Les 40 ans de l'IRPP nous semblaient le prétexte idéal pour proposer à d'influents Canadiens de réfléchir aux grands défis que devra relever notre pays.

Les anniversaires sont souvent l’occasion d’un retour sur le passé qui permet d’en retracer les temps forts, d’évoquer des souvenirs et de mesurer les changements intervenus. Mais ils nous projettent aussi dans l’avenir face à de nouveaux défis à relever, de priorités à redéfinir et d’objectifs à préciser.

Laquelle de ces approches adopter pour ce numéro anniversaire d‘Options politiques? Entre collègues, nous avons vite porté notre choix sur la seconde, celle de l’avenir. Car les 40 ans de l’IRPP nous semblaient le prétexte idéal pour proposer à d’influents Canadiens de puiser à leur expérience pour réfléchir aux grands défis que devra relever notre pays. L’année 2020 qui figure en page couverture se trouve à mi-chemin de l’horizon de 5 à 10 ans que nous leurs avons demandé d’envisager.

Nous tournant résolument vers l’avenir, nous avons aussi demandé aux directeurs de quelques écoles de politiques publiques du pays d’inviter un de leurs meilleurs étudiants à nous soumettre une proposition d’article. C’est ainsi qu’on lira dans ces pages quatre jeunes auteurs examinant chacun d’importantes questions d’actualité.

Ce numéro s’ouvre sur les résultats d’un sondage exclusif IRPP-Nanos Research sur les principales questions qui préoccupent les Canadiens au moment même où nous nous penchons sur les grands défis de politiques publiques.

Notre premier article est signé Jim Prentice, ancien ministre du gouvernement Harper, qui analyse les grandes tendances du commerce international et soutient que le développement de nos échanges doit passer par l’Asie. Saskia Tolsma explique de son côté pourquoi le Canada doit devenir une superpuissance énergétique.

Le rayonnement international et les progrès intérieurs du Canada sont indissociables de la richesse de son capital humain et de la créativité de sa population. C’est dans cette optique que David Naylor examine les insuffisances du discours public sur l’innovation avant de proposer des mesures qui libéreraient notre potentiel innovant. Dans le même esprit, Ian Brodie suggère de lancer aux universités canadiennes le défi d’accéder au palmarès des 10 meilleures d’un classement international d’excellence universitaire.

Bien qu’Ottawa joue un rôle clé dans plusieurs des domaines abordés ci-après, certaines questions pressantes nécessitent la collaboration d’autres ordres de gouvernement. C’est assurément le cas de la série d’enjeux, dont quelques-uns de nature quasi constitutionnelle, traités par l’ancien ministre québécois Benoît Pelletier. À sa suite, David Dodge, Peter Burn et Richard Dion analysent les accords fiscaux entre le fédéral et les provinces qu’il faudrait modifier face à l’ampleur des changements structurels qui touchent l’économie canadienne et mondiale. Roger Gibbins s’intéresse à l’incidence stratégique du déplacement vers l’ouest du centre de gravité économique et politique du Canada. Et Jean-Philippe Gauvin jette un regard neuf sur les relations intergouvernementales et les changements survenus depuis quelques années.

Quant à l’importante question de la place des peuples autochtones au sein d’un Canada en évolution, Mary Simon évoque les progrès accomplis, mais surtout ceux qu’il reste à faire pour établir des liens réciproquement avantageux entre Inuits et Canadiens. Rappelant de son côté les promesses non tenues de plusieurs commissions et organismes, Roberta Jamieson plaide pour un investissement soutenu dans l’éducation autochtone et pour une transformation des liens entre nos deux populations. Quant à Dominic Giroux, il souligne l’importance de mesures concrètes pour améliorer les résultats scolaires des élèves des Premières Nations, citant en exemple les progrès des minorités de langue officielle depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés.

La société canadienne, dont environ 20 p. 100 de la population est née hors du pays, est aujourd’hui beaucoup plus diversifiée qu’au moment de la fondation de l’IRPP. Et cette diversité est une véritable force, selon la démonstration qu’en font Ratna Omidvar et Sandra Lopes, qui préconisent toutefois l’adoption de mesures équilibrées pour assurer aux nouveaux arrivants de contribuer pleinement à notre prospérité.

C’est enfin de politique familiale que traitent nos derniers articles, Krystal Kehoe MacLeod proposant tout d’abord de miser sur les avantages des programmes de soins intégrés pour personnes âgées. Deborah Liu compare ensuite les approches du Québec, de l’Alberta et du Manitoba en matière de services de garde, et observe que la participation des femmes au marché du travail dépend aussi d’autres facteurs sociaux et culturels.

Nous fermons le numéro avec les chroniques mensuelles de Todd Hirsch et d’Alain Noël.

En terminant, j’aimerais témoigner ma reconnaissance au président de l’IRPP Graham Fox, qui a joué un rôle clé dans le recrutement de nouveaux auteurs pour ce numéro, et à notre vice-présidente à la recherche France St-Hilaire pour ses excellentes suggestions. Très peu de « candidats » ont décliné notre invitation, ce qui atteste sûrement du grand intérêt d’Options politiques parmi les publications de l’IRPP. J’espère enfin que nos lecteurs trouveront intellectuellement stimulante l’analyse des questions d’avenir abordées dans ce numéro.

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