Among possible financing options, only a public insurance plan would ensure universal coverage of long-term care needs equitably and efficiently, and it would also be more consistent with the “aging at home” approach favoured by seniors and governments.

Avec le vieillissement de la population, un nombre croissant de personnes en perte d’autonomie auront besoin de soins de longue durée. Le gouvernement québécois se montre déterminé à améliorer l’offre de services à domicile en proposant de créer un programme d’assurance-autonomie d’ici un an. Mais qui réglera la note?

Le coût des soins de longue durée peut être prohibitif : environ 60 000 dollars par année pour une personne nécessitant une aide continue en établissement, et 25 000 dollars par année pour des soins à domicile intensifs. Le financement des soins de longue durée est toutefois très hétéroclite. L’accessibilité et le coût de ces services varient en effet suivant le revenu des bénéficiaires, leur région et selon qu’ils vivent à domicile ou en établissement.

Dans une étude publiée récemment par l’Institut de recherche en politiques publiques, intitulée Financer les soins de longue durée : une assurance privée ou publique?, nous avons examiné la théorie et la pratique du financement de ces soins pour déterminer le mode le mieux adapté. Nous avons découvert qu’il serait inefficace de miser sur l’épargne privée, car les personnes sont susceptibles d’épargner trop ou trop peu. La probabilité de dépendre un jour de soins formels sur une longue période se concentre en effet parmi un segment relativement mince de la population. Chez les personnes de 65 ans, par exemple, seulement une sur cinq nécessitera des soins pendant plus de cinq ans avant la fin de sa vie.

Pour financer d’éventuels soins de longue durée, chacun d’entre nous devrait épargner en moyenne 7 500 dollars par année pendant plus de 40 ans, soit 300 000 dollars en tout (la moitié pour les couples mariés). Bien entendu, la plupart des gens ne pourraient économiser de telles sommes, mais cette épargne constituerait aussi un gaspillage de ressources pour 80 p. 100 de la population qui n’auraient pas besoin de tant d’économies.

En fait, aucun pays ne mise uniquement sur l’épargne privée pour financer les soins de longue durée, pas même les États-Unis ou Singapour, où l’on privilégie pourtant l’épargne individuelle et la concurrence du marché en matière de soins de santé.

Selon notre recherche, le meilleur moyen de garantir à tous une aide et des soins de longue durée adéquats  à un coût raisonnable pour la société — réside dans un régime d’assurance public universel, c’est-à-dire un régime public de soins de longue durée inspiré du fonctionnement actuel de l’assurance-maladie. Ce serait l’option la plus souhaitable pour deux raisons :

D’abord, l’assurance est indispensable, parce que l’épargne privée ne suffit pas à couvrir tous les soins éventuellement requis par les individus. Il est logique que les ressources des « bien portants » (les personnes autonomes) servent à ceux qui ont besoin de soins. Ensuite, parce que l’assurance doit être soit publique, soit privée. On ne peut en effet combiner les deux régimes : si l’on offre une assurance publique liée aux ressources, personne ne serait incité à souscrire une assurance privée. Une formule public-privé n’assurerait donc pas une couverture universelle, pas plus d’ailleurs qu’un régime strictement privé.

Selon l’OCDE, aucun pays riche n’a largement recours à l’assurance privée pour les soins de longue durée. Au début des années 2000, moins de 1 p. 100 des Canadiens et seulement 10 p. 100 des Américains avaient souscrit une police d’assurance pour soins de longue durée. Diverses raisons peuvent expliquer ce faible recours au privé, mais on peut supposer que les gens envisagent rarement d’avoir besoin de tels soins 20 ou 30 ans à l’avance et que les primes sont de toute façon trop élevées, puisque les assureurs doivent assumer un risque systémique (le long délai entre la perception des primes et le versement des prestations).

La meilleure option consiste donc en un régime public universel dont les prestations reposent sur une évaluation normalisée des besoins. On garantirait ainsi à tous de meilleurs soins et un accès plus équitable aux soins de longue durée. Assorti de moindres frais de souscription et de transaction, un régime public universel serait de surcroît moins coûteux que l’assurance privée. Globalement, cette option serait nettement préférable à nos régimes fragmentés, qui servent mal, et souvent à prix fort, les intéré‚ts des personnes les plus fragiles.