Avant même la Confédération, la classe politique avait reconnu le rôle clé des journalistes dans la vie démocratique du pays naissant. Pour qu’ils puissent rendre compte des travaux du Sénat et de la Chambre des communes, on avait aménagé une tribune de la presse dans les nouveaux édifices du Parlement. Cinquante ans plus tard, en 1917, Ottawa aidait à créer le service télégraphique de la Presse canadienne en lui affectant une subvention annuelle de 50 000 dollars. Suivait en 1929 la création de la Commission canadienne de la radiodiffusion, ancêtre de la SRC. Et comme l’ont vite constaté nos décideurs, les médias servaient aussi bien à informer la population qu’à renforcer l’identité canadienne.

Mais le journalisme canadien est aujourd’hui en crise. Des villes et localités perdent leurs sources d’information régionales, les journaux et chaînes de télévision des grandes villes sabrent dans leurs effectifs, et l’ensemble du secteur cherche désespérément à préserver ses revenus tout autant que la confiance et l’intérêt du public. Nos collaborateurs analysent l’incidence politique de cette crise et examinent les moyens d’en sortir.

Photo: Newspapers for sale at a convenience store in Kingston, Ont., on May 25, 2016. THE CANADIAN PRESS IMAGES/Lars Hagberg