Les baby-boomers commencent à franchir, à 65 ans, l'âge officiel de la retraite et, d'ici 20 ans, pas moins d'un Québécois sur quatre en aura fait autant.

En cette année 2011, les baby-boomers commencent à franchir, à 65 ans, l’âge officiel de la retraite et, d’ici 20 ans, pas moins d’un Québécois sur quatre en aura fait autant.

Le vieillissement de la population n’est pas unique au Québec : il touche aussi  les autres provinces canadiennes et pays fortement industrialisés. Cela dit, les démographes soulignent depuis déjà  longtemps que le phénomène sera plus accentué ici qu’ailleurs dans le monde et qu’il pose un défi collectif sans précédent.

Le Québec est-il bien préparé à relever ce défi?

Il semble que les Québécois abordent le phénomène avec beaucoup d’improvisation. Les deux-tiers des baby-boomers n’ont pas d’économies pour la retraite. Ils sont très nombreux à compter sur les programmes publics pour leur assurer un revenu et pour leur venir en aide avec les tâches ménagères et les soins personnels, dans l’éventualité où ils subissent une perte d’autonomie liée au vieillissement.

C’est souvent avec étonnement, et juste au moment où leurs proches ont  eux-mêmes besoin des services publics, que les Québécois découvrent que de tels services ne sont pas au rendez-vous, ou alors pas disponibles en quantité et en qualité adéquates.

Au contraire. Si les programmes publics veulent maintenir les aînés dépendants à domicile le plus longtemps possible, ils comptent avant tout, pour ce faire, sur le soutien des proches aidants.

Ces derniers sont la plupart du temps des membres de la famille et en très grande majorité des femmes, qui apportent quelque 70% à 85% de l’aide dispensée aux aînés en perte d’autonomie. Bien qu’ils dispensent des soins et services gratuitement, parfois au détriment de leur propre santé et bien-être, ils reçoivent pour le moment très peu d’appuis financiers et de services publics.

Les programmes actuels sont en fait des solutions de dernier recours. Loin de procurer des services publics universels que tout citoyen peut s’attendre à recevoir de plein droit, ils dispensent plutôt des services bas de gamme accessibles aux personnes sans autres ressources.

Il y a clairement un écart entre les attentes des citoyens et celles des pouvoirs publics et, si rien n’est fait, cela promet beaucoup d’insatisfaction dans les prochaines années, alors que la population en perte d’autonomie va s’accroître rapidement.

Et pourtant, la nécessaire révision des programmes et services publics se discute encore en marge des grands débats sociaux. Comment assurer, maintenant et plus tard, une prise en charge adéquate des personnes âgées dépendantes? Comment procurer aux proches aidants le soutien dont ils ont réellement besoin? Et surtout, comment devrait-on s’y prendre pour financer de tels services?

Ailleurs au Canada, on commence à proposer des solutions. Par exemple, la gérontologue Neena Chappell propose, dans une étude récente de l’IRPP, la création d’un système national de soins à domicile qui tiendrait compte à la fois des besoins des personnes âgées en perte d’autonomie et de ceux des proches aidants.

Alors que les provinces s’apprêtent à renégocier avec le gouvernement fédéral le renouvellement, en 2014, de l’Accord sur la santé, le Québec serait bien avisé de préparer, lui aussi, un plan de match pour pouvoir fournir des services de santé adaptés aux besoins imminents de sa population vieillissante.