de passe-passe, elle parvient \u00e0 cr\u00e9er l&#8217;illusion, devenue politiquement correcte, d&#8217;un budget \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9 pour l&#8217;an prochain. Aux prises avec la perspective d&#8217;un surplus courant et donc pour cr\u00e9er la m\u00eame illusion d&#8217;un budget \u00e9quilibr\u00e9, le ministre f\u00e9d\u00e9ral opte plut\u00f4t pour repousser 2 milliards de recettes \u00e0 l&#8217;ann\u00e9e prochaine, sous forme de versements diff\u00e9r\u00e9s de taxes par les petites entreprises. Dans les deux cas, le d\u00e9ficit r\u00e9appara\u00eet.<\/p>\n<p>L&#8217;ensemble de l&#8217;op\u00e9ration n&#8217;est pas anodine. Le contribuable et le march\u00e9 financier savent, eux, qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un trompe-l&#8217;\u0153il. Par son programme d&#8217;infrastructures tir\u00e9 comme d&#8217;un chapeau les derniers budgets f\u00e9d\u00e9rals et qu\u00e9b\u00e9cois ne font pas que ralentir la reprise; ils consacres et perp\u00e9tuent la perception que le Canada et le Qu\u00e9bec en particulier sont des territoires de gaspillage public et de fiscalit\u00e9 \u00e9crasante, hostile aux investissements depuis une g\u00e9n\u00e9ration. Le capital humain et financier boude le Canada depuis quelques ann\u00e9es, mais c&#8217;est au Qu\u00e9bec que le recul des investissements et de l&#8217;activit\u00e9 est le plus marqu\u00e9. Le Qu\u00e9bec ne re\u00e7oit plus que 15 p. 100 des investissements priv\u00e9s au Canada (int\u00e9rieurs et \u00e9trangers). Le sommet en cette mati\u00e8re a \u00e9t\u00e9 atteint dans les ann\u00e9es 1950 jusque vers1965\u00e0pr\u00e8sde25p.100.LeQu\u00e9becavusa part des investissements en machinerie et outillage plonger de 74 p. 100 du niveau ontarien en 1972 \u00e0 43 p. 100 en 1997. Un sondage men\u00e9 aupr\u00e8s des gestionnaires de portefeuilles canadiens en 1998 confirmait que le Qu\u00e9bec offrait le climat le plus d\u00e9favorable aux investissements. Seulement cinq pour cent des r\u00e9pondants avaient une opinion favorable du Qu\u00e9bec. Le dernier budget qu\u00e9b\u00e9cois neutralise les timides tentatives amorc\u00e9es il y a quelques ann\u00e9es pour restaurer la cr\u00e9dibilit\u00e9 du gouvernement.<\/p>\n<p>Le dernier \u00e9pisode qui ait donn\u00e9 lieu \u00e0 un r\u00e9el pouvoir d&#8217;attraction de l&#8217;\u00e9conomie canadienne pour les investissements remonte \u00e0 la p\u00e9riode 1986-91, au cours de laquelle notre dollar s&#8217;est appr\u00e9ci\u00e9 de fa\u00e7on durable. Ce n&#8217;est pas un hasard si cette phase correspondait \u00e0 l&#8217;option du gouvernement canadien en faveur de la concurrence (libre-\u00e9change), et son engagement \u00e0 favoriser la d\u00e9r\u00e9glementation, la privatisation et l&#8217;\u00e9quilibre budg\u00e9taire.<\/p>\n<p>Les initiatives d&#8217;infrastructure souffrent aussi d&#8217;une lacune suppl\u00e9mentaire. Elles ne produisent leurs effets qu&#8217;apr\u00e8s un long d\u00e9lai, au mieux qu&#8217;apr\u00e8s leur implantation, souvent une fois que la r\u00e9cession a termin\u00e9 son cours. Ces consid\u00e9rations s&#8217;appliquent particuli\u00e8rement aux projets introduits dans le budget Martin du 10 d\u00e9cembre. Pour \u00e9viter l&#8217;embarras d&#8217;afficher une d\u00e9ficit l&#8217;an prochain, le ministre repousse \u00e0 une date ult\u00e9rieure l&#8217;engagement de ces d\u00e9penses \u00ab politiques \u00bb qui n&#8217;aura lieu que s&#8217;il y a surplus budg\u00e9taire! Toutes ces initiatives sont mises sur le m\u00e9tier au mieux pr\u00e8s de trois trimestres apr\u00e8s le d\u00e9but de la r\u00e9cession, plus d&#8217;un an apr\u00e8s l&#8217;amorce du ralentissement, et au moment o\u00f9 certains conjoncturistes annoncent la fin de la r\u00e9cession.<\/p>\n<p>Tous les all\u00e8gements fiscaux ne sont pas \u00e9gaux. L&#8217;une des pi\u00e8ces les plus populistes du dernier budget qu\u00e9b\u00e9cois (au montant de 250 millions sur un budget total de 52 milliards) prend la forme d&#8217;un abattement fixe de $100 par famille de revenu modeste. Pour produire leur effet stimulant, il faut que les all\u00e8gements fiscaux \u00e9l\u00e8vent la rentabilit\u00e9 des activit\u00e9s productives futures, tels que l&#8217;emploi, l&#8217;\u00e9pargne et l&#8217;investissement. On peut donc pr\u00e9dire avec assurance que les abattements fiscaux de $100 par m\u00e9nage ne feront rien pour raviver l&#8217;\u00e9conomie, parce qu&#8217;ils ne contribuent en rien \u00e0 hausser le rendement de l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique. Ils r\u00e9compensent des actes de production pass\u00e9e, qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 la fiscalit\u00e9 courante. Combin\u00e9es aux injections factices de quelques milliards dans les infrastructures, ces sucettes fiscales ne font qu&#8217;annoncer un alourdissement fiscal \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Contrastons ce saupoudrage \u00e0 l&#8217;abaissement des taux marginaux qui eux seraient bas\u00e9s sur des actes de production future. Il en irait de m\u00eame de l&#8217;abaissement des taux d&#8217;imposition sur le capital (annonc\u00e9es mais pour plus tard) et sur les profits des entreprises.<\/p>\n<p>Ajoutons que le principe voulant qu&#8217;en donnant temporairement de l&#8217;argent aux gens, ils vont le d\u00e9penser est absurde et contraire \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience universelle. Les b\u00e9n\u00e9ficiaires vont en fait le th\u00e9sauriser ou s&#8217;en servir pour payer leur dette. Ce r\u00e9sultat d\u00e9coule de l&#8217;hypoth\u00e8se du \u00ab revenu permanent \u00bb, qui veut que les gens ne haussent leurs d\u00e9penses qu&#8217;en r\u00e9action \u00e0 des accroissements permanents de leur revenu. Les accroissements temporaires n&#8217;affectent pas les budgets de d\u00e9penses. Les baisses temporaires de taxes et les cong\u00e9s fiscaux n&#8217;exercent aucun effet sur l&#8217;\u00e9conomie et doivent \u00eatre bannis des programmes de stimulants.<\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9al de supprimer les r\u00e9cessions est une chim\u00e8re. Si la chose \u00e9tait possible ou facile, il y a longtemps qu&#8217;on l&#8217;aurait r\u00e9alis\u00e9. Entretemps, la formule la plus effective pour stimuler l&#8217;\u00e9conomie ne change pas \u00e0 travers les \u00e9poques : Elle consiste \u00e0 supprimer les obstacles l\u00e9gaux qui g\u00eanent les forces cr\u00e9atrices de l&#8217;\u00e9conomie et qui font obstacle \u00e0 la croissance \u00e0 long terme. Donc :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p><em>Tous les taux marginaux de taxation devraient faire l&#8217;objet d&#8217;un abaissement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 et imm\u00e9diat et, compte tenu du dernier rapport de l&#8217;auditeur g\u00e9n\u00e9ral, d&#8217;un all\u00e8gement prononc\u00e9 des primes d&#8217;assurance-emploi (surplus de $16 milliards).<\/em> Telle est la recette premi\u00e8re pour stimuler une \u00e9conomie an\u00e9mique. Surtout au sommet de l&#8217;\u00e9chelle de revenus, parce que c&#8217;est \u00e0 ce niveau que les d\u00e9sincitations sont le plus fortes sur les investisseurs, les entrepreneurs et les PME, qui n&#8217;\u00e9tant souvent pas incorpor\u00e9es sont soumises \u00e0 des taux marginaux destructeurs.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><em>Il faudrait, par des r\u00e8gles semi-constitutionnelles, imposer des limites fermes aux d\u00e9penses publiques, qui ne peuvent que nuire \u00e0 la performance \u00e9conomique<\/em>. Les d\u00e9penses publiques ne font que recanaliser les d\u00e9penses des secteurs productifs de l&#8217;\u00e9conomie. Il faut surtout se prot\u00e9ger de la voracit\u00e9 des groupes de pression qui cherchent \u00e0 camoufler leurs int\u00e9r\u00eats derri\u00e8re l&#8217;urgence nationale. La plus saugrenue de ces alliances louches nous est offerte par le Ministre David Anderson, qui dans une lettre aux journaux \u00e0 la d\u00e9fense du Protocole de Kyoto, veut nous convaincre que les co\u00ebts astronomiques \u00e0 assumer pour satisfaire \u00e0 cet \u00e9pouvantail susciteront toutes sortes de <em>business opportunities<\/em> aux entreprises canadiennes, via entre autres la cr\u00e9ation et l&#8217;exportation de nouvelles technologies environnementales. La tradition keyn\u00e9sienne est tenace : plus \u00e7a co\u00ebte cher, mieux c&#8217;est. L&#8217;absurdit\u00e9 \u00e9conomique \u00e9rig\u00e9e en syst\u00e8me.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><em>Dans le remous suscit\u00e9 par le terrorisme, il faut prendre acte que la prime de risque s&#8217;est alourdie sur les investissements et les activit\u00e9s productives.<\/em> L&#8217;all\u00e8gement (l&#8217;abolition) des taxes sur les profits (r\u00e9forme de l&#8217;amortissement pour acc\u00e9l\u00e9rer les d\u00e9penses de capital futures et\/ou acc\u00e9l\u00e9ration des baisses de taux), sur le capital des entreprises (qui frappent m\u00eame en p\u00e9riode de r\u00e9cession) et sur les gains de capital, se recommande donc particuli\u00e8rement dans la perspective d&#8217;une reprise de la croissance, en ce que la composante investissement s&#8217;av\u00e8re l&#8217;\u00e9l\u00e9ment le plus faible, \u00e0 la fois du pr\u00e9sent ralentissement et des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies. L&#8217;\u00e9limination annonc\u00e9e de la taxe sur le capital constitue vraisemblablement la seule initiative \u00ab stimulante \u00bb de toutes les mesures contenues dans le dernier budget qu\u00e9b\u00e9cois. Une \u00e9tude du minist\u00e8re des Finances f\u00e9d\u00e9ral cit\u00e9e par l&#8217;OCDE dans sa revue du Canada en 1997 \u00e9tablit que chaque dollar pr\u00e9lev\u00e9 par les taxes sur les profits et le capital co\u00ebte 1,55 dollar en perte de production. Les r\u00e8gles d&#8217;amortissement assign\u00e9es aux entreprises sont devenues inadapt\u00e9es du fait qu&#8217;elles pr\u00e9voient un rythme de d\u00e9pr\u00e9ciation de loin inf\u00e9rieur \u00e0 la d\u00e9su\u00e9tude r\u00e9elle de l&#8217;\u00e9quipement dans la nouvelle \u00e9conomie. Et de toute fa\u00e7on, les taxes lev\u00e9es sur les entreprises ne sont qu&#8217;un \u00e9cran pour camoufler un fardeau qui ultimement touche les travailleurs, les consommateurs ou les actionnaires. Notre r\u00e9gime fiscal et budg\u00e9taire actuel impose des co\u00ebts prohibitifs aux entreprises. Selon une r\u00e9cente estimation de l&#8217;Institut C. D. Howe, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 lui seul aurait dispos\u00e9 dans les prochaines ann\u00e9es, avant le budget du 10 d\u00e9cembre, d&#8217;une marge de 20 milliards d&#8217;abattement fiscal ($13,9 milliards) et de coupes de d\u00e9penses aux titres des subventions aux entreprises, des programmes de formation technique et d&#8217;assistance aux aborig\u00e8nes, sans compromettre la reprise des surplus budg\u00e9taires. J. Clemens et J. Emes, de l&#8217;Institut Fraser, fixent \u00e0 4,8 milliards l&#8217;all\u00e8gement fiscal possible d\u00e8s la prochaine ann\u00e9e et \u00e0 5,5 milliards, celui de 2002-03. Le ministre Martin pr\u00e9tend plut\u00f4t savoir mieux que vous et moi comment d\u00e9penser notre argent.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>La prosp\u00e9rit\u00e9 n&#8217;est pas que l&#8217;emploi; la hausse du niveau de vie g\u00e9n\u00e9rale par le dynamisme, l&#8217;innovation et la productivit\u00e9 sont les finalit\u00e9 premi\u00e8re recherch\u00e9e par les gens. Mais la prosp\u00e9rit\u00e9 est aussi l&#8217;emploi. En ce sens, une bonne politique de croissance g\u00e9n\u00e9rale devient une bonne politique d&#8217;emploi. Mais au-del\u00e0 de la conjoncture courante, l&#8217;emploi constitue un domaine qui ob\u00e9it aux r\u00e8gles et aux institutions particuli\u00e8res \u00e0 ce secteur.<\/p>\n<p>Quelles sont les composantes de ces r\u00e8gles? Normes arbitraires du travail, dont le salaire minimum, allongement forc\u00e9 des vacances et imposition de contraintes au surtemps, pr\u00e9avis de licenciement, partage du temps de travail, dont la retraite anticip\u00e9e subventionn\u00e9e, r\u00e9duction forc\u00e9e de la semaine de travail, extension au travail temporaire des avantages du plein temps, g\u00e9n\u00e9ralisation des cong\u00e9s parentaux, discrimination active la plus contraignante au Canada et qui repose sur le sexisme et le racisme en ce que l&#8217;assignation des personnes se fait, non plus en fonction des talents de l&#8217;individu, mais plut\u00f4t de la couleur de sa peau ou du sexe, renforcement des monopoles syndicaux (le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de monopolisation syndicale du continent), fiscalit\u00e9 du travail alourdie de plus de 500 pour cent depuis 1980, politiques de s\u00e9curit\u00e9 du revenu (dont l&#8217;assurance ch\u00f4mage, redevenue destructrice d&#8217;emplois depuis 2000).<\/p>\n<p>On assiste donc depuis une trentaine d&#8217;ann\u00e9es \u00e0 la prolif\u00e9ration d&#8217;interventions r\u00e9glementaires et fiscales, qui ont pour double effet d&#8217;alourdir le co\u00ebt du travail pour les employeurs et d&#8217;en d\u00e9primer le rendement pour les employ\u00e9s. Les employeurs offrent moins d&#8217;emplois, tandis que la main-d&#8217;\u0153uvre se montre moins dispos\u00e9e \u00e0 accepter les emplois. L&#8217;aboutissement est incontournable : Le march\u00e9 du travail est bloqu\u00e9; le ch\u00f4mage se maintient \u00e0 des niveaux en permanence alarmants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus d&#8217;une douzaine d&#8217;ann\u00e9es, le Japon ne cesse de multiplier les d\u00e9ficits pour injecter milliards sur milliards dans une \u00e9conomie moribonde. La part des d\u00e9penses publiques dans l&#8217;\u00e9conomie a grimp\u00e9 de 32 p. 100 \u00e0 38 p. 100 au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es. En vain. L&#8217;objectif de stimuler la \u00ab demande globale \u00bb [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","ep_exclude_from_search":false,"apple_news_api_created_at":"2025-10-07T23:27:42Z","apple_news_api_id":"74836d5e-2cf4-400f-a6dc-cf4b345bf723","apple_news_api_modified_at":"2025-10-07T23:27:42Z","apple_news_api_revision":"AAAAAAAAAAD\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/w==","apple_news_api_share_url":"https:\/\/apple.news\/AdINtXiz0QA-m3M9LNFv3Iw","apple_news_cover_media_provider":"image","apple_news_coverimage":0,"apple_news_coverimage_caption":"","apple_news_cover_video_id":0,"apple_news_cover_video_url":"","apple_news_cover_embedwebvideo_url":"","apple_news_is_hidden":"","apple_news_is_paid":"","apple_news_is_preview":"","apple_news_is_sponsored":"","apple_news_maturity_rating":"","apple_news_metadata":"\"\"","apple_news_pullquote":"","apple_news_pullquote_position":"","apple_news_slug":"","apple_news_sections":[],"apple_news_suppress_video_url":false,"apple_news_use_image_component":false},"categories":[9346],"tags":[],"article-status":[],"irpp-category":[],"section":[],"irpp-tag":[],"class_list":["post-261424","issues","type-issues","status-publish","hentry","category-uncategorized"],"acf":[],"apple_news_notices":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l&#039;\u00e9conomie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l&#039;\u00e9conomie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Depuis plus d&#8217;une douzaine d&#8217;ann\u00e9es, le Japon ne cesse de multiplier les d\u00e9ficits pour injecter milliards sur milliards dans une \u00e9conomie moribonde. La part des d\u00e9penses publiques dans l&#8217;\u00e9conomie a grimp\u00e9 de 32 p. 100 \u00e0 38 p. 100 au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es. En vain. L&#8217;objectif de stimuler la \u00ab demande globale \u00bb [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Policy Options\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-10-07T23:27:40+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@irpp\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"18 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2002\\\/03\\\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2002\\\/03\\\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\\\/\",\"name\":\"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l'\u00e9conomie\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2002-03-01T10:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2025-10-07T23:27:40+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2002\\\/03\\\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2002\\\/03\\\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/2002\\\/03\\\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Of Cities and Other Things\",\"item\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/2002\\\/03\\\/of-cities-and-other-things\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l&#8217;\u00e9conomie\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/\",\"name\":\"Policy Options\",\"description\":\"Institute for Research on Public Policy\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/policyoptions.irpp.org\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l'\u00e9conomie","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l'\u00e9conomie","og_description":"Depuis plus d&#8217;une douzaine d&#8217;ann\u00e9es, le Japon ne cesse de multiplier les d\u00e9ficits pour injecter milliards sur milliards dans une \u00e9conomie moribonde. La part des d\u00e9penses publiques dans l&#8217;\u00e9conomie a grimp\u00e9 de 32 p. 100 \u00e0 38 p. 100 au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es. En vain. L&#8217;objectif de stimuler la \u00ab demande globale \u00bb [&hellip;]","og_url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/","og_site_name":"Policy Options","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/IRPP.org","article_modified_time":"2025-10-07T23:27:40+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_site":"@irpp","twitter_misc":{"Est. reading time":"18 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/","name":"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l'\u00e9conomie","isPartOf":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website"},"datePublished":"2002-03-01T10:00:00+00:00","dateModified":"2025-10-07T23:27:40+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/2002\/03\/comment-ne-pas-stimuler-leconomie\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Of Cities and Other Things","item":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/2002\/03\/of-cities-and-other-things\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Comment ne pas \u00ab stimuler \u00bb l&#8217;\u00e9conomie"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/","name":"Policy Options","description":"Institute for Research on Public Policy","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues\/261424","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/issues"}],"about":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/issues"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=261424"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=261424"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=261424"},{"taxonomy":"article-status","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article-status?post=261424"},{"taxonomy":"irpp-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-category?post=261424"},{"taxonomy":"section","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/section?post=261424"},{"taxonomy":"irpp-tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/policyoptions.irpp.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/irpp-tag?post=261424"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}