By encouraging young business people to actively participate in economic development, the government would get the full benefit of their skills.

À la dernière élection fédérale, les jeunes se sont tournés de façon importante vers le Parti libéral du Canada. Ce vote de confiance s’accompagnait d’espoirs et d’attentes envers le nouveau premier ministre et son gouvernement.

En effet, les symboles qui rattachent le premier ministre Justin Trudeau aux jeunes sont forts et nombreux. Incarnant la nouvelle génération au pouvoir, il a lui-même été impliqué par le passé auprès des jeunes en tant qu’enseignant et comme président du conseil d’administration de Katimavik. Maintenant, il assume aussi les fonctions de ministre de la Jeunesse.

Le premier ministre semble déterminé à se mettre à l’écoute de la jeune génération. Au cours des derniers mois, son gouvernement a multiplié les initiatives visant à consulter l’ensemble des citoyens canadiens. Parmi celles-ci, on compte la création d’un Conseil jeunesse, composé de jeunes de 16 à 24 ans.

Représentant les jeunes professionnels âgés de 18 à 35 ans, la Jeune Chambre de commerce de Montréal (JCCM) espère que le gouvernement Trudeau saura faire appel à la relève d’affaires pour aiguiller la mise en place de mesures qui favoriseront le développement économique du pays dans les années à venir. En effet, les enjeux qui touchent la relève sont nombreux à l’heure actuelle : rétention des talents, place des femmes en affaires, employabilité des jeunes, taux de chômage chez les jeunes, qualité des emplois, persévérance scolaire.

À cet égard, la JCCM a tracé des pistes de solutions qu’elle promeut auprès des divers paliers de gouvernement lors de toutes les occasions qui lui sont offertes. Nous espérons qu’elles trouveront écho au sein du gouvernement Trudeau.

Donner une voix aux jeunes gens d’affaires

Chaque année, la JCCM mobilise des centaines de professionnels chevronnés, désireux de partager leur savoir-faire avec d’autres jeunes professionnels et entrepreneurs. Les jeunes chambres de commerce, de par leur engagement et leur renom, sont une référence en matière de leadership, de rayonnement et d’entrepreneuriat. En faisant appel à ces réseaux, le gouvernement disposera d’une avenue porteuse pour en apprendre davantage sur ce qui préoccupe ou stimule la relève d’affaires et pour déterminer les moyens qui permettront à ces jeunes de développer leur plein potentiel.

Le gouvernement Trudeau devra miser sur un dialogue ouvert et efficace entre les générations et favoriser le maillage productif entre les différents groupes d’âge. Il prouvera ainsi qu’il est à l’écoute de la population et, plus spécifiquement, à l’écoute des préoccupations des jeunes ayant à cœur le développement économique durable. Aussi, pourquoi ne se doterait-il pas d’un conseil composé de la relève d’affaires âgée de 24 à 35 ans, à l’image du Conseil jeunesse ?

Soutenir la création d’emplois, mais sans oublier l’entrepreneuriat

Lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre s’est engagé à investir 40 millions de dollars annuellement afin d’aider les employeurs à créer des stages pour les étudiants en sciences, technologie, génie et études commerciales.

Il s’agit là d’une excellente initiative pour soutenir l’employabilité chez les jeunes et assurer leur transition vers le monde du travail et vers un emploi réel. Car pour les 18 à 25 ans, les premières années passées sur le marché du travail sont souvent les plus cruciales pour choix de carrière et leur intégration.

Mais qu’en est-il des jeunes professionnels qui ont déjà acquis de l’expérience ? Auront-ils voix au chapitre dans la mise en œuvre de politiques qui visent à favoriser la création d’emplois ? Déjà intégrés au marché de l’emploi, les professionnels se situant dans la tranche d’âge de 25 à 35 ans sont souvent les grands oubliés. Ils ne cherchent que des opportunités pour faire leurs preuves, souhaitant avoir accès à des postes stimulants qui leur permettront de se dépasser et, par le fait même, de maximiser leurs compétences au bénéfice de tous.

Comme la création d’emplois passe aussi par les petites et moyennes entreprises, véritables poumons du développement économique, la JCCM considère qu’il est primordial que le gouvernement Trudeau crée aussi des mesures de soutien pour les jeunes entrepreneurs. Que ce soit une aide dans la phase création-idéation-démarrage d’entreprise, une meilleure représentation des jeunes entrepreneurs lors des missions économiques à l’étranger, ou encore l’adaptation des programmes de soutien au rythme de développement des petites entreprises, le gouvernement doit faire de l’entrepreneuriat une priorité, en particulier de celui des jeunes.

Non seulement l’entrepreneuriat permet aux jeunes d’entrevoir leur avenir sous différents angles, mais — les études l’ont maintes fois prouvé — il suscite aussi la confiance en soi, la persévérance scolaire et l’investissement personnel dans un projet (et cela, même si le projet ne donne pas naissance à des entrepreneurs).

C’est d’ailleurs pour cette raison que la JCCM a décidé, en collaboration avec la Table des Carrefours jeunesse-emploi de l’Île-de-Montréal, de lancer cet été un camp de jour intitulé J’entreprends mon été. Ce projet pilote a permis à une vingtaine de jeunes âgés de 14 à 16 ans de développer leur propre projet d’affaires. L’expérience s’est avérée un franc succès.

Proposer des programmes et politiques adaptées au virage numérique

Bien évidemment, la relève d’affaires s’attend à ce qu’un gouvernement qui incarne le renouveau mette en place des programmes et politiques qui seront adaptés aux impératifs d’innovation du 21e siècle, et que ceux-ci se déploient conformément à la réalité du numérique, c’est-à-dire avec souplesse et rapidité. Dans ce domaine, les changements ne pourront être menés à moitié. Le monde du numérique exige qu’on envisage la manière de faire des affaires à travers un prisme nouveau, qui constitue déjà le quotidien des entrepreneurs et des professionnels membres de la JCCM.

Lors de sa campagne électorale, le premier ministre s’est dit déterminé à investir plusieurs millions de dollars pour soutenir les entreprises en démarrage et favoriser notamment l’innovation. À ce chapitre, la JCCM tient à souligner que ce soutien à l’innovation doit d’abord se faire par des programmes adaptés à la réalité numérique. Il est nécessaire que le gouvernement facilite l’accès au soutien technique et logistique en mettant en place des plateformes Web accessibles et conviviales. Trop souvent, on a vu disparaître des programmes gouvernementaux parce qu’ils n’étaient pas utilisés ou n’avaient pas généré de résultats concrets.

Une approche gouvernementale axée sur le numérique doit assurer la pérennité des programmes qui sont mis à la disposition des entrepreneurs et de la population. Combinée à un déploiement rapide et en phase avec les besoins actuels, celle-ci aurait aussi des retombées plus concrètes et positives pour les collectivités canadiennes en soutenant leur développement.

Parallèlement, en offrant des services en ligne et des outils technologiques efficaces aux entrepreneurs, facilitant ainsi les échanges, le gouvernement ouvrirait aussi la porte à la création d’un réseau durable avec ceux qu’il soutient. Il serait ainsi à même d’évaluer quels types de services ou de subventions favorisent le développement économique et renforcent la compétitivité, tant à l’échelle nationale qu’internationale, ayant donc un impact réel sur la croissance. L’intégration de ces principes directeurs contribuerait, selon la JCCM, à assurer le succès de la mise en œuvre du plan de réinvestissement en innovation du gouvernement, qui se chiffre à 300 millions de dollars par an.

Collaborer avec une relève d’affaires qui souhaite participer activement au développement

Le gouvernement Trudeau a fait preuve jusqu’à présent d’une grande ouverture envers les jeunes, qui ont été nombreux à l’appuyer à la dernière élection. Il importe donc de ne pas décevoir la nouvelle génération et de continuer à mettre en œuvre des mesures concrètes à son profit. En matière de soutien aux entrepreneurs, de création d’emplois à valeur ajoutée, de développement économique axé sur l’innovation, la relève d’affaires détient une expertise, et elle ne demande pas mieux que de mettre ses connaissances et son leadership à la disposition du gouvernement.

À l’instar du Conseil jeunesse du premier ministre, serait-il possible d’envisager la création d’un comité composé de membres de la relève d’affaires qui proposerait des orientations et conseillerait le bureau du ministre des Finances, de la ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme ou celui du premier ministre ?

Chose certaine, si le gouvernement Trudeau souhaite envisager une collaboration plus active, il trouvera auprès de la JCCM un partenaire actif et constructif, porte-parole d’une relève d’affaires engagée.

Photo : mise gracieusement à notre disposition par la Jeune Chambre de commerce de Montréal

Cet article fait partie du dossier La jeunesse du pays face aux politiques publiques.

 


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