Le 2 novembre prochain, les Américains voteront pour reconduire ou remplacer toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Qui sortira ga- gnant de ces élections?

Si on en croit la plupart des prévisionnistes politiques, les démocrates et Barack Obama peuvent dire au revoir à la majorité qu’ils détiennent à la Chambre. Il se pourrait mé‚me que leur majorité de neuf sièges au Sénat " qui permet déjà aux républicains de mener une obstruction systématique " fonde à un ou deux sièges. Les plus pessimistes soutiennent que le président Obama subira le mé‚me sort que Bill Clinton en 1994 et perdra entièrement le contrôle des deux chambres, ce qui l’obligerait à transiger avec un « parti du Non », une situa- tion qui lui rappellerait quotidiennement le sens d’une expres- sion qu’on connaît bien chez nous : « Y en aura pas de facile. »

Pourquoi les démocrates en sont-ils rendus là, à peine deux ans après la vague d’espoir et de renouveau qui les a portés au pouvoir en 2008? Une remontée est-elle encore possible? Peut-on encore concevoir que les démocrates puissent conserver, ne serait-ce que par quelques sièges, le contrôle des deux chambres? Ces questions ne sont certes pas sans importance.

Bien sûr, les cyniques seraient en droit de dire que le fait de détenir la majorité au Congrès n’a pas souri à Barack Obama de toute façon, car les républicains, mé‚me minori- taires, lui ont mené la vie dure depuis le premier jour de son mandat et ont ramené à de bien modestes proportions le vent de changement qu’il promettait de faire souffler sur Washington. D’autres, plus pragmatiques, souligneront que le dernier démocrate à avoir occupé la Maison-Blanche, Bill Clinton, avait su composer avec un Congrès républicain, se faire confortablement réélire en 1996 et faire adopter l’essen- tiel de son programme législatif. Mais le Congrès est beau- coup plus polarisé qu’il ne l’était il y a 16 ans, et la perte du contrôle de la majorité au Congrès pourrait avoir des con- séquences bien plus sérieuses pour Obama qu’elle n’en avait eues pour Clinton. Il ne faut pas non plus oublier que, mé‚me si la relation d’Obama avec le Congrès n’a pas été une partie de plaisir à tous les jours, une majorité républicaine signi- fierait un contrôle effectif de l’ordre du jour législatif et des commissions, ce qui mettrait le président sur la défensive et lui enlèverait une large part de l’initiative.

L’enjeu est donc de taille pour la présidence de Barack Obama, et les choses se présentent plutôt mal. Avant de se demander comment les démocrates pourraient se sortir du pétrin d’ici au 3 novembre, voyons d’abord pourquoi leurs chances paraissent si mauvaises à quelques semaines à peine de l’échéance électorale.

D’abord, mé‚me si l’explication est un peu facile, il faut dire que ça se passe presque toujours ainsi. Les élections de mi-mandat sont générale- ment considérées comme un miniréférendum sur l’administration en place et ceux qui se présentent aux urnes sont le plus souvent ceux qui ont un message à envoyer à Washington.

Lors des 17 élections de mi- mandat tenues depuis 1942, la perte moyenne de sièges pour le parti du président a été de 17 représentants et quatre sénateurs. Deux exceptions majeures sont à souligner. En 2002, les républicains de George W. Bush avaient fait un gain net de huit sièges à la Chambre et de deux au Sénat grâce au ralliement de l’opinion publique à la suite des événements tragiques du 11 septembre 2001. En 1998, les démocrates de Bill Clinton avaient fait un gain net de huit sièges à la Chambre et conservaient le mé‚me nombre d’élus au Sénat. Pour ces deux présidents, toutefois, l’autre élection de mi-mandat avait été une rude épreuve : en 1994, Clinton s’est vu privé de ses deux majorités (perdant 54 sièges à la Chambre et huit au Sénat) ; en 2006, le parti de George W. Bush s’était fait ravir à son tour le con- trôle du Congrès (perdant 30 sièges à la Chambre et six au Sénat).

Le seuil de la majorité à la Cham- bre des représentants (435 membres votants) est de 218 sièges. Les démo- crates en ont obtenu 257 en 2008. Si l’élection de 2010 se déroulait d’une façon « normale », les démocrates pourraient s’attendre à perdre l’équiva- lent des 21 sièges qu’ils avaient gagnés en 2008 par rapport à l’élection de 2006. Ils conserveraient alors leur majorité, mais de justesse. Les prévi- sions des experts sont toutefois beau- coup plus sombres pour les démocrates.

Chaque année électorale, les prévi- sionnistes se rassemblent au congrès de l’Association américaine de science politique pour dévoiler leurs prédic- tions et confronter leurs modèles. Cette année, la plupart d’entre eux ont prédit que le Parti républicain rem- porterait la majorité des sièges. En moyenne, les chercheurs accordent environ 210 sièges aux démocrates, mais ces prédictions sont entourées d’une certaine marge d’erreur, alors on peut aussi interpréter les résultats en disant que les républicains ont deux chances sur trois de prendre le contrôle de la Chambre. À la mi-septembre, c’est également ce qu’annonçait Nate Silver, dont le blogue sur le site du New York Times (http://fivethirtyeight. blogs.nytimes.com) est pris très au sérieux dans les milieux politico- médiatiques américains.

Du côté du Sénat, les projections sont un peu moins négatives pour les démocrates, grâce entre autres au fait que chaque élection sénatoriale ne met en cause que le tiers des 100 sièges de la Chambre haute. Il n’en demeure pas moins que, avant que ne soient con- nus tous les candidats, plusieurs prévi- sionnistes percevaient une possibilité réelle de voir la majorité basculer.

Évidemment, c’est la reprise anémique de l’économie américaine qui figure en té‚te de liste des facteurs expliquant le revers de fortune du parti au pouvoir. Mais elle n’est pas le seul élément en jeu. En fait, les modèles qui ne tiennent compte que des éléments fondamentaux de la conjoncture sont les seuls qui accordent plus de chances de victoire aux démocrates. Les modèles fondés sur les attitudes des électeurs face au président, au Congrès et aux partis politiques, ou encore sur les taux de participation aux pri- maires, font nettement pencher la balance en faveur des républicains. C’est ce que disent également les sondages nationaux et locaux au moment où com- mence le dernier droit de la campagne.

Ces tendances illus- trent bien sûr la baisse significative de la confiance accordée au prési- dent. Pendant les premiers six mois de son mandat, le taux d’approbation de la performance d’ensemble du président, qui est le principal baromètre de la confiance populaire, était excellent. Mé‚me au plus fort de la controverse sur son projet de réforme de l’assurance santé, adopté en mars dernier, les sondages lui restaient favorables.

Depuis ce temps, toutefois, l’opinion publique demeure très partagée, et les taux d’approbation et de désap- probation de sa performance s’entre- croisent allègrement. Ce qui inquiète le plus les démocrates, c’est que l’op- position au président et à son pro- gramme législatif se radicalise sans cesse, alors que ses appuis restent plutôt tièdes. On est bien loin de la fer- veur qui s’était emparée de la base élec- torale du Parti démocrate en 2008, alors que la voile du navire républicain avait peine à se défroisser.

Il serait trop facile pour les obser- vateurs étrangers que nous sommes d’attribuer la sévérité de l’opinion américaine envers son premier prési- dent noir à l’intolérance raciale, mé‚me si le ton de certaines manifesta- tions contre Barack Obama laisse planer peu de doutes sur la présence d’une frange raciste et intolérante dans la droite américaine.

Au-delà de cette minorité de moins en moins silencieuse et de plus en plus inquiétante, gonflée à bloc par des vedettes médiatiques qui carburent au dogmatisme, il faut reconnaître un malaise plus répandu face à la classe dirigeante. Les Américains sont par nature peu enclins à accorder une grande confiance à leur gouvernement central, mais les degrés actuels de con- fiance à l’endroit de Washington sont révélateurs de la grogne qui s’est instal- lée dans l’électorat tout au long de l’administration de George W. Bush et qui persiste depuis l’élection de Barack Obama.

Durant l’administration précédente, la confiance accordée au gouvernement avait chuté dramatiquement parmi les sympathisants des deux partis. La confiance des démocrates s’est redressée depuis l’arrivée d’Obama, mais celle des républicains a continué de chuter jusqu’à atteindre un creux historique en 2010. Selon le Pew Research Center for the People and the Press (http://people-press.org/trust), qui compile ce genre de données depuis plus de 50 ans, la confiance envers Washington aurait atteint en octobre 2008 un creux historique égal à celui enregistré en 1994 (voir le graphique 1) ; dans les deux cas, seule- ment 17 p. 100 des Américains disaient faire confiance au gouvernement fédéral « la plupart du temps » ou « presque toujours ». En 2010, la mo- deste remontée de la confiance chez les démocrates a fait passer l’indice général à 22 p. 100, mais chez les républicains, il a chuté à un plancher sans précédent de moins de 10 p. 100.

L’opinion des Américains sur le sauvetage du secteur financier et sur le plan de relance de l’économie, dont la responsabilité est largement partagée par les deux partis, est à cet égard des plus éloquentes. Quelle que soit la question posée sur n’importe quel aspect de ces politiques, il est très diffi- cile de trouver une majorité d’Américains qui croient que ces poli- tiques, qui ont englouti des sommes colossales, aient eu quelque effet posi- tif que ce soit. Par exemple, un sondage pour le compte du magazine Time en juillet dernier révélait que 38 p. 100 des répondants étaient d’avis que le pays avait bénéficié du plan de relance, alors que 53 p. 100 pensaient plutôt que le pays se serait mieux porté si le gouvernement n’avait pas dépen- sé ces sommes. De plus, le mé‚me sondage demandait aux répondants s’ils appuieraient un autre plan de relance dans l’hypothèse d’un deux- ième plongeon de l’économie en réces- sion : 67 p. 100 s’y opposeraient. Dans un tel contexte, on peut comprendre pourquoi la stratégie d’opposition sys- tématique des républicains à toute ini- tiative de l’administration Obama qui entraîne quelque dépense que ce soit trouve une oreille réceptive chez un public en colère.

Ce qui est d’autant plus intéressant parce que l’opinion publique continue d’attribuer d’abord à l’administration républicaine de George W. Bush la plus large part de responsabilité pour l’état actuel de l’économie. Mé‚me si la pro- portion de ceux qui rendent le parti républicain responsable de la situation économique difficile baisse graduelle- ment depuis janvier 2009, un sondage mené pour CNN/Opinion Research Corporation au début de septembre montrait que 44 p. 100 lui en attribuaient encore la responsabilité, contre 35 p. 100 aux démocrates et 16 p. 100 aux deux également. (Lorsque le sondeur a demandé à l’autre moitié de l’échantillon d’at- tribuer la responsabilité à « George W. Bush et aux républicains » ou à « Barack Obama et aux démocrates », ces chiffres passaient respectivement à 53 p. 100 et 33 p. 100.)

Quel est le sens à donner à ces ten- dances dans le contexte de la montée du mouvement de protestation populiste conservateur connu sous le nom de Tea Party? Mé‚me si le mouvement a été en partie récupéré par des groupes d’intéré‚t de droite plus conventionnels, en plus d’é‚tre largement exploité par les vedettes dogmatiques des nou- veaux médias de droite comme Fox News, et mé‚me si les événe- ments « spontanés » de ce mou- vement populiste ont parfois été fabriqués de toutes pièces par ces mé‚mes organes médiatiques avec l’appui d’intéré‚ts qu’on aurait peine à qualifier d’anti- establishment, l’attrait que ce mouvement exerce sur les gens ordinaires qui ont perdu con- fiance en leurs élites politiques est indéniable. 

Étant donné l’hermétisme du système partisan américain et la dif- ficulté de constituer une alternative électorale sérieuse aux deux partis tra- ditionnels, la seule option viable pour le Tea Party a été d’investir les rangs du Parti républicain. Il a ainsi contribué à accélérer une polarisation partisane déjà passablement avancée en faisant campagne à la fois contre le Parti démocrate, trop à gauche, et contre ceux qui, au Parti républicain, sont perçus comme trop inféodés au pouvoir de Washington.

Plusieurs candidats associés au Tea Party ont été élus au cours des pri- maires de cette année en délogeant des candidats qui bénéficiaient de l’appui de la machine du Parti répu- blicain national. La plupart des ana- lystes s’entendent pour dire que certains de ces candidats, en insistant sur un programme d’extré‚me droite qui ne conviendrait pas au centre modéré de l’électorat américain, pour- raient é‚tre un fardeau pour les répu- blicains. Au Kentucky, par exemple, le candidat républicain au Sénat Rand Paul a délogé un modéré qui menait largement dans les sondages et a fait fondre de façon notable l’appui à son parti. Mais cet État est habituellement acquis aux républicains, et le favori du Tea Party pourrait bientôt faire partie de l’establishment qu’il s’évertue à condamner dans ses dis- cours. La situation semble é‚tre tout autre dans des États comme le Delaware ou le Nevada, où l’ex- trémisme et l’incompétence mani- feste des candidates républicaines Christine O’Donnell et Sharon Angle " toutes deux des coqueluches du Tea Party qui ont défait un candidat de l’establishment de leur parti d’adop- tion " risquent de coûter deux pré- cieux sièges aux républicains.

Au début du XXe siècle, l’humoriste et polémiste Will Rogers s’amusait à dire qu’en tant que démocrate, il n’ap- partenait à aucun parti politique organ- isé. Il disait aussi que si les démocrates étaient des cannibales qui mangeaient des démocrates, les républicains étaient pareils, car ils mangeaient aussi des démocrates. S’il voyait le tableau poli- tique actuel, il ne s’y reconnaîtrait plus, car c’est le Parti républicain qui semble é‚tre devenu le parti de la zizanie interne, comme en font foi les élec- tions primaires du Nevada et du Delaware. Il s’amuserait aussi de voir à quel point le directeur général du parti, Michael Steele, ne manque aucune occasion de démontrer son incompétence. Mais à quelques exceptions près, malgré ces divisions, on peut s’attendre à voir les troupes républicaines marcher en rangs serrés pendant les dernières semaines de la campagne.

Parmi les scénarios qui pourraient renverser la tendance, les démo- crates fondent de grands espoirs sur la distance de plus en plus grande qui semble séparer le centre de gravité du Parti républicain des préférences modérées de l’électeur américain médian. La présence de candidats d’extré‚me droite à l’avant-scène de la campagne pourrait déplaire suffisam- ment aux modérés pour les convain- cre de reconsidérer le jugement sévère qu’ils portent sur le fonctionnement du Congrès actuel.

Le problème, pour le moment, est que la base conservatrice du Parti républicain est beaucoup plus motivée à voter que ne pourraient l’é‚tre la plu- part des modérés. Si ces derniers dé- cident en masse de ne pas se présenter aux bureaux de scrutin, les démocrates seront dans un sérieux pétrin. Com- ment faire, alors, pour convaincre les modérés de voter et, surtout, com- ment faire pour réanimer en quelques semaines la vague qui a porté Barack Obama au pouvoir? C’est peut-é‚tre déjà mission impossible dans plusieurs États, mais la dernière chose que les démocrates devraient faire serait de ne pas prendre leur adversaire au sérieux et de tenir la victoire pour acquise. Il faut leur souhaiter d’avoir bien appris la leçon de l’élection sénatoriale du Massachu- setts en janvier dernier.

L’un des enjeux qui donnera le ton aux dernières semaines de la campagne est le vote sur l’extension des réduc- tions d’impôt héritées de la présidence de George W. Bush avec l’énorme déficit qu’elles ont contribué à creuser. Une décision du Congrès est nécessaire d’ici à la fin de la session, sinon les diminutions seront automatiquement annulées et les taux antérieurs rétablis : une bien mauvaise nouvelle pour les contribuables.

La proposition démocrate est de rétablir les taux plus élevés pour les ménages gagnant plus de 250 000 dollars par an, environ 5 p. 100 des con- tribuables. Les républicains souhaiteraient rendre permanentes les réductions, ce qui ferait évidemment l’affaire des mieux nantis, qui forment le noyau dur de leur base électorale (et de leurs sources de financement). Certains représentants républicains à la Chambre basse sont ouverts à un compromis qui verrait un nombre limité d’entre eux se joindre aux démocrates pour assurer le maintien des coupes pour 95 p. 100 des contribuables, surtout pour éviter de porter l’odieux d’une douloureuse aug- mentation d’impôt qui frapperait tout le monde. Au Sénat, toutefois, le leader- ship républicain est beaucoup moins flexible : c’est tout ou rien.

La situation rappelle le jeu de la « poule mouillée » prisé à une certaine époque par les gangs de rues, où deux rivaux dirigent leurs véhicules à toute vitesse l’un sur l’autre, dans l’espoir de voir l’autre dévier en premier et passer pour une poule mouillée. Le problème, bien sûr, est que si les deux joueurs adoptent la stratégie de gagner coûte que coûte, le prix peut é‚tre très élevé. Au bout du compte, il est fort probable que les républicains n’auront pas d’autre choix que de concéder l’épisode aux démocrates. On peut toutefois s’attendre à ce qu’ils s’en ser- vent pour dépeindre leurs adversaires comme des libéraux incapables de se défaire de leur dépendance aux impôts élevés et aux grandes dépenses (tax and spend liberals). Ces derniers auront beau marteler que ce ne sont que les 5 p. 100 les plus riches qui écoperont, ils auront beau dire que les républi- cains tenaient mordicus à ajouter 700 milliards au déficit en enrichissant les plus riches, rien n’y fera pour bien des électeurs. Il est à prévoir que les coups républicains porteront et que les conservateurs à revenus plus modestes qui s’abreuvent quotidiennement des inepties de Fox News ou de Rush Limbaugh feront prévaloir l’idéologie sur leur intéré‚t.

En effet, mé‚me si la stratégie démocrate de rétablir des taux d’impo- sition plus élevés pour les plus riches devrait normalement plaire aux Américains de la classe moyenne qui font des ulcères en pensant à l’augmen- tation énorme de la dette publique, l’expérience passée révèle que ce genre de message passe difficilement. Dans l’excellent ouvrage Unequal Democracy (2008), Larry Bartels démontre que la proportion d’électeurs qui réagissent négativement à une augmentation d’impôt pour les plus riches dépasse largement celle des contribuables qui paient la note. Incidemment, Bartels démontre également de façon convain- cante que les électeurs ont la mémoire très courte en ce qui concerne leur éva- luation de la performance économique du gouvernement. Curieusement, mé‚me si plus d’Américains croient que l’administration Bush est responsable du cratère dans lequel se trouve l’économie américaine, et mé‚me si les solutions prônées par les républicains représentent essentiellement un retour aux politiques de Bush, le vote d’un grand nombre d’électeurs sera d’abord un reflet de leur insatisfaction face à l’incapacité de l’administration Obama de les en sortir complètement et tout de suite.

Lorsque le sort en sera jeté sur les réductions d’impôt de Bush, la table sera mise pour la joute rhé- torique que se livreront les candidats des deux grands partis, tant dans les États et districts chauds que sur la scène nationale. Pour une première fois depuis longtemps, les enjeux de sécurité n’auront que peu d’effet sur les décisions des électeurs. Aussi, mé‚me si la confiance à l’endroit de toute la classe politique a sérieusement souffert du débat sur l’assurance santé, il est peu probable que cette question soit aussi détermi- nante que l’économie et la fiscalité dans le choix électoral des électeurs du centre.

Pour l’emporter, les démocrates devront renverser une tendance déjà bien enclenchée en faveur de leurs adversaires et se réapproprier le vote des électeurs en colère de la classe moyenne en misant sur leurs politiques économiques et fiscales. C’est possible, mais la tâche est énorme, et le président Obama devra vite retrouver sa forme des beaux jours s’il veut éviter de perdre la majorité dans une ou les deux cham- bres du Congrès, avec les lourdes con- séquences qui s’ensuivraient. Les élections de mi-mandat aux États- Unis sont souvent ennuyeuses mais, cette fois-ci, on risque de veiller tard le premier mardi soir de novembre.